La protection du contenue du sac à dos contre la pluie
IntroductionL’être humain, n’est pas suffisamment équipé par dame nature pour subvenir à ses besoins sans recour à des prothèses pour survivre dans les nombreux biotopes qu’il fréquente.
Ces prothèses sont multiples : en premier lieu une bonne lame pour pallier au manque de crocs et de griffes.
S’il tient à s éloigner des points d’eau et de son gîte pour assurer sa subsistance, la liste s’allonge vite :
*un récipient pour transporter l’eau lui est nécessaire,
*un nécessaire pour faire du feu (boute feu et allume feu),
*des ustensiles de cuisine pour bouillir l’eau, attendrir la viande, la conserver…
Depuis que nous avons quitté nos steppes arides d’Afrique, nous devons désormais transporter un assortiment de vêtements venant pallier notre manque de fourrure et permettant de nous adapter aux différents climats rencontrés et à ses évolutions journalières.
Le problème est là, puisque nous sommes d’humeur vagabonde et que notre espèce a du abandonner la voie de l’hyper spécialisation adaptée à un biotope unique, il nous faut bien transporter nos bagages facilement et en toute sécurité.
La solution actuelle, c’est le sac à dos. Mais rappelons nous que le légionnaire romain ne le connaissait pas et que le havresac ne se répand qu’à la fin du 18ème siècle. Quand au reste du monde, les moyens de transport employés étaient d’une infinie variété (tumpline, hotte, balancier, travois…).
Quel que soit le modèle de sac à dos, un problème important doit être résolu, la protection de son contenu contre les agressions du milieu : pluie et frottement. Nous traiterons ici des protections contre la pluie.
A la poursuite ....du sac à dos étanche à la pluieLes premiers havresacs étaient fait en peau de chien ce qui permettait, semble-il, d’obtenir une protection correcte contre l’humidité (le chien ne possède pas de pores).
Mais rapidement, pour des raisons de coût et de disponibilité les havresacs de l’Empire étaient réalisés en peau de vache qui conservait leur poil. La présence d’un grand rabat assurait une étanchéité relative. Par la suite, on a utilisé un cuir tanné et fortement ciré pour améliorer la durabilité et vraisemblablement la résistance à l’eau. La toile lourde ciré en coton, disposée sur un cadre en bois a aussi été utilisée. Ces sacs militaires étaient souvent rigides, lourds et fort peu agréables à porter. Mais ils étaient solides.
Conjointement à cette pratique, les montagnards alpins utilisaient au 19ème siècle de petits sacs souples faits de cuir, de lin ou de coton. Il s’agissait de diminuer les coûts, l’encombrement et le poids.
Dans les années 1930, les sacs ont évolué. Alors que les américains adoptaient des sacs dérivés des claies de portage, les européens s’orientaient vers des modèles dérivés des modèles alpins avec l’ajout d’une armature rigide. Les matériaux des claies et des armatures, initialement en bois, se sont orientés vers les alliages légers.
Dans les années 50, sous l’impulsion des alpins, se développe le sac à armature interne : plus léger et moins encombrant. Il a eu tendance à s’imposer depuis cette date.
Quel que soit le type de sac, il semble bien que le tissu de sac qui se soit imposé au cours de la première moitié du 20ème siècle soit le coton. Si celui-ci était robuste, ceux qui ont porté le sac « scout à armature en croix de Saint André » sous la pluie se souviennent de sa propension à absorber l’eau comme une serpillière. Les sac devenaient très lourds. L’intérieur du sac était (aussi)trempé, et je parle d’un temps ou les sacs poubelles étaient inexistants….
L’arrivée des sacs employant des matières synthétiques (polyamide enduit) dans les années 1970 était une amélioration en terme de poids ou de solidité. Contrairement aux espérances ils n’étaient pas étanches, en revanche ils absorbaient moins l’eau. La mise au point par Karrimor des enductions élastomères (tissu KS100e, mdle Haston Vallot) à amélioré fortement la durabilité de la protection contre l’eau.
Mais l’eau, même sur un sac à dos bien conçu (jupe d’étanchéité, large rabat, dos astucieux, coutures bordés, fils guipés) finissait par pénétrer par les coutures…..
Ce n’est que très récemment qu’on a vu apparaître des sacs à couture soudées : chers et certainement fragiles. On peut aussi noter les sacs en PVC avec des bretelles employés par les spéléologues ou dans les sports aquatiques. Ils sont d’un prix abordable, mais lourds et inconfortables. L’ouverture est toujours le point faible.
Pour pallier à ces insuffisances, il faut prévoir une protection externe contre la pluie de type : sac interne, poncho ou sursac.
