Vie Sauvage et Survie

Catégorie Générale => Stages, sorties et aventures (récits ou projets) => Discussion démarrée par: guarocaliente le 26 juillet 2011 à 22:27:56

Titre: Un Poulet dans la jungle
Posté par: guarocaliente le 26 juillet 2011 à 22:27:56
En septembre 99, quand je suis rentré de ma première balade en solitaire en Amérique Centrale, je lui ai rapporté une machette.

« Pour quand tu seras plus grand, pour m'accompagner dans la jungle ».

La tête de sa mère.

Il avait 4 ans.

Il y a deux mois, je lui ai annoncé que j'allais tenir ma promesse cette année.

Qu'on allait partir 5 semaines, dont un minimum de 3 tous les deux au fin fond d'une forêt de nuage (http://fr.wikipedia.org/wiki/For%C3%AAt_de_nuage) , en autonomie complète, sans contacts avec l'extérieur.

La tête de sa mère.



EDIT : En noir et italique le texte original (sauf le prénom de mon fils remplacé par "Poulet" et les noms de lieux, fleuves, tous changés) de mon journal. En bleu et italique celui de "Poulet". En vert, les commentaires absents du texte original, que je pense utiles à la compréhension de tous. En vert, souligné, ce sont des liens d'explications ou illustrations.


Introduction

ça y est ! Papa a assez de fric pour pouvoir tenir la promesse qu'il m'avait faite voilà maintenant 12 ans : m’emmener dans la jungle avec lui, dès qu'il aurait l'argent. Il y a trois mois à peine, cette idée me paraissait lointaine et futuriste et voilà qu'aujourd'hui cette aventure va se réaliser. Nous allons partir un mois là-bas, dont 3 semaines dans la forêt de nuage. Une expérience qui s'annonce riche, remplie et forte en émotions. Ce cahier et probablement un deuxième, vont permettre de me remémorer cette expérience plus tard, mais également de me conserver une activité intellectuelle dans, la jungle. Papa fait de même, tout comme il avait entretenu des carnets similaires lors des ses précédentes aventures ici. En le lisant, les futurs lecteurs de ce carnet pourront observer les épreuves qu'on aura endurées, nos états d'esprit, nos inévitables fritages... Peut être cela leur donnera t il envie de faire la même chose. Nous vivrons une expérience unique et pleines de rebondissements en tous genres, qui, le sait on ?, donnera suite à d'autres aventures palpitantes.



Samedi 9 juillet 2011 22h36

J'ai la moustiquaire du hamac collée sur la tête. Poulet a raison, il faut qu'on emmène les arceaux.

Ça fait douze ans que je lui ai promis de l'emmener dans la jungle avec moi.
Cette année je peux enfin tenir ma parole.
On part le 29 pour 3 semaines minimum en forêt. J'entends Poulet dans son hamac prêt du mien, qui écrit aussi le début de son journal de voyage.
Cath nous a déposé en fin d'après midi dans un petit bois au sud de Nantes pour tester le matériel et le port des sacs en poids réel.
Poulet a réussi à entailler la ceinture de son sac en dégainant sa machette.
A réparer avant le départ.
Au lieu des singes hurleurs, ce sont les voitures sur l'autoroute qu'on entend au loin.
Nous sommes presque prêt. Le matériel est réuni, manque plus que la nourriture qui arrivera le we prochain.
Il a l'air de supporter le poids de son sac (http://www.youtube.com/watch?v=rJvzLekRwr8). Environ 22 kg sur le dos et 9 en poitrine dans le daypack (http://www.youtube.com/watch?v=UEbDAUNrgNA&feature=related) .
On verra après plusieurs jours et en terrain montagneux s'il supporte toujours.
Mon nouveau hamac (https://www.youtube.com/watch?v=3j3MIXV9EoQ) a l'air terrible. A confirmer.



Samedi 9 juillet 2011

Aujourd'hui, c'était la journée « préparation à l'expédition et test du matos en situation réelle ». Chose qui pour moi s'est avérée utile. Comment monter un hamac,

(http://img52.imageshack.us/img52/7462/essaimontagehamac090720.jpg) (http://imageshack.us/photo/my-images/52/essaimontagehamac090720.jpg/)

s'équiper du sac, établir un campement, etc... Le tout sous pression. De quoi ? Bien , d'abord du temps qui passe, ainsi que la luminosité qui s'affaiblit ; pour la marche, la pression, c'est la lourdeur des sacs, 29kg (penser à bien le laisser reposer sur les hanches).

(http://img819.imageshack.us/img819/633/essaismatospoulet090720.jpg) (http://imageshack.us/photo/my-images/819/essaismatospoulet090720.jpg/)

Ah ! J'allais oublier de parler de la pression morale... Même si Papa doit me dire quoi faire ou ne pas faire- et c'est tout à fait normal étant donnée son expérience-, je supporte mal les « insultes », et autres phrases aussi blessantes qu'anodines et préfabriquées ; du style et par exemple : « T'es un peu empoté, quand même », ou alors « t'es lent, tu comprends le concept de la rapidité ? », en passant par des adjectifs tels que « gauche, maladroit, dans la lune, à l'ouest, distrait »...  « con » !

Je ne sais pas la raison de cet acharnement. Peut être est ce plus facile qu'avec V.(prénom de ma compagne) de se défouler ; Tout seul dans sa jungle, il ne pouvait s'en prendre qu'à lui même. La prochaine fois, on sera deux, j'espère que la jungle l'apaisera, ou je serai bien obligé de lui montrer ce papier. Pour tempérer un peu, c'est vrai que je peux être concentré sur mes pensées parfois plus que sur le présent, mais les critiques stériles et superficielles ne mènent à rien et les choses n'avancent pas. Bon, sinon, le feu du soir était agréable, et Papa plus détendu.

(http://img707.imageshack.us/img707/2614/petitdej10072011anonym.jpg) (http://imageshack.us/photo/my-images/707/petitdej10072011anonym.jpg/)

La forêt est incroyablement silencieuse, hormis le bruit de l'auto route. En bref, Une journée utile et éprouvante moralement.
Titre: Un Poulet dans la jungle
Posté par: guarocaliente le 26 juillet 2011 à 23:14:04
Lundi 25 juillet 22h39

Poulet est en Belgique avec sa mère et sa(demie)sœur. Je le récupère à Paris jeudi soir. Décollage de Roissy vendredi matin.

Ce matin j'ai acheté les dollars. Je suis prêt.

Reste encore 3 heures de boulot (sur un total de 9 !) pour finir de préparer les pâtes.

J'ouvre le fond de chaque sachet avec une lame de bistouri sur environ 6cm de long.
 
Ensuite, avec une cuillère à café, j'ajoute 20g d'isolat de whey au contenu du sachet. Je referme proprement en chassant un maximum d'air, avec du scotch.

Reste 32 paquets à préparer sur les 88 emportés.

(http://img856.imageshack.us/img856/75/88sachetsdepates.jpg) (http://imageshack.us/photo/my-images/856/88sachetsdepates.jpg/)

C'est toujours aussi long mais c'est un boulot que je fais au dernier moment pour minimiser les éventuels problèmes de conservation.
La préparation des pâtes, c'est signe de départ imminent.
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: Irazú le 27 juillet 2011 à 04:22:51
Maë!!! te felicito!!  :doubleup:
si el Guaro, lo tomas caliente..  et si tu va oú il y a des singes hurleurs en am centrale... alors tu n'est pas loind de chez moi!!!

fais bon voyage et profites en bien.. jene saispas si ca va se déteriorer mais la saison despluies est assez calme pour le moment.. dumoins... comparé á l'an dernier  ;# (l'avait pas plus comme ca depuis 10 ans.. catastrophes nat et tout..)

bien cordialement
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: b@s le 27 juillet 2011 à 11:56:29
pourquoi de la whey dans les pates ??

merci de partager ton récit !
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: gregou le 27 juillet 2011 à 21:44:51
Je crois bien que ce sont des protéines :)
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: kodiak le 27 juillet 2011 à 22:52:47
Oui se sont des proteine tirées du petit lait, et utilisées en musculation, perso j'émet un gros doute sur ce genre de produit mais bon,

Je pense que là, c'est un apport proteique dans la nourriture, l'avantage, c'est déjà dans le paquet, c'est en poudre, çà ne pourris pas sous un climat type jungle...
Titre: Re : Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: Van le 27 juillet 2011 à 23:24:22
Oui se sont des proteine tirées du petit lait, et utilisées en musculation, perso j'émet un gros doute sur ce genre de produit mais bon,
Je ne connais pas ce produit; pourriez-vous en dire davantage ? 
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: b@s le 28 juillet 2011 à 00:21:33
effectivement je connais les protéines, utilisées dans le milieu du sport, c'est juste que je ne vois pas l'interet de les mettre dans les pates ??
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: Woodrunner le 28 juillet 2011 à 01:17:06
Je pense que cela a pour avantage de mieux caler,... on aura ainsi des pâtes avec un plus grand potentiel nutritif et "bourratif" c' est pas mal pour le moral!
Titre: Un Poulet dans la jungle
Posté par: guarocaliente le 28 juillet 2011 à 06:42:59
Je pense que cela a pour avantage de mieux caler,... on aura ainsi des pâtes avec un plus grand potentiel nutritif et "bourratif" c' est pas mal pour le moral!

Exactement ça.

http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,13667.msg401855.html#msg401855

effectivement je connais les protéines, utilisées dans le milieu du sport, c'est juste que je ne vois pas l'interet de les mettre dans les pates ??

Les "protéines" ne sont pas utilisées "dans le milieu du sport".

Les protéines se trouvent naturellement dans l'alimentation. Tout le monde en mange tous les jours, elles sont nécessaires à notre alimentation.

La "Whey", ce sont des protéines tirées du petit lait, sous forme de poudre, effectivement utilisées dans le cadre sportif (musculation) pour aider l'organisme à "réparer" les muscles après une séance.

Les protéines sont la partie "nourrissante" de la viande. Constituée d'environ 20% de protéine.

L’intérêt de mélanger de la whey aux pâtes, c'est que c'est plus léger et ça se conserve  beaucoup mieux que si je mettais 100 g de viande dans chaque sachet..

Donc, les protéines, sous forme de poudre, servent à enrichir le produit fini. Le rendre plus nourrissant, plus "bourratif".
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: akiou le 28 juillet 2011 à 09:32:20
et du rhum chaud, bien nommé ne saurait mentir,t'en emmènes? avec modération bien sur, comme ça, vous serez trois. ;#
Au plaisir de tel ire, t'as un réel talent a saisir l'instant, je te l'ai déjà dit
Bonne chance à toi et au pioupiou, tu dois veiller sur 2 âmes sur le terrain maintenant, et ça c'est aussi nouveau pour toi que la forêt pour lui.
tiens nous au jus et tapes la MEF
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: Achille le 28 juillet 2011 à 09:39:40
Une question me vient : tes pâtes, tu les fais chauffer, naturellement ? Dans ce cas, je ne suis pas certain que les whey protéines apprécient le passage dans l'eau bouillante. C'est un produit autrement plus pointu (et cher) que du lait en poudre. Attention, je n'affirme rien, je m'interroge...  :huh:

J'ai cherché des infos sur la question sans trouver de réponse. Un lien sur le sujet des whey protéines :

http://www.guide-proteines.org/whey-proteine/presentation-whey-proteine/ (http://www.guide-proteines.org/whey-proteine/presentation-whey-proteine/)

Simplement, pour ne pas risquer de gaspiller mon argent (et j'en ai suffisamment gaspillé durant certaines années de muscu  :'(), je trouverais plus prudent de prendre les whey à côté avec de l'eau, sans les faire cuire.
Titre: Re : Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: guarocaliente le 28 juillet 2011 à 10:58:59
Une question me vient : tes pâtes, tu les fais chauffer, naturellement ? Dans ce cas, je ne suis pas certain que les whey protéines apprécient le passage dans l'eau bouillante. C'est un produit autrement plus pointu (et cher) que du lait en poudre. Attention, je n'affirme rien, je m'interroge...  :huh:

J'ai cherché des infos sur la question sans trouver de réponse. Un lien sur le sujet des whey protéines :

http://www.guide-proteines.org/whey-proteine/presentation-whey-proteine/ (http://www.guide-proteines.org/whey-proteine/presentation-whey-proteine/)

Simplement, pour ne pas risquer de gaspiller mon argent (et j'en ai suffisamment gaspillé durant certaines années de muscu  :'(), je trouverais plus prudent de prendre les whey à côté avec de l'eau, sans les faire cuire.

Très bonne remarque.

je fais d'abord bouillir l'eau et ensuite je mets les pâtes dedans. Tu as raison pour la fragilité de la whey.

C'est un moyen terme entre ne rien prendre du tout et manger froid  ;D

j'ai bien sûr déjà testé le système. 170 g de pâtes (sèches) + 20g de whey me cale vraiment sur le terrain, pour une longue sortie.

Enfin, entre dézinguer un singe et avaler mes pâtes sur-protéinés, si l'occase se pointe...  ::)

Bon, j'ai mon sac à terminer. A plus.
Titre: Re : Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: guarocaliente le 28 juillet 2011 à 11:00:48
et du rhum chaud, bien nommé ne saurait mentir,t'en emmènes? avec modération bien sur, comme ça, vous serez trois. ;#
Au plaisir de tel ire, t'as un réel talent a saisir l'instant, je te l'ai déjà dit
Bonne chance à toi et au pioupiou, tu dois veiller sur 2 âmes sur le terrain maintenant, et ça c'est aussi nouveau pour toi que la forêt pour lui.
tiens nous au jus et tapes la MEF

Je suis au courant.  ;)

Une seule âme, en fait.
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: Jérôme A le 28 juillet 2011 à 22:49:20
arff  te revoila   coooooolllllllll !!!!!!!

tu nous feras  partagée a ton retour  hein  dit ?

 be safe  ;)
Titre: Un Poulet dans la jungle
Posté par: guarocaliente le 24 août 2011 à 00:47:08
Sommes sortis ce matin (à 13h30, heure Française).

Tout va bien. Retex plus tard.
Titre: Un Poulet dans la jungle
Posté par: guarocaliente le 08 septembre 2011 à 15:45:16
Dimanche 31 juillet 2011 18h48 . La capitale


Mercredi et jeudi, j 'ai terminé les derniers préparatifs .

Mercredi soir, ma Blondeur nous avais préparé un petit dîner surprise...

Jeudi matin j'ai fait mes sacs puis suis allé faire semblant de bosser quelques heures. Rentré vers 17h. « Adieux », tram et TGV. Retrouvé Poulet à Montparnasse . Trajet pénible vers Roissy, perdus. Nous avons laissé sa mère et sa sœur aller se coucher et nous avons vidé les sacs totalement pour que je puisse lui rendre le sien que j'ai fait réparer suite à son étourderie et faire une dernière vérification .

Les femmes de sa vie, et celle de la mienne, m'ont donné un « supplément de bagage »...

Nuit courte. Sa mère nous a déposé à Roissy et elles sont reparti vers Nantes.

Début du voyage à deux. L'avion qui devait partir à 11 heures a été retardé de 3 heures. Bon. Nous allons rater la correspondance à Miami avec l'Amérique Centrale. Mail pour décaler la résa à l'hôtel. Aucun problème à la douane Américaine avec nos 10kg de pâtes chacun. A Miami, AA nous confirme sur le vol du lendemain matin et nous dirige vers le Marriot du coin.

(http://img59.imageshack.us/img59/3457/miamianonym.jpg) (http://imageshack.us/photo/my-images/59/miamianonym.jpg/)

Première soirée aux US pour Poulet. Moi ça fait 20 ans que je n'étais pas revenu dans le Sunshine State. Bonne surprise samedi matin. AA nous a surclassé. C'est très bon le luxe, à petite dose. Poulet aussi a apprécié le voyage en business. Belle vue au dessus du golf du Mexique.

Arrivée sous les nuages. On va en boire de la pluie... Nouveauté depuis la dernière fois : les bagages à main sont scannés à l'arrivée. Petit moment de stress. Ça passe sans questions. Taxi (avec détour inclus pour allonger la sauce).

(http://img14.imageshack.us/img14/1060/taxilacapitaleanonym.jpg) (http://imageshack.us/photo/my-images/14/taxilacapitaleanonym.jpg/)

Hôtel de routard miteux. Lit à partager avec Poulet. Visite du centre ville sous la pluie. Vraie découverte pour lui. C'est la première fois qu'il mettait les pieds en Amérique hier. Vrai choc culturel mais il apprécie le « bordel » ambiant. Sommes allés hier soir dans un petit restau typique. Poulet à les yeux qui brillent. Il est crevé et moi aussi. Deux bières au dîner. Prise de tête et tirage de gueule de Poulet qui juge que son père picole trop.

Je mets ça sur le coup de la fatigue. Ambiance pourrie au réveil ce matin. Ai du me justifier, lui expliquer que 1ere je n'étais pas saoul la veille après deux bières Américaines et que même si ça avait été le cas, ses leçons de morale et tirage de gueule étaient déplacées et plus nocives pour l'ambiance générale de ce voyage qu'un éventuel coup dans le nez en trop. Bref, caca nerveux. Je suis assez halluciné qu'il se mette à me juger alors qu'il m'a déjà dit avoir trop picolé dans une soirée sans réaction de jugement de ma part. J'ai eu 15 ans et j'ai toujours trouvé que de reprocher aux autres ses propres faiblesses était ridicule.

Je le fais aussi.

Lui ai rappelé que je me suffit à moi même, que son attitude risque de pourrir cette expé et qu'on va avoir besoin d'être proche dans la forêt plutôt que se faire la gueule.

Bon, s'il n'avait pas eu 15 ans et si ça n'avait pas été mon fils, je l'aurais envoyé se faire voir beaucoup plus violemment.

Mais c'est justement parce qu'il a 15 ans et que je suis son père qu'il m'a pris la tête de cette façon. Avec l'excuse de la fatigue.

Je suis pas non plus très patient quand on me saoule et encore moins fatigué...

Il s'est peu à peu détendu et a retrouvé le sourire quand nous avons été dans une volière de papillon.

Retour sous la pluie. Dîner cool dans le centre et retour à glander et envoyer des mails en France.

(http://img28.imageshack.us/img28/4254/emailhotelanonym.jpg) (http://imageshack.us/photo/my-images/28/emailhotelanonym.jpg/)

Hier nous sommes allés acheter nos billets pour la frontière où je vais essayer d'acheter une arme.

J’emmène Poulet dans un coin que je connais déjà... (http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,39613.0.html)

Départ demain à 7h30.




Dimanche 31 juillet 2011


On y est !

Je viens de relire mes écrits du 9 juillet, et je suis content que les choses se soient entièrement améliorées.
Nous sommes parti de France voilà maintenant trois jours, j'ai donc un peu de retard à rattraper.
Petite chronologie des derniers jours :


Départ vendredi 29 juillet


Après avoir passé la nuit dans un Formule 1 à coté de Roissy CDG, nous sommes parti pour l'aéroport vers 7h30 avec Papa, en compagnie de Maman et S.(prénom de sa soeur), dans la Renault. Après les au revoir inquiets de Maman-dissimulées sous une ou deux blagues pas nécessaires-, nous sommes allés prendre l'avion, habillés comme des clones (rangers, tee-shirt noirs et pantalons beiges, même sac).

