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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Chute de 15m sur un caillou  (Lu 12425 fois)

24 septembre 2009 à 09:33:56
Réponse #50

DavidManise


Citation de: Berthramm
des gamins qui partent ceux qui me font le plus de mal c'est ceux dont ça me fait rien qu'ils s'en aillent...

Oui...  mais entre ne rien ressentir et ressentir le truc atrocement au plus profond de soi, il y a une zone où on peut à peu près bien bosser tout en restant à peu près humain, non ?

C'est une vraie question hein.  Perso j'ai pas le vécu suffisant pour affirmer quoi que ce soit...  c'est une sorte de question de gamin qui veut se rassurer.  Style "tu vas pas oublier de venir me chercher après le judo hein ?"... 

Pour le reste Anke a pas tort mais je comprends aussi les gars qui poussent les limites... du moment que c'est dans leur compétence...

En fait on pousse pas la limite.  On s'en approche de plus en plus, et quand on la trouve c'est fini.  La limite réelle, c'est quand on se plante qu'on sait qu'on l'a atteinte et dépassée d'un poil.  Et dans la "carrière" des mecs qui aiment les sensations fortes, ça arrive.  Tôt ou tard.  Question de temps.  Murphy veille.

Ciao ;)

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

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24 septembre 2009 à 10:26:52
Réponse #51

Berhthramm


Oui...  mais entre ne rien ressentir et ressentir le truc atrocement au plus profond de soi, il y a une zone où on peut à peu près bien bosser tout en restant à peu près humain, non ?

C'est une vraie question hein.  Perso j'ai pas le vécu suffisant pour affirmer quoi que ce soit...  c'est une sorte de question de gamin qui veut se rassurer.  Style "tu vas pas oublier de venir me chercher après le judo hein ?"... 

En fait on pousse pas la limite.  On s'en approche de plus en plus, et quand on la trouve c'est fini.  La limite réelle, c'est quand on se plante qu'on sait qu'on l'a atteinte et dépassée d'un poil.  Et dans la "carrière" des mecs qui aiment les sensations fortes, ça arrive.  Tôt ou tard.  Question de temps.  Murphy veille.

Ciao ;)

David

Pour le câlage confortable, c'est surement vrai, le soucis c'est que je l'ai pas touvé en 15 ans en cancero pédia et soins lourds pédia... je cherche encore ça viendra, ça vient d'ailleurs... Entre les débuts, et maintenant, on passe d'un point à un autre et puis on va bien finir par se stabiliser, on fonctionne comme un système oscillant en fait (du moins je crois)...

Pour les limites je crois qu'on dit que à un moment on atteint son niveau d'incompétence et que là on s'arrête.

24 septembre 2009 à 10:46:46
Réponse #52

DavidManise


confortable

Chai pas si le "confortable" est possible...  "vivable" peut-être,  "supportable", j'espère... 

David
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24 septembre 2009 à 11:57:18
Réponse #53

Jonathan


Dans certains métiers déclarait un professeur (Jean Paul Boutinet)  lors d'une conférence on est en permanence :

"Entre cynisme et dépression" et il ajoutait que souvent c'était dans la même journée.

 J'ai toujours en mémoire cette phrase qui résume une part de ce que peuvent vivre les êtres humains qui ont des métiers ou l'humain est prépondérant.
Mes deux cents

Jonathan

24 septembre 2009 à 12:22:39
Réponse #54

Berhthramm


Un truc me vient à l'esprit, je le ressort souvent quand j'anime des formations sur la douleur en pédia : la douleur est une agression pour celui qui la vit mais aussi pour celui qui en est témoin... Et ce n'est pas seulement psychologique, ça se traduit bien physiologiquement par des modifications de l'activité cérébrale du témoin avec une activation de ses propres "zones douleurs"... C'est un truc qui a été démontré avec diverses expérimentations dont certaines assez "amusantes" (sur sujets sains et volontaires) en imagerie cérébrale dynamique... On le dit d'ailleurs parfois "put**n j'ai mal pour lui"...

et face à une agression : on fuit ou on nie (cf Laborit par exemple).

:)

Bon je crois que je vais aller ouvrir un post sur la douleur en zone adéquat (je vais d'abord taper ça sur Word), de toute façon j'en avais parlé avec Sielwolf en MP il y a quelques temps déjà...

24 septembre 2009 à 12:43:46
Réponse #55

Anke


Merci Bertrand, au niveau boulot ça va m'être super utile !

