Salut,
j'aperçois un petit article, sur un blog scientifique lié au monde.fr, ici
http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2013/02/13/la-femme-qui-ne-connait-presque-pas-la-peur/, qui, au-delà de la vulgarisation scientifique toujours intéressante, illustre à mon avis assez bien l'utilité de la peur...
L'article évoque donc des expériences réalisées en plaçant dans des situations normalement effrayantes ou alarmantes une personne atteinte d'une maladie des amygdales (celles situées dans le cerveau, pas celles situées dans la gorge)... Or, celle-ci du fait de cette maladie, ne réagit pas aux stimuli externes alarmants passant par les 5 sens ou la raison, mais semble cependant réagir à une situation de danger signalée par l'attrition (réversible et volontairement provoquée pour l'expérience) de fonctions vitales internes (ici le rapport O2/CO2 dans le sang, si j'ai bien compris). Les expérimentateurs suggèrent que le fait que le signal du danger soit donné par des fonctions internes permettrait de court-circuiter le centre des amygdales pour prévenir le cerveau.
C'est sauf erreur d'interprétation de ma part l'innovation majeure de cette expérience, mais l'article en question illustre donc surtout bien à mon sens le rôle de signal de danger qu'à le déclenchement d'une réaction de peur.
Je cite un passage transparent :
Pour les chercheurs qui étudient son cas, "SM a de grandes difficultés à détecter les menaces imminentes dans son environnement et à apprendre à éviter les situations dangereuses, caractéristiques de son comportement qui, selon toute probabilité, ont contribué au fait qu'elle a souvent mis sa vie en péril". Cette femme est en quelque sorte privée de son instinct de survie.
Et je ne peux m'empêcher de faire le lien avec une conversation récente avec Robert Paturel et quelques autres personnes, lors de laquelle il donnait sans forfanterie une définition du courage qui m'a paru parfaitement juste :
"le courage, c'est la marge de manœuvre qui reste malgré la peur"...
Ce qui rejoint à peu près, en plus pragmatique, la définition Socratique classique du courage, à savoir en substance
"Le courage, ce n'est pas de ne pas avoir peur, ça c'est de l'inconscience. Le vrai courage c'est de surmonter sa peur" (paraphrase synthétique très approximative d'une traduction réalisée il y a bien longtemps, si quelqu'un a un verbatim plus précis, il sera le bienvenu!).
Donc, à mon humble avis, nul courageux qui ne soit peureux ! Toute la question étant de surmonter sa peur pour récupérer de la marge de manœuvre...
Cordialement,
Bomby
PS : pour rappel, un certain nombre de fils utiles abordant ces thèmes, sous des angles divers et légèrement différents, existent déjà dans l'index, à l'entrée "Peur":
http://www.davidmanise.com/indexforum/