(http://img833.imageshack.us/img833/2204/29072011anonym.jpg) (http://imageshack.us/photo/my-images/833/29072011anonym.jpg/)

Celui ci (l'avion) avait un petit peu de retard (trois heures), et nous avons décollés pour New-york à 14h au lieu des 11h prévu initialement. J'aime bien l'avion. C'était très beau, la terre vue d'en haut ; et en particulier le Canada, et ses lacs à pro-fu-sion ! Arrivés à New York, nous avons eu un changement pour Miami, où nous avons dormi dans un hôtel payé par la compagnie. Un passage aux USA très bref mais pas moins intéressant pour autant.

(http://img543.imageshack.us/img543/7237/pouletmiamiairportanony.jpg) (http://imageshack.us/photo/my-images/543/pouletmiamiairportanony.jpg/)

Samedi 30 juillet:  La capitale  !             


Nous sommes arrivés à 11h du matin et en première classe (cool). Alors on a pris un taxi-arnaqueur sur les bords qui nous a conduit à l'hôtel où nous avons pu poser nos affaires. C'est un hôtel simple, détendu, avec une clientèle entre 20 et 30 ans, voyageurs, routards pour la plupart Américains. Très sympa !

(http://img513.imageshack.us/img513/4992/hotelroutards.jpg) (http://imageshack.us/photo/my-images/513/hotelroutards.jpg/)

Nous avons décidés de sortir pour voir la ville (http://www.youtube.com/watch?v=Ke9aAPVM3gc&feature=youtu.be) le midi : c'est la ville la plus bordélique, la plus animée et la plus géniale dans laquelle je sois jamais allé !  Des vendeurs crient pour vendre tout et n'importe quoi dans les rues, billets de loterie, fruits, DVD, parapluies... Les gens traversent la route où et quand ils le peuvent, au milieu des taxis et autres véhicules qui ne semblent pas être au courant de l'existence du code de la route.

Mais l’apogée, le zénith de ce choc des cultures réside dans le "marché central" (http://www.youtube.com/watch?v=1Q5g4St3iN0). C'est un marché couvert, vendant surtout des aliments pour beaucoup inconnus et étranges.

Nous avons aussi bu du lait de coco directement dans la noix.
Enfin nous sommes allés acheter des tickets de bus pour lundi. Vers 18h nous sommes rentrés à l’hôtel. Pour ressortir manger dans la ville vers 19h30.

Au début du repas, tout allait bien. De la musique des années 80 à fond donnait son originalité au resto, assez typique.

(http://img528.imageshack.us/img528/7123/dinerlacapitaleanonym.jpg) (http://imageshack.us/photo/my-images/528/dinerlacapitaleanonym.jpg/)

Papa a alors commencé à boire une bière, puis deux. Les effets se sont fait sentir dès la fin du repas. C'était pas grand chose mais assez pour ne pas parler normalement, parler sans arrêt, de choses qu'il avait dites plusieurs fois dans la journée ; passer du coq à l’âne en permanence. Le tout dans un état euphorique-bête qui aurait pu conduire à l'inconscience dans un stade plus avancé. Le fait aussi de  demander par où il fallait passer pour rentrer, bien que ce soit évident; une intonation de voix différente. Malgré tout ce qu'on peut penser, quoi qu'on en dise, l'alcool rend faible, et voir mon père dans un état ne serait ce que légèrement faible m'est insupportable. Je suis coincé ? Tendu ? «Vieux con» ? Malgré les apparences, non. Vraiment pas. Je suis juste calme et parfois dans mes pensées, ok; mais con sûrement pas... Je m'égare un peu là... Je disais donc, que un père ne peut pas être un copain, enfin si mais il y a une juste mesure, des choses que l'on ne fait qu'avec ses ami(e)s, et d'autres avec son fils, et trop boire n'en fait pas partie. Un père doit garder une certaine autorité et un certain contrôle de la situation, sans devenir trop autoritaire ou oppresseur; comme dans tout, c'est une question d'équilibre.

Aujourd'hui, dimanche :

« Explications » vaseuses avec mon énervement interne qui m'empêchait d'avancer une seule explication concrète de mon renfermement matinal. Un saut dans la piscine, puis un petit déjeuner pour commencer la journée. Ensuite nous avons visité le musée national, puis retour à l'hôtel. L'après midi, ce fût une promenade dans la ville (http://www.youtube.com/watch?v=t4nLpmf7o94&feature=youtu.be)  et là, il est 20h50 et je termine d'écrire en tailleur sur un canapé de l'hôtel.
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: Irazú le 08 septembre 2011 à 18:18:23
:]] Yeeha!! salut Guaro! salut Poulet!!  :doubleup:

Citation de: guarocaliente
Deux bières au dîner... Poulet qui juge que son père picole trop.
Oupss..   impression qui a du se confirmer plus tard!!  ;#

Citation de: guarocaliente
se faire beaucoup plus violemment.
oui.. pour ca aussi je te fais entiérement confiance! :sgt: (remember clef de poignet+ pomme d'Adam)

Citation de: guarocaliente
Départ demain à 7h30.
:love:
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: taillefer le 08 septembre 2011 à 18:34:44
Je vais suivre ce récit avec le plus grand intérêt.

Merci.  ::)
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: Sotret le 08 septembre 2011 à 19:31:32
Citer
Aucun problème à la douane Américaine avec nos 10kg de pâtes chacun

20 kg de sachets de nouilles précuisinées et préemballées et qui ont été sournoisement bricolés... :o
Y z'ont rien appris, ou bien...
La prochaine fois que je traverse l'Atlantique, rappelez-moi d'y aller en bateau... :lol:
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: Gros Calou le 08 septembre 2011 à 20:04:42
Une question me vient : tes pâtes, tu les fais chauffer, naturellement ? Dans ce cas, je ne suis pas certain que les whey protéines apprécient le passage dans l'eau bouillante.

Pourquoi ne pas prendre les whey à part et les ajouter après cuisson sous ébullition ????

 ;)
Titre: Un Poulet dans la jungle
Posté par: guarocaliente le 08 septembre 2011 à 20:06:32
Je vais suivre ce récit avec le plus grand intérêt.

Merci.  ::)

Je vais prendre qq jours avant de poster la suite.

Le temps de trier les photos et films pour mettre des images d illustrations.

Et aussi parce que "Poulet" a écrit lui aussi son journal de voyage au quotidien.

M 'a dit qu'il était d'accord pour que je recopie sur le même message, les deux versions de la même journée.

Sommes convenus que je ne changerais rien à son texte mais qu'avant de poster nos deux textes ici, je lui donnerai à lire et je supprimerais les passages qu'il ne souhaiterais éventuellement pas voir racontés sur un forum.

A un style d'écriture de journal différent. Moins laconique, beaucoup plus riche en détails.

Je pense que les deux seront complémentaires.

@ Irazú : Salut Compadre ;)
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: Gros Calou le 08 septembre 2011 à 20:08:09
J'ai hâte, merci de partager cela avec nous  ;)
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: Irazú le 08 septembre 2011 à 21:52:37
Citation de: guarocaliente
Moins laconique, plus de détails.
;) yés! plus de détails!!!  :doubleup:

Citation de: guarocaliente
@ Irazú : Salut Compadre ;)
on pense á vous hermanos!
La Miss me demandait tout le temps de vos nouvelles.. et maintenant on est deux a lire le forum!  :closedeyes:
j'étais peinard tout seul.. v'lá qu'elle s'interesse a la vie sauvage maintenant!! ;#
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: Trekkal le 03 octobre 2011 à 15:29:48
Je perds patience la !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Titre: Un Poulet dans la jungle
Posté par: guarocaliente le 20 décembre 2011 à 17:46:31
Je perds patience la !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Il y a de quoi.  ;D


D'autres priorités.

Surtout pas le temps. Excessivement long de recopier les quatre cahiers, trouver les photos, les films les retoucher, mettre les liens..

Je fais ça bien.

Comme j'ai tout mon temps depuis quelques jours, et que j'ai trouvé une sténo volontaire pour être plus efficace, m'y suis remis

Je vais terminer ce sujet prochainement.
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: DavidManise le 20 décembre 2011 à 18:04:46
:love:

J'ai très hâte de te lire...

David
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: Patrick le 20 décembre 2011 à 19:03:10
Je suis aussi fan de l'expérience de vie.  :love:

Mais 22 kg le sac de Poulet ça fait pas un peu beaucoup ?
Titre: Un Poulet dans la jungle
Posté par: guarocaliente le 20 décembre 2011 à 20:20:37
Mais 22 kg le sac de Poulet ça fait pas un peu beaucoup ?

;D

"22 kg, ça aurait été promenade de santé" dixit "Poulet".

22 kg dans le dos+environ 10 en poitrine+ 3 ou 4 litres d'eau.

Pas de séquelles pour lui. Juste quelques tensions dans la nuque et les genoux qui sont parties dès qu'il a repris les étirements (Lafayiste croyant et pratiquant).

Pour moi, machine plus vieille et plus usée, tendinite dans la fesse droite et la nuque.
2 vertèbres et une cote déplacées, tout ça remis en place avec quelques séances de kiné.

"Faut s'étirer régulièrement sur le terrain quand on porte beaucoup de poids", dixit mon kiné.
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: kovaks le 20 décembre 2011 à 20:24:38
Fiouuuu... C'est un poulet aux hormones... 35 kg de sac...  :blink:
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: Patrick le 20 décembre 2011 à 20:25:48
Donc ton gamin de 15 ans porte 35/36 kg et ça te paraît normal ?
Titre: Un Poulet dans la jungle
Posté par: guarocaliente le 20 décembre 2011 à 20:33:43
Donc ton gamin de 15 ans porte 35/36 kg et ça te paraît normal ?

16 ans.

"Normal" ? Intéressant débat philosophique potentiel... ::)

Normal ou pas, je te concède que c'est beaucoup. C'était nécessaire.

Il n'a pas été forcé, et il les a bien supporté.

Rythme de marche lent, poids réparti entre le dos et la poitrine, nombreuses pauses. Ne s'est pas plains pendant la promenade.

De plus il est pas racho comme gars.

Comme il est à coté de moi il répond tout seul : "C'était pas une torture de porter ce poids même si ça parait impressionnant. Bien réparti c'est pas trop gênant. La pluie est bien plus chiante"
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: Patrick le 20 décembre 2011 à 20:40:36
"Normal" ? Intéressant débat philosophique potentiel... ::)
Non, rien de philosophique. Je respecte l’expérience humaine mais pas de trouver "nécessaire" de faire porter à un gamin la moitié de son poids qu'il en soit capable et même fier n'y change rien.
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: Irazú le 20 décembre 2011 à 22:04:44
Citation de: guarocaliente
trouver les photos, les films
certaines prises de vues de l'avant-dernier jour m'interessent tout particuliérement!!!

a titre prive!!  ;)

Citation de: guarocaliente
De plus il est pas racho comme gars.

c'est le moins qu'on puisse dire!!! ;#

bien cordialement
Titre: Un Poulet dans la jungle
Posté par: guarocaliente le 21 décembre 2011 à 00:32:36
Non, rien de philosophique. Je respecte l’expérience humaine mais pas de trouver "nécessaire" de faire porter à un gamin la moitié de son poids qu'il en soit capable et même fier n'y change rien.

Par "philosophique" je parlais du débat stérile, selon moi, de discuter de ce qui est "normal" ou pas.

Les opinions sur les choses ne sont pas la réalité. Juste des interprétations personnelles.

Alors, la théorie sur le poids maximum à porter par rapport au poids de corps pour une ballade confortable, je la connais.

Ce n'était pas une ballade confortable. En pratique, on a fait des essais avant.

Ensuite la réalité de la chose vécue, l'expérience par rapport à la théorie, a démontré qu'il n'a pas souffert du poids des sacs.

Il n'était pas "nécessaire" de "faire porter" à un "gamin" la moitié de son poids.  

Il était nécessaire, pour le temps que nous y avons passé, et les conditions de l'expé, de porter une charge lourde.

Il n'en a pas souffert, ni psychologiquement ni physiquement.

Moi, oui après coup.

Personne ne lui a "fait porter". Était volontaire et capable de le faire.

De plus ce n'est pas un "gamin" mais un ado bien bâti d'1m80.

"Qu'il en soit capable n'y change rien"

Ben pour moi si. Justement.  Il n'en est pas capable ? on le fait pas ou on diminue le temps sur le terrain.

Il en est capable sans en souffrir ? Ok, on le fait. même si la théorie dit le contraire.

Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: kovaks le 21 décembre 2011 à 10:00:21
il les a bien supporté.

ça, c'est trop tôt pour le dire à mon humble avis. La jeunesse n'écoute pas son corps vu qu'elle ne sait pas le faire, c'est entre autre ce qui lui permet de faire des trucs que les plus vieux ne font plus, même s'ils ne sont pas pourris. Ton fils est manifestement une sacré mule, félicitations. Mais pour moi, les mules les meilleures sont celles qui durent. J'ai un exemple très proche de colosse désormais au dos et aux genoux d'argile, qui en son temps engagé portait des sacs de folie. ça se voit, c'est un cube. ça se voit aussi désormais à 44 ans, où son dos en fait 70, et où le moindre saut de 50cm ou la moindre course en descente lui démonte le puzzle. ça fait con pour un ex très très bon. Et lui, ça le gave.

Bon bref, fin de l'aparté, ton récit est top, hâte également de te lire. Faire ce genre de truc avec ses gosses, mon rêve, que je réaliserai. :love:
Titre: Un Poulet dans la jungle
Posté par: guarocaliente le 21 décembre 2011 à 12:06:44
ça, c'est trop tôt pour le dire à mon humble avis. La jeunesse n'écoute pas son corps vu qu'elle ne sait pas le faire, c'est entre autre ce qui lui permet de faire des trucs que les plus vieux ne font plus, même s'ils ne sont pas pourris. Ton fils est manifestement une sacré mule, félicitations. Mais pour moi, les mules les meilleures sont celles qui durent. J'ai un exemple très proche de colosse désormais au dos et aux genoux d'argile, qui en son temps engagé portait des sacs de folie. ça se voit, c'est un cube. ça se voit aussi désormais à 44 ans, où son dos en fait 70, et où le moindre saut de 50cm ou la moindre course en descente lui démonte le puzzle. ça fait con pour un ex très très bon. Et lui, ça le gave.

Bon bref, fin de l'aparté, ton récit est top, hâte également de te lire. Faire ce genre de truc avec ses gosses, mon rêve, que je réaliserai. :love:

Encore une fois le hiatus entre la théorie et la pratique...  ::)

Tu fais des généralités .."La jeunesse n'écoute pas son corps, "'elle ne sait pas le faire".. que je ne partage pas.

Tu me donnes l'exemple d'une connaissance qui a usé son organisme en abusant (parce que je suppose qu'il a porté ses "sacs de folie" de façons répétées sur de longues années) et qui en souffre maintenant, pour illustrer que, parce qu'il a fait des efforts pendant 3 semaines, on ne peut pas dire 4 mois après, alors qu'il n'a aucune tension, douleurs, courbatures, que "Poulet" n'en souffrira pas un jour ?..  ::)  

Un peu outrée, ta démonstration, je trouve  :)

Je pense que boire de l'alcool tous les jours à haute dose n'a pas la même incidence à long terme que se bourrer grave la gueule rarement...

Maintenant, suite à mes expériences de mulets, et surtout la dernière, (une dizaine de séances de kiné pour faire disparaître les tensions musculaires et remettre deux vertèbres et une côte en place) je ne suis pas en train de dire qu'il faut porter ou "faire porter" des charges aussi lourdes.

Oui, 15 à 20% du poids du corps représente, selon mon kiné, un poids "raisonnable" maximum, pour éviter de s’abîmer le dos.

Oui, tant que ça reste exceptionnel, selon mon kiné, on peut exagérer ponctuellement ce qui est habituellement raisonnable.

Maintenant, va expliquer ça aux gars du "13"  ;D


Faire ce genre de truc avec ses gosses, mon rêve, que je réaliserai.

 :) Je comprends. Faire des sorties avec ses gosses, un voyage, une expérience sur le terrain, le partage, c'est très sympa.

Mais, "ce genre de truc" avec des "gosses"...  ;)  Je ne le conseillerais à personne.







Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: Karto le 21 décembre 2011 à 12:09:53
Bon sans dec, le sujet du poids a été évoqué, défendu, réattaqué, redéfendu. C'était nécessaire, et c'est fait.
On n'est pas obligé d'être d'accord avec guarocaliente, mais sur la fin on va pas pourrir tout son post avec ça. On peut passer à autre chose, et le laisser nous montrer ce qu'il a à nous montrer !
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: kovaks le 21 décembre 2011 à 13:43:36
Encore une fois le hiatus entre la théorie et la pratique...  ::)

Tu fais des généralités ..

Tu me connais mal, je suis tout sauf un théoricien et un généraliste. Bref. Considère que tu as raison, oublie mon post  ::). Bon voyage.
Titre: Re : Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: Patrick le 21 décembre 2011 à 15:28:00
Bon sans dec, le sujet du poids a été évoqué, défendu, réattaqué, redéfendu. C'était nécessaire, et c'est fait.
On n'est pas obligé d'être d'accord avec guarocaliente, mais sur la fin on va pas pourrir tout son post avec ça. On peut passer à autre chose, et le laisser nous montrer ce qu'il a à nous montrer !
Pas de problème, une hola pour guarocaliente et désolé pour le dérangement. Que vaut la santé quand on a l'émotion et le rêve. On refera un autre post pour le réveil le moment venu dans le fil adéquat. Kovaks et moi on retourne à la maison de retraite entre grincheux.
Titre: Un Poulet dans la jungle
Posté par: guarocaliente le 21 décembre 2011 à 18:52:04
Bon sans dec, le sujet du poids a été évoqué, défendu, réattaqué, redéfendu. C'était nécessaire, et c'est fait.
On n'est pas obligé d'être d'accord avec guarocaliente...

Merci.  :)

Les opinions sur ce qui est "normal" ou pas regarde chacun.

Je n'ai pas plus besoin d'une hola qui encense mes actions que de critiques stériles sur ce qui est "normal" ou pas.
Je crois que quand on sort de faits indiscutables, scientifiquement prouvés et démontrables, le reste est une question d'opinions.

Il va y en avoir un paquet de choses dans nos carnets de critiquables, discutables, potentiellement choquantes suivant la sensibilité de chacun.

Je ne cherche pas à être un exemple, chacun est responsable de ses choix. Et si ce sujet dérange...

Il y a des choses dans mes cahiers dont je ne tire aucune gloire. Dont je ne suis pas fier. Et probablement lui non plus.
Pour autant, on a pas envie de changer ou dissimuler quoique se soit à ce qui s'est passé.
 
Notre envie c'est de faire partager ce voyage, sans le travestir, avec ses bons et mauvais moments, avec la famille et les amis qui le liront et vous sur ce forum qui avez pour la grande majorité le goût de la vie dans la nature.

J'éditerai tous les messages pour inclure les liens sur les photos et vidéos.

