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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: armes à feu  (Lu 8734 fois)

13 janvier 2009 à 21:18:04
Lu 8734 fois

f2000@pl


Bon voila c'est mon premier message sur ce forum et je commence avec un sujet qui n'est pas des plus simples, je sens que je vais me faire aimer moi  ;D

Je me présente: je suis un amateur d'armes et de theories survivalistes qui depuis un bout de tems déjà lit ce forum avec un plaisir égal.

J'ai pensé qu'un fil sur le pour et le contre des armes à feu serait utile
  
Alors je m'explique: ayant constaté que tous les fils de dicussion qui se rapprochaient de près ou de loin des armes à feu partaient en cacahuette car on revenait sur l'éternelle discussion "pour ou contre les armes" alors pour éviter de polluer des discussions interessantes j'ai pensé qu'il serait peut être possible d'isoler ce débat sur un fil qui lui serait dédié

Je sais qu'en principe il est interdit de parler "calibres" et le seul truc qui me justifie c'est que je ne serais pas le premier à faire une entorse a ce réglement. Et après tout peut ètre que je me ferai modérer vite fait ::)

je voudrais juste mettre une règle pour ce fil: si vous postez développez bien vos arguments

autre chose evitez de mettre trop de statistiques: difficile de trouver quelque chose de fiable en particulier sur le net

et n'hesitez pas à faire part de vos experiences positives ou négatives avec les armes

voici un petit texte (de moi  :) ) ou je developpe mes arguments :


Mon analyse des armes à feu à l'usage des tireurs, des hoplophobes et des autres

Pourquoi une arme à feu? Pour répondre à cette question je me permets d'établir un parallèle avec l'automobile: à quoi peut donc servir une voiture?   Il y a plusieurs réponses à cette question.
Une voiture peut servir à:

- tuer son prochain ou se tuer soi-même
- offrir un sentiment de securité, de superiorité
- attaquer une banque ou un commerce ( voiture-bélier )
- compenser certains manques chez certains hommes
- être une pièce de collection, un témoin de l'histoire
- être un moyen de transport

Une arme à feu quant à elle peut servir à:

- tuer son prochain ou se tuer soi-même
- offrir un sentiment de securité, de superiorité
- attaquer une banque ou un commerce
- compenser certains manques chez certains hommes
- être une pièce de collection, un témoin de l'histoire
- exercer un passe-temps ou un sport intéressant

Les reponses pourraient être plus nombreuses en cherchant bien néanmoins celles ci me semblent être les plus évidentes.

Le lecteur aura sans doute constaté que la réponse la plus évidente pour la voiture a été citée en dernier en parallèle avec une des réponses à la question "pourquoi une arme à feu"
La raison de ceci est que de même que la plupart des conducteurs achètent une voiture pour se déplacer, la plupart des amateurs d'armes achètent une arme pour le plaisir d'exercer leur passe-temps ou leur sport favori.
La question qu' on est dès lors en droit de se poser est pourquoi la première saute aux yeux comme une évidence alors que la seconde aurait tendance à être citée parmi les dernières?
La réponse serait selon moi que les gens répondent en fonction de ce qu'ils ont déja vu.
Ainsi on voit tous les jours des personnes se déplacer en voiture et il est logique que la majorité (presque tout le monde en fait ) réponde que les voitures servent à se déplacer.
Qu'en est il des armes à feu? Peu de monde les voit dans la vie de tous les jours "en vrai".
Les gens ont ainsi une vision des armes basée sur ce qu'ils voient dans les médias.
Et que voient ils?: Des héros de films d'action tuant leurs ennemis à grandes rafales de fusil d'assaut, des images de guerre que ce soit en Irak en Afganistan ou dans la bande de Gaza. Ils voient des armes entre les mains de terroristes de criminels. Ils les associent avec des images de corps mutilés, d'attentats. Il n'est dès lors pas étonant et même logique que beaucoup de personnes développent une peur des armes appelée aussi hoplophobie.
Pourquoi les médias donnent une vision si unilatérale des armes à feu?
La réponse est simple: Qui s'intéresserait à un film d'action sans violence? Et quelle chaîne de television laisserait tomber les images de violence au jounal télévisé pour faire passer un réportage sur la banale vie de tous les jours d'un amateur d'armes?
Je suis désolé de répondre par des questions mais je suppose que le lecteur connait les réponses.
Les rares fois où j'ai vu des amateurs d'armes à la télévision c'était dans des reportages qui fesaient suite à un quelconque drame dans lequel les armes à feu avaient joué un rôle.
Les journalistes les présentaient presque comme des malades mentaux.
En effet quelle personne "normale" s'intéresserait à ces "engins de mort"?
Je me permettrai de répondre: Quelle personne "normale" s'intéresserait au sport automobile?
De fait il y a de très nombreuses personnes qui chaque année meurent sur la route les voitures sont donc aussi des "engins de mort".
Mon but n'est pas de démoniser les voitures mais de démontrer que dans les deux cas
( voitures et armes ) tout dépend du contexte et des personnes entre les mains desquelles celles-ci se trouvent.

Donc pour résumer:

voiture entre les mains d'un chauffard = engin de mort
voiture entre les mains d'un conducteur responsable = engin de transport, de loisirs etc...(eventuellement engin professionel pour les conducteurs de taxi, livreurs, etc )

arme à feu entre les mains d'un criminel, terroriste ou autre = engin de mort
arme à feu entre les mains d'un tireur resposable = engin de loisirs, de sport
(eventuellement engin professionel pour la police, l'armée, les gardes du corps, etc )

Certains lecteurs trouveront peut être que le parallèle établi entre l'automobile et les armes à feu manque de pertinence. En effet les armes à feu sont des armes et ( je l'avoue ) ont donc à la base été conçues pour tuer ( contrairement à la voiture ).
Je me permettrai donc de rappeler que tout dépend du contexte, les armes sont des objets qui n'ont pas de volonté propre. Elles ne sont donc ni bonnes ni mauvaises et si quelqu'un troue du carton sur un stand de tir avec une arme à feu il ne s'en sert pas comme d'une arme.

On est aussi en droit de se poser la question: Quel est le plaisir de trouer du carton avec une arme? Je répondrai une fois de plus par des questions:
Quel est le plaisir de regarder deux équipes de onze joueurs courir sur du gazon? De jouer à la pétanque, aux échecs, ou quoi que ce soit d'autre?
Quel est le plaisir de collectioner des timbres ou des cannettes de bière vides ou encore des coquilles d'escargots?

Si les voitures (entre les mains de chauffards) sont aussi dangereuses que je dis pourquoi ne sont elles pas interdites?
- Beaucoup de gens pensent que les voitures nous sont essentielles pour nos déplacements.
Cela est faux pour la majorité des personnes car des solutions alternatives existent ( vélo, transports en commun, ... ) Il existe ( même en europe ) des gens ne possédant pas de permis de conduire et n'utilisant quasiment jamais les voitures.
J'en conclus qu'il y a autant de raisons d'interdire les armes pour les tireurs responsables que d'interdire les voitures aux gens comprenant les mots "conduite défensive"

On prétend souvent que les armes augmentent le nombre de suicides, de crimes et qu'elles incitent à la violence
Qu'en est il réellement?
 
Pour ce qui est des suicides il faut savoir qu'une pesonne désirant mettre fin à ses jours dispose de nombreuses autres alternatives ( pendaison, saut d'une hauteur,... ) et que les armes à feu n' en sont qu'une de plus. Si on augmente l'accès aux armes à feu le nombre de suicides va augmenter mais cette augmentaion sera compensée par une diminution des suicides par d'autres moyens. Seul "mais": les armes à feu présentent un meilleur taux de réussite il n'yaurait donc pas plus de tentatives mais plus de tentatives réussies ( parmi les personnes choisissant de se suicider avec une arme à feu, le fait d'y avoir accès ne signifie pas que la personne va forcément utiliser ce moyen-ci ).
Je conclus en disant qu'une plus grande disponibilité des armes à feu n'augmenterait pas le nombre de tentatives de suicide(réussies ou non). Le fait d'avoir accès à une arme ne motive pas (et ne démotive pas) pour le suicide. Plutôt que de rejeter la faute sur les armes à feu il faudrait s'intéresser à la prévention.

Concernant une augmentation de la criminalité en présence d'armes légales il faut savoir qu'aucun voleur, aucun assasin n'achète ses armes dans des filières légales ( et même lorsque c'est le cas c'est en général pas parce que la loi le lui permet mais parce qu'elle n'à pas été appliquée! Dans ce cas il ne sert à rien de faire une loi plus sévère mais d'appliquer correctement celle en vigueur )
Les hors la loi ont recours au marché noir qu'il est impossible de supprimer à coups de lois qui ne font que restraindre l'accès aux armes des honnètes citoyens.
L'existance d'un régistre d'armes et un contrôle du casier judiciaire à l'achat sont des mesures suffisantes pour décourager les criminels d'acheter des armes par les filières légales (on ne peut pas supprimer le marché noir) du fait qu'en disposant d'une balle on peut savoir quel modèle d'arme l'a tirée ( et quelle arme l'a tirée une fois qu'on dispose de balles tirées avec une arme donnée pour les comparer ) Par ailleurs le fait de savoir que leur métier est devenu plus dangereux pourrait décourager certains criminels et diminuer ainsi la criminalité. ( les cas de légitime défense seraient en augmentation par contre )

Pour terminer je vais répondre à la question " Est ce que les armes incitent à la violence "
La réponse selon moi est non, les armes peuvent juste donner du courage à certaines personnes déjà violentes elles n'incitent nullement à la violence. Chez la plupart des gens les armes incitent au contraire à être plus responsable plus poli aussi car la plupart des gens ne voudraient surtout pas avoir à s'en servir.

