Cela va sans doute avec la baisse de la lecture mais cela va aussi vers une plus grande permissivité ou facilité.
[Corin, je ne mets aucune passion ici !

Je me permets de situer l'enjeu de la discussion, et de te répondre, puisque tu as évoqué les causes. Il me semble que la question est importante et nécessite quelques éléments techniques, dont je peux faire part. Je n'interviendrai plus après cet article-ci.]
Nan nan, l'essentiel est beaucoup plus simple que ça, et André Chervel le dit bien : c'est une simple question d'horaire consacré à la chose, en dégringolade constante au profit d'autres disciplines et activités, dans un consensus du corps social. Le calcul a suivi la même pente pour les mêmes raisons. Il s'agissait d'ouvrir l'enfant sur le monde et de le faire s'épanouir en développant sa créativité et toutes sortes de compétences appréciées. Orthographe et calcul étant des activités répétitives et systématiques vues comme abrutissantes, sclérosantes et stériles.
On compare toujours avec une époque où l'on consacrait une heure par jour à l'orthographe en primaire, du CP jusqu'au certif (14 ans, soit la classe de 4
e actuelle). C'est totalement inimaginable aujourd'hui, sauf révolution intellectuelle de masse : les enfants étudient des quantités d'autres choses, et même dans le cadre de l'horaire de français français, aucun enseignant ne pourrait imaginer faire cela même en primaire, sous peine de sanctions disciplinaires !
Ne remontons pas loin : entre 1975 et aujourd'hui (depuis 2004),
au collège,
les élèves ont perdu 180 heures de français sur les quatre ans (6e à 3e), soit environ une année scolaire de français, sans parler de la quasi-disparition du travail en demi-groupes. (Je tiens les références chiffrées à disposition.)
En 6
e par exemple, la classe dont on parle tout le temps :
1975 : 3 heures classe entière + 3 heures demi-groupe = 216 heures (pour 36 semaines)
2004 (aujourd'hui) : 4 heures classe entière + ½ heure demi-groupe = 162 heures : perte de 54 heures, soit 25 %...
C'est encore pire en primaire entre 1968 et 2004, sachant
de plus que la semaine vient cette année de perdre deux heures — 72 heures / an, soit trois semaines de classe — par la volonté de notre président, dont
officiellement une heure de moins consacrée à l'apprentissage de la langue pour chaque classe (B.O. 2008).
Si le corps social dans son ensemble veut
réellement une orthographe correcte (et non réformée) pour ses enfants, il va falloir faire autre chose que se lamenter sur l'air de « c'était mieux avant ! » Il va falloir décider
ce qu'on arrête d'enseigner pour le remplacer par de l'orthographe systématique à haute dose : il faut trouver au moins quatre heures par semaine, à quoi les prend-on ?
[
Pour Yoann :
halluciner est transitif, il ne peut s'utiliser à bon escient sans complément, jusqu'à réforme du lexique.

On peut tout juste — l'emploi est extrêmement rare —
halluciner quelqu'un (= le rendre halluciné)...]
jiluc. 