Et , oui, on y voit Poulet ployer sous un poids énorme. Aucune pitié.  ;D


Titre: Re : Re : Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: Karto le 21 décembre 2011 à 18:57:24
Pas de problème, une hola pour guarocaliente et désolé pour le dérangement. Que vaut la santé quand on a l'émotion et le rêve. On refera un autre post pour le réveil le moment venu dans le fil adéquat. Kovaks et moi on retourne à la maison de retraite entre grincheux.

Patrick, c'est pas ça que j'ai dit.
Moi aussi 35 kg pour un ado en croissance ça me fait "ouch". C'était légitime et nécessaire d'en parler. Tu l'as fait, et Kovaks aussi. Et sur le fond je reste d'accord avec vous.
Mais maintenant on va pas pirater tout un fil sur la jungle en revenant à une millième discussion sur le poids du sac. On a tout un forum pour faire ça.

Par contre, c'est vrai que t'es grincheux ;)

Amicalement :)
Titre: Un Poulet dans la jungle
Posté par: guarocaliente le 24 décembre 2011 à 10:42:35
Mercredi 3 août 2011 17h20 24° 1070m Prêt du rio Azul


A poil dans mon hamac, en sueur.

Lundi nous avons pris un taxi pour le terminal des cars. Départ on time.
Seulement mon GPS (http://www.bctech.fr/gps/etrex.html) m'indique que nous nous dirigeons vers l'ouest au lieu du Sud est ! Un local me voyant regarder la carte du pays vient (pause conversation avec mon poulet de hamac à hamac) me donner l'explication : à causes des pluies, la route habituelle est fermée. Du coup on prend la route de la cote.(Poulet se félicite des hamacs. Il a raison. So far. On verra après quelques jours.) Bref. Oui, la route de la côte (http://www.youtube.com/watch?v=v8WjtGReFlM).

Plages, cocotiers. Si j'avais su qu'on passerai par là...
(on aurait fait une pause pour rencontrer un mec très cool qui nous avait invité à passer le voir. Après plus de 8000 km, on est passé à moins d'1 km de chez lui !!) Arrivée sur la frontière sous une pluie torrentielle. Je laisse Poulet avec les sacs au poste de douane et je pars abrité du parapluie, à la recherche d'une arme. Pas possible cette fois-ci. On prend un car 20 minutes après pour Esperanza. On met les sacs au dos. Un peu avant la gare routière, on croise une créature de sexe contrarié outrageusement maquillée qui regarde de haut en bas mon poulet. L'aurait bien mangé tout cru (re pause). Je lui demande s'il a remarqué la « Demoiselle » à qui il a plu. « Je ne suis pas naïf ». Ben oui. Il a 15 ans, bientôt 16 et c'est lui que les travelos trouvent appétissant. Coup de vieux. Re bus vers Santo Domingo. Le salaire de la peur. Petite route en lacet pendant 1h30 sous la pluie (http://www.youtube.com/watch?v=3-EZBHA8I50).

On prend une chambre dans mon point de chute habituel. On sort faire des provisions de route. Fromage, jambon, pain, fruits. Plus un « sac pour le moral » chacun. Galettes, confitures de fraise et d'ananas et bonbons à la menthe. On rentre préparer les sacs et on s'offre un dernier repas, italien, civilisé avant longtemps. Dodo.


Mardi matin, réveil à 6 heures. Petit déjeuner copieux, derniers mails au cyber café du coin et je vais chercher un taxi pour qu'il passe nous prendre à l'hôtel à 9 heures.

Direction Santa Clara. J'ai dans l'idée de refaire en sens inverse le trajet de la dernière fois dans le coin. Le chauffeur veut savoir ce qu'on va faire dans ce trou perdu. « Un ami Allemand est marié à une Locale. Ils vivent dans le coin, on va chez eux ».( Poulet vient d'entendre un « cochon à 20 mètres ». Comme il a oublié sa frontale dans son sac à dos, je viens de lui passer ma LD20 (http://www.expemag.com/eclairage/lampe-fenix-ld20.html) pour qu'il essaye d'apercevoir ses invités.) Mon GPS nous guide. Il s'arrête demander. « Non, personne ne connaît de famille Allemande dans le coin .» On continue. J'insiste pour qu'il prenne à droite. Justement un de ses copains habite sur ce chemin ! Il redemande ; « Oui, le propriétaire de la ferme plus loin est Allemand »... Le taxi est heureux, me fait un « gimme five ». Super. Manquerait plus qu'il me dépose après avoir sonné chez les chleus ! Non, le portail est fermé. Je lui ai dit que j'avais rendez vous à 11h. Comme il est 10h20, j'espère bien qu'il va pas pouvoir attendre aussi longtemps. « Oui, j'ai un téléphone . S'il est pas arrivé à 11h, je l'appelle. » Il part enfin. Je trouve une entrée dans la forêt. On porte les sacs et on part en civil avec sac au dos et bouffe en poitrine. Environ 20kg + 10 de bouffe et 3 d'eau. Végétation très dense, insectes pénibles.

On se dirige au nord. Assez enfoncés dans la forêt ; on pose les sacs et on se change. Les moleskines noirs et les vestes vertes remplacent les tee-shirt blancs et les pantalons beiges. Beaucoup d'efforts. (http://www.youtube.com/watch?v=DTAIJDRGb2M)

Poulet tient bon. On arrive enfin à l'Azul. On pose les sacs pour essayer de trouver un passage à gué. Le niveau de l'eau est assez haut et le courant à l'air fort. Je laisse Poulet seul quelques minutes et remonte le rio en bordure, les pieds dans l'eau jusqu'au genoux. Un coin me paraît plus facile à traverser. Je fais demi tour en taillant un chemin à la machette le long du Rio. On va récupérer les sacs et on rentre dans l'eau. On cherche à traverser. J'ai taillé un grand bâton chacun. J'essaye de traverser à plusieurs endroits mais le courant me déséquilibre. Trop dangereux. Je recommence un peu plus bas. J'arrive jusqu'à un gros rocher plat à mi Rio. Je fais signe à Poulet de me rejoindre. Il y arrive difficilement. Je l'aide en agrippant son bâton. On se repose sur ce gros rocher plat. Je retraverse genoux fléchis en m'aidant de mon bâton. Je perds l'équilibre et tombe à l'eau. Le courant est très fort. Je nage en diagonale et le courant m’entraîne sur le bord opposé... Je sort de l'eau et pose mes deux sacs. J'enlève mon ceinturon. Un de traversé. J'ai l'intention de retourner chercher mon fils.(Je branche la caméra, posée sur mon sac, pour filmer la traversée. Failli filmer ma disparition...). Je remonte un peu en amont (http://www.youtube.com/watch?v=CHRnbBe4f90) sur 20 mètres et essaie de redescendre en m'aidant de mon bâton. Le courant m’entraîne. Je tombe et essaie de rejoindre le rocher (http://www.youtube.com/watch?v=lIhrzNz096k) où m'attend Poulet. Je le dépasse et suis entraîné au milieu du Rio.
(où il y avait un endroit avec des remous beaucoup plus profond (http://www.youtube.com/watch?v=PMwDFjp2lT4). Pas pied).

Mes bottes (http://www.asmc.de/fr/Habillement/Chaussure/Chaussures-et-chaussettes/Bottes/Bottes-LOWA-Elite-Jungle-noires-p.html), le poids de mon pantalon (http://www.asmc.de/images/product_images/popup_images/17201_0.jpg) avec le poncho (http://www.asmc.de/images/product_images/popup_images/11002_0.jpg) dans une poche et mes gants (http://www.asmc.de/fr/Habillement/Hommes/1-Couche-de-vtements/Gants/Gants-BW-cuir-dt-occ-p.html) pleins d'eau m’entraînent sous l'eau.

Je bois la tasse, je sens que je coule. Je pense que je vais mourir le premier jour. Que ça serait très facile de me laisser couler. Je pense à Poulet sur son rocher avec ses sacs. Toutes les chances de se noyer aussi. Je quitte mes gants. Plus d'appuis dans l'eau. En surface, entraîné par le courant, je réussi à m’agripper au passage à une anfractuosité de rocher. Poulet à 30 mètres sur son rocher me regarde. Je suis vivant. Je lève le pouce vers lui pour qu'il ne s'inquiète pas. Je suis calme mais en très mauvaise posture. Je repère un passage entre deux rochers. Je lâche mon appui et donne toutes mes forces pour m'y engouffrer. Dur de nager tout habillé avec des bottes de jungle aux pieds. Presque plus de courant derrière le gros rocher que j'ai attrapé au passage.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/49/1417982602-rocher-salvateur.png) (http://www.noelshack.com/2014-49-1417982602-rocher-salvateur.png)

Je grimpe sur le bord. Je crie « OHE ! » pour que Poulet sache que je suis vivant.(J'arrête la caméra) Je remonte à son niveau.  Réfléchis ! Le bruit de l'eau est assourdissant. A 10 mètres il ne peut presque pas m'entendre. Je suis gelé. Je me suis bousillé le majeur droit à m'agripper au rocher. Je sors de mon sac mon rouleau de 10 mètres de paracorde (http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,1938.0.html).

L'attache solidement à un tronc au bord de l'eau. L'autre extrémité à une pierre. Plusieurs lancés vers Poulet. La pierre se détache. Je prends mon kit feu dans sa boite étanche (http://www.kitmonster.co.uk/product_info.php/products_id/580) dans la poche de ma veste (http://www.asmc.de/images/product_images/popup_images/10125_0.jpg). Pleine d'eau. 2 briquets, un fire-steel (http://www.asmc.de/images/product_images/popup_images/37206_0.jpg), un, bloc de magnésium (http://www.asmc.de/fr/Equipements/Lumire/Feu/Allume-feu/Bloc-de-magnsium-p.html), une bougie et une boite d'Esbit. (http://www.asmc.de/fr/Equipements/Lumire/Feu/Allume-feu/Esbit-combustible-solide--4-gr-p.html)

Je vide la boite sur le bord et j'y mets  quelques cailloux. Poulet réussi à l'attraper. En hurlant « TON SAC » et en mimant de faire très attention, je lui fais comprendre ce que je veux. « Nœuds très solides ». Il fait oui de la tête. Enfin il fait glisser son sac à dos dans l'eau. Je le tire à moi sans problèmes. On recommence avec le sac de bouffe. Ensuite je récupère dans son sac à dos son rouleau de paracorde et la vache à eau (http://www.asmc.de/images/product_images/popup_images/101132_0.jpg) de 10 litres.

Je l'accroche à mon lest et lui fais parvenir. Je mime ce que je veux. Entourer la paracorde autour du poignet, gonfler la vache à eau d'air, ouvrir la veste entièrement, et ouvrir la ceinture du pantalon. Il est 17h la nuit va bientôt tomber...

Tu passes ta ceinture dans la poignée de ta bouée, tu fermes fort, tu colles la vache contre ta poitrine et tu reboutonnes ta veste par dessus. Ensuite tu attaches solidement la paracorde autour de ta poitrine. Ensuite tu traverses doucement, genoux fléchis comme au krav, en t'aidant de ton bâton.

Il hésite un peu puis se met doucement à l'eau. Il fait 2 mètres puis est entraîné par le courant. La corde que j'ai attaché au plus court pendant sa progression lui faire faire un mouvement pendulaire qui le ramène sur ma rive à 5 ou 6 mètres plus bas. Bon. Allez ! Vite, je coupe la corde qu'il a attaché de pleins de nœuds. Je le rejoins avec ses sacs. L'embrasse pas trop fort. Je le laisse avec les sacs pas trop prêt de l'eau et escalade rapidement le surplomb au dessus du Rio. Je repère trois arbres correctes et redescends le chercher avec les sacs. Je dégage la zone à la machette et on monte les hamacs dans la pénombre puis la nuit. Je fais le partage des provisions de route et on sèche dans les hamacs avant de manger. J'ai cru que je ferais des cauchemars, mais non.

Je crois que c'est Épictète qui a dit un truc du genre « Blâmer les autres de ses erreurs est d'un ignorant, s'en accuser soi même de quelqu'un qui commence à s'instruire, n'en blâmer ni les autres ni soi même de quelqu'un de vraiment instruit ».


(c'est bien Épictète (de mort) et la citation exacte est « Accuser les autres de ses malheurs, cela est d'un ignorant ; n'en accuser que soi-même, cela est d'un homme qui commence à s'instruire ; et n'en accuser ni soi-même ni les autres, cela est d'un homme déjà instruit. »)

N'empêche. J'ai agis comme un gros con. Je suis passé tout prêt de la noyade et j'ai mis ce qui est plus important que ma vie en danger. Je limite un maximum l'auto-flagellation. Pour moi, c'est juste un moyen malsain de se donner de l'importance, la haine de soi.

Je n'ai pas vu que c'était dangereux. Je réalise plus tard que quand je suis tombé la première fois avec mes sacs, si je n'avais pas nagé en diagonale, je n'aurais eu aucunes chances de m'en sortir sanglé entre mes deux sacs avec une trentaine de kilos de lest.

D'autres survivent à des accidents de voiture...

Attention. Plus de risques. Attention.

Mon GPS fonctionne encore mais l'écran scintille. Celui de Poulet est ok. Nous avons presque le même équipement en double. Je n'ai pas voulu cacher à Poulet ce qui m'était arrivé. Je lui ai présenté mes excuses pour nous avoir mis dans cette situation. Avant de s'endormir, il m'a dit dans le noir « Je t'aime Papa ». Ce soir il vient de me dire qu'il avait pris conscience que je n'étais pas immortel...


Ce matin je l'ai réveillé à 5 heures pour regarder la forêt s'éveiller. Traînés un peu dans le confort du hamac. Debout, nous avons creusé les deux trous (http://www.survivaltopics.com/survival/the-dakota-fire-hole) de notre feu.

Avec le bain d'hier, la moitié de mes allumes feu à fondu, mes briquets sont trempés, les siens sont secs. Nous avons chacun en plus, une boite de Maya Dust (http://www.inuka.com/sciure-maya-dust-light-my-fire.htm) et une paire de tongs. Feu en fosse, feu extérieur, Esbit, Dust, bougie, morceaux de tong, rien n'y fait. Impossible d'allumer un feu. J'y passe des heures. Avant qu'il ne pleuve, je m'arrête pour installer la bâche de 4X3m à 1m80 du sol. Je tend la paracorde dessous pour suspendre les fringues et dispose les deux ponchos en tapis de sol. Trop tard pour repartir, je décide d'une journée de pause. Malgré nos efforts, lui à me gratter et refendre les brindilles et les branches, moi à essayer d'allumer un feu, rien à faire. Je fais part de mes doutes à Poulet. L'Esbit a été bien entamé. Je lui dit que si on n'arrive pas à faire du feu, j'envisage de faire demi tour. Il préfère manger froid que de rentrer. Je me pose. Nous avons de quoi boire, de quoi maintenir notre chaleur, de quoi manger, nous abriter et naviguer. Dans ma baignade, j'ai perdu, il me semble, mon jeu de cartes de la région. Bien fait d'en équiper Poulet également. Du coup je lui ai confié 300$ au cas où...

A moi de tacher de faire la différence entre, se décourager trop vite et rentrer par excès de prudence, et un renoncement intelligent. Bon. On teste la bouffe froide et ses effets sur la digestion et on avise en fonction. Nous avons dîné à 15h d'une soupe « 10 légumes » froide. Avons mis à tremper pendant une heure, une ration chacun de spag bolo pour essayer de ramollir les pâtes. Au moins, la whey ne risque pas d'être abîmée par la chaleur. Vers 13h, avant, nous sommes descendu au rio pour remplir les sacs d'hydratations (SOURCE WXP 3l (http://www.youtube.com/watch?v=TvkrN_4hDpw) dans poche PLCE Karrimor noire (http://www.pyrene-bushcraft.com/plce-side-pockets-noir-karrimor-sf,fr,4,KAR-M0417.cfm)).

J'ai hurlé quand j'ai vu que la sienne était presque pleine. Pas possible de lui faire comprendre qu'il ne doit pas attendre d'avoir soif pour boire. Bref. Donc les pâtes étaient immondes, encore un peu craquantes. Son chocolat correct et mon « choco-cappucino » infecte. Galettes à la confiture d'ananas et bonbon à la menthe pour remonter le moral et oublier les pires spag bolo qu'on puisse trouver. Va falloir réussir à faire du feu. Son moral à l'air bon. Je ne suis pas superstitieux mais la « baignade » d'hier et ma nouvelle incapacité à faire du feu ne me rassurent pas vraiment. Poulet est Poulet. Calme, plutôt serein, mais trop dans la lune. Oublie tout. Je dois tout vérifier et surveiller. Stressant pour moi et pour lui parce que je lui gueule dessus. Pas vraiment autonome, distrait, je suis obligé de tout anticiper et de le surveiller sans arrêt. Demain on bouge. Je dois réussir à faire du feu. Dodo. 20H06.


Lundi 1er août


Lever tranquille vers 6h15, puis nous avons pris un car vers 7h30 pour la frontière où Papa avait prévu d'acheter un revolver ou autre pistolet pour 300$ maximum dans une armurerie. Nous pensions au départ emprunter la même route dont papa m'avait vanté les mérites visuels et sensationnels ; réputée pour sa vue sur la jungle de nuage ainsi que pour son itinéraire tortueux et glissant.

Malheureusement, nous avons appris rapidement que cette route n'était plus empruntée car trop dangereuse. Mais en contrepartie, nous avons tout de même eu droit à une longue promenade le long de la côte Pacifique, durant laquelle j'ai, pour la première fois de ma vie, vu un océan visible uniquement hors d'Europe ! Les plantations de palmiers s'étendaient à perte de vue, la chaleur était étouffante et les pauses nécessaires.

Arrivés à la frontière l'après midi, je suis resté à garder les sacs en attendant Papa, parti chercher de quoi nous défendre en cas d'attaque de jaguar(*1). La quincaillerie ne vendait plus d'armes, renforcement de la législation oblige.

C'est donc sans firearm et sans-j'oubliai de le dire-mon journal « les dossiers du canard enchainé »(*2) que nous nous sommes remis en route pour Esperanza (http://www.youtube.com/watch?v=OcTkUvjTYj8), où nous avons pris les sacs sur le dos jusqu'à une gare routière. En chemin, nous avons croisé un travelo qui m'a regardé de la tête aux pieds, très discrètement.

*1 (ou autre bestiole tout aussi sympathique)
*2 (oublié dans un taxi)

puis dans la gare routière, nous avons attendu le dernier bus pour notre dernière étape, Santo Domingo.

Nous y avons posé nos sacs dans un bel hôtel qui porte le nom d'un arbre local. Dans un supermarché, nous avons acheté du dentifrice, un savon, des gâteaux, du jambon, des nachos, du fromage, deux sachets refermables de confiture chacun et deux sachets de bonbons à la menthe.

Après avoir déposé tout ce matériel utile pour le moral, nous sommes allés prendre le dernier bon repas dans une pizzeria du coin. C'était d'autant meilleur que l'on va se taper des pâtes durant 3 semaines.


Mardi 2 août 2011


Ce matin, on s'est levé un peu plus tôt pour préparer une dernière fois les sacs (http://www.youtube.com/watch?v=-JCRXpwyw5o), tout vérifier avant de partir pour de bon, dans la forêt de nuages. Un taxi est venu nous prendre à l'hôtel à 9h pour nous amener à coté de Santa Clara, un village d'agriculteurs, à 1km du Rio Azul.

