j'ai eu une période où j'ai pas mal expérimenté de conneries aussi de ce côté (école d'ingénieur).
- nuits courtes en semaine et rattrapage le week-end (4 à 5h de sommeil par nuit la semaine, 12h ou plus le week-end)
- une nuit sur deux : 1 nuit de 1 h ou 2, la suivante plus standard de 6 à 8h, pendant 1 semaine
- rythme double : 4h dodo, 8h debout, 4h dodo, 8h debout
- courtes périodes répétées : quand j'ai sommeil, je fais une sieste de 20 minutes, ou bien un cycle complet (1h30 environ chez moi). Mais pas de vraie nuit.
- inversion totale du rythme pour passer en "nuit" le jour + "sieste" la nuit
bilan :
je suis incapable de vraiment très peu dormir, il me faut du temps de sommeil en moyenne. Mais je suis capable de beaucoup de souplesse au niveau de la répartition des heures tant que j'ai mon minimum sur la moyenne.
ce genre de conneries me tire sur la couenne : les fois où j'ai fais les trucs les pires, j'ai été normal quand j'étais réveillé (en période de révisions je pouvais pas me permettre de perdre en capacité de réflexion, je dosais le sommeil pour garder ma tête). Par contre, à la fin des exams, j'ai été plusieurs fois malade. Pas un truc identifié, juste une bonne fièvre pendant 1 ou 2 jours, qui disparait comme elle est venue.
je peux dormir à peu près n'importe où et n'importe comment. Avec un minimum de confort, j'arrive généralement à m'endormir même si je suis pas fatigué, très pratique pour prendre de l'avance quand j'ai envie de rien faire.
quand je suis fatigué, je suis incapable de retenir le sommeil sans café. Expérimenté encore samedi soir dans le train : nuit de 2h de vendredi à samedi, 9h30 de marche bien sportive samedi, j'étais "à ramasser à la petite cuiller". Dans le train samedi soir, je ne pouvais pas m'empêcher de dormir. Si j'avais eu à passer une nuit "si tu dors t'es mort" au lieu de rentrer à la maison, ça se serait très mal passé. La prochaine fois je dors assez et j'emmène du café en poudre... Comme ça a été dit, passé un certain stade, y'a plus qu'une chose qui compte : dormir. Et rien ne pourra l'empêcher, à part des "drogues". La privation de sommeil est une torture psychologique éprouvée, très efficace. Si on le fait assez longtemps, le mec sera prêt à dire et faire n'importe quoi pour qu'on le laisse dormir ou qu'on l'achève.
j'arrive à dormir beaucoup si j'en ai envie (mon record est de 15 heures je crois, et j'étais pas exténué, même pas très fatigué).
Au bout d'une semaine à peu dormir, j'étais un peu "sur les nerfs", plus dans le sens où je sautais partout, pas particulièrement agressif. Mais vu les cafés que je prenais dans ces périodes-là, le côté pile électrique devait venir de là. Je perdais un peu de facultés de compréhension, mais pas non plus d'effet chimpanzé.
Je dors bien mieux si je sais que je peux avoir confiance dans mon réveil : une nuit avant l'exam, si je mets 2 réveils je dors sans problème. Si j'en mets un seul j'ai tendance à me réveiller régulièrement.
J'ai pu aussi voir l'effet du manque de sommeil chez une autre personne : un de nos profs était spécialiste dans ce domaine (nuits de 3 ou 4h) :
- pile électrique (caféine ?), saute partout
- incapable de structurer un cours, pourtant pas spécialement difficile, ça partait dans tous les sens. S'embrouille tout seul dans ses propres explications, voire incapable d'expliquer clairement un truc simple
- régulièrement je sortais de son cours avec un mal au crâne : à la fin je prenais jamais de café avant son cours...
J'ai observé qu'il est beaucoup plus rentable de dormir assez mais différemment, que de dormir moins pour essayer de travailler plus. Le plus efficace pour moi était le rythme double (4+8+4+8) que j'utilisais pendant l'année dernière en période de révisions et partiels, avec minimum 8h de sommeil par 24h. En manque de sommeil le travail est moins efficace, il est plus rentable de dormir un moment quand on est ko que de continuer en "marche ou crève". A condition de réussir à s'endormir et se réveiller rapidement, ça demande un peu d'habitude et de se connaitre pour savoir la durée de ses cycles. Le rythme double permet de garder un minimum les pieds sur terre (le souci était surtout de savoir quel jour on est). Le rythme par courtes périodes était encore plus rentable au niveau du rapport sommeil/éveil (cycles de sommeil plus riches en sommeil profond), mais plus dur psychologiquement (pour moi en tout cas), donc au final j'étais moins efficace. On pense que le sommeil paradoxal (celui où on rêve beaucoup), est moins réparateur physiquement mais est réparateur psychologiquement, ça expliquerait pourquoi j'étais complètement à l'envers après plusieurs jours en mini-sommeils.
Quelqu'un qui veut minimiser sa quantité de sommeil sans devenir idiot (question de Vagabond) a tout intérêt à le fractionner: 2 nuits de 2 cycles sont plus rentables qu'une nuit de 4 cycles. En 2 nuits de 4h j'arrivais à faire 2 ou 3 cycles, soit 5-6 cycles par 24h, plus qu'une nuit standard et plus efficace. Ca me permettait de bosser plus efficacement pendant 8h quasi non stop. Dormir en fractionné diminue également le refroidissement du corps qui fait que typiquement on a froid en fin de nuit si on est pas assez couvert. Intéressant dans une optique survie.
Pour aider à se connaitre, découvrir la durée de ses cycles :
émission e=M6http://www.sleeptracker.fr/La montre a un accéléromètre, qui permet de mesurer les mouvements du dormeur. Le tout est stocké, et importable dans le PC. Le prix m'a retenu, mais ça me tentait bien. Un jour...
Si y'en a qui veulent plus d'infos sur le sujet, j'ai un peu de doc là-dessus (articles dans sciences et avenir). Notamment un article sur le sommeil du navigateur en solitaire, qui au final se rapproche un peu d'un sommeil de survie. Je peux pas mettre le PDF en ligne pour des questions de droits d'auteur, mais vous pouvez m'envoyer un mail