1. Le sac étancheOn employait il y a longtemps des tissus « gommés » pour protéger les effets sensibles dans les sacs à dos en coton.
De nos jours, nos sacs àdos ne sont pas étanches, mais ce ne sont plus des éponges. Les tissus ne s’imbibent plus d’eau (attention aux matelassages), il faut juste éviter que les infiltrations trempent l’intérieur du sac.
La solution la plus simple, la plus facile, la moins cher, la plus disponible... c’est le grand sac poubelle à l’intérieur du sac. Il faut le choisir vraiment grand et assez résistant, idéalement pas de couleur noire. S’il est grand, résistant et bleu, on va pouvoir « fouiller » dans son sac sans problèmes. Sinon c’est un peu la galère pour trouver quelque chose.
Le fait d’avoir ses affaires dans un sac plastique peut être utile au campement ou au refuge. Comme les sacs à dos restent en général dehors….on peut prendre une partie des ses affaires avec soit.
Il existe des solutions plus sophistiquées, plus lourdes et plus chères ; ayant recours à des grands sacs en polyamide enduits ayant des fermetures « à rouler » et des coutures étanches. C’est plus pratique (large ouverture, sac glissant plus facilement) et plus résistant. Malheureusement souvent ils sont de couleur sombre, ce qui ne facilite pas la recherche des effets dans le sac…
Normalement, ces sacs sont quasi étanches. Ils constituent des « réserves de flottabilité » intéressantes pour certaines utilisation aquatique. S'ils sont plus résitants que les sacs poubelles, ils restent quand même relativement fragiles.
Conseil : Ne vous fiez pas à un seul sac….Prévoir un emballage supplémentaire pour le sac de couchage….surtout s’il est en duvet.
Attention, dans tout les cas, la poche supérieure du sac ne profite pas de la protection, ni celle sous le rabat.
Enfin, l’eau va s’infiltrer à la longue dans le sac….sauf si celui dispose d’un système d’évacuation de l’eau à la base (sacs canyonings) l’eau va s’accumuler au fond et au minimum alourdir le sac….
2. Le ponchoNous connaissons tous les avantages du poncho. Il est efficace, versatile et peu onéreux. Pour cette raison, il a été adopté par les militaires. D’abord sous la forme d’un simple carré de toile de coton traité. Puis sous une forme sophistiquée telle que nous la connaissons.
L’avantage du poncho, c’est qu’il protège l’homme et l’ensemble du sac. Il peut aussi servir d’abris (seul), de tente (attaché à d’autres ponchos) ou bien de tapis de sol. Il peut aussi être employé à confectionner un balluchon, à collecter du foin, de l’eau de pluie ou des aliments. On peut confectionner une civière…..les utilisations sont infinies.
Nous connaissons aussi les limites du poncho. Il protège médiocrement de la pluie en cas de vent et protège très peu les jambes durant la marche (effet gouttière).
Il ne protège pas du refroidissement éolien tant qu’on ne s’arrête pas. Il faut s’envelopper dedans à l’arrêt pour couper la perte de chaleur par convection…..attention à la condensation.
Il est fragile en terrain boisé ou en présence d’épines ou d’obstacles.
Il ne permet pas facilement l’accès aux poches ou au matériel transporté.
Il est totalement inadapté à la montagne : le baudrier est caché, on ne voit pas ses pieds, on marche sur le poncho dans une forte pente, il s’envole….
Il se transforme rapidement en étuve lors d’un effort important.
Malgré ces défauts le poncho rends beaucoup de service et c’est un abris sur à l’arrêt lorsqu’on est assis sur son sac.
Critères de choix :AMHA, le poncho doit rester ce qu’il est : une solution simple. Il faut donc se détourner des ouvertures sur le devant, des zips, etc…..
Il doit être constitué d’un rectangle suffisamment grand pour couvrir jusqu’aux mollets, avec une large ouverture étanchée pour la tête avec une capuche. L’arrière doit être plus grand que le devant pour tenir compte de la place du sac.
Il doit être bordé sur les cotés d’un dispositif permettant de le fermer partiellement : œillets, velcros, pressions, boutonnières. Je préconise les pressions de qualité.
La capuche doit être ample, réglable par tanka, une petite visière souple permet d’éviter que l’eau s’infiltre par le col.
Tissu : -Eliminons le PVC ou le film plastique. Dans les deux cas c’est très fragile. Le PVC est lourd.
-Le silnylon est la solution favorisant le poids et l’encombrement, quoique chère. Il est assez résistant à la déchirure, et son enduction double face fait qu’il n’absorbe pas l’eau.
