Bonjour,
J'aimerai apporter mon point de vue au sujet.
Je pense que premièrement il faut dissocier deux types de personnes dont on parle ici mais dont l'état est le même.
Les berserks qui ont une prédisposition et probablement une maitrise de ses états de frénésie et le commun des mortels.
Je connais assez bien la frénésie car j'ai étudié les berserks et aussi par mon travail avec des personnes psychotiques. Je pense que les crise de violence des personnes souffrant de troubles psychotiques sont du même ordre que celui des berserks.
Une des personnes que j'ai accompagné pendant une année est de celle là. Une femme d'1m70 55kg qui passe régulièrement dans un état de violence extrême ou il faut au minimum deux hommes pour la maitriser au sol. Cela peut paraître moins intense que certains de vos exemple mais s'explique par le fait que cette femme est sous traitement. Pour vous donner un exemple, si je donnais ne serai-ce qu'un quart de la dose quotidienne de ce traitement à une personne "normale" il dormirai pendant deux jours, et ce n'est pas une spéculation, cela est déjà arrivé.
Durant ses crises, elle s'attaque à la personne la plus proche d'elle sans distinction. Et cela dure de 3 à 5minutes en moyenne avec les mêmes caractéristiques que vous avez cités, force décuplée, insensibilité à la douleur, etc. Et souffre d'une extrême fatigue après avoir repris ses esprits, sans toutefois avoir de souvenirs précis de ce qui s'est passé. Parfois elle s'endors carrément.
Mon hypothèse est que les berserks scandinaves étaient certainement des psychotiques qui savaient comment déclencher leurs crises.
Dans le cas de cette femme, sa déficience mental limite sa capacité à maitriser son état.
Peut être que les berserks savaient comment provoquer cet état qui est très souvent lié à une grande angoisse. D'ailleurs il est souvent rapporté qu'ils se concentraient un certain temps avant de passer en frénésie volontairement. A l'inverse, lorsque cet état été provoqué par l'environnement il était presque instantané.
Je pense que ses personnes ont une prédisposition à passer dans cet état de frénésie ou force surhumaine mais que leurs troubles psychotiques les empêchent de maîtriser cet état. Ce qui expliquerai qu'il ne fassent plus la différence entre amis et ennemis et qu'ils ne puissent pas revenir volontairement à un état "normal".
Dans le cas des psychotiques, je les compare souvent à une cocotte minute. Leur angoisses et autres, les font monter en pression et les crises sont un phénomène qui est la pour réguler, une sorte de valve de sécurité. Et comme tout système de sécurité, il ne s'arrête que lorsque l'état reviens à une valeur acceptable. Ce qui explique pourquoi ils ne peuvent pas maitriser leurs crises. Ils peuvent apprendre à gérer leur "pression interne" mais lorsque la "sécurité" se déclenche, c'est trop tard.
L'exemple de la sœur de David montre très bien la différence avec une personne psychotique, elle ne s'en est pas pris au arbitres (neutres) ou à ses coéquipières (amis) pour ce concentrer sur l'équipe adverse (ennemis). Alors qu'un berserk ou une personne psychotiques aurai tapé dans le tas aveuglément.
Je pense que ces accès de rage sont différents de certaines situations comme pour la femme qui veut sauver son enfant. Dans le deuxième cas, une fois l'action terminé (soulever la voiture) il y a retour a la normal.
La principale différence qui me saute au yeux est que d'un coté nous avons une "rage destructrice" avec violence qui ne prend fin que lorsque toute l'agressivité à été consumée et de l'autre une "rage protectrice" qui s'arrête d'elle même lorsque la situation n'est plus dangereuse.
Pour faire écho à certains commentaires,
Cet état n'est pas une absence de conscience mais une conscience sans égo. Ce qui fait disparaitre les limites que nous nous posons à nous même. Vaste sujet que la différence entre limites psychologiques et nos limites réelles.
L'égo aide à structurer l'individu en lui posant des limites, mais lorsqu'il disparait alors tout le potentiel de l'être est disponible aussi bien au niveau physique, intellectuel que sensoriel.
se débarrasser des émotions parasites
Ceci est une expression utilisé dans le bouddhisme tibétain pour expliquer l'état recherché pendant la méditation, en fait c'est un synonyme de non-égo, absence d'égo.
agir en pilote automatique, instinctivement (sans "préméditation")
Le terme 'pilote automatique' ne me plait pas trop. Par contre je suis d'accord avec le fait qu'il sagit d'actes instinctifs mais au lieu de 'sans préméditation' je dirai plutôt sans réflexion. L'égo n'est plus là pour t'empêcher de faire ce qui est de l'ordre de l'impossible.
Nico