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Auteur Sujet: Situation actuelle en Guyane  (Lu 1329 fois)

04 décembre 2008 à 12:24:35
Lu 1329 fois

BULLYSSON


Je vous fais suivre un e-mail que m'a envoyé ma cousine de Guyane pour que je le diffuse autour de moi :

-------------------------------------------------------------------------------------------

Lettre de Pascal Vaillant au médiateur de l'information de France 2
>
> A diffuser largement pour que, on l'espère, quelqu'un finisse par nous entendre... Merci
>

>


>
>
> Chers amis,
>
> J'envoie cette lettre aujourd'hui au médiateur de l'information de France 2
> (sans grand espoir qu'elle sera lue).
>
> En revanche, n'hésitez pas à la diffuser autour de vous ... simplement pour
> informer les gens sur un problème bien réel, bien que « sous-documenté ».
>
> Amicalement,
>
> Pascal Vaillant
>
> De : Pascal Vaillant (Montjoly, Guyane Française)
> À : Christian-Marie Monnot, médiateur de l'information pour France 2
>
> M. le médiateur,
>
> Je vis en Guyane Française, département français d'outre-mer de 200 000 habitants,
> qui occupe une surface équivalente à celle du Portugal
> sur le continent sud-américain (au nord du Brésil).
>
> Nous sommes aujourd'hui le dimanche 30 novembre 2008. Depuis le lundi
> 25 novembre, des barrages placés sur tous les carrefours névralgiques
> du réseau routier empêchent toute circulation dans ma région. Ces
> barrages sont le résultat d'un mouvement de protestation contre le
> niveau trop élevé du prix de l'essence (50% plus élevé qu'en France
> métropolitaine).
>
> En outre, depuis hier, plus aucun bateau ni avion (sauf avions
> militaires) ne circule entre la Guyane et le reste du monde, suite au
> blocage du port et de l'aéroport.
>
> Je vous demande, M. le médiateur, de vous représenter les conséquences
> d'une telle situation de blocage.
>
> La région est complètement paralysée depuis une semaine, avec
> impossibilité de se déplacer d'un point à un autre autrement qu'à pied
> ou en bicyclette. Tous les établissements d'enseignement (des écoles
> à l'université) sont fermés depuis mercredi. Les magasins
> d'alimentation n'ouvrent plus en moyenne que deux heures par jour, le
> matin, et en sont réduits de toute façon à écouler leurs stocks
> (n'étant plus approvisionnés en produits frais, ni d'importation ni du
> marché local).
>
> Presque plus personne ne peut se rendre à son travail, et la vie
> économique est donc entièrement au point mort (le MEDEF Guyane a
> estimé à 13 millions d'euros par jour les pertes pour l'économie
> locale). Certaines personnes nécessitant des soins à domicile n'ont
> pu recevoir les visites nécessaires de leur infirmière libérale. Dans
> les hôpitaux et les centres de soins, on craint de manquer de
> médicaments périssables (les médicaments ne pouvant être gardés plus
> de quelques jours, comme ceux utilisés pour les trithérapies) ... une
> réquisition des dockers a permis de décharger un conteneur de ce type
> de médicaments du dernier navire de commerce encore à quai, et les
> manifestants ont laissé le camion de l'hôpital passer au barrage ;
> mais pour l'avenir, on ne peut qu'espérer que la solution du
> ravitaillement par avions cargo militaires pourra fonctionner. Et on
> prie pour que personne n'ait besoin d'une évacuation sanitaire
> d'urgence vers les hôpitaux mieux équipés des Antilles ou de France
> métropolitaine.
>
> L'électricité produite en Guyane dépend encore, pour un quart, de
> centrales thermiques, fonctionnant avec des turbines diesel. N'ayant
> pas d'autre ressource que de fonctionner à présent sur ses stocks de
> carburant, EDF Guyane en est réduit à espérer que la situation ne
> durera pas plus de quelques jours, faute de quoi l'électricité viendra
> à manquer aussi à certains endroits ...
>
> Au cours de certaines des nuits de la semaine qui vient de s'écouler,
> malgré la bonne conduite générale du mouvement - qui bénéficie d'une
> solidarité de principe d'une grande partie de la population - des
> débordements ont eu lieu dans des quartiers sensibles des deux grandes
> villes que sont Kourou et Cayenne. Il y a eu des incendies de
> mobilier urbain, des affrontements avec les forces de l'ordre. À
> Kourou, des commerçants ont été agressés par des pillards.
>
> Tout ce que je vous décris, M. le médiateur, se passe en ce moment,
> dans un département français.
>
> Or lorsque nous, Guyanais, parlons de cette situation avec des amis
> qui habitent en France métropolitaine, ils ont du mal à nous
> croire. Leur réaction est en effet de penser que ce n'est pas
> possible, car SI C'ÉTAIT SI GRAVE, ON EN PARLERAIT. Et c'est à ce
> sujet, M. le médiateur, que je souhaite vous interpeller : c'est
> effectivement grave, et ON N'EN PARLE PAS.
>
> Nous avons le malheur supplémentaire, en Guyane, dans la paralysie
> générale, d'avoir encore la possibilité d'entendre et de regarder les
> médias nationaux, et de constater avec ébahissement que nous n'y
> existons pas.
>
> Au journal de France 2 hier soir, un sujet d'une quinzaine de secondes