Je remercie le lecteur pour son attention et espère que la lecture a été agréable et instructive

13 janvier 2009 à 21:24:14
Réponse #1

DavidManise


Alors je m'explique: ayant constaté que tous les fils de dicussion qui se rapprochaient de près ou de loin des armes à feu partaient en cacahuette car on revenait sur l'éternelle discussion "pour ou contre les armes" alors pour éviter de polluer des discussions interessantes j'ai pensé qu'il serait peut être possible d'isoler ce débat sur un fil qui lui serait dédié

Effectivement, toi, tu vas pas te faire aimer ;D

Ce sujet est ULTRA merdique et glissant, même si c'est présenté avec tact et diplomatie, et un argumentaire intéressant ...  c'est juste le genre de sujet où la rationalité n'a pas trop sa place, malheureusement.  C'est pas une question de faits, c'est une question d'opinions.

J'hésite à bloquer le fil...  je vais le surveiller de très près, mais je prédis que ça chie d'ici moins de 24h.

Désolé, et bienvenue quand même ;)

David

"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
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13 janvier 2009 à 21:30:00
Réponse #2

Moleson


J'ai pas un bon feeling aussi, vu le départ en c*u!lle du dernier sujet ou c'était Rambo parano contre gentil civilisé.
Mais je vais essayer vu que je m'y connais un peu.

Moleson

13 janvier 2009 à 21:36:20
Réponse #3

DavidManise


Ouaipe, c'est toujours comme ça...  l'eau et l'huile, les chiens les chats, toussa :closedeyes:

Ce qui est réellement une erreur, en fait, c'est d'essayer de convaincre qui que ce soit.  Chacun a ses opinions.  Respect.

Perso je suis POUR le port d'arme...  POUR MOI ;)

Peace through superior firepower on appelle ça ;)

Ciao ;)

David
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13 janvier 2009 à 21:38:54
Réponse #4

Berhthramm



je voudrais juste mettre une règle pour ce fil: si vous postez développez bien vos arguments

autre chose evitez de mettre trop de statistiques: difficile de trouver quelque chose de fiable en particulier sur le net


Juste une remarque sur ce point : tu fais globalement tout l'inverse dans ton texte, volontairement ou non, tu annonces beaucoup de choses mais basé sur quoi, pour moi pas mal de trucs tiennent plus du jugements de valeurs que du factuels, d'autres part tu avances des ordres de grandeurs mais sur quels bases ? d'où viennent tes chiffres ou projections d'effets ? Sur quels modèles ? quelles références ?

:)



13 janvier 2009 à 21:55:15
Réponse #5

f2000@pl


pour berhthramm
J'essaie de me baser sur mon bon sens et sur mon experience dans mon texte maintenant on est la pour discuter donc si tu trouves que certaines de mes affirmations sont fausses dis lesquelles en argumentant

Je rappele aussi que le but avoué de ce fil est d'éviter d'avoir cette discussion ailleurs
ça évite le bruit quoi et c'est sociologiquement interessant

si chacun présente des arguments constructifs on pourra parler des applications des armes dans la survie ailleurs sans qu'on vienne nous dire si c'est mal ou si c'est bien


pour lawrance: je suis pas belge mais polonais :)


« Modifié: 13 janvier 2009 à 22:02:09 par f2000@pl »

13 janvier 2009 à 22:02:54
Réponse #6

Berhthramm


pour berhthramm
J'essaie de me baser sur mon bon sens et sur mon experience dans mon texte maintenant on est la pour discuter donc si tu trouves que certaines de mes affirmations sont fausses dis lesquelles en argumentant

J'ai pas d'avis (ou plutôt je ne souhaite pas en discuter puisque justement pour une bonne part je n'ai rien de rationnel à y mettre) je souligne juste que vu d'un œil extérieur tu fixes une règle sans réellement t'y conformer, hors comme l'ont plus ou moins explicitement écrit David et les autres c'est un sujet passionnel, et mon bon sens n'est pas forcement ton bon sens, de là la règle que tu fixes que je trouvais sympa, ça donne un cadre, si on s'en limite au fait plutôt qu'à l'intuitif et si éventuellement on cite ses sources.


13 janvier 2009 à 22:08:57
Réponse #7

pieton


voici un petit texte (de moi  :) ) ou je developpe mes arguments :
"Tes" arguments ça parait un peu présomptueux parce qu'à lecture c'est surtout une compilation des lieux communs qu'on trouve sur les forums pro-armes US traitant du sujet.

13 janvier 2009 à 22:16:54
Réponse #8

f2000@pl


pour pieton: je ne sais pas je ne frequente pas ces forums,ces arguments sont representatifs de mon avis

pour berhthramm en fait il est difficile de se baser sur des "faits" car les journaux comme je l'ai expliqué ne sont pas très fiables en ce qui concerne le sujet

pour le reste je suis d'accord c'est un débat d'idées qui est délicat mais pas impossible à mener

13 janvier 2009 à 22:19:13
Réponse #9

Rouri


Citer
pour lawrance: je suis pas belge mais polonais

Cela commence bien!

J'aime bien la Vodka polonaise  Wyborowa ;)!

Je trouve bien ton entré et ta comparaison entre la voiture et les armes à feu! :up:

C'est un sujet... Chaud!!!

-*-*-*-
Voici un article de Pierre Lemieux sur le sujet:

Le droit de porter des armes

Notes pour une conférence de
Pierre Lemieux
devant l’Associazione liberisti ticinesi
Lugano (Suisse), le 17 janvier 2008

Aujourd’hui, presque partout, celui qui défend aujourd’hui le droit de porter des armes est considéré au mieux comme un Martien, au pire comme un paria. Le droit de porter des armes apparaît à presque tout le monde comme une incongruité, voire un danger public. Je vais soutenir que la vérité est aux antipodes de ces idées reçues, que la raison et l’histoire font de ce droit l’un des plus importants à défendre.

Petite question de terminologie d’abord. Il y a une différence entre le droit de porter des armes et le droit de simplement en posséder. Le premier implique le second, mais l’inverse n’est pas vrai – encore que le droit de posséder des armes requiert au moins celui de les transporter dans certaines circonstances, par exemple quand on déménage. Dans la plupart des pays, nous sommes aujourd’hui bien loin même seulement droit de posséder des armes, qui est réglementé, contrôlé, quand il n’est pas, de jure ou de facto, supprimé. J’emploie quand même l’expression « droit de porter des armes » pour deux raisons : premièrement, en défendant ce droit dans son sens le plus général, je fournis simultanément des arguments pour le droit plus restreint d’en posséder ; deuxièmement, l’expression est un raccourci commode pour toutes les interprétations du droit de porter ou de posséder des armes. Ceux qui voient d’un bon œil certains contrôles du port d’armes devraient au moins trouver que mes arguments justifient le droit des simples citoyens de posséder des armes.

1- Une liberté traditionnelle

Il y a à peine un siècle, soit à la fin du dix-neuvième, plusieurs pays européens ne connaissaient aucune restriction au droit de porter des armes : l’Angleterre, la Norvège, la Suède, le Danemark, la Suisse, le Montenegro, la Serbie. En Allemagne, seul était prohibé le port d’armes dans des réunions publiques. En France, jusqu’en 1910, n’était interdit que le port d’armes cachées, restriction souvent interprétée de manière libérale[1]. Le port d’armes était plus ou moins sévèrement réglementé dans les autres pays, mais la réglementation était difficile à appliquée et peu respectée. Il semble que dans aucun pays civilisé, l’État ne limitât la simple possession des armes[2].

Jusqu’au début du 20e siècle, l’Angleterre fut sans contredit le pays le plus libéral. C’est là qu’avait été formalisé, à partir de Bill of Rights de 1689, le droit du simple citoyen de posséder et de porter des armes, que les constituants américains, cent ans plus tard, inscriront dans leur propre Bill of Rights[3]. On trouve une illustration fascinante du droit anglais de porter des armes dans les événements du 23 janvier 1909 à Tottenham, un quartier de Londres. Ce jour-là, deux Lettons armés essayèrent de voler l’argent de la paye d’une entreprise locale. Ils furent pris en chasse par des policiers et de simples citoyens, une chasse épique qui se solda par la mort d’un policier non armé et d’un enfant, tombés sous les balles des bandits, sans compter deux douzaines de blessés. Les policiers londoniens prirent du temps à retrouver la clé de l’armoire où étaient rangées leurs armes. Entre-temps, de simples Londoniens, dont il n’était pas rare qu’ils se promenaient avec une arme dissimulée comme ils en avaient le droit, prêtèrent au moins quatre revolvers aux policiers[4]. Cernés par leurs poursuivants, les deux bandits finirent par se suicider.

Crée en 1844, la police de la ville de New-York interdit à ses agents de porter des armes jusqu’à la fin des années 1860, et ensuite de porter des armes visibles jusqu’au début du 20e siècle. Comme il n’y avait à l’époque aucune réglementation du droit de porter des armes à New York, des policiers sans armes côtoyaient des citoyens éventuellement armés. Ce qui semblerait aujourd’hui une inconcevable anomalie était considéré comme dans la nature des choses, comme exprimant une relation normale entre le citoyen et son serviteur.