24 septembre 2009 à 14:15:51
Réponse #56

Lynx


oula ya des posts qui plombent l'ambiance quand meme hein  :-\

Cela dit je ne peux qu'abonder dans plusieurs sujets

  D'abord sur la grimpe, m'est arrivé la même chose que certains, joli vol sur SAE alors que je n'était qu'a l'échauffement, en enchainant du 4 a pleine pognes pour faire marcher les gros muscles (enfin je veux dire tout sauf les ptits doigts)  :glare:  en bas ca papotait... franchement qui peut tomber d'une échelle?... ben moi, une grosse prise qui tourne  sur le haut, une autre un peu trop grasse, et hop je me suis retrouvé à 10 cm du sol....
      D'une manière générale j'essaie d'insister lourdement sur le principe de ne jamais avoir la corde entre l'assureur et le grimpeur plus bas que le dispositif d'assurage... moins d'inertie à l'assurage, plus de mouvement de corde, meilleur sensation de la progression de l'autre, même caché du relais etc...

 Ensuite sur les posts de Anke... n'oublions jamais que la phrase "j'assume le risque" veut surtout dire "j'oublie mes proches" pour avoir vécu ca, le désespoir des proches, des amis, peut on vraiement l'assumer?  Voltaire je crois (? je sais plus en fait) disait "pourquoi voudriez vous que j'ai peur de la mort? vivant, elle ne me touche pas, et mort, je ne suis plus là pour la voir"   oui mais, la mort de serait rien sans l'attachement proches et la douleur que l'on ressent devant la disparition....

 Je crois qu'une bonne partie des comportements à risques en montagne, surtout hivernale sont largement issus des médias. La fameuse nuit de la glisse a fait beaucoup de dégâts en station. On voyait se déverser des citadins à 3000m, gavés d'adrénaline se jeter dans des pentes pas possibles à peine descendus de voiture... C'en est venu au point ou les services des pistes ferment certaines pistes pour éviter trop de dégât les premiers jours de la semaine pour "laisser les gens de chauffer"... curieuse société que celle ci, qui déresponsabilise en pénalisant, qui se gave d'extrême en interdisant le risque...

Il y a pourtant moyen de faire beaucoup de choses en réduisant le risque, mais cela demande bon sens, patience et humilité...


Poussière aux pieds vaut mieux que poussière aux fesses. Proverbe Peul

24 septembre 2009 à 16:30:48
Réponse #57

tifung


Perso, je pense que la peur nous protège et nous oblige à faire preuve d'anticipation, tout en restant concentrés et libres dans nos têtes. L'erreur arrive souvent quand on défocalise sont esprit de l'objectif. Pour ce qui est de l'utilité de tout ca, je compare un grimpeur à un marcheur. Avancer, et atteindre un but plus spirituel ; qu'on gravisse l'Everest ou qu'on traverse un pôle, il y a autant de risques...mais bon, je crois qu'on est hors sujet ! lol, ;)

24 septembre 2009 à 23:07:42
Réponse #58

Anke


Citer
La limite réelle, c'est quand on se plante qu'on sait qu'on l'a atteinte et dépassée d'un poil
Citer
Pour les limites je crois qu'on dit que à un moment on atteint son niveau d'incompétence et que là on s'arrête.

Je crois qu'on connait tous "la limite" et qu'on a juste un pb pour l'accepter.
ça peut revêtir bien des formes : "Je suis capable de le faire..." ou bien " je refuse de vieillir..." ou encore " je ne veux pas y penser..."
Dans tous les cas ( enfin il me semble) le désir du "toujours plus "ou du "encore" n'est que la traduction de la peur viscérale du "fini" ( un peu comme on a peur de sa propre mort).
Quelqu'un l'a dit, les sherpas savent qu'en haut de l'Everest il n'y a rien. Ni à vivre, ni à regarder. Mais c'est même pas l'Everest qui compte, c'est son ascension, sa quête. Nous nous agitons sans cesse de peur d'arrèter de vivre et impatient que nous sommes, nous ne voyons même pas les fleurs que nous foulons aux pieds. Qu'il sagisse d'une "noble" montagne ou d'une falaise normande bien modeste, je suis convaincu de transpirer tout de même, et d'avoir bien mal aux cuisses en haut !
Un copain, ancien guide de haute montagne( dont je tairai le nom même en mp, on dira qu'il exerce une profession....ce n'est pas le sujet) a "fait" les huits plus grands sommets mondiaux, du coté Pakistanais. Nous avons à peu près le même age, mais pas du tout le même parcours. Cependant nous arrivons aux mêmes conclusions au début de l'automne de notre vie.
La limite, c'est dans le regard de l'autre qu'elle est, quand il te dit ouvertement ou avec des signes : "ce n'est pas raisonnable que tu le fasses..."
Encore une fois en te disant ça, ton compagnon, voire ta compagne, ne te déprécient pas, ne te prennent pas pour plus inférieur que tu n'es. Ils sont juste inquiets, parce qu'ils t'aiment et ils ne ceulent pas qu'il t'arrive quelque chose que te brise et qui puisse les briser eux aussi.
La limite, c'est la sagesse du boxeur qui raccroche avant de se faire casser la gueule, parce que même s'il en a encore "sous le pied", il sait très bien que "ça" n'est plus comme avant. A force de refuser d'accepter, à force de fuir, de nier, on finit toujours par se taper le mur. On peut s'extasier de la beauté d'une fleur sans pour autant la cueuillir, de la perfection d'une vague en se contentant de la laisser mourir à ses pieds.
Apprendre a être satisfait, a être heureux d'un rien, finalement c'est peut-être ça la "vraie" limite...

