Non la crise n’est pas finie.
Cela dit il ne sert à rien de s’énerver ici entre nous. S’il est un sujet, une science sociale, qui demande à être actualisée, c’est bien l’économie.
Je ne sais pas ce que racontent aujourd’hui les profs d’économie, mais je n’aimerais pas être à leur place. Je le répète la situation est inédite, les anciennes règles obsolètes.
L’économie c’est une multitude d’acteurs qui, à des niveaux et dans des lieux différents, réalisent des achats, des ventes, qui travaillent ou qui chôment, qui décident et qui subissent, qui influent, qui modifient des règles, qui les appliquent ou non. Ces acteurs sont des centaines de millions, les poids de chacun différents. La résultante de cela donne ce que l’on voit aujourd’hui. Ce n’est pas un phénomène nouveau, ce qui est nouveau, ce sont des modifications en profondeur du poids d’anciens acteurs et l’arrivée de nouveaux acteurs.
L’appauvrissement lent des pays occidentaux et le progressif enrichissement ont commencé il y a quelques années. Les dates varient selon les secteurs économiques et les pays. Les impacts varient aussi selon les politiques menées dans les pays.
Prenons deux pays dont le notre (F).
De l’autre côté du Rhin, la pauvreté a été répartie entre tous (je simplifie vraiment là) afin d’offrir plus une meilleure compétitivité des emplois. L’investissement dans la recherche opérationnelle a été importante et a débouché sur de nouveaux produits dont les machines outil (indispensable à la croissance des pays émergents !). Comprenant que le développement viendrait des exportations, l’économie du pays s’est encore plus qu’auparavant tournée vers l’export.
Ce pays est donc devenu un maillon indispensable à la croissance des émergents dont il profite. Il n’y a pas de crise économique dans ce pays, il y a un risque financier lié à l’endettement des voisins.
De ce côté ci du Rhin, on n’a pas senti le coup venir. Je pense que nos élites sont très coupées du monde de l’industrie et de l’économie. L’éducation, la recherche sont financées par l’Etat qui fait écran au quotidien des tissus économiques.
Hormis 40 champions décriés, des pans entiers de l’économie disparaissent ou sont en grave difficulté. Mais la recherche ne vient pas aider les secteurs en difficulté. L’éducation continue à orienter des jeunes vers des formations sans avenir alors que le monde économique ressent une pénurie pour d’autres métiers.
Le problème n’est donc pas seulement l’endettement qui n’est que la résultante. Il est aussi dans le comment produire de la richesse et comment ENSUITE répartir une partie de son produit (l’impôt).
On voit bien que la crise n’existe pas pour tous les pays. La crise telle que nous la vivons résulte de choix ou de non choix que nous effectuons depuis des lustres. C’est là-dessus qu’il faut travailler, nous avons vingt ans de retard sur nos voisins.
Si on s’attarde un moment sur l’idée même de produire ou pas de la richesse et ses conséquences
Sans production plus significative de richesses, la manne de l’impôt à répartir va fondre. Le financement des services public diminuer. Diminuer dans des proportions qui n’ont rien avoir avec aujourd’hui.
Refuser la production de richesse nécessite de prévoir une très importante diminution des budgets. L’une alimente l’autre, les destins sont liés.
Prenons encore l’exemple du budget de l’éducation. Imaginons que la décroissance (adulée par certains) fasse baisser de moitié le budget.
Comment va s’opérer la nouvelle répartition ? Baisse des effectifs, des salaires, augmentation des heures travaillées par enseignants, baisse du nombre d’heures par élève ? Quelles matières privilégier alors ?
J'ai pris l'éducation, j'aurais pu prendre les transports, la territoriale, la justice, la police.
Et puis y a-t-il seulement une question de budget, de quantité ? La qualité de l’enseignement n’est elle pas à revoir ? Cette qualité de l’enseignement est-elle liée à la seule autorité du maître ? N’y a-t-il pas un lien avec la pertinence des matières enseignées et leur poids futur pour l’avenir ?