Mais les choses avaient déjà commencé à changer et le changement s’accéléra après la guerre civile (1860-1865), de sorte que, à l’aube du 20e siècle, les armes étaient, dans certaines régions de ce pays, plus contrôlés que dans d’autres pays libres. Les États du Sud avaient introduits des contrôles allant souvent jusqu’à la prohibition des armes dissimulées, notamment pour empêcher les esclaves affranchis de porter des armes[5]. Puis, en 1911, New York devint la première grande ville à interdire les armes de poing, imitée en cela par d’autres grandes villes plus tard dans le siècle – notamment Washington en 1975. Les journalistes européens qui s’efforcent de présenter les États-Unis comme le repoussoir absolu accusent plusieurs décennies de retard – et à peu près deux siècles de retard en ce qui concerne une journaliste du Monde qui, en 1992, écrivait à propos d’une ville de l’Illinois : « En dépit des pressions des protestataires, il fut décidé […] que Morton-Grove serait la première cité des États-Unis à interdire non seulement la vente mais aussi la possession d’armes de poing sur son territoire »[6].

En 1934, le gouvernement fédéral entrait dans la ronde avec divers contrôles, renforcés en 1968, qui comprennent l’obligation d’un contrôle des antécédents judiciaires de tout acheteur d’une arme auprès d’un commerçant et l’interdiction à toute personne reconnue coupable d’un crime de manipuler une arme à feu. On ne s’étonne pas de lire des histoires comme la suivante, tirée d’un récent article du Charlotte Observer, un journal de Caroline du Nord : un certain Gary Don Hart, condamné pour possession de marijuana en 1986, alors qu’il avait 21 ans, est interdit d’armes, alors qu’il voudrait bien aller chasser pour la dernière fois avec son vieux père[7].

On estime à plusieurs milliers le nombre de textes qui, à tous les niveaux d’administration publique, restreignaient le droit de porter armes[8]. La liberté totale des armes en Amérique relève du mythe.

Que les États-Unis aient connu bien des restrictions du droit de porter des armes, parfois même avant les autres pays libres, ne doit pas occulter le fait qu’il y a quelques décennies, une grande partie des Américains comptaient ce droit parmi leurs libertés traditionnelles ; et que, certains États et communes exceptés, c’est quand même, sans doute, dans ce pays que le droit de porter des armes a le mieux résisté aux assauts de ceux qui veulent transformer tous les droits traditionnels en privilèges révocables.

Au Canada, jusqu’à l’imposition d’un permis de port d’armes en 1892, les citoyens jouissaient, à la grandeur du pays, d’une liberté parfois plus grande que dans certaines parties des États-Unis. La loi canadienne continuait quand même de permettre le port d’arme sans autorisation à celui qui avait des motifs raisonnable de craindre pour sa vie ou ses biens. Puis, l’obligation d’un permis de port d’arme fut généralisée en 1913. Après quelques péripéties légales, ce fut, en 1934, l’enregistrement de toutes les armes de poing[9]. À partir de la fin de 1968 et surtout de 1977, les contrôles s’alourdirent fortement, jusqu’au point où le droit de porter des armes a été transformé en un privilège conditionnel et arbitraire d’en posséder verrouillées chez soi. Depuis 1996, seulement pour conserver ses armes, il faut un permis renouvelable tous les cinq ans et qui force le demandeur à fournir des informations indiscrètes sur sa vie privée. La question 6(d) du formulaire canadien de renouvellement du permis de possession d’armes demande : « Au cours des deux (2) dernières années, avez-vous vécu un divorce, une séparation ou une rupture d’une relation importante, ou encore avez-vous perdu votre emploi ou fait faillite ? ». Une réponse affirmative entraînera d’autres questions[10]. Et ce n’est qu’un exemple. De restriction en restriction, les Canadiens, un peu naïfs devant l’État, ne virent pas que leur liberté traditionnelle était supprimée.

Il y a à peine un siècle, donc, le droit des simples citoyens de porter des armes était reconnu, en pratique, dans tous les pays civilisés. Ce droit a parfois subsisté, même mutilé, jusque tard dans le 20e siècle. Au lieu d’être le privilège qu’elle est devenue, la liberté des simples citoyens de posséder et de porter des armes était un droit dont les détenteurs se seraient étonnés qu’il soit jamais radicalement remis en cause.

2- Armes et crimes

L’idée reçue par excellence veut que la simple disponibilité des armes – et, a fortiori, la reconnaissance du droit de porter des armes – soit un facteur causal, une condition nécessaire, de la criminalité violente. Or, cette corrélation entre crime et disponibilité des armes est bien difficile à trouver.

D’abord, dans le temps. Dans pratiquement tous les pays du monde, le dernier demi-siècle et souvent le dernier siècle se caractérisent non pas par une plus grande disponibilité des armes mais, au contraire, par des limitations croissantes à leur accessibilité. Comment expliquer que la criminalité violente ait été faible quand la liberté de porter des armes subsistait et qu’elle augmente depuis son déclin ?

Ensuite dans l’espace. L’absence de corrélation entre la disponibilité des armes et la criminalité violente se manifeste également quand on considère la situation dans différents pays. Par exemple, la Norvège, l’Allemagne et la Suisse affichent des taux d’armes parmi les plus élevés au monde et des taux d’homicide parmi les plus bas (moins de 1%) ; au contraire, la population possède peu d’armes en Russie et au Luxembourg et, pourtant, les taux d’homicides y sont beaucoup plus élevés qu’aux États-Unis – presque quatre fois plus élevés dans le cas de la Russie[11].

En vérité, on dirait qu’il y a, dans l’espace comme dans le temps, une corrélation négative entre le nombre d’armes entre les mains de la population et le taux de criminalité. (Notez que, comme dans la littérature criminologique, je prends le taux d’homicide comme mesure usuelle du taux de criminalité.)

De même, la corrélation n’est pas évidente entre les régions d’un même pays. Aux États-Unis et en Angleterre, par exemple, il y a moins de crimes violents dans les régions (souvent rurales) où les armes sont plus nombreuses[12]. Au Canada, où la même législation sur les armes s’applique à la grandeur du pays, le taux d’homicide varie de 0,72 par 100 000 habitants à l’Île-du-Prince-Édouard, un taux inférieur aux taux européens, à 4,06 en Saskatchewan, ce qui n’est pas très loin du taux américain de 5,69[13].

L’absence de la corrélation postulée entre la disponibilité des armes et la criminalité violente est particulièrement frappante aux États-Unis. Entre le début des années 1950 et le milieu des années 1970, alors que les contrôles des armes à feu s’alourdissaient constamment dans ce pays, la criminalité violente a bondi : le taux d’homicide a augmenté de moins de 5 pour 100 000 habitants à quelque 10 pour 100 000. On observe une évolution analogue dans plusieurs pays. On observe une évolution analogue dans plusieurs pays.

Un autre phénomène, propre aux États-Unis, est particulièrement intéressant ici. Dans ce pays, le droit de porter des armes amorçait une remontée vers la fin des années 1970. En effet, durant les deux dernières décennies du 20e siècle, plus de 25 états américains ont adoptés des lois obligeant la police à émettre un permis de port d’armes à tout citoyen éligible, de sorte qu’aujourd’hui, 40 des 50 états disposent d’une législation de ce genre, et que quelque 3,5 millions d’Américains ont le droit de porter une arme dissimulée dans la rue, dans leur voiture et dans la plupart des commerces où ils se rendent. Or, parallèlement à cette remontée du droit de porter des armes, la criminalité violente régressait[14]. De près de 10 pour 100 000 habitants qu’il était, le taux d’homicide américain est passé au-dessous de 6% en 2006.

Bref, la criminalité violente aux États-Unis était faible quand les armes étaient plus accessibles il y a un demi-siècle ; et son évolution depuis a suivi les atteintes au droit de porter des armes.

Notons que la renaissance américaine du droit de porter des armes est limitée et bien réglementée. Ceux qui veulent en profiter ne doivent pas avoir de casier judiciaire, ce qui représente un obstacle pour une partie non négligeable de la population étant donné notamment la criminalisation à grande échelle qu’a opérée la répression des drogues. En fait, la loi fédérale interdit la possession des armes à quiconque consomme quelque drogue que ce soit, en dehors de toute condamnation judiciaire. Si le nombre d’armes a beaucoup augmenté, le nombre de propriétaires a diminué au cours du dernier quart de siècle[15]. Pour obtenir un port d’armes, il faut montrer patte blanche et, dans certains États, fournir ses empreintes digitales. L’État américain n’a donc pas tout à fait échappé à la tentation étatique habituelle : réserver les armes aux favoris du régime. Reste qu’obtenir un permis de port d’armes aux États-Unis est plus facile que partout ailleurs. En fait, c’est plus facile que d’obtenir un simple permis de conserver des armes longues au Canada, et que je ne crois pas qu’aucun état américain pose aux candidats aux port d’armes des questions aussi indiscrètes et humiliantes que celles de l’État canadien.

