Bonjour à tous,
Suite à l’invitation du Manitou himself dans «
Et l'état d'esprit dans tout cela» je lance donc un post dédié au développement – par l’expérience pratique – du mental "qui va bien" en matière de survie.
Mon avis de vieux père de famille ...
Le mental, la volonté de se battre ... cela ne s'apprend pas en théorie (pas par la lecture, pas par la discussion ...).
Il y a une part d'inné, et une part d'expérience pratique.
On ne peut agir que sur la partie qui vient de l'expérience de la vie, de l'entraînement ... Et cette "expérience", elle peut se construire.
Alors, comment "construire" cette expérience, en pratique?
Comment renforcer l'inné?
Comment pallier à un "inné" faiblard en matière d'esprit de survie?
Ça m'intéresse ... pour mes 8 petits enfants!
David m'a donc pris au mot ...
En bé Bison, lance un fil sur le sujet, si tu veux
Ca sera super intéressant !
David
Piégé le Bison! J'ai un peu cogité ... et je lance donc la discussion par une première interrogation. Afin que nous parlions bien de la même chose, par la suite.
1. Mais qu’est-ce donc que « le mental qui va bien » ? (En matière de survie …) Définition provisoire : ce sera l’état d’esprit (mindset) qui fera surface en cas de situation « de survie » et qui nous permettra d’exploiter au mieux nos chances de nous en tirer au meilleur compte.
Cet état d’esprit est celui doit se manifester
- automatiquement, ou presque …
- en situation crade réelle … pas quand on est assis pépère devant un ordi.
Il y a deux types de situations « crades » : celle où l’on peut encore "redresser la barre" par un comportement bien choisi (on peut encore sauver les meubles), et celle où la catastrophe n'a pas été évitée et où l'on se trouve dans la mouise pour de bon (on est à la rue).
Peut-on dessiner les contours de cet état d’esprit « idéal » en matière de survie ?
Je vois quelques éléments qui méritent que l’on s’y attarde. Les vrais survivors pourront en rajouter … En vrac :
- je garde mon sang-froid (je ne me laisse pas "impressionner" par les circonstances, par l'inconfort ou la douleur, je sais établir les priorités)
- je me donne le temps de réfléchir et d’analyser la situation – si les circonstances le permettent.
- je pense à être créatif (imaginatif) dans la recherche de solution de secours, je pense à « feinter » …
- Je pense à prendre l’avis des autres, à donner le mien
- je ne redoute pas de décider, pour moi et pour les autres
- je sais mettre mon égo au vestiaire : la manière de survivre importe peu, c’est le résultat qui compte !
- je sais « mordre sur ma chique » (pactiser, fuir, souffrir ...
- je sais prendre les risques nécessaires
- je sais chasser de mon esprit les pensées pessimistes ou "improductives"
- je ne m’avoue jamais vaincu (orgueil, courage, optimisme) : « tant qu’il y a vie, il y a espoir », "on n'est jamais à l'abri d'un coup de bol"
- Je ne pense jamais « c’est foutu »
- Et d’autres caractéristiques encore de l’état d’esprit « qui fait la différence » ?
Que chacun apporte sa petite pierre, on fera le tri, on reformulera … Il y aura peut-être des particularités propres à la survie urbaine et d’autres propres à la survie dans la nature.
Rien n'empèche cependant d'aborder directement le vif du sujet :
2. Comment s’entraîner, comment entraîner les autres, éduquer les enfants ?S’entrainer, éduquer … pour que le moment de vérité venu, le « bon » mental vienne aussi.
Par le « cadrage » même de ce fil, il ne s’agit pas d’un entraînement d’essence « psychologique ». Il s’agit d’un entraînement, d’une éducation par la pratique et par le vécu.
Et pour commencer, est-ce possible ?
À mon humble avis, oui … mais on peut rarement évaluer le degré de réussite de la démarche !
