Précisions !
J'ai eu quelqu'un de l'ambassade !
1. Alors avant que tout le monde s'emballe sur le choix et le non choix du pays, le pote en question est officier de sécurité à l'ambassade, bref, fonctionnaire de police ou militaire de la gendarmerie - curieusement, ces deux corps sont présents à l'ambassade ; il n'était pas en service au moment de l'agression.
2. Cela explique le fait que ça bouge un peu sur le plan diplo : au lieu de l'enterrement habituel, on a ainsi acquis la certitude que les égyptiens poursuivraient pas le mec parce que ... militaire américain protégé par l'ambassade et par deubelioubouche. Super.

On peut tout juste espérer une interdiction de séjour. C'est pas gagné.
3. en fait et pratiquement, il n'y a pas eu discussion : il a d'abord parlé, l'autre s'est approché pour soit-disant répondre et BAM !
4. On pourrait vaguement supposer qu'étant OS et lui aussi probablement armé, il avait peut-être un profil moins bas qu'un simple instituteur, ce qui a vraisemblablement pas aidé à désamorcer le GI. Je cherche surtout pas à justifier, mais à rationaliser ce qui a pu se passer dans la tête du GI. L'explication de Patrick est aussi plausible.
Attention, ya plein de mecs rendus marteaux ou désinhibés par des années de conflits qui passent à travers les mailles d'une médecine militaire peu encline à reconnaitre ls psychopathologies. Bref, pas forcément un grand blessé de guerre, juste un habitué de guerre, dopé par sa mission, par l'habitude de la violence et de l'impunité. En langage civil on dirait trop rapidement un fou
5. En référence aux arguments de messages ci-dessus : vous me direz qu'on a toujours le choix de servir dans tel ou tel pays

Dans ce registre, on peut aussi dire qu'on a le choix de pas aller occuper l'irak et servir de bodyguard à un pourri saoudien, mandaté par son gouvernement. J'arrive à voir une différence entre protéger une ambassade et civiliser un pays à coups de B52 et de barbouzeries pour lui pomper son pétrole. Mais là, question de point de vue on peut en discuter. Comptez pas sur moi pour faire un blanc-seeing moral à n'importe qui et nimporte quoi au nom de la commune dangorosité de ce qu'il font ou de la fraternité universelle des armes. Scrongneugneu.

J'ajoute que les militaires français croisés dans diverses zones de crises m'ont justement impressionné par leur hauteur éthique et politique. M'enfin l`non plus je me fais pas trop d'illusion.
6. Enfin, concernant les diverses allusions à la conduite en irak : bien sûr qu'on peut expliquer techniquement la conduite musclée du hummer pour éviter les tirs. Mais si on peut, d'un clavier d'ordi, s'autoriser à faire l'hypothèse qu'on ferait pareil à la place du GI - ce qui est vrai - , rien ne m'empêche d'utiliser la même logique pour dire qu'à la place du gars, j'aurais refusé d'aller en irak, et qu'à la place d'un irakien, je voudrait bouter ces GIs qui sont des occupants venus pomper mon pétrole.
Alors d'accord, ces GIs sont forcés, sous-informés, on peut l'expliquer, etc... là on part en explications et débats géopos, pas de pb mais je sais pas si c'est la place, si il y a la place, et si j'ai envie

Pour faire court, bien sûr que je les plains ces pov'gars projetés dans un truc dégueu par des criminels, mais il y a malaise dans ce cas à oublier les centaines de milliers de morts irakiens depuis bientôt 15 ans. En fait, on oublie les irakiens parce qu'on s'identifie aux ricains, aux occidentaux, et nous sommes incapables de nous décentrer et nous mettre à la place de l'autre. C'est ça qui tue. Amen.
