Juste pour mettre mon petit grain de sel :
J'ai fait l'expérience de "solitude" lors d'une expé sur le terrain l'été dernier.
On était trois, complêtement coupé du monde, sur une montagne pelée et paumée au Svalbard. Je bossais sur un sujet particulier, mes deux camarades sur un autre, donc nous étion tout le temps séparés. De plus, assez vite, on a pris nos propre emplois du temps, donc nous ne nous sommes cotoyé que très peu, bien qu'on avait toujours le petit dej' ensemble.
Je doit dire qu'à la fin du mois, je commençais serieusement à me sentir seul. Ce sentiment était d'autant plus accentué par le coté "mort" de l'endroit où nous étions. Cailloux, glace, neige. rien d'autre, mis à part un ou deux piafs de temps en temps, silence absolu. Quand le seul bruit alentour sont tes pas, ta respiration et tes battements cardiaques, pendant un mois, ça fait tout drôle... :blink
Si en plus, on rajoute une petite couche de danger (ben oui, en géologie, les données, faut allez les receuillir, donc il faut crapahuter, et parfois, ça crain : chute interdite ou sinon...). Même si je n'ai jamais pris de risques stupides, plus d'une fois, j'étais vraiment pas fier.
J'avoue que je ne me suis jamais senti aussi seul de ma vie, et ça commençais à serieusement me tournebouler : je parlais tout seul, et commençais à vraiment déprimer... J'avias pas de Wilson, mais je me parlais comme si je parlais à un pote, que je l'encourageais ou le conseillais (genre "fais gaffe, cette pierre, elle va rouler"... "Ca glisse là, fait un détour par ce gros rocher"... "Bon, là, fais pas l'con, si tu tombes, t'es mal" etc...)
La fin de l'expé et le retour parmis mes potes et tout s'est résolu presque du jour au lendemain, il m'a tout de même fallu 3 bonnes journées pour me réhabituer à la vie "normale" (bruits, confort : lit trop mou, eau chaude beaucoup trop chaude etc...). Par contre, le bonheur de pouvoir aller ch*er sans avoir à perdre toute sensibilité du fondement à cause du froid, c'est royal!
Bref, tout ça pour dire, que je suis plutot un mec solitaire, mais là... J'ai vraiment compris que nous sommes avant tout des animaux sociaux, et même les plus ours d'entre nous ont besoin de leur copains (surtout quand ça va pas, ou qu'on en chie).