Le taux moyen d’homicide de 5,7 pour 100 000 habitants aux États-Unis ne doit pas occulter la diversité qui se cache sous cette moyenne. Si la criminalité violente est plus élevée aux États-Unis que presque tous les pays développés, elle est, dans certains États, aussi basse qu’au Canada ou en Europe. Le taux d’homicide par 100 000 habitants varie ainsi de 1,0 au New Hampshire, un taux comparable aux plus bas taux européens, à 29,1 dans le District de Columbia, siège de la capitale fédérale, taux qui dépasse celui de Russie[16]. Or, le New Hampshire est l’un des États où le droit de porter des armes a été le moins entamé alors que, au contraire, la réglementation des armes à Washington est généralement plus sévère que celle du Canada, avec notamment une interdiction des armes de poing depuis 1975. C’est d’ailleurs cette interdiction des armes de poing dans la capitale américaine qui fait l’objet d’une contestation constitutionnelle qui vient d’atteindre la Cour suprême.

C’est au Vermont, petit état de la Nouvelle-Angleterre limitrophe du Québec, que droit de porter des armes est le mieux respecté partout aux États-Unis. Le Vermont est le seul état où un individu, pour porter une arme dissimulée ou non, n’a jamais eu à demander quelque permis que ce soit. Les contrôles fédéraux, bien sûr, s’appliquent concernant l’acquisition des armes à feu, les individus habilités à en posséder, la réglementation du commerce inter-États, et cetera. Mais la législation du Vermont sur les armes à feu interdit peu de choses et n’impose souvent que de faibles amendes aux contrevenants[17]. Or, le taux d’homicide au Vermont est de 1,9 par 100 000 habitants, un taux moins élevé que la moyenne européenne et comparable à la médiane des pays européens[18]. Le Vermont étant un petit État qui n’enregistre que peu d’homicides, une petite augmentation de ceux-ci exerce un impact démesuré sur le taux : ainsi, l’augmentation de 8 à 12 homicides entre 2005 et 2006 l’a fait passer de 1,3 à 1,9[19].

Même si le Canada affiche un taux global d’homicide beaucoup plus bas que le taux américain (1,9 en comparaison de 5,7), écart qui se maintient peu ou prou depuis le début du 20e siècle, le portrait est différent si on compare les provinces canadiennes et les états américains le long de la frontière commune des deux pays, éliminant ainsi une partie de la variation culturelle. Dans un article de 1991 dans l’American Journal of Epidemiology, le professeur Brandon Centerwall observait que les taux d’homicide étaient souvent plus élevés du côté canadien, malgré la disponibilité beaucoup plus faible des armes de poing[20]. Il demeure vrai que le taux d’homicides au Québec (1,2) est plus élevé que celui du New Hampshire (1,0) limitrophe, et que, de la même manière, ceux du Manitoba (3,3), de la Saskatchewan (4,1) et de l’Alberta (2,8) dépassent ceux du Minnesota (2,4), du Dakota du Nord (1,3) et du Montana (1,8).

Depuis le milieu des années 1970, le taux d’homicide diminue Canada comme aux États-Unis. Si on suppose que les armes représentent un facteur causal important dans le crime, on aurait dû observer une réduction beaucoup plus forte du taux canadien que du taux américain. Or, mises en courbes sur un graphique, les séries de données sont presque identiques (compte tenu de la différence des niveaux)[21]. On a donc deux pays à culture semblable où les taux d’homicides ont suivi un cheminement analogues malgré que les contrôles des armes à feu aient été fortement intensifié chez un seul d’entre eux. De même, en Europe, les taux d’homicide ont généralement diminué depuis le milieu des années 1990, bien que certains pays comme l’Angleterre aient échappé à la tendance générale. En Europe, cependant, les autres formes de criminalité violente (voies de fait, vol avec violence ou menaces, etc.) ont fait plus que compenser la réduction des homicides[22], alors qu’elles ont également chuté aux États-Unis. La corrélation directe entre armes et crimes semble, encore une fois, niée par les faits.

Certains analystes soutiennent plutôt que la disponibilité des armes ne représente pas, dans un sens ou dans l’autre, un facteur important dans la criminalité violente : « la possession d’armes, écrivent Kates et Mauser, n’est pas pertinente, ou l’est si peu, dans l’explication des homicides »[23].

3- La légitime défense

Il ne faut pas prendre cette conclusion au pied de la lettre. Même si un grand nombre de facteurs jouent dans la criminalité, même si la disponibilité des armes n’est que l’un de ces facteurs, voire un des facteurs les moins importants, même si la corrélation semble inconsistante, il demeure que l’impact des armes peut fort bien être positif ou négatif ceteris paribus, c’est-à-dire si on maintient constants les autres facteurs qui influencent la criminalité. Et telle est la question qui nous intéresse : si les autres facteurs demeurent inchangés, un plus grand nombre d’armes aux mains des citoyens entraînera-t-il une augmentation ou une diminution de la criminalité. Il y a plusieurs raisons théoriques qui suggèrent que l’effet de la disponibilité des armes doit être de réduire le crime, même si cet effet est éventuellement peu important et occulté par d’autres causes qui jouent simultanément.

Il faut d’abord comprendre que le contrôle des armes à feu impose des coûts plus élevés à l’honnête citoyen qu’au criminel. Par coût, j’entends ce que l’on perd si on est pris, qu’il s’agisse d’argent versé en amendes, d’emprisonnement ou d’opportunités ratées pour l’avenir. Le criminel a déjà un casier judiciaire ou il en aura un pour les autres crimes qu’il commet en même temps qu’il contrevient au contrôle des armes ; par conséquent, la peine additionnelle que lui impose sa contravention au contrôle des armes est faible ou nulle. Au contraire, l’honnête citoyen, celui qui ne viole pas d’autres lois que celles qui concernent les armes à feu, risque une peine qu’il n’aurait autrement pas subie. Par conséquent, le contrôle des armes à feu exerce un effet dissuasif plus fort sur l’honnête citoyen que sur le criminel. Ce sont surtout les honnêtes gens qui seront dissuadés de posséder ou de porter des armes illégalement.

D’autre part, les armes sont utiles à l’honnête citoyen pour se défendre contre les criminels. C’est une idée qui est facile à comprendre pour quiconque s’est déjà exercé au maniement des armes. Une arme à feu, comme on disant en Amérique, est un grand égalisateur : sauf dans des cas extrêmes, elle confère le même avantage au faible et au fort, à la femme et à l’homme, au malade et au bien-portants, au vieux et au jeune. De ce facteur et de celui traité au paragraphe précédent, il s’ensuit que le contrôle des armes à feu aura pour effet d’empêcher davantage les honnêtes gens de se défendre contre les agressions que d’empêcher les criminels d’en perpétrer avec succès.

La recherche criminologique confirme qu’une arme à feu est efficace pour se défendre contre une agression. S’il est vrai que celui qui résiste les mains nues ou avec une arme de fortune court un plus grand risque d’être blessé ou tué que s’il se laisse faire, les statistiques montrent que l’emploi d’une arme à feu, tout au contraire, réduit les risques courus par l’agressé[24]. La presse américaine rapporte régulièrement des cas de simples citoyens qui ont, avec une arme à feu, résisté avec des succès à des agressions[25].

Un article publié dans le New England Journal of Medicine du 7 octobre 1993 a prétendu nier ces faits en présentant une estimation selon laquelle il y aurait 2,7 fois plus de chance d’être victime d’un homicide quand on a des armes à la maison, chiffre répété ad nauseam depuis[26]. Don Kates et al. ont bien résumé les erreurs méthodologiques de cet article, notamment parce que les victimes de l’échantillon détenaient éventuellement des armes parce qu’elles frayaient avec le milieu criminel[27]. Pour voir comment le mode de vie peut, sans égard à la présence d’armes, influencer la probabilité d’être victime d’un homicide, on n’a qu’à constater que cette probabilité est, selon les résultats mêmes de Kellermann et al., davantage influencé par des facteurs comme consommer des drogues, être locataire, avoir auparavant été frappé ou blessé dans une agression à la maison, vivre seul, avoir déjà été arrêté[28]. Les données de Kellermann ne disent rien sur la question de savoir si les victimes de l’échantillon ont été tuées par les armes qu’ils détenaient eux-mêmes, mais si c’est ce les auteurs veulent laisser entendre : que le simple fait de détenir des armes rend une personne plus susceptible d’être assassinée.

Cette prétention ridicule est illustrée jusqu’à l’absurde par la déclaration récente d’un policier de Toronto. Voulant dissiper les craintes devant une recrudescence des homicides dans cette ville en 2007, le policier déclare : « Sauf très rares exceptions, si vous n’êtes pas dans les drogues, ne portez pas une arme ou n’avez pas un mode de vie à haut risque, les citoyens ordinaires qui vaquent à leurs occupations ne se font pas tuer »[29]. Autrement dit, même si vous n’êtes pas dans les drogues, même si vous n’avez pas un style de vie risqué, il suffit que vous portiez une arme pour attirer le malheur sur vous ; le seul fait de mettre un revolver dans votre poche ou dans votre étui quand vous sortez de chez vous augmente vos risques d’être assassiné. L’idée est évidemment absurde, comme si la capacité secrète de se défendre augmentait le risque d’être attaqué et vaincu.