Les militaires, en tous cas, doivent en savoir long !
Il me semble que l'on peut "entraîner" le mental, comme on entraîne le physique. Les deux étant même assez liés. Mens sana in corpore sano ...
Quelques pistes pour l’entraînement du « mental » ?
En vrac, et non limitatif :
- Les différentes accoutumances … qui aident à garder l’esprit libre face à des conditions inconfortables, des circonstances peu rassurantes (voire terrifiantes), face encore aux mauvaises surprises ;
- Le développement de la résistance physique … à la fatigue, à la douleur - pour les même raisons ; …
- la « gestion » (l’expérience) des situations d’échec … parce qu’une situation de survie est déjà une situation ou quelque chose a méchamment foiré ; la première solution retenue pour s’en sortir sera peut-être un échec, et il faudra encore se relever ...
- l’entraînement à la recherche de solutions dites créatives : c’est en réalité un "état d'esprit" dans lequel il faut "basculer ; s’entraîner donc à basculer dans cet état d’esprit quand la bonne solution ne saute pas aux yeux.
- l'habitude à prendre de prévoir, préparer, imaginer des solutions de secours ; le « brainstorming » en étude de cas, de préférence sur le terrain.
- l’entraînement à la prise de décision, avec « renforcement » en situation ; les décisions ou arbres de décision tout décidés à l’avance ;
- le développement de la « combativité » (n’ayons pas peur des mots, et ne confondons pas avec l’agressivité) notamment par la pratique sportive des arts martiaux (excellentissime pour les enfants).
-
- etc.
On le voit, les pistes évoquées ci-dessus pour développer et renforcer le mental par l’expérience pratique sont souvent associées à l'entraînement et à l’acquisition même des compétences techniques. Elles accompagnent aussi la mise en situation, la pratique même de la rando et des activités sportives ...
On cite volontiers le classement des facteurs importants pour la survie : Mental, Condition physique, Compétences Techniques. Il faut bien reconnaître que la condition physique influence le mental, de même que les compétences acquises …
Alors? Rien que du blabla, finalement?
Non … Une prise de conscience.
Qui devrait déboucher sur quelque chose de pratique !
3. Un exemple : la marche à la boussole … C'est assurément une technique utile dans certaines circonstances de survie. Donc à apprendre et à pratiquer. Sa maîtrise aura un effet indirect positif sur le mental de crise (avoir confiance dans la direction suivie, ne pas paniquer à l'idée de tourner en rond ...)
Mais, considérons maintenant l'exercice de marche à la boussole de nuit et / ou par brouillard épais :
- ce sera juste un "renforcement" de la technique, pour les individus non claustrophobes et peu impressionnables ;
- mais ce sera un « booster » très direct - au niveau du mental de crise - au moins pour certaines personnes susceptibles d'angoisser en ces circonstances. Pour ces personnes, il y aura deux problèmes à gérer : un problème de "mental" et un problème technique. S’ils y arrivent : augmentation de leur confiance en eux-mêmes. S’ils n’y arrivent pas, ou difficilement : mise en lumière d’un point faible au niveau « mental », point faible dont on peut atténuer la gravité avec un entraînement spécifique.
D'un point de vue pratique, on aura donc profité d’un exercice en technique d'orientation pour détecter une faiblesse en "mental de crise", et y remédier le cas échéant.
Mais quelle « remédiation » pour une angoisse dans le noir et dans le brouillard ?
J’ai quelques idées et vous en avez certainement quelques-unes aussi.
C’est cela le but de ce post : que chacun apporte ses idées …
Que chacun donne son avis sur la définition ou les contours d’un bon « mental de survie ».
Que chacun réfléchisse aux pistes de renforcement, remédiation ...
Que chacun fasse profiter les autres de son expérience …
Il en sortira certainement pas mal de trucs et astuces très utilisables, et je vous en remercie par avance.
Bison retraité.