> a fait état de perturbations liées à des protestations contre le prix
> de l'essence en Guyane, et des conséquences que ces perturbations
> avaient sur le calendrier du prochain lancement de la fusée Ariane
> depuis le Centre Spatial Guyanais.
>
> Au journal national de France 3, un sujet d'une dizaine de secondes a
> également montré quelques manifestants avec des banderoles, et le
> présentateur a précisé que « toute l'île » était paralysée par ces
> troubles (notez que le niveau d'information sur la Guyane consiste à
> penser qu'il s'agit d'une île).
>
> Au cours d'un flash d'information de France Inter que j'ai eu
> l'occasion d'entendre (je sais que vous n'avez pas titre à me répondre
> en ce qui concerne France Inter, mais je souhaite vous le mentionner
> pour que vous mesuriez le décalage surréaliste dont il témoigne),
> celui de samedi 16h, il y avait un reportage de plusieurs dizaines de
> secondes sur une manifestation de motards qui bloquait le Pont-Neuf à
> Toulouse, et pas une seule mention de la Guyane. Imaginez
> l'ahurissement d'un citoyen du département français de la Guyane, qui
> est bloqué par des barrages, qui cherche un magasin ouvert pour
> acheter une boîte de lait pour bébé, et qui écoute les informations de
> France Inter à la radio, où il apprend que des motards bloquent le
> Pont-Neuf à Toulouse (et c'est tout pour l'information aujourd'hui).
>
> Si vous relisez la description que je vous ai faite de la situation
> actuelle, avérée, en Guyane, je pense que vous ne pourrez pas vous
> empêcher d'être frappé par le décalage de traitement de
> l'information. Un département français de 200 000 habitants est
> complètement paralysé, et on en parle moins que des retards de
> l'Eurostar Londres-Paris. J'ai du mal à imaginer que ce traitement
> serait comparable s'il s'agissait d'un département français plus
> proche de la capitale. Imaginez la Corse, ou la Corrèze (populations
> comparables à celle de la Guyane) bloquée, coupée du monde, avec des
> débuts de troubles à l'ordre public et des difficultés de
> ravitaillement des ménages ... pouvez-vous concevoir qu'il n'en serait
> pas fait mention dans les journaux ? C'est pourtant très exactement ce
> qui est en train de se passer en ce qui concerne la Guyane.
>
> Le plus étonnant dans ce silence sur les événements qui touchent ma
> région est que l'information n'est absolument pas cachée. Des
> dépêches AFP rapportent régulièrement la situation (cf. un fil de
> dépêches triées sur http://www.rfo.fr/depeches.php3). Les journaux
> télé et radio de RFO Guyane, autre branche du service public de France
> Télévisions, sont accessibles en direct et en différé sur le site
> internet de cette station. Les images de RFO Guyane sont accessibles
> aux autres chaînes de France Télévisions. De nombreux sites internet
> locaux, qui relaient une information venant de la base (citons
> notamment http://www.blada.com et http://www.97320.com, sites que les
> internautes alimentent en témoignages directs du terrain), sont
> parfaitement accessibles et fonctionnent en ce moment à plein régime.
>
> Je vous écris donc pour vous sensibiliser à ce décalage surprenant en
> termes de traitement de l'information, qui me paraît personnellement
> tout à fait incompréhensible. Je souhaiterais que vous, dans votre
> rôle de médiateur, puissiez obtenir de la rédaction de France 2
> qu'elle reconnaisse que le traitement de l'information sur la
> situation en Guyane est en effet incroyablement insuffisant, et
> qu'elle remédie à cette situation. La question n'est pas anodine pour
> nous, car le manque d'information sur notre situation dans les médias
> nationaux peut parfaitement contribuer à la lenteur de la solution de
> la crise.
>
> Si en revanche la rédaction de France 2 considère qu'elle est bien
> suffisamment informée, et que le traitement donné à la situation en
> Guyane est tout à fait normal, tant quantitativement (une poignée de
> secondes au JT), que qualitativement (l'ensemble de la situation que
> je vous ai décrite résumée à un report de tir de fusée, événement en
> soi assez commun), alors j'aimerais vraiment en comprendre la
> justification. Je n'y peux, dans mes réflexions actuelles, n'en
> imaginer que deux causes possibles auxquelles je souhaite ne pas
> croire. La première est qu'un département français situé loin de la
> métropole n'a pas exactement le même statut, au niveau de l'importance
> à lui accorder, qu'un autre département français ; vous comprendriez
> bien sûr que si c'était le cas, cela ne pourrait être interprété de
> notre part, habitants de la Guyane, que comme une forme de
> discrimination scandaleuse. La seconde est qu'on ne veuille pas
> montrer aux habitants de France métropolitaine qu'on peut vraiment
> tout bloquer quand les choses vont mal ... de peur que cela ne leur
> donne des idées.
>
> En vous remerciant de l'intérêt que vous voudrez bien porter à mon
> courrier, je vous prie de croire, M. le médiateur, en l'assurance de
> ma très grande considération.
>
> Pascal Vaillant Montjoly, Guyane
Une seule loi dans ce Monde :
http://youtu.be/41Q21B7ap9M

