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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: La désescalade. Les mots pour y parvenir.  (Lu 16678 fois)

26 août 2009 à 19:19:05
Réponse #50

** Serge **


Citer
The process of determining threat level and knowing when a situation is about to become an attack is more an art than science. Always prefer to avoid confrontations rather than fight in self-defense, but once a threat evolves into an attack, you've got to respond with a resolute, offensive mind-set. The second you perceive an attack is underway, become the attacker. Preempt the assault and immediately reverse the confrontational dynamic. Why ? Because it's easier to make an attacker react to you than trying to react to him. Action is always faster than reaction. It's much more effective to force your attacker to continually try and catch up to you than the reverse. It's how you TAKE control away from him. Don't confuse the application of this principle with trying to anticipate specifically what your attacker's going to do. It's enough to just know he's going to attack when you're pre-empting.

 Kelly Mc Cann. Combatives for Street Survival. Black Belt Communications © - 2009
"The quality of your life is a direct reflection of the quality of your communication with yourself and others." - Anthony Robbins
http://jahozafat.com/0029585851/MP3S/Movies/Pulp_Fiction/dicks.mp3
"Communications without intelligence is noise; Intelligence without communications is irrelevant." ~ Gen. Alfred. M. Gray, USMC

26 août 2009 à 19:28:14
Réponse #51

Patrick


Enfin y'a pas mal de trucs à driller...
Moi je crois que driller les paroles, c'est comme les techniques qui marchent bien sur des situations qui n'arrivent jamais. Il faut driller des attitudes, comportements, principes tactiques et des outils, mais le drill de situations pré-supposé c'est à mon sens de la flutte.

Selon le problème c'est pas forcément du "monsieur que puis-je faire pour vous" et "je suis sur que nous allons trouver une solution" ça peut-être ça et dans une situation à peine différente une grosse gueulante. Par contre, le principe c'est laisser une porte de sortie honnorable ou s'il n'y a pas moyen où si ce n'est pas admissible rentrer fort dans le lard.

26 août 2009 à 20:25:54
Réponse #52

Patrick


En pleine guerre civile, Abraham Lincoln, dans un discours, fit référence aux sudistes comme à des être humains dans l'erreur.
Quelqu'un lui reprocha alors de ne pas les désigner comme des ennemis irréductibles que l'on doit détruire systématiquement.
Ce à quoi il répondit :
«Pourquoi détruire mes ennemis quand je peux faire d'eux mes amis ?»
Comme exemple de désescalade, on fait mieux  ;D

26 août 2009 à 23:21:17
Réponse #53

** Mathieu **


Comme exemple de désescalade, on fait mieux  ;D

 ;#

Dans l'idée j'trouvais ça plutôt bien, justement par rapport à une stratégie positive de désescalade : le fait de rallier à notre cause quelqu'un qui se présente au départ ouvertement comme un ennemi.
Plutôt que d'écraser un sudiste, et continuer de se mettre à dos ses frères, faisons-le venir dans notre camp, rejoindre les nordistes, rallions-le à notre cause.

La désescalade, c'est un peu ça à mon sens : réinstaurer un lien avec l'autre, réouvrir un pont, réhumaniser la relation en quelque sorte.

27 août 2009 à 00:13:22
Réponse #54

Arcadi87


Bonsoir à tous,

dans le boulot j'ai eu plusieurs fois à faire à des mecs bourrés, curieux ou alors juste perdu mais hargneux, qui n'avaient rien a faire
dans mon lieu de surveillance. J'ai toujours appliqué la règle du poli mais ferme (comme on nous l'apprend à l'école) et cela à toujours fonctionner pour désamorcer une situation.
Je pense que lorsque vous avez à faire à une telle situation c'est que :

Vous êtes dans votre bon droit; le voisin frappe sa femme, un guignol qui à trop bu pousse la chansonnette à 0300 du mat...
Auquel cas il vous est possible de désamorcer la situation en rappelant à l'intéressé ce qu'il se passe, lui faire poser les choses et lui faire prendre son recul en lui parlant.

En revanche, lorsque vous avez un affect dans la situation; le voisin emboutit votre portail, votre boss pique une crise...
Alors là c'est le moment de faire profil bas; c'est le sang froid.

Nous appliquons cette méthode au boulot;ainsi, dés qu'un mec se fait frapper, il est écarté de la zone pour éviter une quelconque vengeance.

Pour moi, la déséscalade c'est savoir s'éffacer, pas s'écraser, poli mais ferme comme nous faisons tous en majorité lorsque les gendarmes nous arrêtent.