Papa avait raconté au chauffeur qu'il fallait nous déposer en lisière de forêt, pour que des amis Allemands viennent nous chercher ¾ d'heure plus tard... Ce qu'il a fait. Dès qu'il fut partit, nous entrâmes dans la forêt en T-shirt blanc et pantalon beige-l'uniforme touristique-pour revêtir la tenue de combat quand nous étions plus profondément enfoncés dans la jungle.

Le terrain était pentu, et vraiment très impénétrable. Et la végétation devenait de plus en plus dense (http://www.youtube.com/watch?v=XbpVqnHPT3c) et touffue au fur et à mesure que l'on se rapprochait du fleuve Azul.

Ce put**n de fleuve qu'il a bien fallu traverser, et qui a failli me laisser seul dans la jungle. Des arbres démesurément grands s'élevaient vers le ciel pluvieux, au milieu d'une végétation d'une variété impressionnante où la moindre fougère atteignait aisément les 5 mètres, et ceci sur chaque rive du Rio. Une large rivière de montagne, bruyante et puissante, ne laissait malheureusement d'autre solution que de passer sur l'autre rive pour établir un campement avant la nuit. Papa a donc été chercher l'endroit le moins dangereux pour traverser. Il est revenu peu après et je l'ai suivi. Il a traversé le premier, puis je lui ai emboîté le pas. Le courant était très fort et nous nous aidions de bâtons de marche pour ne pas tomber. Papa est naturellement arrivé devant moi sur la rive
(il a oublié que je suis tombé avec mes sacs une première fois), et m'a dit de m’asseoir, moi et mes 30 kg de sacs, sur un rocher au milieu du fleuve. Il a posé ses sacs et a voulu traverser pour m'aider. Mais le courant était si fort que même l'aide précieuse de son bâton n'a pas suffit à lui faire conserver son équilibre. Il est donc tombé à l'eau et a été emporté sur plus de 20 mètres par le courant, avant de pouvoir, par chance, se rattraper à un rocher, pour revenir à l'endroit qu'il n'aurait pas dû quitter.

Après plus d'une heure sur mon rocher au milieu du vacarme assourdissant des flots, j'ai pu finalement passer de l'autre coté. Papa me lançait une corde en nylon de type « paracorde », à laquelle j'attachais tour à tour mes sacs, qu'il hissait par la suite sur la rive. Puis ce fût mon tour. D'abord, j'ai accroché une bouée à ma ceinture (en fait une vache à eau que j'ai gonflée en soufflant dedans), puis j'ai noué la paracorde autour de ma taille, avant de marcher 1 ou 2 mètres dans l'eau puis d'être emporté par le courant et enfin sauvé par les précautions imposées par Papa. Nous avons ensuite monté un camp très rapidement, de nuit, trempés et épuisés.

C'est seulement en discutant, bien installés dans les hamacs que j'ai appris que Papa avait failli se noyer attiré par les remous, et qu'il n'était selon lui jamais passé aussi près de la mort.


Mercredi 3 août


Aujourd'hui nous avons passé toute la journée au camp, dont une grande partie du temps sous la bâche à essayer tant bien que mal de démarrer un feu qui n'a rien voulu savoir. Pourtant, les 4 fosses creusées pour l'occasion auraient dû nous permettre de manger chaud, mais non. C'est donc froides que nous avons savouré notre succulent repas gastronomique à base de fusillis et leur sauce bolognaise et petits légumes vapeurs, accompagnés d'une soupe aux 10 légumes et à l'eau de rivière.
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: Ishi le 24 décembre 2011 à 11:23:51
Bonjour,
Merci beaucoup pour ton compte rendu.  :love:
Je n'ai pas pu voir les vidéos car je suis au boulot avec un ordi gallo-romain.
Mais je profiterai du week-end bloqué à la maison (cause noel) pour les visionner.
Joyeux Noel
Steph
Titre: Un Poulet dans la jungle
Posté par: guarocaliente le 24 décembre 2011 à 13:02:23
Jeudi 4 août 2011 20h03


Moral ok. Poulet écrit et je l'aide à se souvenir des détails des événements depuis dimanche dernier. Pas envie d'écrire. L'orage est passé.

Au sec dans ma pertex (http://www.asmc.de/fr/Camping/Couchage/Sacs-de-couchage/Draps/Inlet-sac-de-couchage-Snugpak-Paratex-kaki-p.html) sur mon def 4 (http://www.youtube.com/watch?v=e5HkFc0-bdY), j'entends les grillons et les arbres s’égoutter sur mon tarp (http://i1185.photobucket.com/albums/z348/the_alias2/2011-08-05_13-21-50.jpg).

Dodo. Reposant de ne plus entendre le rio.


Jeudi 4 août


Une journée de marche sous une pluie battante, et sous les critiques toujours aussi stériles et si peu constructives de Papa... ça commence à devenir habituel, ces sarcasmes violents et moqueries en tout genres. Je suis surpris de voir que l'absence de V. (ma compagne) (qui y met volontiers du sien pour me rabaisser en temps voulu) n'altère en rien l'intensité des quasi-insultes toujours démoralisantes.

Mais au calme, dans le hamac, son attitude change totalement et les «mon chat» et les «chéri» viennent se substituer aux «lent», «andouille», «crétin», «immature», «boulet», «enfant», «pas dégourdi», «vraiment con», «pas réactif», «dans la lune», «ridicule», «empoté»... La liste est bien plus longue, on pourrait en faire un dictionnaire. Je veux bien pas faire la gueule et c'est pas mon habitude d'être rancunier, mais il y a des limites, je ne suis pas un punching-ball, ni un yo-yo, et les mots assassins ne glissent pas sur moi comme l'eau sur les plumes d'un canard.

J'encaisse. Tout depuis 3 ou 4 ans. Un jour ça va finir par exploser; par péter violemment si ça ne s'arrête pas rapidement.

Comme tout, mon calme et ma patience-aussi grands soient ils- ont des limites, et celles ci sont bientôt atteintes. Ça ne peut pas arriver dans la jungle, j'ai un moral et une motivation à conserver. Après explication de tout ceci à Papa, confortablement installé dans le hamac, dans la nuit qui nous empêchait de nous voir mutuellement, la personne qui doit détenir un doctorat en tortures mentales option Marines a accepté de faire des efforts en échange que je modifie ma nature et mon rythme en apparence lent, pour lui synonyme de lenteur intellectuelle. (Je suis trop gentil, je respecte trop ceux qui ne me respectent pas). Il dit qu'il est stressé, qu'il veut que je fasse attention pour que je meurs pas d'une connerie comme ça failli lui arriver. Je le crois volontiers. Mais ça n'est pas uniquement cela. Quand on aime quelqu'un, on essaye pas de le changer en permanence. Je suis rêveur, je fuis le quotidien et la réalité en partant dans mes rêves... MAIS PAS DANS LA JUNGLE! Je sais faire la différence entre les moments qui le permettent et les autres moments qui punissent cette attitude par une morsure de serpent ou un arbre qui me tombe sur la gueule ! Papa généralise trop et sur réagit ! Même si c'est pour me protéger par amour... m*rde ! J'en ai marre d'écrire pour moi-même ! Bonne nuit !!!


Vendredi 5 août 18h34



Tête trop en bas. Grillons, ruisseau et Poulet à un mètre de moi qui commente la composition de sa confiture de fraise. Toujours pas de feu. Pas encore fait d'autres essais.

On grimpe toujours vers le nord ouest pour rejoindre le rio Pavo. Hier nous avons marché sous la pluie. Avec les ponchos on devait ressembler à deux fantômes verts.

Explications franches dans la nuit de hamac à hamac. « P'lèt » à du mal à supporter mes réflexions, parfois exaspérées et souvent ironiques, c'est vrai, sur son comportement. Il reconnaît lui-même avoir du mal à grandir.

Il se comporte comme un gosse et me demande où il doit ranger son poncho, dans quelle poche de son sac. Je dois répéter la même chose des dizaines de fois. Dois lui montrer plusieurs fois comment faire des nœuds que j'avais pris soin de lui apprendre avant le départ en lui demandant de les réviser.

Mon cul. Plus drôle de faire du skate.

Incapable de régler sa frontale. (http://3.bp.blogspot.com/_oRxMlFk5QwU/TAE6pTUamvI/AAAAAAAAEh0/Cl7BVx85uzg/s1600/Petzl-Tikka-XP-2.jpg)

Bref. L'expression « ne pas avoir les deux pieds dans le même sabot » ne lui convient pas vraiment. Encore un peu jeune.

En positif, il encaisse bien. Il souffre sous son sac, supporte de manger froid, d'être crade, trempé et isolé avec moi. Juste besoin d'un peu plus de maturité.

Mais l'occase s'est présentée et dans trois ou quatre ans il aura probablement d'autres priorités que partir avec son père en voyage. J'ai tenue ma promesse. Je me suis efforcé d'être plus patient aujourd'hui...

Mais c'est dur, il les cumule. Du coup, je passe systématiquement devant, fait tout le boulot de layonnage.......................


Vendredi 5 août


Rien de vraiment particulier. Une journée de marche normale en direction du Rio Pavo, sous les ponchos en guise de protection de pluie. Le soir j'ai promis à Papa que si je devais rentrer seul, je le ferai; afin surtout qu'il puisse tenir sa promesse.  
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: éclipse le 24 décembre 2011 à 13:20:00
C'est vraiment génial de lire ça.
A mes yeux vous avez une chance inouïe de partager une telle expérience ensemble.
Je suis lecteur addict de votre aventure.
A l'occasion j'espère avoir des questions intelligentes.

Merci du partage avec nous.  :-[

'clips
Titre: Un Poulet dans la jungle
Posté par: guarocaliente le 25 décembre 2011 à 23:39:36
Samedi 6 août


Ce matin, nous avons pris le temps de nous laver dans un petit ruisseau (http://www.youtube.com/watch?v=kSOWOlbof7Q) ainsi que de laver nos fringues qui dégageaient alors une odeur de pourri vraiment nauséabonde.

Papa, je trouve, n'a pas assez respecté ma pudeur, en disant qu'il était temps de grandir, qu'on était « entre hommes » etc..

Mon corps m'appartient, je le montre à qui et quand et où je veux. Si « devenir un homme » c'est devenir exhibitionniste au possible, montrer son cul à tout le monde, alors très peu pour moi, merci. Je respecte sa position sur le sujet, ça ne me choque pas du tout, je demande juste qu'on puisse discuter et échanger nos opinions sans juger l'autre. Après avoir fait briller nos habits au savon à la lavande, nous sommes retournés manger au camp, et pour la 1ere fois, le camp entier était attaqué par des nuées de mouches, qui ont déposée une odeur de moisi sur tout notre équipement et sur nos vêtements.

m*rde ! J'ai rangé mes affaires dans mon sac et dans la précipitation, sous le regard honteux et désespéré de Papa, prêt, lui, depuis longtemps.

Nous sommes partis beaucoup trop tard, vers midi, et nous n'avons toujours pas réussi à faire du feu.

Nous sommes trempés, mais au moins il n'a pas plu de la journée, chose rare en saison des pluies. Le soir, vers 3 heures de l'aprèm, je me suis plus investi et j'ai été plus vite pour monter une partie du camp (http://www.youtube.com/watch?v=KeEOHI-Re30) et mon hamac, sous le fisheye de la caméra. (http://www.shop-paintball.com/images/hd170stealth.jpg)

Pendant que j'installais les ponchos et que je préparais les pâtes (froides  :(  ), Papa déblayait et ramassait du bois pour le futur feu.

Nous avons mangé, tout rangé dans les sacs que nous avons suspendus à de la paracorde, tendue entre 2 arbres, et enfin mis nos vêtement à sécher sous la bâche, et sur un fil de paracorde décidément bien utile.

(http://img39.imageshack.us/img39/2340/guirlandev.jpg) (http://imageshack.us/photo/my-images/39/guirlandev.jpg/)

Dans les hamacs, installés parallèlement nous discutons de choses et d'autres avec Papa qui semble détendu. Il recharge la caméra sur une dynamo, soigne ses blessures, se coupe les ongles et mange des galettes au beurre dans le bruits des grillons, des oiseaux et insectes nocturnes.

Une chauve souris virevolte entre les hamacs et nous débarrasse des insectes, tandis que des lucioles scintillent autour de nous, et que mes paupières se ferment peu à peu.


Dimanche 7 août 2011 5h33 18° 1340m


Poulet dort toujours. Le soleil se lève officiellement à 5h22 sur cette colline. Premier campement en haut d'une crête. Du coup il fait jour plus tôt.

Vendredi soir j'ai interrompu brutalement mon journal. Fatigué, la conversation avec Poulet m'a achevé.

Tout en écrivant, on en est venu à parler de sa capacité à rentrer seul en cas de besoin. M'a dit que, de toutes façons, s'il m'arrivait un truc, il préférerait se tuer que de rentrer.

Ça m'a foutu hors de moi ! Lui ai mis l'ultimatum que s'il ne me donnait pas sa parole de tout faire pour rentrer quand même, on rentrait demain. Sur ce, lui ai souhaité « bonne nuit » sèchement et ai éteint.

Un peu plus tard, il m'a dit qu'il me le promettait pour que je puisse tenir ma promesse faite à sa mère (que je ne sortirais pas de la forêt sans lui et qu'il serait capable de rentrer seul si besoin). Conversations morbides à ne pas étendre plus que nécessaire mais indispensables à ma tranquillité d'esprit.

Bon, sujet réglé, me suis endormi.


Hier samedi, nous sommes partis assez tard. Pas de pluie depuis jeudi. Toujours pas de feu. Je vais encore essayer ce matin. J'ai fais un essai avec un petit morceau de Ridge Rest, (http://www.asmc.de/fr/Camping/Couchage/Matelas/Tapis-de-sol/Therm-A-Rest-Ridge-Rest-SoLite-matelas-regular-p.html) ça pourra servir d'allume-feu.

De plus en plus d'oiseaux différents. On supporte bien de manger froid. Bien trempé pendant 1h30, c'est comestible. Pas de problème de digestion ni de faim.

Hamacs formidables.

Évidemment très chers, avec le risque de se faire taxer à la douane, mais techniquement quasiment parfaits.

Stables, légers, solides, respirants (dos sec le matin avec drap de sac en Pertex et Defence 4. Ridge Rest mouillé quand on s'en sert. Pas encore indispensable).

Pratique avec les 6 grandes poches dessous, la poignée à la tête pour se remonter, les deux petites poches internes, les boucles de suspension au dessus de la tête et des pieds pour accrocher la frontale et la montre. Tarp très grand, léger, tissé rip stop et bien étanche.

Les grandes poches sous le hamacs permettent de stocker mes tongs, la Nalgene (http://www.asmc.de/fr/Camping/Cuisine-outddor/Boire/Gourdes/Gourde-Nalgene-Everyday-1-l-grise-p.html) pour pisser (dans le hamac sans avoir à sortir la nuit), la gourde avec le tuyau pour boire sans la sortir de la poche, ma polaire, les GPS, carte, cahier, etc...

Ces poches permettent en théorie de créer une masse d'air stable sous le hamac pour l'isolation thermique. C'est sensé être un hamac tous milieux, tous temps. Le tarp est très grand et peut se refermer à la tête et aux pieds par des velcros en cas de grosses pluies latérales. En plus de la moustiquaire, le hamac peut se fermer complètement comme une tente. Coupe vent et respirant. J'ai essayé une nuit et ça augmente vraiment la chaleur dans le hamac (http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=Jq2sMWPjQZg).

Ça sera utile plus haut. Même si regarder la forêt s'éveiller est un plaisir. Le majeur droit se remet doucement. Rien de cassé mais toujours sensible. Le pli de la peau au-dessus de mon aisselle droite est à vif. Frottement des bretelles des sacs.

(http://img225.imageshack.us/img225/395/frottementbretelles.jpg) (http://imageshack.us/photo/my-images/225/frottementbretelles.jpg/)

Mis un pansement gel pour les ampoules. Rechargé 10 minutes la caméra avec ma gégène de poche, hier soir.

On a plaisanté avec Poulet du bruit bizarre que ça fait dans la nuit, espérant que ça ne reproduit pas le cri du bébé jaguar en détresse.

"P'lèt" était plus détendu hier soir. Il s'est bien rendu utile en préparant le campement sous la bâche (http://youtu.be/WnuBTCa2XF8), en disposant les ponchos en tapis de sol, installant les sacs et mettant à tremper les pâtes pendant que j'élaguais pour installer les hamacs.

J'ai revu l'objectif à la baisse au niveau distance à parcourir. Du coup je serai moins exaspéré de le voir traîner, donc je serai moins à lui crier dessus.

Moins stressant pour tous les deux.

Hier matin nous avons été nous laver dans un gros ruisseau. Pudeur d'ado. Se lave en gardant son maillot de bain. A fallu que je gueule un bon coup pour qu'il daigne l'enlever pour le laver aussi. Avec la promesse que je me lave en lui tournant le dos... Quand je pense que je l'ai torché... Bref.

Son hamac est parallèle au mien, à 4 mètres de distance. Après avoir soigné mon épaule et rechargé un peu ma caméra, je l'ai regardé écrire à la lumière de sa frontale. Quelques lucioles ont tournés autour du camp. Une chauve souris chassait entre les hamacs les insectes attirés par notre CO2 et nos lumières. Pas un seul accident de trajectoire entre les moustiquaires frôlées et les haubans très fins des tarps.

6H30. Je l'entend ronfler doucement. Je prends une photo de son hamac

(http://img195.imageshack.us/img195/2086/file0082c.jpg) (http://imageshack.us/photo/my-images/195/file0082c.jpg/)

et le réveille ensuite j'essaie de faire du feu.


Dimanche 7 août 2011 18h grillons time


Feu nickel. (http://youtu.be/y-fy5G6-mKM) Il était temps, retrouvé la technique.

Cool. Du coup les bolos étaient « bonnes ». Encore prise de tête avec P'lèt. Je dois encore l'attendre. Bon. On part enfin en milieu de matinée. Trop tard. Poulet a mal au ventre. En fait il a surtout très envie de chier. Il a attendu 3 jours. Cette andouille s'est retenu parce qu'il n'avait pas assez d'intimité ! Je l'avais prévenu que je ne le quitterai pas d'une semelle même dans ces moments là. Avait du croire que c'était juste une façon de parler... Mais là il a de plus en plus envie et traîne derrière moi. Donc j'ai obliqué à l'ouest pour rejoindre un petit torrent. (http://youtu.be/6crrH9pi32c)

Descente pénible au fond ; entre deux collines escarpées. Je lui ai tourné le dos en m'occupant de remplir les gourdes et les Nalgène.

Ensuite il a fallu remonter de l'autre coté. Impossible de remonter le cours de l'eau (début de la pluie à 18h18. 3 jours sans pluie) en raisons des gros rochers lisses.

Donc escalade de malade pendant 30 minutes (pente quasi verticale). Je joue de la machette comme un dingue pendant que Poulet suit dans mon layon 2 ou 3 mètres derrière en faisant gaffe où il met ses mains et ses pieds. Escalade de malade mais pas d'autre chemin possible non plus vers l'aval.