04 décembre 2008 à 12:47:27
Réponse #1

** Mathieu **




EDIT : pour info :

Pascal Vaillant est Maître de conférences à l’Université des Antilles à Cayenne

http://www.univ-ag.fr/~pvaillan/CV_fr.pdf
« Modifié: 04 décembre 2008 à 13:03:33 par Mathieu »

05 décembre 2008 à 13:04:27
Réponse #2

BULLYSSON


Une seule loi dans ce Monde :
http://youtu.be/41Q21B7ap9M

05 décembre 2008 à 14:53:54
Réponse #3

lepapat


Ce là me rappel la Réunions  ::)
John Wiseman, pardonne-leurs, aux " incultes" de ce forum :D


06 décembre 2008 à 11:28:25
Réponse #4

bison solitaire


Je me permets de copier-coller des petits comptes rendu que Dougdakota (là pour suivre faudra relire ma présentation... pour faire court c'est mon pote qui est actuellement en Guyane) m'a fait parvenir depuis quelques jours pour ce qui concerne la situation en Guyane.

Bonjour à tous,

J'ai décidé de vous faire partager par une petite chronique satirique qui essaiera d'être régulière, les développement du conflit qui agite la Guyane en ce moment. D'abord les causes du conflit : le prix des carburants qui atteint ici des sommets ridicules (1,57 le gazole et 1,77 le SP95) met en difficulté les entreprises du cru et les particuliers qui n'ont pas tous, loin de là, des salaires de fonctionnaires. Bref d'un point de vue économique le prix des carburants met à genoux de nombreuses entreprises. La route ici c'est primordial, il n y a pas de trains, et même les pirogues tournent au SP95.

Voila plus de deux mois que le feu couve sous le soleil mais malgré cela et les avertissements nombreux, la région dont le président à des billes dans la société qui amène le pétrole sur le territoire, continue d'augmenter les taxes, suivi en cela par un préfet qui valide aveuglément les augmentations mensuelles des carburants. Ah oui je dois préciser qu'ici les prix des carburants n'est pas libre. Il y a 6 mois le SP95 coutait 1,47 euros et il y a un an, moins de 1 euro. Mais la perspective d'une nouvelle hausse pour décembre à plus de 1,80 à fait exploser le mécontentement latent. Dès lundi matin des barrages se sont mis en place dans toute la Guyane, de Saint laurent du Maroni à Saint Georges de l'oyapock en passant par Cayenne et Kourou. Objectif avoué des "bloqueurs" que toute la population soutient sans sourciller, obtenir en mettant Cayenne à genoux, une baisse de 50 centimes du Gazole pour retrouver des prix conformes à ceux qui se pratiquent aux antilles (Martinique et Guadeloupe).