Mon opinion
Cordialement, Arcadi

27 août 2009 à 18:30:53
Réponse #55

jeremy


Je viens de retrouver un excellent post de Sielwolf dans le fil désescalade. Je me suis permis de le coller ici car il est très en rapport avec le fil :

Beaucoup de points techniques et pratiques ont été abordés, mais il faut apporter un petit éclaircissement concernant l'empathie, et rebondir également sur le premier post de David (avec la justification à tuer)...

L'empathie, c'est la capacité à évoquer en soi-même ce que peut ressentir l'autre d'un point de vu émotionnel. C'est une sorte de simulation intérieure des émotions de l'autre, qui apporte une lecture très subtile des situations, en doublant la lecture logique (cognitive), d'une lecture émotionnelle (ressenti). C'est par le biais de l'empathie qu'on arrive à se mettre à la place de l'autre.

La question de l'empathie, ce n'est donc pas tellement celle qu'on va ressentir pour lui, mais surtout celle qu'il va (ou non) ressentir pour nous.

On pense cliniquement (Grossman), que le passage à l'acte violent humain / humain s'opère toujours à l'occasion d'une rupture temporaire d'empathie, car il existe une résistance innée chez tous les animaux à s'attaquer franchement à un membre leur propre espèce (Lorenz). Exception faite de certains profils psychiatriques qui ont peu, voir pas, d'empathie (psychopathes, sociopathes), ce qui les rends hyper-prédisposés au passage à l'acte violent. Les "conditionnements à tuer" arrivent aux mêmes résultats, mais c'est un domaine encore plus confidentiel.


Pour le mec agressif moyen, dans beaucoup de cas, l'attaque physique nécessite une sorte de préparation psychologique destinée à "déshumaniser" son interlocuteur (le déshumaniser émotionnellement, opération qui se produit dans un plan parallèle de la justification logique, et la complète sans la remplacer).

L'agresseur va dans ce cas avoir besoin de sa victime pour franchir le cap, et rompre sa propre barrière d'empathie ( = arrêter de se voir dans l'autre comme un humain, et inversement de voir la détresse de l'autre en lui en tant qu' humain), pour pouvoir attaquer.

C'est l'objet des propos humiliants, insultants, défiants d'un agresseur, et qui visent à obtenir une réaction virulente de la part de la victime, laquelle réaction autorisera l'agresseur (cognitivement et émotionnellement) à attaquer la victime en question: "t'es qu'un tapette", "tu crois que tu peux quelque chose contre moi?", "ta mère en slip de catch!", etc....

Un pilier de la communication violente est donc ce maintient de l'empathie.

Une parenthèse: le lien émotionnel humain passe pour beaucoup par le REGARD. C'est pour cela:

*   qu'il est plus facile de mettre un coup de couteau dans le dos que de face
*   qu'on cagoule les suppliciés (c'est pour protéger émotionnellement les bourreaux, pas les victimes!)
*   qu'on tue avec une balle dans....la nuque.

Et c'est pour cela que personne ne supporte d'être regardé fixement par un membre du même sexe. Pourquoi? Parceque ce sont les objets qu'on regarde fixement, pas les gens. Si on commence à regarder un mec comme un objet, cela peut signifier la rupture d'empathie, donc une attaque potentielle, ce que l'inconscient décode haut et fort, balançant un gros signal émotionnel de danger dans le champ de la pensée.

Donc pour revenir à la négociation, le fait de parler au mec, outre tout ce qui a déjà été dit, permet aussi (et surtout), d'éviter la rupture d'empathie.

Si on lui dit des phrases dans le registre suivant: "oui, je te comprends", "moi je réagirais pareil", "tu imagines si tu étais à ma place en ce moment?", ou simplement "nous", à la place de "je", cela devient très diffficile pour un prédateur de nous "chosifier", et limite considérablement le dérapage de passage à l'acte intempsetif.

Il y a eu des cas de tueurs en série où la victime séquestrée a commencé à parler de son enfance, ou de ses souffances intérieures. Ces récits ont navré les tueurs, récits qui dans certains cas ressemblaient à leur propre histoire. Plusieurs serial killers sont devenus alors incapable de tuer, éprouvant de la tristesse pour leur victime (initialement considérée comme un morceau de viande), relachant la victime, et allant même jusqu'à la raccompagner dans un cas!!....



I see in your eyes the same fear that would take the heart of me. A day may come when the courage of Men fails, when we forsake our friends and break all bonds of fellowship, but it is not this day. This day we fight!

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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