De toute manière, il s’agit seulement que l’autodéfense avec une arme soit à l’occasion couronnée de succès pour exercer un effet de dissuasion sur les agresseurs en puissance. L’économiste David Friedman donne une illustration qu’il faut la peine de citer au long :

Supposons qu’une vieille dame sur dix porte une arme. Supposons que, de celles qui portent une arme, seulement une sur dix réussit à abattre le bandit qui veut la voler sous la menace d’une arme – au lieu d’être tué par lui ou de se tirer dans le pied. En moyenne, dans ce cas de figure, il est beaucoup plus probable que ce soit le voleur plutôt que la vielle dame qui gagne la confrontation. Mais il demeure qu’en moyenne, chaque 100 vols avec violence se solde par un voleur mort. Avec ce risque, le vol n’est pas une bonne affaire car la plupart des vieilles dames n’ont pas assez d’argent sur elles pour justifier une chance sur cent d’être tué. Le nombre de voleurs diminuerait dramatiquement non pas parce qu’ils ont été tués mais parce qu’ils se sont rationnellement réfugiés dans d’autres occupations[30].

L’importance de la dissuasion dans la répression du crime est démontrée par l’existence même de la police et du système judiciaire. Car leur rôle consiste bien davantage à dissuader les criminels en leur promettant de les retrouver et de les punir, que de protéger les victimes en intervenant avant l’accomplissement d’un crime. Il a tout à fait tort le partisan américain du contrôle des armes qui s’opposait à la possession des armes pour la protection du foyer parce que, disait-il, « c’est pour cela que nous avons la police »[31]. C’est seulement en de très rares occasions que les policiers jouent le rôle de garde-du-corps des simples citoyens ; ils arrivent presque toujours après que le crime ait été commis. Ainsi, les simples citoyens qui portent des armes cachées produisent le bien public de la dissuasion à l’avantage de leurs concitoyens pacifiques, y compris à l’avantage de ceux qui choisissent de ne pas porter d’arme.

Si la disponibilité et le port d’armes par d’honnêtes citoyens dissuadent les criminels et empêchent certains crimes, il est d’autant plus possible qu’il en résulte une réduction nette de la criminalité, même si l’accès plus facile des criminels aux armes pourrait, à lui seul, entraîner une augmentation brute des crimes. Inversement, le contrôle des armes à feu, en empêchant les honnêtes citoyens de se défendre davantage qu’il ne restreint l’accès des criminels aux armes, augmente la criminalité. Les travaux de John Lott ont fourni une confirmation empirique de cette thèse. En comparant à l’aide d’un modèle économétrique les données américaines, de 1977 à 1992, entre les régions où le port d’armes cachées avait été libéralisé et celui où il était toujours interdit, Lott estime que la libéralisation a réduit le nombre annuel de meurtres de 7,7%, les viols de 5,3%, et les autres agressions violentes de 7%. Lott estime que si, sur cette période de 15 ans, tous les états américains avaient bénéficié de la même libéralisation, 1500 morts et 4000 viols auraient été évités[32].

Ceux qui soutiennent que le droit de porter des armes augmenterait le nombre d’homicides se fondent sur une théorie qui consiste à compter les cadavres pour déterminer la meilleure politique publique. Même si l’interdiction des armes risque d’empêcher un petit nombre d’individus de se défendre, va le raisonnement, ces cadavres sont plus que compensés par la réduction des cadavres de ceux qui auraient autrement été agressés par des criminels armés. Le problème est que, si l’on veut ainsi compter les cadavres, il faut prendre bien soin de tous les compter. Il faut compter, au passif du contrôle des armes à feu, les cadavres causés par la dissuasion réduite des criminels, qui craignent moins de faire face à une victime armée et, donc, commettront davantage de crimes. Si on prend bien soin de compter tous les cadavres, on en trouve davantage du côté du contrôle des armes à feu : c’est ce que John Lott entend démontrer.

4- Armes et massacres

Si l’évolution de la criminalité offre un portrait contrasté, il semble bien, par contre, qu’une sorte de crime s’inscrive nettement en hausse depuis quelques décennies : les massacres, commis parfois contre des inconnus, parfois contre des confrères de travail ou de classe. Comment se fait-il que ces massacres, visant souvent des enfants, se soient répandus non seulement aux États-Unis mais aussi au Canada et dans des États Providence européens[33]? Les crimes gratuits, qui ne confèrent à leur auteur aucun avantage matériel immédiat, ne sont pas nouveaux. En 356 avant Jésus-Christ, le temple d’Arthémis fut incendié par Érostrate, qui voulait ainsi passer à l’histoire – et qui a réussi. Les guerres tribales en Afrique provoquent souvent des massacres. Mais le phénomène contemporain qui nous intéresse ici est différent : l’assassin ne vise qu’à tuer le plus possible de personnes sans défense, souvent dans des établissements d’éducation, pour ensuite se suicider. Qu’est-ce que notre époque a de spécial pour rendre ce phénomène possible ?

Une première raison réside peut-être dans les possibilités que les déséquilibrés ont acquises de nos jours. Autrefois, un fou dangereux avait moins de chances de survivre longtemps ou, à tout le moins, d’être en mesure d’acquérir les ressources nécessaires pour perpétrer un massacre : une arme, une automobile, etc. Certes, les armes à feu sont plus efficaces pour l’auteur d’un massacre, mais elles seraient également plus efficaces pour le stopper. Le professeur John Lott note que, aux États-Unis comme ailleurs, le massacre typique se produit à un endroit où personne ne peut légalement porter une arme – par exemple, dans un gun-free zone, comme le sont toutes les écoles américaines depuis une loi de 1995 et pratiquement tous les établissements d’enseignement supérieur dans ce pays[34]. Le fou peut ainsi, à la Érostrate, faire le plus de dommage possible avant de se suicider, comme s’il quittait un jeu vidéo. Ces deux facteurs – les opportunités offertes aux déséquilibrés et l’interdiction faite aux citoyens de se défendre contre eux au besoin – expliquent certainement une partie du problème des massacres.

L’efficacité de la légitime défense contre les massacres a été démontrée le 9 décembre : un tueur qui attaquait une église bondée à Colorado Springs aux États-Unis fut abattu par un vigile armé après avoir tué ses deux premières victimes[35]. On aura beau dire que Jeanne Assam, la femme qui a ainsi stoppé le massacre, est un ancien policier, il reste qu’elle était, ce dimanche-là, vigile bénévole dans l’église qu’elle fréquente. Le tueur n’aurait trouvé personne sur son chemin si Mme Assam n’avait pu obtenir un port d’armes comme simple citoyenne ou si les églises, comme les écoles, étaient interdites aux citoyens armés. Et ceux qui objectent que l’efficacité de Mme Assam vient de ce qu’elle avait vraisemblablement déjà reçu une formation au tir de combat devraient admettre que n’importe quel citoyen ainsi formé ait le droit de porter une arme – idée que les opposants du droit de porter des armes rejettent. Notez bien que je ne prône pas une formation obligatoire pour qu’un individu exerce son droit de porter des armes car, quand l’État met le pied dans la porte, on doit s’attendre à des prohibitions croissantes. Il n’y a rien de parfait, mais l’État l’est encore moins que la liberté.

Non seulement les massacres visent-ils souvent des jeunes, voire des enfants (comme à Nickel Mines, Pennsylvanie, en 2006), mais ils sont aussi fréquemment commis par des adolescents ou de jeunes hommes. De manière plus générale, la criminalité des jeunes semble à la hausse. Le magazine The Economist note que les adolescents anglais non seulement ont non seulement inventé le happy slapping, mais qu’ils portent plus souvent un couteau et commettre plus d’actes violents, souvent contre d’autres jeunes, et que mêmes les filles semblent plus portées vers la violence ; les adultes qui interviennent sont souvent attaqués[36].

5- Des causes communes

Que l’on accepte ou non que la criminalité actuelle soit encouragée par la suppression ou l’atténuation, selon la région ou le pays, du droit de porter des armes, il semble que des phénomènes plus profonds soient en cause. C’est une banalité que de parler du déclin de la morale, au sens de principes relativement intouchables que les individus adoptent comme guides de leur comportement envers autrui, mais cette banalité n’en correspond pas moins à la réalité. On dirait que l’individu ne fait face, dans ses relations avec les autres, à aucune autre contrainte que les représailles légales éventuelles, lesquelles perdent leur sens s’il a, de toute manière, l’intention de se suicider. On échappe difficilement à l’idée que ce déclin de la morale joue un rôle dans la montée des massacres. Peut-être le déclin de la culture générale représente-t-il une autre face du déclin de la morale, mais c’est une question qui nous entraînerait trop loin.

La morale que nous avions apprise n’était pas seulement une affaire de respect des autres, mais aussi une question de respect de soi, de dignité personnelle. Cette dignité personnelle était ancrée dans un sentiment d’autonomie personnelle, de liberté individuelle. Nous étions des hommes libres et non des esclaves. D’ailleurs, le droit de porter des armes a toujours distingué l’homme libre de l’esclave. On revient au droit de porter des armes, dont la valeur symbolique est au moins aussi importante que l’utilité pratique.

Le poète latin Lucain a écrit : « Ignorantque datos, ne quisquis serviat, enses » [37] – « Et ils ignorent que les épées sont données afin que personne ne soit esclave. » L’épisode raconté par Lucain concernent des soldats romains qui préfèrent se suicider avec leurs épées plutôt que de tomber aux mains de l’ennemi. On rationalise parfois le contrôle des armes à feu par la nécessité de limiter les suicides, comme si un homme libre ne pouvait disposer de sa vie comme il l’entend. De plus, l’analyse ne montre aucune corrélation entre les suicides et la disponibilité des armes à feu, puisque plusieurs moyens peuvent être substitués à celles-ci pour se suicider[38].