Arrivé en haut de la crête, mur de liane et de broussaille.

On pose les sacs et je taille un chemin. Au bout de 20 mètres, "P'lèt" me remplace un peu. La machette ne coupe plus rien, le ciel est gris, on est en pleine pénombre. On fait marche arrière dans le layon, une vingtaine de mètres, on récupère les sacs et on installe le mieux possible les tarps et les hamacs.

Comme tous les soirs, je tends de la paracorde entre deux arbres, le plus haut possible, et on y suspend les sacs à dos et les day packs avec la bouffe. On recouvre l'ensemble des ponchos en regardant avec inquiétude le vent se lever.

L'orage gronde au loin. (la pluie de tout à l'heure est déjà passée). On accroche les fringues et les bottes aux cordes des hamacs et on reste en boxer et tongs à regarder la cime des arbres au dessus de nous en parlant du destin (C'est à dire du fait qu'on peut pas faire grand chose si, sur les millions d'arbres autour de nous, ça doit être celui au dessus de nous qui nous tombe sur lag. Bon je vérifie un max avant d'installer les hamacs, mais c'est pas une "science" exacte). Il se couche, je reste un peu dehors dans la pénombre (à regarder le vent dans les arbres au dessus de nous. Dans le hamac ça n'est plus possible à cause du tarp).

La tête de son hamac est vraiment trop basse. Il s'est plaint ce soir de nausées dû à l'odeur de pourri de notre équipement.
Depuis quelques années, j'ai presque perdu l'odorat. Gênant quand je ne sens pas le gaz ouvert ou le rôti brûler dans le four et génial d'échapper à beaucoup d'odeurs nauséabondes.

Bref. Comme nous n'avons pas eu le temps de dîner, je lui ai donné des dosettes de sucre et du chocolat en poudre. Nous avons pris des galettes et de la confiture dans les poches du hamac. Bruits de moteurs au loin, Poulet les entend aussi. Petites pluies intermittentes. Fatigué, j’éteins. 18H55.


Dimanche 7 août


Ce matin, c'était la grasse matinée dominicale, où nous avons dormi jusqu'à 7 heures du matin au lieu des 6 habituelles. Nous avons enfin réussi à faire du feu, et à manger chaud pour la première fois. Il a fallut 2 heures pour faire le feu à cause de l'humidité.

(http://img838.imageshack.us/img838/7397/pouletbatonnematin7aout.jpg) (http://imageshack.us/photo/my-images/838/pouletbatonnematin7aout.jpg/)

Ça doit faire 2 ou 3 jours qu'il n'a pas plu, et à vrai dire ça ne me manque pas trop.  :) Les mouches se sont invités quand il n'y a plus eu de fumée, qui semble d'ailleurs éloigner tous les « parasites volants ».

En partant, j'ai eu mal au ventre (envie de ièch). Papa, comme à son habitude, n'a pas laissé passer cette occasion providentielle pour me rabaisser, encore et toujours : « put**n ! Je t'avais dit de faire ça avant-hier ! Pudibond, immature... etc. »

Nous avons fait un bout de chemin avant de descendre une pente abrupte qui menait droit à un ruisseau (1m50 de large) qui offrait une très belle vue sur les arbres gigantesques de chaque coté du Rio ; qui descendaient en petites cascades pour se jeter dans l'Azul.

Mes besoins faits, nous sommes remonté par une pente très... pentue.

Et pendant que mon paternel nous traçait un chemin dans la végétation, nous escaladions en nous accrochant aux racines, 30kg sur le dos. Sportif !

En haut tout n'était que broussailles et ronces impénétrables, à l'exception d'une zone sur laquelle nous avons posé nos sacs.

Nous taillons des ronces pour nous frayer un passage à coups de machette (http://youtu.be/xsiyY7rU0f8) quand nous nous sommes laissés surprendre par la nuit.

(Un peu pédant) : Nous avons installé nos hamacs vite fait et nous avons fait dîner de paquets de gâteaux et de confiture dans les hamacs.

Ah ! J'oubliai de parler des animaux ! Nous avons pu observer de magnifiques papillons bleus, (http://www.youtube.com/watch?v=dgin_1aimOw) des rouges et noirs, des jaunes et noirs ainsi que quelques autres papillons de nuit moins agréables à l’œil ! Une mygale rouge à points noirs. Sinon, des bruits d'oiseaux aussi étranges qu'inconnus, notamment un cri à mi chemin entre le ressort et la guimbarde. Très amusant. Ah, des musaraignes et pleins de terriers de toutes sortes.
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: VieuxMora le 26 décembre 2011 à 00:12:54
Quelle belle aventure, et merci de nous la raconter si bien à deux voix.
J'y suis d'autant plus sensible que mon plus jeune fils a 16 ans aujourd'hui !
Je vais lui passer le lien.
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: oliv0808 le 26 décembre 2011 à 00:28:40
 :love: :love:
les textes + les liens c'est vraiment génial  :up: vivement la suite!!
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: Irazú le 26 décembre 2011 à 03:35:32
yep.. super retex.. comme toujours..
je ne savais pas que ca avait été chaud á ce point entre vous deux..  :-\
je croyais á quelque remise au point voire quelque friction trans-générationelles  ::)

mais lá quand meme ca a bien fighté!
ca me fait drole de lire les impressions de Poulet, ses réflexions pertinentes assez abouties.. lui qui était resté plutot sur la réserve.. ;)

en tous cas c'est bon de vous lire, et de se remémorer les discutions passées..

bises chez vous les amis! et joyeuses fétes..
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: Nävis le 26 décembre 2011 à 20:36:55
Moi, je suis au cinéma!
 :love:
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: Willy le 26 décembre 2011 à 21:38:55
Excellent ... ca se lit comme un roman ... !!  :doubleup:
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: merydine le 27 décembre 2011 à 09:17:47
Je suis au boulot et j'ai du mal à décrocher.  :doubleup:
Bon courage.

Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: Watchmen le 27 décembre 2011 à 10:06:52
Hâte de lire la suite , c'est marrant que tu soit si exigent avec Poulet , alors que lui ne te blâme a aucun moment de ne pas avoir réussi a faire de feu , ou d'avoir failli te tuer dés le premier jours .
De même finalement ces premiers jours dans la jungle te laisse plus abimé physiquement que lui .

En tout cas chouette voyage a partager avec sont fils , malgré mes remarques je comprend pas mal tes réactions , quand on est exigent avec soit , on l'est souvent beaucoup aussi avec les autres (surtout ce qu'on aime )
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: Trekkal le 28 décembre 2011 à 11:35:24
En terme de recit d expedition c'est la grande classe,le top du top,la creme de la creme...les deux regards de deux personnalites et tranche d age differentes,les liens et videos...manque plus que la 3D
et le surround dolby digital...heureusement j ai du sopalin a portée de mains...vivement la suite !!!  Merci a vous deux.
Titre: Un Poulet dans la jungle
Posté par: guarocaliente le 28 décembre 2011 à 19:08:14
Lundi 8 août 2011 5h48 1300m


Pluies très légères cette nuit et le vent s'est calmé. Mal dormi, pieds trop bas. Dur à régler en légère pente.

Un arbre est tombé pas très loin dans un grand craquement vers 1 heure.

A deux heures, je somnolais. J'ai entendu plusieurs bruits de craquements de branches au sol. Et ensuite le bruit caractéristique que font les pécaris.

Pas des grognements de sangliers. Une sorte de bruit bizarre avec les lèvres. Quand j'ai jugé qu'ils étaient très proches, j'ai allumé ma frontale et j'ai gueulé « HOOO !!, LES COCHONNNS !! LES COCHONNNS !! »

Au bruit pas moins de 4. Je sais qu'ils vivent en harde. (http://www.youtube.com/watch?v=NhBaK4HTNUg)
Ont détallés vers le bas de la pente immédiatement. Pas une surprise. En layonnant, un peu plus haut, j'ai mis à jour une zone très piétinée, une sorte de cache dans les broussailles.

Poulet ronfle doucement.

J'ai accroché mon x-lander (http://www.trekkinn.com/montagne/suunto-x-lander/4581/p) aux arceaux de tête du hamac pour connaître la température extérieure.

Un animal dans l'arbre au dessus de moi fait tomber quelques branches en se déplaçant. Le tarp m’empêche de le voir. Immobile et silencieux, camouflé derrière la moustiquaire du hamac vert et noir il est facile d'observer les animaux quand je suis seul. Du moins quand on ne parle pas avec P'lèt. Faut que je le réveille. Ça dort beaucoup un ado.

16° à 6h20.


Lundi 8 août 2011 19h53 18° 1400m


Encore gueulé contre P'lèt. Ce matin trop lent. Dois lui répéter 10 fois les mêmes trucs de base. Un peu saoulant.

Je l'avais prévenu qu'une expé c'est comme un avion ou un bateau : pas le lieu pour la démocratie. Cause toujours. Je répète sans arrêt les mêmes trucs.

Il s'en fout. Il a presque 16 ans.
 
Dimanche prochain.

D'ailleurs, je trimbale dans mon sac, bien planqué, 2 bougies, un «6» et un «1».
 
Ma blonde a fait faire par sa mère un gâteau, un cake aux fruits. Elle est allé faire du charme à un commerçant pour qu'il l'emballe sous vide.

Avec les bougies dessus, ça ferait un gâteau d'anniversaire un peu pourri dans la civilisation mais ici, ça devrait lui plaire.

Sa mère et sa sœur m'ont donné également une barre de chocolat Belge et un dessin de sa petite sœur.

J'ai également enregistré 3 vidéos clip avec ma caméra. Un avec sa mère et sa sœur, un autre avec ma blondeur, le dernier avec ma belle mère et son mari. Lui souhaitant tous un joyeux anniversaire.

Moi j'ai regardé en douce, avec le son au minimum, celui de ma chérie. Me manque un peu. Bref.

Today nous sommes reparti vers le nord de la crête où nous avons passés la nuit. Bloqués. J'ai layonné comme un dingue. Au bout d'un tunnel d'une vingtaine de mètres dans le fatras végétal et ne pouvant savoir si je partais pour 1 heure ou 3 jours, on a fait demi tour. (Plusieurs espèces de papillons de nuit me tiennent compagnie, entre mon tarp et la moustiquaire).

Essayé de passer à l'ouest et au sud. Même fouillis impénétrable. Colline avec peu d'arbres sur les flancs, donc soleil qui touche le sol, donc fouillis. Bloqués en haut.

Pas d'autres solutions que de faire demi tour et de redescendre par notre chemin de dingue de la veille, pente presque verticale. J'ai jeté ma lance pour avoir les mains libres.

En bas il a fallu remonter presque à la verticale avec nos 30kg, le ventre vide depuis la veille, trempés de sueur.

On reprend la marche. Épuisés, j'ai décrété une fin de journée très tôt sur un plateau. Nous avons élagués, installé les hamacs sous les tarps.

Nous avons descendu la pente vers le Rio avec ma gourde (la sienne est presque toujours encore pleine le soir. Boit beaucoup moins que moi), les Nalgène et le jerrycan souple pour faire une provision d'eau. Presque en bas de la pente très à pic, juste au dessus de la rivière, la pente très à pic l'est devenue complètement. Demi tour.

Avons été ramasser du bois pour le feu. Très humide, j'ai commencé à bosser sur le feu pendant que Poulet bâtonnait. L'orage est arrivé très vite. Léger. Eu le temps de mettre la bâche au dessus du feu.

On a bien passé deux heures à se relayer pour souffler sur les braises, sous la pluie battante, enfumés sous la bâche.

J'ai pris un poncho pour ramener du bois pendant que Poulet soufflait à s'en asphyxier. Feu HS à 17h.

Pas grave. Je recommence demain. Au moins on aura du bois à peu prêt sec.

Pendant que Poulet prépare la bouffe froide dans les popotes, je tends de la paracorde pour suspendre les sacs et les fringues trempées qu'on trimbale dans des sacs poubelles. Poulet m'assure que tout sent le moisi. Bon, s'il pleut cette nuit ça les rincera un peu.

Dîné dans le hamac avec la popote (http://www.rayonrando.com/popote-legere-ardor-solo-non-stick-popotes-manger-boire-3375-66-19-26.z.fr.htm) sur le ventre. Nouveau.

Ai essayé de recharger la batterie de la caméra avec ma dynamo : épuisant et semble inefficace. J'en ai une de réserve de petite capacité bien pleine. Je la garde pour l'anniversaire de Poulet, qu'il puisse voir ses vidéos. J'espère que la dynamo rechargera un minimum la caméra pour pouvoir l'utiliser en mode photo.

P'lèt a éteint et moi aussi. Cochons hier et oiseau mouche noir à ventre rouge cet aprèm. Est venu voler autour de nous. Première pour Poulet.


Lundi 8 août


Mal de ventre terrible!

Un peu bloqués sur le plateau, encerclés par des ronces, nous avons commencé à tailler un chemin dans celles-ci, avant finalement de redescendre par là où nous étions montés la veille. Puis, épuisés, nous avons traversé le Rio de la veille pour remonter exactement en face.

Une pente longue, abrupte, sans vraiment de prises à profusion et en plus de ça, très glissante. Vraiment éprouvant.

C'est pourquoi nous nous sommes établis plus tôt que prévu sur un terrain très plat et que nous avons essayé de faire un feu sous la bâche. Il pleuvait des cordes et on se relayait pour bâtonner et souffler sur le feu.

A m'asphyxier quasiment. Un moment je me suis relevé, le décor tournait autour de moi et je suis tombé. Ça doit détruire le cerveau cette connerie de fumée.

Tous ces efforts restèrent vains. Plein de braises et pas de flammes qui durent. On mange froid. On suspend les sacs et se couche en mangeant les pâtes lyophilisées froides (bolo) dans les hamacs.


Mardi 9 août


Journée de fous furieux.

Lever à 7h00, dans le stress pour moi. Pas le temps pour le feu.

Je ne sais pas ce qui m'arrive, mais impossible d'avaler ces putains de bolos froides. J'ai l'impression que je vais vomir.
Papa me force quand même, je ne peux pas tenir la journée avec 600 cal dans le ventre.
Alors je me gave, je me force en pleurant ; c'est imbouffable ; c'est croquant et froid, un gloubi-boulga infâme à l'aspect de vomi.
Un bonbon et c'est reparti.

Nous marchons vers un petit rio, dont les petites cascades forment de jolies piscines naturelles. On remplit les gourdes, et nous remontons vers le nord, les pieds dans l'eau. Marcher dans le torrent de montagne à l'eau claire nous fait gagner du temps et nous évite de déblayer les broussailles et la végétation. En plus on ne laisse aucune trace. Au bout d'une heure de marche en remontant les cascades, nous nous arrêtons pour faire le point et ramasser de belles pierres.

Un oiseau mouche nous observe et nous tourne autour en faisant des sur place, plus repart et disparaît aussi vite qu'il est arrivé. Nous sortons du ruisseau pour monter une pente difficile et interminable.

On arrive sur un endroit plat, avec un seul arbre et des broussailles à travers lesquelles on ne voit rien.

Pas possible de camper là. Pas le choix, on taille des broussailles, et derrière, une crête recouverte de végétation épineuse. (http://www.youtube.com/watch?v=DLWLBtyjCH0)

Une vue sublime sur les montagnes des deux côtés ; nous avons l'impression d'être sur la canopée, de marcher sur les arbres. Il est l'heure de camper et la nuit va tomber. Et pas un seul arbre pour les hamacs. Tant pis.

Dans le passage de trente mètres taillé à la machette, sur le tapis de végétation (un mètre de haut) en haut de la crête, dans la nuit, nous voyons les montagnes sur les côtés et nous dominons la forêt. (http://www.youtube.com/watch?v=_NDWSVMmk-8)

A ma demande, Papa me raconte son rêve de la nuit dernière : Pill'Hours, D., une table qui vole...

La journée se termine dans l'endroit le plus étrange où l'on puisse dormir : dans les nuages au milieu d'une jungle humide et impénétrable, sous un ciel étoilé.
Titre: Un Poulet dans la jungle
Posté par: guarocaliente le 28 décembre 2011 à 20:51:20
Mercredi 10 août 2011 18h15 1600m


Hier soir, c'était vraiment pas le moment pour écrire.

Bois trop humide pour faire du feu après la pluie de la veille. Mangés nos carbo protéinées froides.

P'lèt, son organisme s'est rebellé. J'ai du le forcer à terminer. Il avait la nausée mais bon ou pas (froid ça ne l'est pas) ce n'était pas le problème. Besoin de ces quelques calories.

On est reparti. Marche ponctuée de pauses d'un quart d'heure toutes les 45 minutes. Je marche toujours devant avec la machette. Il suit sans se plaindre.

En fin de matinée, j'ai marché sur un petit tronc pourri au sol (toujours la précaution de vérifier l'absence de rampants derrière). Brûlure atroce au lobe de l'oreille gauche et au poignet droit.

J'ai dévalé la pente en courant. Impression que l'oreille avait doublé de volume. P'lèt n'a pas été attaqué. M'a dit que ça ressemblait à des gros moustiques. Très douloureux.

On reprend les montagnes Russes. On arrive vers 12h en haut d'une crête. Bloqué par le fouillis des ronces et des lianes mélangées. J'attaque à la machette. J'avance sur la ligne de crête.

A gauche et à droite, ce sont des à-pics.

Je m’arrête toutes les demie heure pour passer un coup de trois points (tiers-point) (http://fr.wikipedia.org/wiki/Lime_%28usinage%29#Tiers-point) sur la machette.

Vue sublime à droite et à gauche. Dans notre fouillis végétal j'ai ouvert une saignée d'environ un mètre de large. Malgré le fait que j'utilise les gants en cuir de Poulet (les miens ont fini dans le rio, le premier jour. Me reste une paire jaune en kevlar. Me protège pas vraiment, finira en lambeaux), mes mains sont tout écorchées.

En fin d'aprèm, quand il est devenu évident que nous ne serions pas sorti avant la nuit, j'ai décidé que nous passerions la nuit dans le layon. (Nous avons été étendre sur les ronces, nos vêtements puants en amont et aval du layon. Si ça dissuade pas des éventuels pécaris de faire demi tour, on se fera piétiner.)
Dans les hamacs, sans arbres.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418041086-file0109.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418041086-file0109.jpg)

Nous avons plié la bâche sur plusieurs épaisseurs dans la longueur (4m), prolongée des ponchos.

Posé les Thermarest (http://www.expemag.com/matelas-de-sol/matelas-de-sol-therm-a-rest-ridge-rest.html) sur la bâche, puis les hamacs. (dans le but d'éviter de faire des accrocs, nous sommes sur un tapis de ronces, au nylon fragile des hamacs).

Comme les hamacs ont des arceaux en fibre de verre pour tendre la moustiquaire, j'ai taillé dans mon bâton-lance de marche des pieux que j'ai enfoncés dans le sol sous les ronces, pour y attacher les arceaux. De façon à transformer les hamacs en tunnel de survie.

J'ai imposé à P'lèt et à moi-même de dormir dans les def 4 et les pertex pour qu'il y ai une épaisseur supplémentaire entre l'extérieur et notre fragile nylon. Une étuve.