25 septembre 2009 à 10:45:05
Réponse #59

Lynx


mille fois oui Anke...

Lionel Daudet, alpiniste de très haut niveau a dit au cours d'un reportage récemment qu'au cours d'une ascension il ne s'est plus senti à sa place, il va donc changer le sens de sa vie, de son chemin.Pas forcément tout arrêter, mais trouver une autre manière de continuer sa route.
Le plus important c'est d'être suffisamment honnête avec sois même et donc de prendre du temps sur sois, le temps de s'écouter.
J'ai ressenti ça aussi, ..a mon humble niveau,mais le changement demande du courage, courage de sortir d'un chemin connu, rassurant,dans lequel on a beaucoup investi, on s'est senti valorisé a un moment ou a un autre, pour quelque chose que l'on sent confus, inconnu...mais que l'on ressent comme juste, comme plus serein...plus sage?

"Lorsque tu arrives au sommet de la montagne, continues à grimper"  Pro.tibetain
Poussière aux pieds vaut mieux que poussière aux fesses. Proverbe Peul

25 septembre 2009 à 15:49:50
Réponse #60

Pics (Vincent.D)


Avec un grimpeur comme ça, un léger dévers, c'est pas dangereux.  Bref, relâchement de l'attention...  d'un coup il a senti que le grigri devenait brûlant alors réflexe, il a retiré les mains parce que ça le brûlait.  Sauf que le Miche, ben il était déjà arrivé à tout près du sol quand le grigri a bloqué.  Résultat la corde a à peine commencé à freiner sa chute, et il est tombé assis sur du rocher.  SBLAM.


Juste en passant, et désolé pour ton pote, c'est pour cette raison que le grigri n'a jamais reçu son agrément pour le travail en hauteur...
L'équivalent pro est vachement plus lourd, http://www.petzl.com/fr/pro/produits-verticalite/descendeurs/descendeurs-autofreinants/id-s mais dans le cas de ton pote il en aurait été bon pour un "bon vol", une belle frayeur, et une bonne engueulade pour "l'assureur"..

Faudra quand même que l'on m'explique un jour pourquoi du matériel considéré comme inefficace pour des professionnels est censé être bon pour des sportifs.

Le problème du grigri(pour moi), c'est de créer un faux sentiment de sécurité (C'est pas le premier à se vautrer avec un grigri, c'est un problème connu..)
Si tu laches complètement le grigri il bloque, si tu laisses une main sur la corde... cata en vue, il ne bloque rien!! Pas de système anti-panique(obligatoire pour les pro!! et pas pour les sportifs :blink: :blink:)
Le système anti panique est là pour éviter ça (Quand tu paniques sur corde, tu lâches pas la corde... Tu te crispes dessus)
Avec un 8 et en renvoi comme je t'ai montré, tu ne papotes pas, tu assures ton pote (t'as pas le choix! = solution idiotproof)
Avec un ID, c'est la machine qui fait 90% de boulot et qui rattrapera la connerie.
Avec le grigri, si t'es pas attentif, tu te vautres (enfin, tu vautres ton pote... :()

L'accident que tu expliques, je le vois comme si j'y était!!
Et si tu pousses le raisonnement à fond, c'est la brûlure occasionnée par le grigri qui a sauvé ton pote. En le lâchant,...
... l'assureur lui a enfin laissé faire son boulot!
La corde dynamique à amortit, mais elle n'avait pas assez de longueur utile pour qu'il ne touche pas le sol
@++
« Modifié: 25 septembre 2009 à 16:37:35 par Pics (Vincent.D) »
KISS

25 septembre 2009 à 17:06:34
Réponse #61

lunar


Tiens ce fil me rappelle un mauvais souvenir. Je suis au dessus du quatrième clou et mon assureur me gueule : "Panique pas et ne TOMBE PAS s'il te plait !". Je le vois bidouiller, hyper stressé, sortir la corde de son gri-gri et la remettre à l'endroit...  :o

Pics :A noter tout de même que le huit est un descendeur et n'est donc pas conçu à la base pour assurer, même si il le fait très bien.


