Bonsoir à toutes et à tous !
Je pense que l'ordre de grandeur des problèmes de décompression en plongée et des soucis de baisse de pression en montagne n'est pas du tout le même. Même pour un super alpiniste, la vitesse ascensionnelle n'a rien à voir avec la vitesse de remontée d'un plongeur, donc AMHA l'organisme a plus de temps pour s'adapter à cette variation. Je vais tenter d'illustrer ce raisonnement par un exemple basique.
Comme cela a été dit, sous l'eau, et tous les plongeurs le savent,
la pression augmente d'une atmosphère (1 bar) tous les 10 mètres. Donc concrètement, un pauvre plongeur en délicatesse avec sa dentition (très mauvaise idée !), qui vient de se ballader à une trentaine de mètres de profondeur et qui remonte, passe d'une pression de 4 bars à 1 bar (celle de surface). Les gaz contenus dans son organisme, notamment dans la malencontreuse micro-cavité dentaire qui nous interpelle, vont donc subir une augmentation de volume d'un facteur
4x. C'est énorme, douloureux, et dangereux, rien de nouveau là-dedans. Surtout que, comme l'ont dit Pics et Enzo

, cette remontée ne prend que 2 à 3 minutes en temps normal,
hors paliers (
ils servent justement à solutionner ce problème :
supprimé sur la remarque judicieuse de Bison 
).
2 à 3 minutes pour passer de 4 à 1 bar, donc multiplier par 4 le volume gazeux.
Partons maintenant en montagne. Imaginons le randonneur balèze, le montagnard haut de gamme, qui part pour une superbe course, du niveau de la mer à un sommet avoisinant les 3000 : çà lui fait donc un dénivelé de 3000 m (bravo, quel matheux Arvernos

!). Pas mal la rando ! Supposons maintenant qu'il soit bon et rapide, et qu'il fasse cette ascension en une journée (c'est déjà pas le clampin moyen !). Que s'est-il encaissé comme dépression ? En moyenne (hors centres d'action,
i.e. dépressions et anticyclones), la pression atmosphérique à la surface de la Terre est - par définition - d'une atmosphère au niveau de la mer, soit 1 bar, ou plus précisément 1013,25 hPa (je répète, valeur
moyenne)).
A l'altitude
1500 m, on descend à
850 hPa, et
à 3000 m, notre grimpeur émérite se trouve à environ
700 hPa.
Soit à peu près 0,7 atmosphère ...
On s'aperçoit donc immédiatement que ce cas de figure n'a rien à voir avec celui du plongeur :
d'un côté, passer de 4 à 1 atmosphère en quelques minutes, de l'autre passer de 1 à 0,7 atmosphère en plusieurs heures ... La dilatation des volumes gazeux étant en rapport direct avec la baisse de la pression, je pense raisonnablement que notre alpiniste aura moins mal aux dents que son compère plongeur ! Qui plus est, tout le monde n'a pas "dans les jambes" le niveau d'une course de 3000 m de dénivelé : la plupart des randonneurs montagne se contente d'itiniéraires nettement moins ambitieux !
Evidemment le raisonnement est adapté à un déplacement piéton, donc lent : si notre montagnard "triche", et se fait déposer en hélico, je réserve mon diagnostic pour ses cavités dentaires, et surtout je lui conseille de ne pas oublier ses petits bonbons à sucer, pour équilibrer la pression de son oreille interne avec celle de l'extérieur (merci Valsalva !). Sinon, ou si sa sphère ORL est complètement obstruée, comme l'a fort justement dit Nävis, il aura aussi des petits soucis au niveau des tympans ...