Nous avons fermé la doublure respirante (mais pas étanche) en laissant une ouverture pour la moustiquaire (au dessus du visage) de façon à avoir moins chaud. Pluie improbable la nuit. Vue sur les rares arbres dans la pente. Pas d'étoiles visibles.

Chaleur étouffante, j'étais trempé hier soir.

Après une nuit horrible à baigner dans ma sueur, la tête en bas avec un creux sous les reins et à me réveiller dès que Poulet bougeait (de peur qu'il bouge trop et accroche son hamac dans les ronces), je suis levé avec d’extrêmes précautions.

Me suis dit que je devais représenter une source de chaleur exceptionnelle sur le sol (serpents attirés par la chaleur).
Que des cafards et des grillons. Une grenouille.

Je vérifie autour de P'lèt et lui demande de se réveiller.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/49/1417984708-file0111.png) (http://www.noelshack.com/2014-49-1417984708-file0111.jpg)

Toujours dans le pâté le matin.


J'ai oublié la remontée dans la rivière !!  Poulet viens de me le rappeler ! Journée de dingue hier. Bon, le matin avant d'arriver sur la crête recouverte de ronces, nous descendons dans une rivière remplir les gourdes. Je juge que les flancs de colline sont trop escarpés.
Nous remontons donc le cours de la rivière, les pieds dans l'eau. P'lèt apprécie moyennement et essaie toujours d'éviter de se mouiller les pieds.
L'y oblige souvent plutôt que de le voir mettre le pied sur un rocher bien rond recouvert de mousse. (Faut pas oublier qu'il ploie sous le poids de ses sacs, donc son équilibre est précaire).

C'est en quittant le Rio, bloqués par un arbre tombé en travers, que nous nous sommes retrouvés sur la crête.


Après avoir levé Poulet, j'ai repris mon boulot de malade. Pas mangé depuis la veille.

Une bonne partie de la journée, quelques heures à se relayer tous les quatre ou cinq mètres de ronces ouvertes.

Boulot de malade.

Vers 11h00, je débouche enfin sur des arbres. La forêt.

Poulet et moi estimons à au moins 100m mètres de layons ouverts dans les ronces entre mardi après-midi et mercredi midi. Peu après, nous tombons sur une piste visiblement ancienne et humaine. Comme elle va dans la bonne direction (vers le nord), on la suit allègrement.

Elle débouche rapidement sur une ancienne route forestière. Une nouvelle absente des cartes.

Inutilisée  depuis des années vue la taille des arbres qui y poussent. Cool.

Après les olympiades du layonnage, j'apprécie. Vers 15h30, on quitte la « route » qui ne va plus dans notre direction.

On s'enfonce dans la forêt en direction d'un petit cours d'eau que j'entends dans la nuit derrière les grillons, les papillons de nuit coincés sous mon tarp et les bruits de Poulet à quelques mètres.

On installe les hamacs le plus correctement possible. Après la nuit d'hier, les hamacs suspendus représentent le summum du confort.

Trop tard pour essayer le feu. En cette saison, me faut bien entre une ou deux (plutôt deux) heures pour faire du feu. Mais deux heures le matin et deux heures le soir, c'est pas possible.

Donc on bouffe froid. Faudra attendre de trouver un coin sympa, plus haut dans les montagnes pour faire un camp durable. Et essayer de trouver de la viande.

Avant d'aller dans le hamac, me suis préparé un délice pour quelqu'un qui n'a pas mangé depuis hier matin (hormis quelques galettes à la confiture). Dans ma popote de 1l 4, j'ai mis, une dose de fusili à la carbonara à la whey, deux soupes du « pêcheur » instantanés de Royco et deux doses d'huile pimentée à pizza piquée chez Domino's.

Suspendu à mon hamac.

Mélangé après trente minutes, dégusté avec ma demie spork (http://www.industrialrev.com/spork-original.html) cassée au début du voyage. La cuillère trop courte réparée avec du tape tombe dans mon vomi de pécari safran. Je la récupère de mes doigts et ongles noirs et la lèche avec délice en me suçant les doigts. Un régal pour un affamé.

Poulet apprécie moins. J'insiste dans la nuit pour qu'il termine. Lui ai dit de penser à la récompense, galettes à la confiture.
Vivement dimanche qu'on mange son gâteau d'anniversaire !

Quelques échardes pour tous les deux. Mes deux gros orteils étaient très gonflés ce soir, très blancs et la peau fripée semblait prendre le chemin de se crevasser. Les ai laissés sécher longtemps, ainsi que le reste, à poil sur mon sac. Sont secs maintenant. Majeur moins sensible et plaie pliure aisselle droite (due au frottement des bretelles pendant le layonnage) cicatrisée. Échardes et écorchure à surveiller.



Mercredi 10 août


Aie ! J'ai mal dormi ! Le sol de ronces était dur et je me suis réveillé plusieurs fois.

Au réveil, la vue est sublime, magique, ; et le soleil tape fort. Nous continuons de tailler une route à la machette en remontant la ligne de crête durant toute la matinée. Il fait chaud, les efforts sont énormes et intenses et nous n'avons rien mangé depuis un jour.

Les vêtements sèchent sur les ronces et leur crochet en forme d'hameçon (spécialité du coin), et, au bout de trois heures à se relayer pour layonner, et 150 à 200 mètres taillés dans les broussailles denses et dures à dégager, en plein cagnard et faibles comme tout, nous venons à bout de cette folie pour retrouver enfin des arrrrrbrreess!!

On marche après pendant longtemps et nous rejoignons un chemin forestier.

Bizarre, il n'est pas sur la carte. On voit qu'il n'est plus emprunté depuis 4 ans au moins. Il va dans notre direction. Nous le suivons et il nous fait gagner un temps inestimable. On gagne un kilomètre facilement.

Nous nous arrêtons à un moment, et nous partons sans les sacs pour voir si notre chemin rejoint celui indiqué sur la carte, où nous devons nous rendre. Après trente minutes de marche, toujours pas de route en vue. Alors nous faisons demi tour aux sacs et nous installons les hamacs pour la  nuit. Nous verrons bien demain où ce chemin nous mène. 



Jeudi 11 août 18h50 1650m (hamac depuis 17h50)


Ce matin j'ai réveillé P'lèt vers 5h45 (moi depuis 4h50). Un quart d'heure pour émerger de son hibernation adolescente et à 6h00 on est dehors.

Je ne me lève pas avant car on est encore dans la pénombre au niveau du sol et je préfère voir où je mets les tongues.

Habillés rapidement nous sommes descendus laver les gamelles et prendre de l'eau au ruisseau en contre-bas. ça a été très dur pour Poulet de manger ses pâtes froides hier soir. Bien failli gerber. Lui ai expliqué que ça ne tenait qu'à lui de continuer ou pas cette ballade.

Ce matin j'ai voulu, quitte à perdre beaucoup de temps, qu'il fasse un repas chaud pour reposer sa bonne volonté.

Nous avons été récolter des fagots de brindilles sur un arbre mort. De différentes tailles. J'ai isolé mon feu du sol humide. D'abord des tronçons de branches de 5 à 6cm de diamètre, puis du bois bien sec de diamètre 2 puis du plus petit.

Sur cette plate forme, j'ai mis un Esbit puis des brindilles par-dessus. Nickel.

On s'est gavé de pâtes , de soupes et de chocolat ou cappuccino.

J'ai préparé la surprise de dimanche. On a plaisanté sur son anniversaire.

Lui ai dit que je pourrai lui faire un gâteau aux fruits confits. Qu'il n'aurait qu'à me trouver 70 œufs de colibri (on en croise de plus en plus souvent), des racines pour faire de la farine, du lait de tapir et qu'il rapporte du miel d'une ruche qu'il pourrait piller en haut d'un arbre et voler quelques fruits secs aux singes. Ça l'a fait rire.

Repus, gavés et enfumés, nous sommes repartis vers 11h50.

Remontés sur la crête pour faire le tour du cours d'eau au fond de la faille entre les collines. Pour éviter le yo-yo avec les sacs bien pesados.

Donc on remonte la pente et on se retrouve dans le nouveau chemin forestier abandonné et non répertorié. Ça grimpe dur, sueur, allure d'escargot, bretelles des sacs qui s'enfoncent dans les épaules, mais au moins pas de coup de machette. Je m'en sers juste pour écarter les végétaux divers, fougères, palmes, etc qui recouvrent le chemin avec la main droite, mon bâton-lance main gauche.

P'lèt suit mon rythme de tortue et arrive même à se faire distancer. Peu de temps après nous sommes tombés sur ce que je m'attendais à trouver : l'ancienne route sur laquelle j'avais débouché la dernière fois où je suis passé dans le coin.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418039367-ancienne-piste.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418039367-ancienne-piste.jpg)

700 mètre au GPS.

Mais mon petit chemin couvert de végétation s'est transformé en large chemin forestier !! Trace de chaînes au sol (indispensables sur la terre en cette saison même pour les 4x4).

On accélère le pas. Ambiance forces spéciales de jour. Bottes de jungle de Lowa aux pieds, guêtres noires, pantalons noirs moleskine armée allemande, veste US vert olive, boonie (http://www.asmc.de/fr/Habillement/Coiffures/Divers/Chapeaux/Boonie-hat-kaki-p.html) vert pour moi et noir pour P'lèt, sacs « daypack olive PLCE » en poitrine et sabre 60-100 noirs sur le dos, on aura l'air fin si on tombe sur un groupe de touristes ou, et, les représentants de l'ordre locaux.

On longe la forêt prêts à s'y enfoncer au moindre bruit de moteur. 500m. On repère ensemble des empreintes de chevaux ferrés dans l'argile. Feuilles dessus, brindilles, pas d'aujourd'hui.

Encore moins de bruit. Grands craquements. On stoppe. Craquements reprennent et on est repérés ! Ils donnent l'alarme par de petits cris stridents.

Une bande de singes indéfinis à une trentaine de mètres. Hurleurs ou araignées. P'lèt s'arrête pour observer ses premiers singes sauvages. Je le rappelle à l'ordre « pas le moment de traîner tu en verras d'autres plus haut ». 300m.

P'lèt repère un autre groupe de singes juste au-dessus de nous en bordure du chemin. Descendent dans l'arbre, curieux. Capucins à gorge blanche.

A bonne portée de nos lance pierres. Je re décolle P'lèt de sa découverte de la nature sauvage. On arrive à mon point de rentrée dans la forêt.

Je ne reconnais rien. D'abord parce que mon nouveau GPS est plus précis que l'ancien et qu'ils ont drôlement ravalé le paysage.

Peu après, on tombe (Poulet vient d'interrompre mon écriture dans la nuit pour me demander : « Papa ? » « oui ? » « tu sais ce qu'il y a d'écrit en bas des sachets de bolognaise ? » «non ?» « Bon appétit ». Je me marre. Il reprend « j'ai envie de leur envoyer une lettre d'insulte ! Je ne comprends pas comment des gens achètent ça pour le manger chez eux... A mon avis, le directeur général de Knorr ne doit pas goûter ses produits. » Moi « il ne les mange pas froids surtout « . Oui je lui ferai manger ses trucs pendant trois semaines, faut être tordus pour inventer des trucs pareils. « Faut surtout être tordus pour les bouffer froids ! » Bref. Où en étais-je ? Victoire ! P'lèt vient de finir ses bolos froides sans vomir.)

On part vers 16h00 on tombe sur un petit ruisseau au pieds du pla (entends bêtes à gauche dans le noir, on reste silencieux avec l'intention d'allumer les LD20 au dernier moment) teau où j'avais campé le 9 février.

On remplit les nalgènes. En haut je ne retrouve pas l'emplacement exact de mon ancien campement.

Mais le site était bon. Presque plat, arbres jeunes, pas de fouillis végétal et beaucoup de bois mort et très sec.

Pas le temps pour du feu en cette saison.

Je choisis les arbres sains, montre à P'lèt comment repérer un arbre suspect. Je lui démontre en faisant s'écrouler le haut d'un arbre en appuyant dessus. J'élague sous les arbres choisis. On installe les tarps puis les hamacs avec un nuage qui nous tombe dessus. Forêt de nuages.

Pas assez de lumière dehors et d'électricité dans ma caméra pour immortaliser ça. On dîne dans les hamacs. P'lèt vient d'éteindre.

Me demande de le réveiller en cas de visite nocturne. Lui explique pourquoi ce n'est pas possible.

Ah ! Cet aprèm on a parlé de camouflage. Lui ai appris « FFOMECBLOT » (http://fr.wikipedia.org/wiki/FFOMECBLOT).

Et à utiliser le GPS couplé à la boussole. Comment et pourquoi on marche d'arbre en arbre dans la forêt (ou de points de repère en points de repère). (http://www.youtube.com/watch?v=pfc5RH7nlps)

Avait l'air intéressé. J'éteins, j'écoute les animaux approcher et les surprends avec la torche ou je m'endors bredouille.



Jeudi 11 août


Du feu le matin ! On mange chaud ! Tomates mozza pour moi !

Nous longeons le chemin comme prévu, et au bout d'une heure, nous tombons nez à nez avec la fameuse route, qui part à droite et à gauche. Ouf !

Le temps de tracer le nouveau chemin que nous avons découvert sur la carte, et c'est reparti. Nous marchons très vite sur la route qui semble avoir été réaménagée pour les touristes et les promeneurs. Elle est large et dégagée. Nous restons sur nos gardes et ne faisons plus de bruit au cas où un gardien se promènerait à cheval.

En route, nous croisons deux insectes énormes (http://www.youtube.com/watch?v=uDTfMa5A0zg), mais surtout deux groupes de singes en l'espace d'un quart d'heure.

D'abord des singes hurleurs (ou autres?), puis des capucins à gorge blanche, dont un des membres est descendu dans son arbre pour être à moins de 10 mètres de nous.

Ils faisaient des bruits de chiens. Après de longues heures de marche épuisantes, nous quittons la route pour nous installer. Je mange une carbo dans mon hamac. C'est infâme.

Deux heures à tremper c'est trop.
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: merydine le 29 décembre 2011 à 15:38:41
Pas de pbs de bestioles quand vous dormiez sur le sol ?  :o
Pas de champignons sur le corps à cause de l'humidité permanente ?

A+
Titre: Un Poulet dans la jungle
Posté par: guarocaliente le 29 décembre 2011 à 16:21:52
Pas de pbs de bestioles quand vous dormiez sur le sol ?  :o
Pas de champignons sur le corps à cause de l'humidité permanente ?

A+

Ben j'ai déjà répondu au sujet des bestioles. :)

"Que des cafards et des grillons. Une grenouille. ", j'appelle pas ça des problèmes ;D
Une seule nuit sur le sol, avec des hamacs totalement fermés.

L'humidité n'était pas "permanente" puisque nous passons environ 12 heures par jour au sec dans les hamacs.
ça suffit pour faire sécher la peau.

Même des pieds toujours mouillés, l'eau circulant dans des bottes de jungle.
On essaye de repartir le matin avec des chaussettes les plus sèches possibles.

En tous cas, la règle à respecter absolument c'est d'être sec la nuit. Pour ne pas se refroidir immobile et pour passer une nuit vraiment récupératrice.

Concrètement, je reste à poil sur le sac de couchage pour laisser l'humidité s'évaporer. Je rentre dans le drap de sac quand je commence à me refroidir.
Chaussettes sèches qui restent tout le temps dans la pertex.

Vu l'altitude, le def 4 est PLUS que suffisamment chaud pour dormir à poil dans la pertex.

En pratique, à basse altitude, je dors dans la pertex et le sac mais le sac est grand ouvert jusqu'au milieu des tibias pour avoir bien chaud aux pieds.


Le jour, même trempé par la condensation et transpiration sous le poncho, avec le pantalon mouillé, on ne se refroidit pas tant qu'on marche.
Titre: Un Poulet dans la jungle
Posté par: guarocaliente le 29 décembre 2011 à 18:27:29
Vendredi 12 août 2011 17h35, pas loin du Pavo.


On vient de dîner froid dans les hamacs.

Ce matin vers 6h00, 16°. Nous sommes partis vers 8h50. Bois humide et pas envie de perdre deux heures.

Nous descendons en direction de l'affluent du Pavo pour rejoindre ce dernier et le remonter vers le nord. Galère en forme de montagnes russes.

Nous avons, après beaucoup d'efforts intenses, de descentes de pentes improbables croulant, transpirant sous le poids de nos sacs, pu descendre au fond des gorges et atteindre cette grosse rivière de montagne prise entre la falaise à pic sur la rive d'en face et la pente extrême d'où nous venons.

P'lèt a été tenté, à suggéré que nous la descendions pour gagner du temps.

J'ai vu le piège. Avec les pentes les chutes d'arbres en travers sont inévitables. Au bout de quelques mètres, bloqués par un arbre ou une cascade plus violente et une pente trop abrupte pour être remontée, nous aurions été certainement obligés de faire le chemin en sens inverse.

Donc, on remonte les pentes et on suit les picas (pistes tracés dans la végétation à force de passer par le même chemin) des animaux qui vont dans la direction choisi.

Vers 13h00 l'orage a éclaté. On venait de s'arrêter pour faire une pause. J'ai sorti le tarp de mon hamac pour qu'on puisse s'y abriter avec les sacs.

Quand nous l'avons tendu, nous avons été dévorés par les moustiques. P'lèt était sec, transpire moins que moi et il porte une de mes anciennes vestes en tissu plus léger. Sèche plus vite.

J'ai mis mon blouson en «polaire». Nous avons étendu nos ponchos par terre et à l'abri de nos moustiquaires de tête (http://www.shop.hassayampasurplus.com/images/HPIM5844.jpg) sur les boonies, les mains dans les poches, on est restés étendus sur le sol, l'un contre l'autre à regarder la pluie tomber sur toute cette verdure.

Bon moral. Je ne lui gueule presque plus dessus. Toujours 2 de tension le matin mais c'est de son âge. Il est plus réactif et à presque 16 ans, il supporte bien tous les efforts, les pâtes et soupes froides, la pluie...

Son moral a l'air bon. C'est vrai que je ne connais pas d'autre ado de son âge, dans notre entourage, qui pourrait endurer tout ça.

Il met ça sur le compte de sa formation de JSP (http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeune_sapeur-pompier).

Ce soir j'ai déballé mes armes et munitions pour vérifier leur état. Je cherchais mon petit réveil de voyage. Perdu. Va sonner tous les matins vers 5h jusqu'à sa belle mort.

Bref, billes dans boîte pelloche photos commencent à rouiller. Pointes de flèches aussi. Lance pierre (http://s7d5.scene7.com/is/image/BassPro/10212730_is) ok.

Étui DC4 (http://www.edenwebshops.fr/fr/pt/-fallkniven-dc4-slijpsteen-diamant-ceramic.htm) attaqué par les champignons. Gratté et au sec dans les poches du hamac. Idem étui en cuir de mon wave (ancien modèle) (http://www.aceros-de-hispania.com/image/knife-leatherman-wave/knife-leatherman-wave.jpg)

P'lèt n'écrit pas ce soir. La pluie fait un peu baisser son moral. Vient de me proposer de porter la pharmacie (http://www.materiel-survie.fr/images/images/201114.jpg) demain. A remarqué que mon sac est plus lourd que le sien.

