Bon vous allez rire mais... moi j'ai diminué globalement mon niveau de vigilance.
Je me suis surpris, la semaine dernière au camping, à m'endormir alors que des mecs bourrés hurlaient et se baladaient un peu partout en pétant des trucs. On était dans la tente, et j'ai dormi. Par contre quand ils se sont approchés j'étais déjà réveillé, la lampe tactique à la main, à tendre l'oreille... ils ont gueulé près de la tente, puis ils sont partis. Zéro adrénaline, juste code jaune foncé. En temps normal j'aurais été en orange vif. Mais là zen... juste prêt mentalement à intervenir si jamais ça dérapait mais je sentais pas réellement de menace. C'était juste des mecs bourrés qui faisaient les cons dans un camping quoi... Ils se sont éloignés et je me suis rendormi aussi sec.
Dans un autre camping, plus zen celui là quand même, je me suis surpris à prendre plaisir à dire bonjour aux voisins, à laisser passer une maman et ses gamins tonitruants avant moi à la douche, à apprécier le contact des autres qui, globalement, étaient détendus, souriants et gentils. Je me suis surpris à apprécier cette gentillesse là, cette décontraction là pour ce qu'elle a de plus en plus rare et de très agréable, plutôt que de chercher activement les sources de danger potentielles...
J'ai laissé, dans ce même camping, les fenêtres de la voiture ouverte... rien de grande valeur dans la caisse, vieille caisse assurée contre le vol... donc bon. Je préfère prendre un petit risque plutôt que de crever de chaud. Et pis bon on s'est rien fait piquer hein

La nuit quand même, je fermais à clé, mais bon. Pas méchamment

Bref je sais pas, mais j'ai sincèrement l'impression d'avoir dépassé un stade où -- sans être vraiment parano -- j'étais devenu un peu trop méfiant et sur mes gardes, et où ça me bouffait un peu trop d'énergie. Je reste attentif, mais j'accepte de ne pas tout contrôler, et je tolère une part de risque, un petit peu de "on verra bien" calculé quoi. Le résultat en est qu'au lieu de rentrer de vacances crevé et tendu, je suis plutôt zen et relâché, et que je me suis bien amusé, que j'ai discuté et sympathisé avec des inconnus, que j'ai fait marrer les serveurs et les serveuses des restaus, et tout et tout.
Après, je me rappelle qu'au dernier camping où on était y'avait un mec que je sentais pas, qu'il était blond, les yeux marrons, la barbe plus foncée, et qu'il avait une ford fiesta bleu foncé immatriculée dans le 58, avec un trou de rouille dans l'aile avant gauche (cher ami, si tu nous lis, le prends pas mal stp

)... un mec seul, toujours une bière à la main, le regard dur, fumant clope sur clope et semblant tout le temps surveiller les allées et les venus des gens. Lui je l'avais repéré, calculé, identifié. Il était là en tâche de fond, mais SANS QUE CA ME STRESSE.
Bref j'ai pas vraiment changé grand chose dernièrement à part un truc important : je maîtrise suffisamment toutes les micro-compétences que représentent la self-protection pour que ça devienne réellement une série d'automatismes qui ne me bouffent pas du tout la vie... j'ai plus vraiment besoin de m'en occuper consciemment. Je peux faire confiance au fait que c'est là et que ça m'avertira au besoin. C'est vraiment sympa, et ça permet d'être safe ET parfaitement détendu, et ça c'est appréciable.
Ciao

David