Pour revenir un peu sur le sujet des garrots également :
L'armée Suisse le réintroduit, c'est bien !!!
En effet comme tu l'as très bien dit, sur une zone de combat on s'est rendu compte (avec le retour qu'on a des blessés de guerre en Irak et A-Stan) que c'était un moyen très efficace pour sauver des vies.
Ce qui change par contre par rapport à un usage civil, c'est la tactique d'intervention. En effet, le programme américain militaire pour les soldats, c'est le TCCC (Tactical Combat Casualty Care), et il est divisé en 3 catégories :
- le "Care under fire", ça veut dire que les premiers gestes sont effectués par les soldats eux-mêmes sous le feu ennemi, et dans ces conditions, pas le temps de prendre le temps de bien analyser une plaie, si ça saigne beaucoup sur un membre, c'est garrot directement.
- le "tactical field care", effectué par le paramedic de l'équipe de combat, comprenant les gestes avançés
- le "tactical evacuation care", effectués par des paramedics et des médecins à bord des hélicos de sauvetage.
Cette doctrine entre dans un cas bien particulier, celui de la guerre, et n'est en rien comparable à ce que l'on doit faire dans le civil, car les contraintes sont très différentes. Elle s'appuie également sur une statistique des plus pragmatique : celle des causes traitables de mort au combat, et cela comprend : l'obstruction des voies aériennes, la gestion des hémorragies des membres, le pneumothorax sous tension. Et effectivement, vu les délais d'évacuation, certaines pratiques comme la pose systématique du garrot en première intention ou l'utilisation d'un pansement occlusif complet sur les plaies soufflantes peuvent se justifier par ce type de contexte. Mais ce n'est pas transposable aux conditions civiles, encore une fois.
Comme le disent très bien les formateurs du TCCC dans le domaine du combat, le premier traitement pour une victime au combat, c'est une puissance de feu supérieure à celle de l'ennemi...