Revenons à l’esclavage. La tyrannie, qu’elle soit étrangère ou locale, n’est que l’une des formes de l’esclavage. On a de bonnes raisons de croire que le droit de porter des armes rend la dérive tyrannique moins probable parce que plus coûteuse pour le tyran en puissance, ses agents et ses complices. Ce n’est pas pour rien que tous les tyrans s’assurent de désarmer leurs sujets, quand ce service ne leur a pas été rendu par les occupants antérieurs du pouvoir. Les Cambodgiens auraient vraisemblablement pu résister aux Khmer Rouges si l’occupant français n’avait commencé à les désarmer avant que le régime khmer ne complète le désarmement et ne commence le génocide[39]. Le tyran nazi aurait dû supporter des risques et des coûts plus élevés si les citoyens allemands n’avaient été désarmés par les lois de Weimar de 1919 et de 1928, ainsi que par la loi nazi de 1938[40]. L’occupant allemand aurait eu plus de difficulté à contrôler les Français sans la législation de 1935 et de 1939, puis l’interdiction de toutes les armes par le régime de Vichy et à la confiscation de celles qui avaient auparavant déclarées[41]. On pourrait multiplier les exemples. Quant à l’argument voulant que la tyrannie ne puisse jamais s’établir dans nos pays, Dan Polsby et Don Kates notent, dans leur article sur les génocides et le contrôle des armes, que bien peu de gens auraient, en 1900, prévu que cela arriverait en Allemagne, « la patrie de la musique, de la philosophie, des mathématiques, de l’hygiène publique, de l’écologisme, de la culture physique, de la sécurité sociale et de la règle de droit »[42].

L’idée du droit de porter des armes comme moyen de contrecarrer une tyrannie domestique éventuelle n’est pas seulement réaliste, elle traduit également l’esprit de résistance qui accompagne nécessairement la notion de dignité individuelle. Même s’il était vrai que le droit de porter des armes accroît la criminalité ordinaire, la tyrannie présente des dangers sans commune mesure avec les crimes de droit commun. Le professeur Rudolph Rummel de l’Université d’Hawaï a calculé qu’au cours du 20e siècle, excluant les guerres étrangères, 262 millions de personnes ont été tuées par leur propre État, de l’Union Soviétique à la Chine en passant par l’Allemagne nazi, le Cambodge, la Turquie, etc.[43]. Il s’agit de 2,6 millions de morts par année, à côté de quoi pâlissent les 7000 homicides par année dans l’Union Européenne[44] et les 17 000 par année aux États-Unis[45].

Résister à un tyran disposant d’armes modernes et des moyens de surveillance et de contrôle que la technologie permet maintenant ne serait pas une partie de plaisir. Mais, répétons-le, l’éventualité de la résistance augmenterait le coût de l’entreprise tyrannique, et réduirait les avantages nets de celle-ci ; elle en réduirait par conséquent la probabilité. Quoi qu’il en soit, le simple fait que l’éventualité de la tyrannie ne soit plus envisagée relève d’une dangereuse naïveté, si ce n’est de l’incapacité d’en considérer la nécessité morale.

Mais on n’a pas besoin de faire intervenir l’éventualité de résister à la tyrannie pour constater la sorte de désarmement moral dont souffrent nos contemporains. Le refus de la légitime défense contre les criminels de droit commun l’atteste bien assez.

Il n’est pas question de prêcher le droit de se faire justice à soi-même, mais bien le droit d’un individu de se défendre contre une agression imminente ou en cours si l’État n’est pas là pour le protéger. Si l’individu n’a pas ce droit, on se demande bien quel droit il peut prétendre détenir, à part les privilèges qui lui sont, pour un temps, concédés par l’État. Or, il semble qu’une partie importante de la population ou, en tout cas, de l’intelligentsia ne croit plus au droit d’auto-défense. Déjà en 1972, un éditorial du Washington Post décrivait le « besoin d’autodéfense que certains propriétaires de maison et de boutique croient avoir » comme appartenant « aux pires instincts de l’homme »[46]. Quelques années plus tard, l’Église presbytérienne américaine déclarait qu’une femme doit considérer son violeur comme un frère dont il faut assurer la sécurité[47]. Et même si le droit de légitime défense demeure généralement reconnu par la loi, nous sommes de plus en plus privés des moyens de l’exercer[48].

L’histoire de l’ex-agriculteur anglais Tony Martin illustre la suppression de la légitime défense, déjà consommée au Royaume-Uni. M. Martin, qui vivait dans une maison de ferme isolée près d’un village sans commissariat de police, avait été plusieurs fois cambriolé. Une nuit du mois d’août 1999, il est réveillé par un bruit de verre cassée et trouve deux cambrioleurs dans sa maison ; il en tue un avec son fusil de chasse et blesse l’autre. Les deux individus avaient des casiers judiciaires, bien que celui tué par Martin ne fût âgé que de 16 ans ; le cambrioleur blessé avait 29 ans. Condamné, Martin a passé près de quatre ans en prison pour son prétendu crime, soit plus de temps que le cambrioleur survivant. En fait, Martin a dû purger une plus longue partie de sa peine parce qu’il ne montrait aucune contrition pour ses actions[49]. On ne se surprend pas que les jeunes truands ne craignent pas la résistance de leurs victimes.

Au Canada, on a maintenant la situation absurde où les transferts d’argent sont protégés par des convoyeurs de fonds armés, ce qui exerce évidemment un effet dissuasif sur les voleurs en puissance, alors que l’État interdit les vigiles armés pour protéger des vies, par exemple dans les écoles. Sans compter l’interdiction faite à chacun de se protéger lui-même, ou de protéger autrui, en portant une arme. Pour ajouter l’injure à l’insulte, les dignitaires politiques bénéficient de gardes-du-corps lourdement armés.

Il est faux de dire qu’une arme à feu, notamment un revolver, ne sert qu’à tuer. Car, si c’était vrai, les policiers n’en porteraient pas puisque, jusqu’à nouvel ordre, ils n’ont pas de permis de tuer. Sauf entre les mains d’un criminel, une arme à feu sert à protéger la liberté et la dignité individuelles. Il arrive simplement qu’en voulant stopper celui qui les viole, on le tue parfois.

Y a-t-il un nom pour l’ensemble des facteurs qui ont simultanément nourri certaines formes de crime, notamment les massacres, et encouragé la négation du droit d’auto-défense et du droit de porter des armes ? Je crois que oui : il s’agit de l’écrasement de l’individu par un État de plus en plus puissant. On imagine aujourd’hui que la dignité de l’individu lui vient entièrement du groupe politique dont il fait partie. Le bien et le mal sont définis par l’État et l’individu doit se soumettre à la force qui tient lieu de morale, dans des domaines qui vont du droit de fumer dans les commerces privés à la liberté d’expression, soumise à des restrictions croissantes, en passant par l’auto-défense et le droit le porter des armes.

6- Une pente dangereuse

Nous sommes sur une pente bien dangereuse. On en est arrivé à une conception statistique du crime, où toute cause présumée d’une certaine catégorie de crimes doit être contrôlée sanas égard aux inconvénients imposés à des individus qui n’ont commis aucun crime. Les actes de n’importe quel fou remettent en cause nos libertés. Au lieu de sanctions après le fait, comme le veut la règle de droit, on impose des contrôles préalables. Au lieu de punir le meurtre, on contrôle les individus statistiquement susceptibles d’en commettre. Pour le moment, cette approche condamne les armes et leurs propriétaires. Quelle autre minorité sera frappée dans l’avenir ? Va-t-on placer en détention préventive des individus qui ont le malheur de faire partie de groupes plus susceptibles de commettre des crimes ? Cette dérive est porteuse de bien des injustices.

J’ai laissé entendre, dans l’introduction de cet article, que l’on peut défendre le droit de posséder des armes sans aller jusqu’à appuyer le droit d’en porter. Si la distinction est valable en logique pure, elle ne l’est plus quand on prend en considération la logique des institutions humaines. Si on permet à l’État de réglementer le port d’armes, la réglementation va s’étendre jusqu’à anéantir ce droit et à miner le simple droit de posséder des armes. Quand l’État met le pied dans la porte, on entend bientôt des bruits de bottes dans le salon. On ne pourra rétablir durablement nos libertés traditionnelles dans ce domaine sans nier le droit de contrôle de l’État.

À qui le crime profite-t-il ? Cette question suggère que si on trouve celui à qui un crime bénéficie, on a sans doute trouvé son auteur. La question est également valable dans le cas qui nous occupe. À qui profite le crime qui consiste à dépouiller les individus de leur dignité, de leur droit de légitime défense et de leur droit de porter des armes ? Ce crime profite surtout à l’État, c’est-à-dire à ceux, politiciens et bureaucrates et leurs clientèles privilégiées, qui ont intérêt à accroître le pouvoir de l’État au prix de nos libertés.

13 janvier 2009 à 22:20:48
Réponse #10

athlon


"Sans déconner, les mecs...  La mort, ça dure longtemps..."

13 janvier 2009 à 22:34:50
Réponse #11

Moleson


On sent le belge qui a les nerfs  ;)

pour ou contre, avoir ou ne pas avoir, ce sont des choix personnels, quasi politique, et je pense que cela doit rester dans l'isoloir au risque de perdre son temps et ces nerfs inutilement.

