Je viens de lire tout ça...
Demain, dans le groupe dont j'ai la charge, je retrouve un gamin qui est passé récemment en fauteuil électrique, définitivement, mais malheureusement, pas pour très longtemps...
Pas une myopathie standard, une version rare - une dizaine de cas tout au plus au monde.
Aucun recul quant à l'évolution, plus rapide que prévue, ni sur le pronostic...
Bref, on avance dans un brouillard épais, avec comme seule certitude qu'on va pas vers le meilleur.
C'est une expérience difficile.
Parmi d'autres.
Dans ce même groupe, j'ai d'autres gamins à problèmes...
Pas facile de prendre du recul, affectivement, personnellement, ou humainement.
Difficile d'être toujours objectif.
Pas évident non plus de s'épargner soi-même.
Ces 10 dernières années, j'ai eu, ainsi, des rencontres, des expériences avec pas mal de profils particuliers, des soucis "familiaux" trop lourds pour être abordés ici, aux gamins qui n'ont eu pour seule issue que le HP...
A chaque fois, on repart de zéro, sans aucun moyen réel, ni de cadre solide pour soutenir le projet...
Tout ne tient qu'à l'engagement personnel et au rapport qui va se créer, ou pas, entre ces gamins, et nous.
A l'impossible nul n'est tenu, entends-je souvent.
Mouais.
Ca me fout en rogne, sourdement, de ne pouvoir faire que si peu, à une échelle si ridicule.
Mieux que rien, sans aucun doute.
Mais clairement pas assez, à mon sens.
Dans l'institution qui devrait engager le plus de moyens, humains notamment, on voit reculer tous les projets qui ne font pas le 20heures, pour ne mettre en avant que ce qui paie, médiatiquement.
Je ne suis pas de ceux qui refont le monde - je m'y adapte au mieux.
Mais parfois, la tâche est rude.
Bonne continuation.
Rémy