Nous sommes à J+2 des blocages ce mardi et dans le courant de l'après midi nous avons appris que leur était proposé une baisse énorme de... tadaaa... 9 cts !!! Evidemment un refus fut vigoureusement signifié aux "autorités" et le blocus s'est vu renforcé hier soir mardi. Depuis lundi matin, les cyclistes et piétons pouvaient traverser les barrages, mais demain il ne devrait plus en être question. Par ailleurs, et là c'est plus gênant, les "syndicalistes" de l'UTG (Union des "Travailleurs" Guyanais, pro-indépendantistes mais surtout assez peu subtils en matière de négociation et assez peu travailleurs dans l'ensemble) se sont mêlés de cette affaire. Résultat quasi immédiat, blocage de l'aéroport, promesse de coupure d'électricité et d'eau et montée de la tension aux barrages. Pourtant ce mardi soir, la sono donne à fond, la bière et le ti-ponch coulent joyeusement (aouch !) et la situation est calme. On verra demain mais je n'ai guère d'illusion. La guyane va faire la une du 20 heures avec deux ou trois bagnoles à l'envers sur l'avenue du général de Gaulle. Les magasins sont fermés, même les épiciers chinois ! de mémoire d'homme (si, si) on n'avait jamais vu un "chinois" fermer à moins d'une éruption volcanique ! en souriant je vous dirais que c'est ce qui nous a, les collègues et moi, le plus inquiété ! Blague à part le soutien de la population aux bloqueurs reste total.
Mais quelque part, ce qui est aussi très inquiétant c'est que notre secrétaire d'état si capillairement bien doté (regardez des photos, vous comprendrez), semble se rendre compte de la situation aujourd'hui ! Rendez vous compte : on pourrait avoir à reporter un lancement d'Ariane ! Cela ferait mauvais effet !!! Allons, allons chers Guyanais et Guyanaises mais néanmoins Français, ne vous frappez pas, nous allons bien trouver une solution.



J+4 aujourd'hui et J+5 quand vous lirez ce mail depuis le début des blocages routiers qui paralysent la Guyane.

La situation a un peu évolué et les derniers événements tendent à prouver que les choses changent ici. D'abord la tentative de récupération par le président de la région de la situation et sa tentative pitoyable de rejeter la faute sur l'état n'a pas fonctionné. Ce président de région est apparu une fois sur les barrages puis il a été prié par la coordination de ne plus se montrer. De même pour le syndicat UTG, ce qui évitera que la violence apparaisse puisque c'est le mode d'action préféré de ce "syndicat".

Il faut savoir que la Guyane et à la fois une région et un département. Du coup ces braves élus des conseils généraux et régionaux se payent joyeusement sur le dos des moutons que nous sommes. Le gazole arrive au port en coutant 79 cts. par litre (TIPP comprise), à ceci s'ajoute les 30 cts. de taxe que s'octroie, la larme de caïman à l'œil, le département et les 36 cts. que, la main sur le cœur, la région s'attribue généreusement. Si l'on ajoute à cela les quelques centimes que prennent les distributeurs, on arrive au prix actuel. En plus la région a pris sur elle (ben oui enfin, ce sont des copains) de rembourser les dettes de la SARA, la société privée (dans laquelle beaucoup d'élus locaux ont des intérêts) qui importe l'essence ici. Tellement plus facile de faire payer le citoyen...

Apparemment ce genre de petits arrangements entre amis ne passe plus vraiment. Nos bons élus en sont les premiers surpris. Il est vrai que l'on s'habitue vite à vivre aux crochets de la princesse. Pôv' petits !

Bref, les barrages sont là, les élus paniquent, le préfet assiste goguenard à la débandade en attendant que la situation pourrisse un peu, mais tout reste calme. Toutefois vous ne devriez pas tarder à entendre parler de cette situation puisque une voiture a brulé dans un quartier chaud de Cayenne. Cela pourrait faire une belle image au 20 heures moribond de cette chère Laurence Ferrari. Imaginez un peu le titre : "Cayenne a feu et à sang" avec une pauvre Toyota cabossée en train de bruler mollement en fond d'image.

Il n'empêche que certaines provisions diminuent dangereusement, enfin je pense que je pourrais me passer de chips pour quelques jours ! :o)
par contre je plains les mamans qui doivent composer avec les enfants qui ne vont pas à l'école puisqu'elles sont fermées.



Ce lundi, J+7 de la crise en Guyane. Le département est toujours paralysé par les barrages routiers. Les nuits sont toujours un peu chaudes dans certains quartiers de Cayenne mais sinon on ne peut pas dire que la situation empire. Les manifestations qui ont eu lieu dans Cayenne pour mettre la pression sur les élus et les représentants de l'état en négociation ont été parfois un peu chaudes mais aucun événement dommageable ne s'est produit.

l'état a proposé un effort de 30 cts sur le prix de l'essence, mais le département et la région se refusent à faire un effort sur les 20 centimes restants. Cela entraverait disent-ils le développement de la Guyane ! ouais, cela gênerait surtout le remplissage de leurs poches profondes. Aussi avons nous assisté à une scène surréaliste où le président du Conseil Régional a littéralement supplié de maintenir les barrages encore 48 heures, soit jusqu'à Mercredi. Beaucoup de gens ici commencent à penser que c'est le temps qu'il va lui falloir pour effacer les traces de ses "petits arrangements". Ceci dit, en maintenant encore un peu la pression, il est bien possible que tout ce joli petit monde, État, Région et département, cède et finisse par concéder ces fameux 50cts. Nous verrons bien.