Je peux trouver le courage d'expliquer, d'essayer de faire comprendre pourquoi j'ai des armes à une personne qui a un minimum d'esprit de neutralité, mais en privée: c'est une opération lourde et dangereuse qui se prépare en 6 jours et 6 nuits :o


molon labe, Lawrence.

C'est réglé en 5 minutes le temps d'une agression. C'est fou l'effet pédagique, sauf chez les irréductibles. ;D

Bon mais je dirais l'idée, c'est pas de convaincre l'autre, mais de se poser les questions pourquoi c'est un sujet tellement émotionel qui dépasse largement le cadre de toute disscussion rationelle.


Je démarre sur la comparaison bateau voiture/arme, la différence est simple, c'est la destination première de la chose. Une voiture sert primairement à se déplacer et accessoirement à faire du hachis dans une foule. Une arme ca sert primairement (de sa destination) à faire des trous plus ou moins mortels et accessoirement d'outil sportif.
Si l'on prends par exemple l'arc et la flèche, sa fonction primaire est tellement éloignée dans l'inconscient collectif qu'on peut le concevoir aujourd'hui comme un outil sportif.

Ceci explique l'incompréhension entre un amateur d'arme sportif/collection et le citoyen lambda qui à tout simplement peur. L'amateur d'arme en règle général possède ses armes pour se faire plaisir en tirant sur des cibles en cartons, voire comme chasseur, mais certainement pas primairement pour tuer ou blesser quelqu'un. Le problème il faut convaincre l'autre que l'on est gentil, pas psychopathe etc... Ce qui est faisable individuellement est impossible à obtenir comme collectif.

On peut résumer le problème à MOI je peux posséder une arme, TOI que je connnais très bien aussi, mais les AUTRES!!!!! C'est des abrutis ils ont pas le droit.

S'ajoute à ceci qu'historiquement le contrôle des armes à toujours été motivé par des raisons politiques pour empêcher la constitution de groupes armé que l'on ne souhaite pas. Aux US c'était au départ pour empêcher les noir de s'armer, en France les lois Pétainistes, en Allemagne d'abord les juifs qu'il fallait empêcher puis dès 1973 les extrèmistes de gauche type RAF etc....

Une comparaison entre pays montre que seul un motif concernant un grand nombre de personnes à engendré des lois sur les armes libérales.

Aux US c'est le fait de pouvoir individuellement de se défendre, en Suisse c'est le fait que chaque Citoyen est censé être armé pour défendre le pays. Dans la majorité des pays des compromis ont été trouvé pour pouvoir satisfaire le groupe important des chasseurs (France) et tireurs sportifs.

Je suis Suisse et ai vécu dans une région ou le port d'arme était non réglementé, l'achat d'arme en semi-auto totalement libre (on allait dans quincallerie du coin et achetait son AK47 transformé en semi par un point de soudure) et j'ai vécu la transition vers une réglementation plus restreignante (interdiction du port d'arme dès 1999, interdiction des silencieux) à l'impossibilité aujourd'hui d'acheter sur contrat. Jusqu'au 12.12.2008 il était possible en faisant un simple contrat d'acheter un pistolet, un revolver, un fusil, d'un privé sans rien communiquer aux autorités. Il est aussi possible d'acheter des armes en full, sans trop de complication avec des autorisation exceptionnelle.
J'ai une collection d'arme qui enverrait à l'hôpital pour syncope pas mal de représentant de l'ordre français ;D

A partir de là quelques question méritent d'etre posée:

- est ce que la violence dépendant du nombre d'armes en circulation? La réponse est non la violence est engendrée par les situations sociologiques et la répartion INNEGALE des armes. On peut trouver ces chiffres dans le "small arm survey"
Par exemple la densité d'arme est relativement faible au Brésil et au Nigeria avec de nombreux crimes commis avec des armes. Au contraire la Suisse à une densité d'arme exceptionelle, avec un nombre de meurtre avec armes /100'000 inférieur à la hollande, l'australie et le canada tous pays avec des législation contreignante.
- est-ce que les suicides dépendent du nombre d'arme en circulation? Réponse non en consultant les statistiques on voit que le taux de suicide est surtout lié à des différences culturelles et aux crises économiques. Par contre le mode de suicide est dépendant du moyen à disposition.

Un registre apporte-il quelque chose? Réponse absolument rien. Un criminel se procure son arme illégalement, même en Suisse ou tout citoyen pouvait acheter en moins de 24 heures une arme à feux sous condition d'avoir plus de 18 ans et un casier judiciaire vièrge, la majorité des crimes sont sommis avec des armes illégales. Et le possesseur légal d'arme dument enregistré qui pête un cable, ben le registre ne vas pas servir à grand chose. La seule motivation d'un registre est pour l'Etat de pouvoir confisquer les armes en cas de besoins.
Ceci avait bien été compris par l'armée Suisse, puisque pendant la guerre froide elle remettait en fin de service le mousqueton, le pistolet ou le fass en détruisant les papiers permettant de savoir qui avait quoi.

Finalement le sujet qui fâche, la légitime défense avec une arme à feu:
Il faut déjà accepter la légitime défense en soi qui permet de faire du mal voir de tuer un agresseur qui nous agresse avec la volonté de blesser ou tuer.
Si l'on n'accepte pas ce fait on ne peux pas discuter.
Ensuite l'arme à feu. Ben c'est diablement efficace surtout que 95% des nocifs à la vue d'un canon se calment immédiatement et commence à penser à autre chose. Ensuite c'est un equalizer qui permet à une femme de se défendre contre un homme.
Finalement on peut se défendre contre plusieurs agresseurs et en plus à distance.
Il n'y a donc que du bon
Argument contre habituel, le criminel va se armer et on va avoir une course à l'armement. Faux, la grand majorité des criminels ne sont pas débiles et n'ont aucune envie d'être confronté a un échange de coup de feu sont personne ne connais l'issue. Et ceci est étayé par de nombreuses enquêtes dans les pénitenciers US ou la seule et unique raison qui aurait fait reconcer le criminel à son acte, aurait été de savoir que la victime soit armé.

Pratiquement j'ai vévu 20ans de ma vie adulte avec la possibilité tout à fait légale de porter une arme comme tout le monde qui m'entourrais. Eh bien il ne s'est jamais rien passé. Cerise sur le gateau depuis 1999 interdiction du port d'arme, le meurtres n'ont pas changés mais les lésions corporelles triplés. Autant dire que l'effet d'assurer une meilleure sécurité publique n'a pas vraiment été atteinet.

Moléson

13 janvier 2009 à 22:36:42
Réponse #12

balthazar


Sujet intéressant...mais AMHA:
- chaque personne a son vécu et sa culture: même en restant dans l'hexagone, et sur une seule génération, entre une personne de la campagne élevée dans un contexte "chasse" même léger, et un urbain "pur" qui ne voit dans une arme que l'objet violent (violence régalienne comprise), on aura forcément, quelques soient les arguments, des différences d'idiosyncrasies légitimes...
- beaucoup de personnes ont leurs propres expériences, leurs propres anecdotes, fussent-elles critiques. Certains en sortent convaincus d'un côté, d'autres de l'autre, et chacun sera convaincu - à raison, la leur- d'être dans le droit chemin, ce qui est à respecter.
- Les données, d'un côté comme de l'autre, sont bien souvent outre atlantique, donc très (et trop) politisées. Qu'on creuse dans les unes comme dans les autres, que l'on cherche quelques liaisons envers les organismes émetteurs, et l'on a parfois de drôle de surprises, à avoir honte de les avoir citées (si si, j'avoue  ;))
- Le mélange arme à feu/survie, renvoie pour certains observateurs à diverses "dérives", d'où je pense certaines frontières ici (mea maxima culpa, j'ai du adopter un autre angle de vue afin de les comprendre au départ... :)).

enfin, bonne chance à toi pour le débat (et bonne chance pour les modos), en espérant qu'il ne coule pas de lieux communs, d'études orientées, et d'avis primaires...

Un gars qui a grandit avec un fusil et qui a de ses meilleurs amis qui n'achèteraient pas un pistolet à eau à leurs gosses pour des raisons qu'il comprend, accepte et approuve.

13 janvier 2009 à 22:37:22
Réponse #13

Anke


Bon ben pour moi c'est relativement simple. Une arme à feu adaptée à ce que je serais capable d'apprendre pour m'en servir intelligemment ( càd en tant qu'outil pour me procurer à bouffer) je suis pour. ça nécessite une formation et un choix déterminé par mes objectifs ( survivre et pas crever de faim en l'occurence) et mes capacités physiques et intellectuelles ( pas d'intérêt de me balader avec une 12/7 par ex et incapable de remonter l'arme correctement !).
Faut que j'étudie le truc le plus simple à utiliser et à réparer en condition de survie, arc, arbalète, 22rl, fusil de chasse ? OU bêtement des pièges ?
Si je veux faire du tir, ben je vais dans un club, si je veux chasser, je passe mon permis, point barre, le reste, ça reste amha ( et ça n'engage que moi) c'est de la psychanalyse de comptoir et aussi une question de moyen ( un fusil ça coute minimum dans les 700 euros, je crois, me dire si je me trompe...)
Bref ma démarche est la même que pour le port d'un surin. Un flingue c'est un moyen, un outil... pour arriver à atteindre un objectf bien déterminé. Pourrait-on alors apprendre à en fabriquer un( risques +++ je suppose !) ? Afin de ne pas être dépendant d'une mécanique qu'on ne maitrise pas ( le truc se bloque, y'a pas de réparateur dans le coin, je me retrouve comme un con avec ma ferraille.
Bref la question du port ou non est liée étroitement au milieu dans lequel on évolue et ce pourquoi on évolue dedans.
Porter une arme à feu pour porter une arme à feu, je ne vois aucun intérêt, en plus ça fait du poid( sans compter les cartouches ou balles pleines de plomb !), c'est pas les MULs qui me contrediront...