Le vêtement est bruyant et s’envole même sous la brise. Il est possible de prévoir des petites poches à la base à remplir de terre ou de cailloux pour éviter cet inconvénient.
Il n’est pas le plus résistant à la pluie, d’autant plus que les coutures ne peuvent pas être étanchées facilement.
- Le Polyamide enduit une face PU. C’est un bon compromis. Selon le grammage (<80 Gr) il peut être très résistant. Il est plus lourd et plus encombrant que la solution précédente. Le principal inconvénient, c’est que le tissu absorbe l’eau, s’alourdit, et que le poncho met du temps à sécher….pendant ce temps il encombre !
- Le polyamide enduit « lourd », souvent sur la face externe. C’est celui des militaires. C’est le plus résistant, de plus l’eau n’imbibe pas le tissu. En revanche, il est lourd et encombrant. C’est la solution des baroudeurs. Si on pense à ses utilisations multiples, il n’est pas si lourd que ça…..
- Il existe sur le marché des ponchos en tissu imper/respirant. Je n’en ai jamais utilisé. On peut douter de l’efficacité du fait que le poncho est très aéré…donc le différentiel d’humidité ou de chaleur qui permet le fonctionnement de la membrane….est quasi inexistant. Pas d’avis définitif.
Astuces :Le poncho a tendance à faire une baignoire entre le porteur et le sac. Si possible baisser le sac pour qu’il soit plus bas que la nuque.
Il constitue un remarquable collecteur. L’eau coule directement dans vos chaussures. Soit vous êtes en short et sandales synthétiques (Ete), et ce n’est pas inconvénient. Soit vous avec un pantalon et des chaussures….et c’est (très) pénible. Solution : adoptez un cuissard de chasse ou bien une paire de guêtres.
Comme toutes les solutions contre la pluie, le poncho est un retardateur. Sous une forte pluie continue vous serez mouillé, c’est une question de temps. Prévoyez une couche chaude efficace résistant à l’humidité (pas de duvet).
3. Le sursacC’est une solution plus récente. Elle permet de se passer de poncho, surtout quand on utilise un ensemble veste/pantalon imper/respi. Elle est utile pour les alpinistes….et les militaires.
Dans les deux cas, ils ont besoin d’accéder à leur équipement et de garder leur mobilité. Pour les militaires, il peut y avoir un gain en camouflage...
Cette solution est surtout séduisante depuis le développement de tissus enduits très légers. D’ailleurs certains sacs comprennent une « housse de pluie » intégrée. La housse est utile contre l’humidité de la pluie le jour, mais aussi lorsqu’on est obligé de laisser le sac en dehors de l’abris afin d’éviter la rosée, ou la pluie nocturne.
Parmi les inconvénients, ont peut noter le « poids morts » que représente cette solution hyper spécialisée. En fin, et surtout, c’est moins efficace qu’un poncho. En effet, lors d’une pluie continue, l’eau va s’infiltrer entre le dos du porteur et le sac. Elle va imbiber les matelassages, alourdir le sac, et à la fin traverser cette partie peu protégée du sac à dos. C’est une question de temps. Le poncho évite cela. A noter que le sac à claie évite largement, de par sa conception (claie + sac suspendu), ce problème.
Il faut donc continuer à protéger soigneusement les effets à l’intérieur du sac lorsqu’on utilise le sursac.
Un détail agaçant : une fois le sursac en place, il devient très difficile d’accéder au contenu du sac. En montagne, du fait du vent, je conseille de relier le sursac au sac à dos par un cordage….cela fait un très beau cerf volant sinon.
Conseils :Il faut que le sursac soit adapté à la taille du sac.
Un cordon avec un tanka est plus pratique qu’un simple rebord élastiqué.
Prévoir ample. On accroche toujours tout un tas de matériel à l’extérieur du sac.
Attention le sursac, souvent en tissu très léger, peut être facilement détruit par l’abrasion rocheuse ou bien la végétation. Il est aussi sensible aux crampons, raquettes, piolets placés sur le sac….
Conclusion Désormais, les sacs à dos en tissu synthétique sont relativement résistants à la pluie. Ce n’est pas pour autant qu’il faut se passer d’une protection supplémentaire contre la pluie. Au minimum pour les produits d’urgences ou sensibles à l’eau (ex : sac de couchage, papiers).
Dans certains cas, on peut être amené à se passer des avantages du synthétique. Par exemple en employant des sacs en cuir, en lin ou en loden…dans ce cas la solution du poncho s’impose.
Ne pas oublier non plus que si le sac est de dimension modeste, il peut se glisser sous une veste de pluie ample, une cape….ou bien un parapluie.
Did,
