Salut,
J'ai longuement trainé à Mourmelon (J'ai bien connu ce bon vieil adjudant-chef CHANAL. Un extraordinaire sous-officier qui aurait pu nous en remontrer...mais le côté sombre du personnage...)
L'être humain, même individuellement, est souvent capable du pire comme du meilleur... et parfois à quelques minutes d'intervalle. Je trouve ça d'ailleurs assez effrayant.
On a souvent tendance à déshumaniser les personnes qui ont un côté aussi sombre que l'adjudant-chef Chanal. Ca nous rassure, car en les privant de leur humanité on s'imagine que NOUS sommes différents, et incapables de faire de telles choses. Pourtant le vernis social, la compassion et les lois sont bien peu de choses, dans certains contextes, et je pense qu'il est très sain de garder à l'esprit qu'il est souvent très facile, et pour N'IMPORTE QUI, de céder à sa part la plus sombre, et de faire atrocement mal aux gens sans que cela ne puisse être légitimé de quelque manière que ce soit.
Did me rappelait fort justement, il y a peu, la différence fondamentale qui subsiste entre le soldat et le guerrier... Si par nature, et de par leurs dispositions psychologiques et physiques ils sont très similaires, les actes du soldat sont quand-même cadrés par les lois, et de facto par la démocratie. Sinon les capacités meurtrières et l'aptitude au combat sont laissées à l'arbitraire... et sur des gens qu'on désinhibe volontairement pour les rendre efficaces, le risque est d'autant plus grand que les blocages sont limités.
Concrètement, le métier des soldats reste de tuer de sang froid. Les soldats français sont forts à ce jeu. Ce sont, pour la plupart, des bons voire des très bons. Ils font bien leur métier. Mais malheureusement, l'adjudant-chef Chanal a fait un peu de bénévolat, et pas mal de zèle à ce niveau là

-- formidable guerrier, je n'ai pas de peine à le croire. Mais bon... le côté sombre du personnage en effet

David