En cherchant mon réveil, je suis tombé sur les papiers enroulés que m'ont donnés sa sœur et sa mère au Formule 1 de Roissy la veille du départ.

Voulait me donner plus de barres de chocolat belge pour lui. En ai accepté une seule. M'ont donné discrètement des lettres et des dessins pour lui.

Les ai sortis des deux sacs de congélation pour vérifier leur état. A peu près secs. Les ai pas lus.

Retrouvé mes cartes trempées dans l'étui (http://www.asmc.de/images/product_images/info_images/57025_0.jpg) de mon lance-pierre.

Mises à sécher sous mon dos dans les poches du hamac.

Le gâteau est toujours sous vide depuis le 14 juillet. Je crois qu'il sera encore comestible.

Vient de me faire remarquer que les lucioles ici clignotent. Il paraît que nous sommes entourés. Fini d'écrire, j'éteins ma frontale pour regarder avec lui.

Faut que je fasse du feu pour qu'il mange chaud dimanche.



Vendredi 12 août


Rien d'intéressant à raconter. On campe près d'un rio que l'on traversera demain matin. Arbre gigantesque (5 mètres de diamètre), figuier étrangleur (http://fr.wikipedia.org/wiki/Figuier_%C3%A9trangleur).



Samedi 13 août, 17h43.


Viens de manger froid au hamac.

Journée difficile.

Je peux gérer mes baisses de moral passagères. Mais pas celles des autres. Je suis fait pour être seul dans ces forêts.

La descente vers le Pavo a été pénible. Beaucoup d'efforts.

Dès ce matin, je fais remarquer à P'lèt ses absences, son air rêveur et renfermé. Pénible. Je lui dit plusieurs fois de revenir ici.

Fait semblant de ne rien voir.

On réussit péniblement à traverser le rio après avoir repris de l'eau. Nous grimpons l'autre rive. La pluie commence à tomber très fort vers 13h. 

Poursuivis par une nuée de moustiques, on sort les ponchos et on essaie de s'extirper du fouillis végétal.

On s'arrête après une heure de marche et d'efforts à couper des lianes plus résistantes que de l'acier. La machette se désaffute sans arrêt.

Je sors la bâche pour protéger les sacs. P'lèt se met dessous. Je pars avec ma boussole en reconnaissance sur les hauteurs.

Je trouve à une cinquantaine de mètres un terrain boisé assez plat. Je redescends à la boussole et retrouve P'lèt sous la bâche.

Pas eu l'idée de la tendre. Les sacs sont à peine couverts.

Je lui dit que j'ai trouvé un terrain ok un peu plus haut. Veut attendre la fin de la pluie pour bouger.

Ensuite veut s'installer sur la pente pourrie et à moitié dégarnie par de gros arbres écroulés.

Je m'énerve par son attitude passive et résignée par la pluie.

Déjà vécu ça avec quelqu'un d'autre. Un ami qui m'avait planté lors de ma première expé parce qu'il n'avait plus le moral devant la pluie.

Assis à regarder la pluie tomber et son moral aussi.

Je sais que l'action, avoir un plan, le sentiment de maîtriser sa vie, est le remède à ses baisses de moral.

Bref je m'énerve de son attitude passive et défaitiste, l'engueule parce qu'il a 2 de tension alors qu'il faudrait se bouger le cul!

Suis pas fait pour partir avec des défaitistes passifs. Il ferme les poings très fort et me hurle d'arrêter de l'insulter !!

Je lui répond de laisser son égo écorché de côté et de bouger un peu plus, que c'est son attitude que je critique.

Il me tourne le dos sous la bâche que nous avons tendue pour mieux protéger les sacs. Je le laisse se calmer. Je reviens vers lui quelques minutes après.

Refuse de me regarder. Boude. Je lui redis qu'on a besoin d'être proches ici, que je veux qu'il soit un peu plus actif, que je l'insulte pas mais m'énervais devant son attitude. Boude. Me saoule.

Lui dis qu'il boude comme un gosse ou une gonzesse. Je redescends pour repérer un emplacement un peu plus bas, à une vingtaine de mètres pour les hamacs. Le laisse bouder sous la bâche. Je remonte après avoir abattu quelques fougères géantes et palmiers. Boude toujours.

Lui dis qu'on rentre en France demain. Pas à la hauteur psychologiquement. Fait la gueule comme l'ado qu'il est. Erreur.

Je descends installer mon tarp pensant qu'il me rejoindrait après quelques minutes à se calmer. Non. Je remonte prendre mes sacs, j'installe mon hamac, je le garnis, je me prépare des pâtes à manger après une heure de trempage.

Il commence à attaquer un petit arbre avec son mora triflex (http://www.amazon.fr/Mora-BushCraft-Triflex-Couteau-survie/dp/B003FZ0QAQ).

Je le regarde en coin de dessous mon tarp en m'activant.

Il trouve la machette et abat un arbre. Compris, il s'installe pour la nuit à côté de la bâche.

Voilà. J'ai suspendu mes sacs, les ai recouverts du poncho, suspendu mes fringues et mis mes bottes à l'envers sur des arbres coupés et me suis mis à l'abri des moustiques. Je l'ai regardé suspendre ses sacs et se mettre au hamac beaucoup plus tard.

J'ai vu la lumière de sa lampe et la vois encore à 18h14, dans la nuit sous le bruit des arbres qui s'égouttent sur mon tarp tendu et les grillons en bruit de fond. Pas certain qu'il se soit préparé à manger. Pas mangé ce matin. Demain le feu est exclu après ces heures de pluie.

Fait chier, la veille de ses 16 ans...



Samedi 13 août


On part à huit heures et nous cherchons une pente assez douce pour traverser. Nous marchons beaucoup.

Un moment, nous laissons les sacs pour descendre une pente très abrupte, «à la Bear Grylls (http://fr.wikipedia.org/wiki/Bear_Grylls)», c'est à dire accrochés à des lianes et des racines pour ne pas tomber.

En bas, nous trouvons un endroit pour passer sur une « plage » de cailloux au milieu du rio. Papa chie et moi je regarde la beauté du rio, des cascades et des falaises.

Dommage que l'on ne puisse pas filmer ça. (problème de batterie je crois). Je n'ai rien mangé ce matin et je suis de mauvaise humeur.

Papa pense que je « rêvasse », il me demande ce qui ne va pas. Je réponds « rien », « ça va » . Il « n'aime mon attitude »...

On remonte chercher les sacs. Je reste à trois quatre mètres en-dessous et papa me fait descendre les sacs un à un avec la paracorde.

Puis il descend à son tour, nous nous équipons et nous descendons au rio Pavo. On traverse sans problèmes et, sur la « plage », nous remplissons les gourdes et rinçons les gamelles. Enfin nous remontons de l'autre côté.

Des efforts sur-humains qu'on ne pourra pas montrer à la famille. En haut, il se met à pleuvoir extrêmement fort  pour la première fois depuis notre arrivée. Alors on s'abrite sous les ponchos et des nuées de moustiques nous attaquent. On marche sous une pluie tropicale froide et battante.

Nous sommes trempés, fatigués, sans rien dans le ventre, il nous faut nous abriter.

On pose les sacs, toujours sous l'eau, et papa et moi déplions la bâche sur les sacs et sur nous pour nous abriter.

Papa veut repartir, et moi attendre que ça se calme. Il quitte brusquement la bâche posée sur nous et me dit de ne pas bouger, de l'attendre là, à l'abri.

Je sors du chocolat en poudre de mon sac de bouffe et le mange pour remonter mon moral alors au plus bas. Je ne me suis encore jamais plaint pendant l'aventure, contrairement à P., et j'ai toujours avancé dans l'inconfort et la souffrance sans jamais rechigner et sans parler de me plaindre : désolé V. !...tu t'es trompé !

Ne sachant pas si nous allions devoir replier la bâche et repartir aussitôt P. rentré je n'ai pas pris l'initiative de la déplier complètement et de l'attacher.

Je l'entend qui revient : « OHE ! » « OHE ! » (On se guide au son. Je crie et il répond. Gros risque de se perdre sinon.) Il entre sous la bâche et m'informe : « j'ai trouvé un endroit pour camper à 50m un peu plus haut... De toutes façons, on va pas dormir ici. «On peut d'abord attendre que ça se calme un peu avant de bouger ? » «Ouais, mais on part pas après 15h30... aide-moi on va déplier la bâche».

Je prends un bout de la toile pour l'attacher mais le fil est coincé avec les autres dans un amas de nœuds. Je tente de le défaire et on «perd du temps». «Tu te bouges le cul un peu ! put**n!! même dans les moments extrêmes t'es lent !». «J'essaie de défaire les nœuds !» «tu fermes ta gueule et tu te bouges !»

«TAIS-TOI !!!».

Silence. Sous la colère, à bout, j'agrippe mon chapeau pour ne pas devenir violent. Je deviens fou, je ne suis plus respecté du tout, je me fais insulter sans raison.

Il repart d'un ton dépité : « mon pov 'chéri, t'es vraiment pas à la hauteur de ce voyage ». Il s'empare de la pelote de fil et met plus de temps que moi à défaire les nœuds, il ironise en m'imitant pour ne rien assumer : «mais non, il faut pas ranger les fils, on perd du temps. Résultat : on se fait chier là !» lance-t-il avec délicatesse.

La bâche est maintenant dépliée, et face à tant d'injustices, je me ferme totalement. Il est assis sur un tronc d'arbre et poursuit de déchaîner sa haine sur son punching-ball favori : «put**n t'es une vraie larve, 2 de tension ! Tu pouvais pas déplier la bâche tout seul, non bien sûr tu préfères rester à l'abri dans ton petit confort...»

Un peu plus tard, il se lève et se repent : « bon, quand je te dis ça, c'est pas des insultes ; je te jure, laisse ton égo de côté...»

C'est ça, c'est de ma faute maintenant... Je pense « manipulateur, je ne suis pas un yo-yo ».

Il poursuit avant de s'interrompre : « Oh ! Regarde moi quand je te parle ! Comporte-toi en homme !! »

Je me tais et je pense : « je ne te regarderai plus, je ne respecterai plus ceux qui m'insultent. Si tu veux être écouté et respecté , commence par faire de même avec les autres ». Il retourne s'asseoir. Puis, constatant l'impuissance de sa tyrannie, il s'emporte : « tu continues de faire la gueule, ok on rentre demain. T 'es une gonzesse, un dégonflé. Tu méritais pas ce voyage ! Ton attitude est mille fois plus dommageable que la mienne ! »...

Hein ! Quoi ! Sur le long terme, toutes tes critiques et tes insultes me feront perdre tout le peu d'estime de moi qu'il me reste ! J'entrerai en dépression ou je sur-développerai mon égo pour me protéger ! Les conséquences seront gravissimes, et il ose dire que signifier mon mécontentement est « mille fois plus grave »!!!

Je rêve, c'est le monde à l'envers ! Je ne culpabiliserai pas ! Pas cette fois ! Je ne veux pas rentrer, j'en mourrai de honte. Je demande juste qu'on ne m'insulte pas. Je serai alors de meilleure humeur et tout se passera bien comme les jours précédents.

Je souffre réellement des insultes, j'en pleure quand elles viennent de papa. C'est une période difficile de ma vie, je veux et j'ai grandement besoin de prendre confiance en moi. Je me séparerai de tout ce qui m'en empêche, mais pas de ma famille ni de Papa, c'est pourquoi la seule solution c'est que Papa ne  me rabaisse pas constamment et qu'à l'avenir il ne m'insulte plus jamais !

Je suis dans le hamac et j'écris, il est 21h04 et demain, c'est mon anniversaire.
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: merydine le 30 décembre 2011 à 09:36:33
Ton fils est un poulet de première classe, Guarocaliente !

On a le sentiment que le petit commence à vivre au rythme de cette forêt et s'adapte efficacement même si il va pôas vite.
Ce qui est très différent du tien, plus proche de la marche commando.
Pour moi, cela explique assez bien les tensions.
Les objectifs in fine étaient très différents.
Lui resterait des heures à regarder des macaques dans les arbres, quitte à partir le lendemain,
toi tu surveilles ta distance parcourue, ta direction, le jour qui tombe, l'orage qui menace ...

En tout cas, c'est passionnant à lire.
Encore merci. :)


P.S.: Je confirme pour le 2 de tension des ados.
J'en ai 4 autour de moi : pas d'initiative, vitesse de réaction proche de 0 sauf en cas de danger identifié. Là ils peuvent être surprenants.
Titre: Un Poulet dans la jungle
Posté par: guarocaliente le 30 décembre 2011 à 13:55:27
Dimanche 14 août 18h22 1750m.


Ce matin a été pénible. Pas un mot des deux côtés.

Lui ai dit qu'on allait rentrer. A dit qu'il ne voulait pas. Explications orageuses.

On est partis vers le nord. J'ai choisi un terrain plus facile avec l'option vers l'ouest pour rentrer et le nord pour se rapprocher du rio dans une zone que je ne connais pas.

On est partis tard, vers 10h. A 11h30, il s'est mis à pleuvoir.

Saoulé, j'étais debout depuis 5h30. Ai du le réveiller.

Sur la route on s'est équipés des ponchos. La pluie a été un peu moins violente. Ambiance de m*rde.

M'a dit qu'il ne voulait pas rentrer. Lui ai dit que je ne le supportais plus sa passivité et sa bouderie d'ado torturé . Pas le lieu pour.

A continué à faire la gueule. Lui ai fait remarquer que ses engagements à arrêter étaient sans valeur.

Il faisait la gueule parce que je lui ai dit qu'on était sur le chemin du retour.

Lui ai fait remarquer que quelque soit la raison c'est toujours du tirage de tronche, qu'on est pas à Koh-Lanta et que son humeur de m*rde, ses bouderies de gonzesse il fallait vite les oublier et changer de comportement.

On s'est assis sur un banc à 12h12. M'a fait remarquer que dans 11 minutes il aurait 16 ans.

Me suis engagé à arrêter de l'engueuler et de «l'insulter» comme il dit, s'il changeait son comportement.

1) tu te réveilles à mon premier appel. Plus de glandage une heure au chaud.
2) Tu sors ta boussole de ton sac et tu fais la nav avec moi. Tu t'intéresses au fonctionnement du GPS et l'utilisation des cartes et courbes de niveau. Et tu te bouges plus.

Il était d'accord. Bon. Nous avons fait 1k400 today. Beaucoup pour le peu de temps que nous avons marché.

Lui ai demandé de partir beaucoup plus tôt pour profiter du ciel bleu matinal pour marcher au sec.

Comme l'ambiance s'est détendue nettement et que nous avons bien progressé, à 13h30 j'ai commencé à chercher un endroit cool pour nous poser pour pouvoir dîner tôt et lui offrir ses cadeaux et gâteaux.

Le temps de monter la bâche les tarps et les hamacs et le déluge est arrivé.

Ciel très sombre, on ne voyait presque rien. Feu impossible. Mais ambiance sympa.

Lui ai dit que j'avais des cadeaux pour lui mais que ça serait peut-être plus sympa de voir ça demain matin au sec et au soleil sans moustiques.

A été d'accord aussi. On a dîné agressés par les moustiques et avons rejoint les hamacs après les préparatifs quotidiens pour la nuit.

Ah ! Vers 12h40 nous sommes encore tombés sur un petit chemin de forêt. Très ancien celui-ci. Noté sa position. Peut-être utile pour le retour (« CHEM 3 » sur GPS).



Dimanche 14 août


« Réveille-toi ! Vite. »

Il avait déjà rangé son hamac et son sac de couchage.

Pas un mot d'échangé avant une heure de silence pesant.

Il est inutile et douloureux d'écrire les dialogues en détail. Il faut juste savoir que les mots ont dépassé nos pensées.

Il dit que l'on va rentrer, qu'il regrette d'avoir «claqué X000 euros pour ma gueule» ; «confiture à un cochon»... On marche dans une direction.

Il devient gentil, me tend des perches que ma colère me fait refuser. On fait une pause.

Il me fait comprendre que nous n'avons pas pris le chemin du retour, que l'on se dirige vers le nord.

On discute, je ne veux pas rentrer.

Au final, j'accepte de prendre plus d'initiatives et d'aider plus, de ne pas faire la gueule ; et pour sa part, il est d'accord pour ne plus gueuler (d'ailleurs les derniers jours tout se passait bien, il ne gueulait pas).

Il est 12h23 et ça fait 16 ans que je suis né.

On repart sur de bonnes bases. Nous croisons de très beaux arbres.

Il se met à pleuvoir énormément et nous nous abritons sous les ponchos.

Rapidement, nous trouvons un terrain plat, où nous installons la bâche et les hamacs.

Nous mangeons sous la bâche et sous la pluie en se disant que l'on a bien avancé aujourd'hui sur la distance (1,200km!), ce qui est vrai car nous avons marché que sur du terrain plat recouvert de grands, d'immenses arbres, sans trop de végétation au sol.

Le brouillard (les nuages) venait donner à cet univers des airs de Jurassic park.

Donc, le soir, dans les hamacs et comme depuis le début de l'aventure, nous discutons de choses et d'autres, de tout et n'importe quoi, de sujets superficiels ou plus profonds ; de nos «feelings."

Pour la première fois, j'ai et je ressens un besoin très grand de culture, je veux apprendre, apprendre encore et toujours, lire, voir des films, m'instruire.

C'est normal selon Papa. (remarqué ça a chaque fois. Besoin de lire de chanter, de stimulations intellectuelles et culturelles)
OK. Ça me va.
 
Dans les jours à venir, nous ferons un camp plus haut dans la montagne, et nous y resterons pour chasser.

J'ai hâte d'y être, de flinguer et cuisiner un singe, de pouvoir faire un feu pour manger chaud et me rappeler de ce qu'est un vêtement sec...



Lundi 15 août 19h02


Ma blondeur me manque. Un peu. Je m'efforce d'être dans le présent pour garder le moral. Esprit à l'endroit où se trouve le corps.

Ce matin Poulet s'est réveillé sans faire d'histoires. Il a entendu deux grosses bêtes pas loin du campement (http://youtu.be/7n1sW2WB4Nw) cette nuit.

Nous avons mis les pâtes à tremper (http://youtu.be/SppOUpOPwSs).

J'ai bricolé la caméra pour que la batterie de secours puisse y tenir (pas pris l'adaptateur prévu pour).

Voyant qu'elle était presque déchargée, j'ai commencé par lui montrer les vidéos enregistrées avant le début pour son anniversaire.

Ça lui a fait plaisir de voir d'autres têtes plus agréables que ma tronche barbue.

Le gâteau était toujours sous vide. Un gros morceau de cake aux fruits, très riche, très lourd, très compact sur lequel j'ai planté les deux bougies.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/49/1417986637-vlcsnap-2011-12-29-20h17m21s183.png) (http://www.noelshack.com/2014-49-1417986637-vlcsnap-2011-12-29-20h17m21s183.png)

P'lèt a été content.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/49/1417987876-poulet-content.png) (http://www.noelshack.com/2014-49-1417987876-poulet-content.png)

M'a dit qu'il ne s'attendait pas au gâteau d'anniversaire dans la jungle.

