La limite réelle, c'est quand on se plante qu'on sait qu'on l'a atteinte et dépassée d'un poil
Pour les limites je crois qu'on dit que à un moment on atteint son niveau d'incompétence et que là on s'arrête.
Je crois qu'on connait tous "la limite" et qu'on a juste un pb pour l'accepter.
ça peut revêtir bien des formes : "Je suis capable de le faire..." ou bien " je refuse de vieillir..." ou encore " je ne veux pas y penser..."
Dans tous les cas ( enfin il me semble) le désir du "toujours plus "ou du "encore" n'est que la traduction de la peur viscérale du "fini" ( un peu comme on a peur de sa propre mort).
Quelqu'un l'a dit, les sherpas savent qu'en haut de l'Everest il n'y a rien. Ni à vivre, ni à regarder. Mais c'est même pas l'Everest qui compte, c'est son ascension, sa quête. Nous nous agitons sans cesse de peur d'arrèter de vivre et impatient que nous sommes, nous ne voyons même pas les fleurs que nous foulons aux pieds. Qu'il sagisse d'une "noble" montagne ou d'une falaise normande bien modeste, je suis convaincu de transpirer tout de même, et d'avoir bien mal aux cuisses en haut !
Un copain, ancien guide de haute montagne( dont je tairai le nom même en mp, on dira qu'il exerce une profession....ce n'est pas le sujet) a "fait" les huits plus grands sommets mondiaux, du coté Pakistanais. Nous avons à peu près le même age, mais pas du tout le même parcours. Cependant nous arrivons aux mêmes conclusions au début de l'automne de notre vie.
La limite, c'est dans le regard de l'autre qu'elle est, quand il te dit ouvertement ou avec des signes : "ce n'est pas raisonnable que tu le fasses..."
Encore une fois en te disant ça, ton compagnon, voire ta compagne, ne te déprécient pas, ne te prennent pas pour plus inférieur que tu n'es. Ils sont juste inquiets, parce qu'ils t'aiment et ils ne ceulent pas qu'il t'arrive quelque chose que te brise et qui puisse les briser eux aussi.
La limite, c'est la sagesse du boxeur qui raccroche avant de se faire casser la gueule, parce que même s'il en a encore "sous le pied", il sait très bien que "ça" n'est plus comme avant. A force de refuser d'accepter, à force de fuir, de nier, on finit toujours par se taper le mur. On peut s'extasier de la beauté d'une fleur sans pour autant la cueuillir, de la perfection d'une vague en se contentant de la laisser mourir à ses pieds.
Apprendre a être satisfait, a être heureux d'un rien, finalement c'est peut-être ça la "vraie" limite...