Bonjour Alexis,
Je ne vais pas te parler ambiance mili....par ce que je ne connais pas.
En revanche je vais me permettre quelques propos (pas fun, je m'en excuse d'avance) à l'attention d'un jeune au seuil de ses choix de formation. Là, j'ai plus d'expérience.
Tu es au seuil d'un choix important de ton projet de formation, qui déterminera des choix professionnels qui permettront à leur à leur tour d'assumer des CHOIX DE VIE.
*A vingt ans, il est difficile de comprendre que la vie professionnelle dure (au moins) 40 ans. Concrètement cela veux dire qu'un jeune ayant eu le bac en 1962 (au lycée Bugeaud Place Mermoz par exemple) puis fait cinq ans d'études a pris récemment sa retraite en 2007. Dans ce laps de temps beaucoup de chose ont changé.

*Il est donc fondamental de ne pas se déterminer sur le système tel qu'on le perçoit en 2009, puisqu'il est amené à changer, mais plutôt à essayer d'être le plus adaptable possible pour gérer les changements à venir.
On peut, pour essayer de faire le point, s'interroger sur deux choses :
1. Qu'est ce que j'aime faire ou, plus facile, qu'est ce que je n'aime pas faire?
Au final ce sont tes choix de vie qui doivent t'orienter. Exemple : si ton objectif c'est de vivre au pays et de construire une maison sur un terrain familial (je connais beaucoup de gens comme ça), la carrière militaire n'est pas le bon truc, AMHA.
2. Toujours en fonction de tes "choix de vie" : quels sont tes besoins actuels mais surtout futurs?
Sachant que la difficulté c'est que tu vas te baser sur TES besoins actuels alors que si tu cherches à fonder une famille il faut penser, dès maintenant, à VOS besoins.
En bref, pour être impliqué professionnellement il faut à la fois avoir un boulot intrinsèquement intéressant (par son contenu) ET ne pas subir d'insatisfaction à cause de celui-ci (modèle d'Herzberg).
Je remarque que les militaires mettent en avant le contenu du travail. D'ailleurs c'est le plus souvent le contenu qui les avantage en terme d'image. Les pubs à la TV sont remplis de "clichés" où l'on voit de jeunes militaires super équipés embarqués dans des super hélicoptères pour aller sauver des civils dans le cadre d'opérations humanitaires. On parle moins souvent dans ces pubs des compteurs des boutons qui représentent 95% de l'effectif. On y parle encore moins des problèmes de disponibilité matériel et de l'obsolescence des équipements
Les autorités militaires très peu prolixes sur les points suivants qui sont susceptibles d'entrainer une grande insatisfaction :
- La vie de famille. Pas facile de mener une double carrière avec des déménagements fréquents. Pas facile non plus d'assurer une continuité de formation pour les enfants qui changent d'institution.
- La qualité de vie : les astreintes, missions, etc....sont lourdes à porter quand on a charge de famille.
- L'employabilité. C'est à dire ton aptitude à exercer un emploi une fois la période militaire passée. La fracture entre les exigences militaires et les exigences civiles est importante. Tu ne seras pas ou peu aidé.
- Les salaire. Le salaire est un point important même si cela paraît lointain à ton âge. Les salaires réels dans l'armée sont maigres. La comparaison civils/fonction publique pour des gens bien formés (issus des classes prépas) n'est pas en faveur de la fonction publique.
Le sentiment d'inéquité est quelque chose de puissant : Ce n'est pas facile d'accepter que tes anciens compagnons de prépas gagnent le double de ton salaire....
Le sentiment d'injustice : l'état peut réviser le contrat qui te lie à lui, et sur lequel tu te détermines lors de ton engagement, de façon unilatérale. Les règles de calcul de retraite peuvent changer, les progressions de salaire...C'est aussi vrai dans le privé, mais dans ce cas il est facile d'aller voir ailleurs car ton employabilité est effective.
Voilà, je ne suis pas fun.

Ce serait plus sympa de te parler des "motivateurs" : capacité d'exercer un commandement effectif, intérêt du travail, responsabilité engagée, capacité de se dépasser dans son travail...ici l'armée est certaineemnt attrayante.
J'ai préféré te parler des "facteurs d'hygiènes", ceux qui lorsqu'ils sont présents ne rendent pas heureux dans le travail, mais lorsqu'ils sont absents causent de l'insatisfaction. Si l'armée ne parle pas de ces facteuer, c'est peut être qu'il y a une raison....

Did,