Salut,
Sur France Culture en ce moment : quelques émissions intéressantes sur :
>> Henry David Thoreau (1817-1862) dans le cadre de
l'Université Populaire de Caen - cours de
Michel Onfray.
L'étang de Walden en hiver (Walden Pond in winter - Photo taken by Wikipedia user Bikeable Bikeable - 13-Feb-2005)Disponibles en podcasts : Thoreau, une vie philosophique - http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions_ete/caen/fiche.php?diffusion_id=62385Né le 12 juillet 1817 à Concord, (Nouvelle Angleterre), Henry David Thoreau persistera sur le thème de l’enfance dans sa philosophie. Il grandi entouré de collines, bois, lacs et d’un ruisseau qui se jette dans la rivière Luminarck. La liberté de l’enfant est son idéal, ainsi il cherchera à vivre dans son monde et détestera celui des adultes.
Pour Thoreau la culture se construit en niant la nature. Se rapprocher de l’une c’est s’éloigner de l’autre. Il qualifie la culture de « calme désespoir » où règnent les machines motorisées et l’argent. Un pitoyable théâtre mondain d’esclavage volontaire, en somme une vie mesquine et sans rêve. Il aime dans l’enfant la présence de la nature et l’absence de la culture. Il fait l’éloge de la Nature et de la « vie sublime » Son seul Dieu ? La nature. Il hait l’esprit commercial, critique l’argent roi, la mécanisation.
Il deviendra professeur à l’école de Concord et démissionnera aussitôt en refusant d’infliger les châtiments corporels. L’année suivante il ouvre une école, où il applique une pédagogie libertaire, avec des sorties d’éveil, herborisations, pas de sévices et association des enfants au processus disciplinaire. A la mort de son frère en 1842, l’école ferme. Thoreau part donc à new-York pour se faire un nom dans la littérature, après 8 mois il revient à Concord où il donne des conférences et découvre la littérature orientale.
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La cabane et la prison - http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions_ete/caen/fiche.php?diffusion_id=62386Walden ou la vie sauvage et
la prison ou
la désobéissance civique seront le fil conducteur de cette deuxième conférence dédiée à la vie et à la pensé de Henry David Thoreau. Du 4 juillet 1845, jour de la Déclaration d’Indépendance aux Etats Unis jusqu’au 6 septembre 1847, il habite une cabane de 13 m2 située au milieu des bois.
En contact avec la nature qu’il observe et étudie, il invente la notion d’écologie. Il reçoit voyageurs, paysans, bûcherons, philosophes et esclaves fugitifs, comme l’ont fait ses parents auparavant. Sans travail fixe, ni femme ni enfants, sans amis envahissant et une consommation réduite au minimum, Thoreau se crée sa liberté.
En refusant de payer l’impôt destiné au soutien du régime esclavagiste, il invente «le comportement libertaire» ce qui lui vaut une nuit en cellule. L’impôt est payé finalement par un anonyme. Peu de temps après, l’Etat promulgue une loi qui oblige à dénoncer les esclaves fugitifs, Thoreau s’engage donc du côté abolitionniste.
Il attend la mort après avoir contracté une tuberculose qui va le diminuer pendant 8 ans. Durant ce temps il prépare l’édition de ses œuvres. Il écrit
Aime ta vie, où il dit: "Ne croit pas au Dieu punisseur mais à la Nature". Il meurt finalement le 6 mai 1862.
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La sagesse des sauvages - http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions_ete/caen/fiche.php?diffusion_id=62393Pour Thoreau les sources de la sagesse ne sont pas chez les philosophes classiques mais chez les indiens, les naturalistes, botanistes et les figures alternatives comme, le bûcheron, le chemineau, le marcheur, l’indigent, le paysan et le pêcheur.
Les indiens sont « plus sages qu’on le pense et moins sauvages qu’on le dit ». Il admire leur vocabulaire, leur mode de vie, leur mythologie, leur rapport à la souffrance et au temps. Dans
Plaidoyer pour John Brown il parle de « crime contre l’humanité » pour qualifier la politique esclavagiste et il tourne le dos à l’Europe intellectuelle.
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Comment mener une vie philosophique ? - http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions_ete/caen/fiche.php?diffusion_id=62395Thoreau est un philosophe naturaliste, en conséquent il prône une écologie technophobe. Contrairement, l’écologie technophile d’Etzler, veut une révolution industrielle qui croit aux gouvernements pour réaliser le bien des hommes, alors que Thoreau veut une réforme morale et spirituelle car il ne croit qu’aux individus.
Pour Thoreau, il faut observer les mouvements de la nature, noter ses variations, mesurer ses transformations, écrire ses modifications, arpenter lacs, rivières, champs, bois, scruter les détails d’une aile ou d’un brin d’herbe pour en déduire une philosophie de vie. Donc, pas besoin d’avions, d’ascenseurs, de baignoires, d’éclairage public car la ville génère une pathologie individuelle et collective et l’absence de contact avec la nature génère mélancolie et tristesse. La nature génère une sérénité, une paix et produit des individus sains de corps et d’esprit.
Etre philosophe c’est « aimer assez la sagesse pour vivre selon ses arrêts, une vie de simplicité, d’indépendance, de générosité et de confiance. C’est résoudre quelques uns des problèmes de la vie, non seulement en théorie, mais en pratique». Vivre sa pensée et penser sa vie. Vivre est une fête qu’il faut vouloir.
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Sculpter sa propre statue - http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions_ete/caen/fiche.php?diffusion_id=62399Thoreau revendique l’usage du Je, car « c’est la première personne qui parle toujours ». Il vise « la vie sublime » et « le bonheur absolu » en proposant cinq exercices spirituels : s’explorer soi-même plutôt qu’explorer le monde, vivre la vie qu’on a imaginé donc aller dans la direction de ses rêves, aimer sa vie c’est avoir confiance en soi et laisser faire la nature en donnant à chaque instant sa densité. Simplifier le logement, le vêtement, l’alimentation et l’activité pour éviter de perdre sa vie à la gagner.
Se faire un corps parfait avec ces exercices spirituels pour atteindre la sobriété, frugalité, simplicité, austérité. Un corps sain, propre et net, donc une âme impeccable. Le sage ne craint plus la pluie, le froid, le chaud, la soif, la faim, la mélancolie, l’angoisse, la peur, le désespoir, il est donc… libre. Ce qui définit l’essence du libertaire.
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>> Questions des auditeurs de l'Université Populaire de Caen sur les cours consacrés à Thoreau :http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions_ete/caen/fiche.php?diffusion_id=62389http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions_ete/caen/fiche.php?diffusion_id=62400
>> Les archivesArchives et podcasts des 6 années de cours à l'Université populaire de Caen.
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