25 septembre 2009 à 17:17:46
Réponse #62

DavidManise


c'est la brûlure occasionnée par le grigri qui a sauvé ton pote.

Exactement.  Ca lui a cramé le doigt donc il a tout lâché par réflexe.

Tafdak pour le fait que quand on stresse sur une corde c'est pas du tout naturel de la lâcher...

David
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25 septembre 2009 à 20:42:05
Réponse #63

Berhthramm


jamais aimé ce truc non plus.... j'assure à la plaquette et basta, j'ai toujours trouvé ça fluide et pratique... et puis ça permet un assurage dynamique aussi, des fois sur coinceurs c'est pas plus mal (même si j'ai horreur de grimper sur coinceurs... toute façon je me rends compte que j'aime pas grimper ailleurs qu'en blocs...)

27 septembre 2009 à 09:14:32
Réponse #64

Tumiza


Juste pour ajouter mon grain de sel: apparament ton pote grimpait en tete s'il cherchait des degaines.
Le grigri est un instrument parfait pour la moulinette car il suffit d'avaler la corde, le blocage etant permis par la rotation d'une came.
Par contre en tete ou il faut donner du mou l'assureur doit jouer avec la manette et c'est la que les incidents peuvent arriver: sur les 3 gros incidents auquels j'ai assisté 2 l'etaient avec un grigri en tete.  >:(

Perso. la plus grosse frayeur que je me suit faite en grimp etait aussi causée par une faute d'inattention, mais de la cordée au dessus de nous : leur leader fait tomber un Rocher de 60 ou 80 cm de diametre qui rebondit sur la paroie et nous evite miraculeusement, mon leader continue son ascension arrivé au relais, il ravale et se rend compte que les deux brins de la cordes a double etait sectionnés et ne tenait plus que par quelques fils de la gaine  >:(
BAVU ba pris

28 septembre 2009 à 14:44:43
Réponse #65

Baptiste


Juste pour ajouter mon grain de sel: apparament ton pote grimpait en tete s'il cherchait des degaines.
Le grigri est un instrument parfait pour la moulinette car il suffit d'avaler la corde, le blocage etant permis par la rotation d'une came.
Par contre en tete ou il faut donner du mou l'assureur doit jouer avec la manette et c'est la que les incidents peuvent arriver: sur les 3 gros incidents auquels j'ai assisté 2 l'etaient avec un grigri en tete.  >:(

Perso. la plus grosse frayeur que je me suit faite en grimp etait aussi causée par une faute d'inattention, mais de la cordée au dessus de nous : leur leader fait tomber un Rocher de 60 ou 80 cm de diametre qui rebondit sur la paroie et nous evite miraculeusement, mon leader continue son ascension arrivé au relais, il ravale et se rend compte que les deux brins de la cordes a double etait sectionnés et ne tenait plus que par quelques fils de la gaine  >:(

Le grigri en tête est utilisable, mais pour quelqu'un qui connais la manœuvre préconisée par Petzl pour donner de la corde rapidement.
Le grigir est un outil très intéressant, mais il demande une manipulation et un apprentissage sérieux, tout comme les autres dispositifs d'assurage. Le problème, avec le grigri et cela a déjà été évoqué est qu'il déresponsabilise l'assureur car c'est un dispositif autobloquant. L'assureur a alors l'impression que tout va se fair tout seul en cas de chute, ce qui n'est pas le cas....

Pour ton anecdote, je ne sais pas si tu étais en dessous ou dans une voie adjacente proche de la cordée qui te précédait. Si tu étais en dessous, tu prends consciemment le risque de te prendre une pierre... Il ne faut jamais partir sous une cordée le risque de chute e de pierre est bien trop important...
La vie est étrange parfois, on ne veut pas partir loin de ceux que l'on aime mais on ne veux pas non plus revenir en laissant ceux que l'on a appris à aimer...   Moi

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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