D'un point de vue pratique, aujourd'hui les prix de l'essence à la pompe ont effectivement baissés de 30 cts. amenant le SP95 à 1,47 euros/litre. Très bien mais on s'en fout un peu vu que pas une pompe ne fonctionne ! Elles sont toutes fermées pour cause de cuves vides. Ce n'est pas avec les 10 litres qui me restent dans le réservoir que je vais aller bien loin. Cela nous vaut de joyeux moments pour aller bosser. Chaque jour nous passons le mur des camions, puis après moult relais automobile de barrage en barrage, nous arrivons finalement dans Cayenne. Au moins, ça me fera des souvenirs à raconter à mes enfants !

Les chinois (=épiciers) ont presque tous réouvert leurs boutiques. On se demande comment ils se ravitaillent vu que leurs rayons sont toujours pleins, mais en fait c'est très simple. Il bakschichent aux barrages et miraculeusement les camions s'écartent ! Sont très forts ces petits gars !!! et comme ils sont bons commerçants, ils n'ont pas oublier de forcer un peu sur les étiquettes vu que l'accès est quasi impossible vers les supermarchés (de ce point de vue je suis un peu privilégié, il s'en trouve un à 300 mètres de chez moi juste avant le barrage). Exemple de prix un rien amusant quand même : l'œuf frais est vendu.... 40 cts en moyenne ! oui l'œuf à l'unité !! 40 cts.... Ça me défrise (si j'ose dire) !!! des souvenirs je vous dis !!!

Bref et pour conclure, je ne sais pas quand va se finir ce conflit tropical mais il faut bien reconnaître que cela commence à devenir un peu lassant. Vivement que je puisse à nouveau polluer, le CO2 et les poussières de diésel me manquent, vous n'imaginez pas (propos gratuitement provocateurs pour signaler qu'en dehors de paris, les idées écologistes ne survivent pas 1 minute à la réalité des événements, je défie n'importe quel "verdâtre" de faire 22 km/jour par 32° pour aller bosser). Rendez moi mon essence !!!!



Ce jeudi matin 4 décembre, J+11 du blocage de la Guyane. La situation n'évolue pas beaucoup mais quelques éléments sont à noter.
La population se lasse tandis que la récupération par les politiques du secteur commencent à exaspérer beaucoup. Leur "jusqu'au boutisme" commence à poser des problèmes. l'état le sait et attend patiemment le 5 décembre.
Pourquoi le 5 ? Simplement parce que c'est le jour des allocations de la CAF et du RMI qui font vivre beaucoup de monde ici. Imaginez le problème si les administrations sont fermées à cause des barrages et que l'argent ne peut être distribué. Il sera temps alors pour le préfet de montrer du doigt ceux qui empêchent le déblocage de la situation.

En attendant ce moment fatidique, que vous dire :
La poste ne fonctionne pas, pas de courrier...
Les bouteilles de gaz commencent à manquer un peu partout (c'est Total qui distribue et les prix ont déjà commencé à flamber...)
Les distributeurs de billets commencent eux à se vider ce qui n'est pas sans poser quelques problèmes.
Dans les parties reculées du département les centrales électriques tombent en panne faute de carburant, du coup des problèmes sanitaires se posent puisque les systèmes de traitement d'eau ne fonctionnent plus...
Les commerçants tirent la langue et les entreprises souffrent et nous supplient des les payer vite. On essaye, mais les caisses sont vides du fait de "l'excellente" gestion locale... hm "excellente" surtout  pour les poches des représentants du peuple mais tout le monde sait ça. Une rapide petite étude nous permet d'ailleurs de constater que presque tout les maires de Guyane ont fait l'objet de condamnation pour diverses raisons avec peine de prison avec sursis à la clef. Pas joli...

Honnêtement je ne sais pas quand le conflit va se débloquer mais pour beaucoup Noël va avoir un gout amer et le carnaval ne va pas avoir le même éclat que les années précédentes. Même les enfants attendent avec impatience de retourner à l'école c'est dire. Et dire que tout cela est le fruit de l'incompétence des dirigeants locaux et de l'absence de l'État trop obnubilé par la "Guyane Centre Spatial" pour voir la "Guyane laissée à l'abandon". m*rde, m*rde et m*rde !


 


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