13 janvier 2009 à 22:44:08
Réponse #14

Rouri


Citer
Argument contre habituel, le criminel va se armer et on va avoir une course à l'armement. Faux, la grand majorité des criminels ne sont pas débiles et n'ont aucune envie d'être confronté a un échange de coup de feu sont personne ne connais l'issue. Et ceci est étayé par de nombreuses enquêtes dans les pénitenciers US ou la seule et unique raison qui aurait fait renoncer le criminel à son acte, aurait été de savoir que la victime soit armé.

De plus, le citoyen n'a pas à lire ses droits aux criminels...

13 janvier 2009 à 22:55:17
Réponse #15

SurvivalFred


 

Vous êtes trop devant votre écran d'ordinateur, allez donc pratiquer dehors !!

13 janvier 2009 à 23:07:42
Réponse #16

BULLYSSON


Je comprend pas trop... l'objet de ce topic c'est pour ou contre les armes à feu ???   

Quel intérêt ?  ::)  Pour ou contre la pluie ? pour ou contre les voitures ? argumenté ou pas perso je ne vois pas l'intérêt d'un tel débat... entre français en tout cas...

En revanche le fait que tu sois passionné d'armes, le fait que tu saches les utiliser je trouve ça plus interressant...


Après le reste ça me semble être un choix personnel... comme porter tel ou tel objet, legal ou pas legal, peut l'être... l'essentiel étant d'assumer toutes ses responsabilités..

... on pourra parler des applications des armes dans la survie

Ben vas-y !!!  ;) et je rajouterai urbaine (survie) puisque c'est l'objet de cette partie du forum...

Perso je suis néophyte en arme à feu... mais je sais que nombre de français ont des fusils de chasse chez eux, des 22 long rifles, des gom-cognes (enfin ça c'est encore autre chose)... et que même de plus en plus de gens, mêmes et surtout j'ai envie de dire dans des milieux très aisés portent des armes à feu au quotidien sur eux lors de leurs sorties ou dans leur voiture...

Perso je comprends vite à quoi ça peut servir, ce qu'on risque... mais si y'a d'autres choses à savoir je suis preneur...

donc à toi l'honneur...  ;)

Pour moi c'est un sujet comme un autre, on est entre personne responsables chacun voit midi à sa porte...

Au Manitou et au modo de juger de ce qui viable sur un forum ouvert comme celui-ci.
Une seule loi dans ce Monde :
http://youtu.be/41Q21B7ap9M

13 janvier 2009 à 23:21:41
Réponse #17

f2000@pl


rouri merci pour cet article très complet (saurais tu citer les sources des statistiques qui y sont inclues?)

ps: la vodka polonaise c'est la meilleure

pour mathieu : je suis actuellement inscrit dans un club de tir et je compte passer une licence de tireur sportif pour pouvoir m'acheter une arme (probablement une carabine) Je n'ai encore jamais eu d'arme (je suis un peu jeune pour cela) mais je connais un peu le milieu

je compte également m'embaucher dans l'armée


Mais j'ai envie de demander : pourquoi se polariser sur les armes à feu ?


d'accord avec toi on pourrait aussi parler des coutaux en EDC ( qui sont mal vus par la police) et d'autres choses mais ce sont les armes à feu qui font le plus polemique

bully le but de ce topic serait aussi de déteminer comment parler des armes sans prises de tête et étant donné que les prises de tête viennent (souvent) du pour ou contre les armes j'ai pensé a isoler cela ici (maintenant je serais heureux de parler des applications d'un fusil d'assaut dans la survie urbaine ;D  )

Une idée interessante qui a été évoquée quelque part sur le forum (par david?) serait de faire une section ou on parlerait uniquement de ce sujet sensible et qui serait réservée aux membres.

« Modifié: 14 janvier 2009 à 01:35:57 par f2000@pl »

13 janvier 2009 à 23:36:29
Réponse #18

littlebigman


De plus, le citoyen n'a pas à lire ses droits aux criminels...
Toi connaître Miranda??? ;D
Faire et Laisser braire

13 janvier 2009 à 23:44:30
Réponse #19

SurvivalFred


Toi connaître Miranda??? ;D

Dans le même genre, avec le même accent mais pas du tout du même auteur on a :
"Combien chausse ta bouche ??"   ;D

Fred
 

Vous êtes trop devant votre écran d'ordinateur, allez donc pratiquer dehors !!

14 janvier 2009 à 02:09:30
Réponse #20

Rouri


Citer
Toi connaître Miranda???

Miranda v. Arizona est un arrêt de la Cour suprême des États-Unis plaidé entre le 28 février et le 1er mars 1966 et rendu le 13 juin 1966. La court retient qu'un suspect doit être informé de ses droits de consulter un avocat et à ne pas s'auto-incriminer avant d'être interrogé par la police.

La version classique américaine:

«You have the right to remain silent. Anything you say can and will be used against you in a court of law. You have the right to have an attorney present during questioning. If you cannot afford an attorney, one will be appointed for you. Do you understand these rights?»

La version canadienne:
"You are under arrest for _________ (charge), do you understand? You have the right to retain and instruct counsel without delay. We will provide you with a toll-free telephone lawyer referral service, if you do not have your own lawyer. Anything you say can be used in court as evidence. Do you understand? Would you like to speak to a lawyer?"

Sources:
http://en.wikipedia.org/wiki/Miranda_warning

L'excellent vidéo du professeur James Duane de la Regent University School of Law:
http://video.google.com/videoplay?docid=-4097602514885833865

14 janvier 2009 à 02:39:58
Réponse #21

Énoch


Sujet "piège à con" et je me lance dedans! C'est vous dire!

Pierre Lemieux a à mon avis visé juste. Mais cela est et sera toujours innaceptable aux yeux de plusieurs! Un droit pour tous de porter des armes ne veut pas dire que tous doivent en porter une, et qu'ils sont tenus d'exercer ce droit!

"Mais alors si l'autre exerce son droit et moi pas... je suis désavantangé? En Dangé? Alors moi j'en veux pas et personnes ne devrait en avoir! Voilà!" Laissons l'état prendre soins de nous et espérons pour le mieux!

Ce raisonnement simpliste est ce qui s'applique actuellement partout dans le monde et c'est ce qui motive la recrudescence des lois anti-armes actuellement dans le monde.( ONU et le bannissement des armes de poing dans le monde).

Moi ce qui motive ma position c'est la liberté. Liberté de choisir, liberté d'assurer ma défense si mon domicile est envahi ou si ma vie ou celles de ma famille est en danger. Je crois que l'humanité est condamnée à répeter les erreurs passées qu'elle a commises et non comprises. Et la dictature totalitaire c'est pas juste pour les pays du tiers monde! Désolé de péter votre bulle!

D'ailleur, les résolutions de l'ONU, qui visent à faire du monde un endroit plus sécuritaire et meilleure, sont supporter à 80% par des pays totalitaires, dictatures d'état ou tout droits humain sont déja absents depuis longtemps. Laisser les dictature dirent aux démocraties comment gérer les libertés de leurs citoyens c'est tirer fort un peu. Trouver pas!... :down: :o

Je ne préconise pas le retrait de l'état de la sécurité publique, non ! Mais qu'un citoyen réputé honnête ait le droit d'assurer sa défense et de protéger sa famille et ses biens, oui! Si toi ça ne t'intéresse pas, Ok pas de problème appel la police ou la gendarmerie et attend. Question de choix et de liberté AMHA.
« Modifié: 14 janvier 2009 à 05:35:28 par Énoch »

14 janvier 2009 à 07:34:03
Réponse #22

littlebigman


Ou tout simplement qu'un citoyen honnête puisse pratiquer son sport/loisir paisiblement sans avoir à subir l'opprobe à priori de l'Etat et des personnes ne pratiquant pas.
C'est encore un bel exemple que l'intolérance nait du manque de dialogue et d'ouverture d'esprit.
Faire et Laisser braire

14 janvier 2009 à 08:28:57
Réponse #23

DavidManise


Une idée interessante qui a été évoquée quelque part sur le forum (par david?) serait de faire une section ou on parlerait uniquement de ce sujet sensible et qui serait réservée aux membres.

Ouais donc en gros, on te connait pas, tu débarques et tu balances un sujet super épineux qui va foutre la m*rde, et derrière tu envoies de propositions de restructuration du forum ? ;D

Tu veux pas que je te fasse une petite pipe, tant qu'à faire ? ;D

Non mais ::)

David

P.S.: fil bloqué.  Bullysson a parfaitement bien résumé.  "Pour ou contre la pluie"...  <rire>  C'est un sujet parfaitement stérile, et le risque de prise de tête/dérapage est élevé.
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
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avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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