Il a eu du mal à le couper avec mon mora (http://www.amazon.com/Morakniv-Bushcraft-Outdoor-Stainless-4-3-Inch/dp/B003FYJU9A) !

Très gras, très sucré, bourratif, idéal ! Vraiment bienvenu.

La barre de chocolat Belge était à la framboise. Il a partagé et on a savouré. M'a montré les dessins de sa sœur mais pas la lettre de sa mère.

Nous sommes reparti vers 10h. Avons bien marché. Tombé sur une grosse rivière. Superbe rive.

Ressemble à certains coin de Brocéliande. Tout recouvert de mousse. Paysages différents.

Avons marché dans un cours d'eau (environ 20 cm de profondeur) qui serpentait entre les palmiers et les fougères géantes.

Il a commencé à pleuvoir vers 12h30, les ponchos gardent un peu notre chaleur.

Nous avons marché sous la pluie en sautant les pauses après une heure. Trop difficile de poser les sacs avec les ponchos.

Et ils seraient encore plus mouillés. Sommes obligés de garder les moustiquaires de boonie sous la capuche du poncho.

Ils nous accompagnent dès que la pluie tombe. Et nous poursuivent jusqu'au moment où, à poil et en tongues, on accroche les fringues et les bottes sous le tarp aux cordes du hamac. La saison des pluies est de plus en plus installée par ici. Fini les jours sans pluie.

J'ai découvert 4 petites ampoules sur le flanc gauche ! Frottement de mon pantalon.

P'lèt a été de bonne humeur today. Il est courageux avec ses sacs.

J'ai bien vu sa baisse de moral quand, à 15h30, nous n'étions pas dans une zone vraiment propice au campement.

Quelques minutes après nous avons installé nos tarps sous la pluie. Trempés.

Nous sommes sur une colline, sous un nuage.

J'ai dit à P'lèt que je me dépêchais d'aller me mettre au sec sans dîner, pas le courage. C'est lui qui m'a remis sur les rails en me disant qu'il m'aiderait à laver ma popote avec de l'eau non traitée de sa nalgène. M'a amusé et fait plaisir...

Je pense qu'il devrait profiter de cette expérience. Je veux dire en tirer profit, évoluer... Bien.

Demain ou après demain je voudrais qu'on s'installe sur un campement durable. Faire du feu et aller chasser. Laver tout l'équipement et pouvoir le faire sécher.

Il a fait beaucoup d'efforts. Je voudrais qu'il voit un autre coté de cette expé avant d'aller se refaire une santé sur une plage.

Cet après-midi vers 17h, nous avons été repérés par une bande de singe. Araignée ou capucin. Ils braillaient comme des mouettes !

J'ai été rassuré de voir qu'ils ne venaient pas dans les arbres au dessus de nos hamacs.

Mangé nos Bolos froides et craquantes dans nos abris de nylon. La pluie tombe toujours et on gueule dans la nuit pour commenter le type d'insecte qui se baladent sur nos moustiquaires.

Fatigués mais au sec et au chaud. J’éteins.



Lundi 15 août


Comme depuis le début, c'est tous les matins le même rituel : Papa me réveille à 6h00, quinze minutes à végéter dans le hamac et c'est parti.

J'enfile mes chaussettes (http://www.asmc.de/fr/Habillement/Chaussure/Chaussures-et-chaussettes/Chaussettes/Chaussettes-Coolmax-noir-p.html) que j'essore au préalable pour en faire sortir 14000 litres de flotte maronnasse, puis c'est au tour du pantalon, qui n'est pas moins humide que le reste.

C'est glacé mais ça réveille, il paraît.

Au moins, ma polaire me permet de conserver le haut du corps sec beaucoup plus longtemps.

Je mange mes carbos au protéines de WHEY (http://fr.wikipedia.org/wiki/Lactos%C3%A9rum) (pour la muscu, 20g par sachet) froides.

Ce matin est particulier, je vais avoir mes cadeaux !

Papa me montre des clips de S. et Maman, de S. et R., et de V. sur la caméra.

Tout le monde pense à moi et à nous, et ça fait plaisir.

Puis il me demande quelques minutes de m'absenter, et de revenir : le gâteau d'anniversaire !

(http://image.noelshack.com/minis/2014/49/1417988517-poulet-souffle.png) (http://www.noelshack.com/2014-49-1417988517-poulet-souffle.png)

Un cake aux fruits confits fait par S., et mis sous vide par V.. C'était bon, sucré et gras. Exactement ce qu'il fallait et en plus je ne m'y attendais pas.

Ensuite, j'ai ouvert le cadeau de Maman et S. : une enveloppe avec de beaux dessins faits par S., en Belgique, des collages de photos de Belgique, et une lettre de Maman.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/49/1417989210-cadeau.png) (http://www.noelshack.com/2014-49-1417989210-cadeau.png)

C'est agréable. S. dessine très bien et j'espère qu'un jour elle me dépassera, puis qu'elle en fasse son métier si ça lui plaît.

Je me rend compte que l'on m'aime et j'aime tout le monde d'autant plus.

Sous la bâche, je dis à Papa les grosses bêtes que j'ai entendues la nuit près du camp.

On remballe tout et on repart aussi sec. Nous cherchons à traverser le «Chino». Nous y arrivons vers 11h30.

C'est un endroit magnifique, un petit torrent de montagne parsemé de piscines naturelles.

Nous le traversons pour faire une pause de 10 mn de l'autre côté, sur un parterre de fleurs et d'arbustes, au travers desquels percent des rayons de soleil.

C'est enchanteur et Papa me fait justement remarquer la ressemblance de l'endroit avec Brocéliande, ses airs magiques et féeriques.

La pluie vient -trop- rapidement modifier l'ambiance du paysage à partir de midi, et ce jusqu'à tard dans la nuit.

Sous les ponchos, nous sommes trempés ; et je glisse plusieurs fois pour me retrouver couché à plat ventre dans la boue, sous des torrents de flotte tropicale et glacée.

Nous nous entraidons avec Papa pour parler et garder le moral.

Nous sommes trempés, épuisés, nous avons mal partout et pourtant, c'est dans ces moments intenses que l'on se sent le plus vivant.

Nous chantons «Born to be alive».  :)

Quand on subit ça et que l'on résiste, on se sent pousser des ailes, on devient invincibles et on a une énergie folle, cette envie de bouffer tout le monde, plus rien ni personne ne peut nous commander ; on est libres !...

Et vivants, comme je ne l'avais jamais été. Je me dépasse. Je veux prendre ma vie en main, vivre des aventures intenses comme celle-là ! A chaque nouveau pas, des centaines de projets fleurissent dans ma tête : je veux vivre !!

Le soir, vers 16h00, nous trouvons un emplacement où nous installons les hamacs.

Au-dessus de nous, vers 17h00, une bande de singes nous a repérés. Ils hurlent à tue-tête.

Ce n'est pas le bruit des singes hurleurs. Ils semblent affolés. Je mange une bolo (froide évidemment).

Depuis le début, nous n'avons mangé chaud que deux fois. Ça ne durera plus longtemps.

Nous avons maigri tous les deux. (Aujourd'hui, on a traversé une zone de marais recouverte de grandes palmes : un décor à mi-chemin entre Tarzan et le livre de la jungle).
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: Shengouille le 30 décembre 2011 à 19:13:34
Quel bonheur de suivre cette aventure, comme la précédente, un énorme merci de partager ça avec nous.

Les deux points de vue donne une dimension toute particulière.

Je me répète, mais merci. Je poste peu ici mais je pense que nous sommes une foule silencieuse à profondément apprécier ce récit, d'autant que c'est un travail de titan de tout partager.
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: Pit le 30 décembre 2011 à 19:15:30
Shengouille à bien raison, je lis aussi le récit de votre périble, même si je ne dis mot, comme lorsque je lis un bon livre, merci Guarocaliente.

Pit
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: éclipse le 30 décembre 2011 à 19:50:45
Happy Birthday Poulet !  ;D
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: nésurlo le 30 décembre 2011 à 20:01:44
Merci, je me regale à lire votre récit !
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: Draven le 31 décembre 2011 à 15:31:20
J'adore !
C'est vraiment top comme expé, et le récit croisé des deux protagonistes fait vraiment prendre conscience de la necessité de dialoguer lors d'une expé un peu extrème...

Tu en a retirer quelque chose de lire le journal de ton fils après coup ?
Titre: Un Poulet dans la jungle
Posté par: guarocaliente le 31 décembre 2011 à 17:45:01
J'adore !
C'est vraiment top comme expé, et le récit croisé des deux protagonistes fait vraiment prendre conscience de la necessité de dialoguer lors d'une expé un peu extrème...

Tu en a retirer quelque chose de lire le journal de ton fils après coup ?

Je ne l'ai pas lu après coup.

Régulièrement on se lisait à haute voix de hamac à hamac, la journée passée.

On s'échangeait des détails oubliés.

Me lisait aussi les passages "critiques" sur son ressenti de mon comportement et moi de même.

"Il faut chercher le positif dans chaque expérience, faut pas prendre ça pour une vérité absolue c'est du ressenti sur le moment qui ne reste pas"

J'aime beaucoup le fait que nous avons respecté l'expression des sentiments et ressentis de chacun sans jamais faire de réflexion à l'autre sur la justesse ou non de ce qui aurait pu déplaire d'entendre ou pas.

Jamais de réflexion comme "tu exagères", "ça n'est pas vrai", "tu déformes" etc..

Que ça plaise ou non à nos egos n'était pas le problème.

Il n'y a pas de "vérité" à défendre dans l'expression d'émotions amplifiées par la fatigue, la faim, l'inconfort de l'humidité.

Dans ces conditions, les clashs entre un père qui a peur pour son fils, en raison de ce qu'il juge comme une attitude dangereuse pour lui-même, qui s'exaspère de sa quasi totale dépendance avec de rares initiatives, de son désintérêt à participer à la nav et l'obligation de répéter de nombreuses fois des consignes non respectées, importantes pour sa sécurité, et un ado qui a besoin qu'on lui fasse plus confiance et affirme de plus en plus sa personnalité face à son père au tempérament très dominant et qui s'exprime violemment avec une absence totale de tact et  de préoccupation de l'effet de ses paroles sur le fragile équilibre du psychisme perturbé d'un adolescent en pleine construction de sa personnalité future  ;D , sont plutôt inévitables.

Texte en bleu de Poulet  ;D

Ce que j'en tire ?

Faut que je parte seul ou avec quelqu'un de solide, ayant un bon sens de l'humour et une absence totale de prédisposition à faire la gueule.

Oui, garder la communication est indispensable pour le moral sur le terrain. Et un boudeur rajoute du stress à des conditions difficiles.


Et toi, "Poulet", tu en tire quoi ?"

"Wou-aiiis..." (ton amorphe)   ;D
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: nésurlo le 01 janvier 2012 à 18:04:32
Chapeau pour la qualité d'expression de Poulet tout au long du récit !
Pour le Padré aussi mais à tout juste 16 ans, c'est beau !
Titre: Re : Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: Jérôme A le 02 janvier 2012 à 13:52:57
Chapeau pour la qualité d'expression de Poulet tout au long du récit !
Pour le Padré aussi mais à tout juste 16 ans, c'est beau !

C'est clair, savoir partager une telle expérience est apparemment  héréditaire ...

 
Merci merci merci merci merci merci


Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: StormX le 02 janvier 2012 à 17:52:24
Je n'ai pas encore eu l'occasion de vous remercier pour ce voyage que vous nous faite découvrir. Mais vraiment, j'adore !  :love:

Ce que j'adore d'autant plus, c'est la mise à nue des contacts humains qui peuvent se créer dans de pareilles situations. Merci pour votre franchise.

J'aurais une petite question, il semble que vous aillé embarqué une dynamo pour recharger la caméra. J'étais en train de me demander si j'allais pas en acquérir une. Un ptit retour d'expérience sur cet item en particulier ?
Titre: Un Poulet dans la jungle
Posté par: guarocaliente le 02 janvier 2012 à 19:36:00
J'aurais une petite question, il semble que vous aillé embarqué une dynamo pour recharger la caméra. J'étais en train de me demander si j'allais pas en acquérir une. Un ptit retour d'expérience sur cet item en particulier ?

J'ai emmené ce modèle (http://fr.aliexpress.com/item/Free-shipping-USB-Gadgets-Hand-Power-Dynamo-Hand-Crank-USB-Cell-Phone-Emergency-Charger/482800263.html). Inadapté.

Erreur. Je n'y connais rien en électricité et j'ai eu 1000 trucs à m'occuper.

J'aurais du me faire conseiller sur la puissance nécessaire pour recharger les batteries.

L'expé s'est décidé très rapidement et je n'ai pas étudié le sujet assez sérieusement.

Je ne voulais pas de panneaux solaires sachant que le soleil est rare sous les arbres. Encore plus en saison des pluies.

Pour faire court, j'avais une caméra de luxe avec une dynamo de m*rde. Un truc cheap, j'ai pas trouvé plus sérieux.

En fait la dynamo produisait assez de courant pour allumer le témoin de charge de la caméra, mais pas assez pour recharger.

Du coup on a fait beaucoup moins de vidéos et de photos que j'aurais voulu.

F'rai pas cette (j'en trouverai d'autres  ;D ) erreur next time.


EDIT : Je fais une seule réponse globale ici à  tous ceux qui ont laissés des messages d'appréciation : Merci  :)
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: StormX le 02 janvier 2012 à 19:38:45
Nickel, merci pour le retour. J'étais tombé sur ce petit modèle sur le net. Apparemment, c'est vraiment un truc d'urgence, genre recharge assez le téléphone pour un coup de fil, mais pas mieux...

Bon, bé je vais continuer à chercher alors.

 :up:
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: wutan le 02 janvier 2012 à 22:30:13
j'ai le même chargeur et c'est clairement de la m....

génial l'histoire, (ça me fait penser que j'aurais aussi une histoire à raconter quand j'aurais finis de passer mes exams)
Titre: Un Poulet dans la jungle
Posté par: guarocaliente le 03 janvier 2012 à 18:54:18
Mardi 16 août 18h14 1764 m


Parti ce matin à 8h30, à 6h  il faisait 14°.

Sortir du sac de couchage bien chaud dans l'humidité ambiante, enfiler la polaire bien sèche et le boxer humide.

Récupérer sur les cordes du hamac, les chaussettes trempées. Les essorer pour en faire couler un jus marron clair et les enfiler.

Secouer les jambes du pantalon et regarder dedans en cas d'intrus.

Enfiler le pantalon trempé (qui pèse déjà très lourd sec) en essayant de ne pas toucher tout de suite les jambes du pantalon.

Décrocher les bottes terreuses et trempées du hamac. Regarder dedans après les avoir secoués.

Les enfiler et bien nouer les lacets trempés et poisseux de boue en mettant bien les bas de pantalon dans les bottes.

Mettre les guêtres (http://www.asmc.de/images/product_images/popup_images/25210_0.jpg) après avoir vérifié que les grosses araignées marrons ne s'y sont pas abrités pour la nuit (1 fois sur 2 plus bas. Plus rare à 1700m).

Le plus tard possible, juste avant d'enfiler les sacs (http://www.youtube.com/watch?v=kAWjzSSG_Yw&feature=youtu.be), quitter la polaire et mettre la veste en coton vert armée trempée.

Boutonner les manches bien serrées et fermer la veste penché en avant en commençant par le bouton du col pour retarder le plus possible le contact contre la peau chaude.

Le bonheur.

Mais bon. Coincé entre les deux sacs, la veste se réchauffe vite.

Je hais la saison des pluies. (Pas eu le choix, Poulet est dispo, because lycéen, seulement dans cette période pourrie).

En sédentaire dans un camp perché dans la montagne, ça passe. Mais en itinérant comme cette fois, c'est pas exactement le club Med.

Mais bon. Ça me décrasse de mon petit confort ronronnant Nantais et ça apprend plein de trucs à P'lèt.

Exceptionnellement nous n'avons pas eu de pluie avant 15h30 hoy.(Today en Espagnol)

Nous avons traversé la deuxième rivière prévue sur la zone choisie. Une sorte de patte d'oie sur la carte, formée par officiellement 2 petits affluents et un rio.

Des pentes douces, altitudes moyennes, plus cool pour marcher que les montagnes russes du début. P'lèt était fatigué ce matin. Pas mangé.

On voulait partir le plus tôt possible pour marcher le plus longtemps possible sans pluie. Je veux maintenant le (nous!) ménager. Prendre du bon temps.

Passer à la phase hommes des bois après le stage commando.

P'lèt a pour projet de rejoindre le 1er (http://fr.wikipedia.org/wiki/1er_r%C3%A9giment_de_parachutistes_d%27infanterie_de_marine) ou le 13eme (http://fr.wikipedia.org/wiki/13e_r%C3%A9giment_de_dragons_parachutistes).                                           

Va peut être réfléchir après ce séjour !

N'empêche qu'il a bien encaissé. Même s'il est lent à se bouger et trop passif avec son père, je le trouve courageux de supporter ce poids sur le dos, ces pâtes froides, d'être trempé et de grimper ces montagnes et tous ces efforts et escalades insensés que nous avons subis.

Après avoir traversé le « Rincon » (P'lèt répugne moins à marcher les pieds dans l'eau, je suis moins obligé de gueuler pour qu'il arrête d'éviter de se remplir les bottes en prenant des risques en marchant sur des pierres bien lisses et couvertes de verdure aquatique) nous avons obliqué vers l'ouest.

Comme depuis le début, je marche devant avec la machette et mon bâton et P'lèt suivant avec ma boussole.

En grimpant une colline, je lui ai montré la cime d'un arbre qui bougeait beaucoup. Mais pas les arbres à coté. Quelques branches tombent.

On continue la grimpette. Quelques minutes après, les singes sont au-dessus de nous. Hurleurs roux. Aucun cri, aucun son.

Comme d'hab, le dominant descend au-dessus de nous, à une dizaine de mètres pendant que les autres restent plus haut.

Il secoue les branches, les lianes pour faire tomber des branches mortes sur nous. Il ouvre les hostilités.

Je dis à P'lèt de faire gaffe, de ne pas rester exactement dessous. Je sais d'expérience qu'en plus de faire tomber les branches ils pissent avec une grande précision sur leur cible.

Pendant que je pose mes sacs, P'lèt le voit distinctement (Papillon énorme ! Sur ma moustiquaire. Une sorte de Sphinx bizarre.

Faut que j'essaie de photographier la faune qui me rend visite quand j'écris) arracher des branches et les jeter.

J'ai hésité. Reste un peu de jus dans la batterie de ma caméra pour filmer un peu ou faire quelques photos. Avec le zoom ça aurait été rigolo.

J'ai hésité pas longtemps et c'est mon lance-pierre que je sors de mon sac. Je prends quelques billes d'acier dans une poche, j'assemble une de mes flèches démontables sur laquelle je visse une pointe de chasse avec 3 lames bien tranchantes.

P'lèt l'occupe. Je le trouve trop haut pour risquer une de mes trois flèches. La bille passe à coté. La deuxième aussi. La troisième frappe une branche très proche de lui. Le singe gueule et remonte dans son arbre.

Raté. Avec nos deux lance-pierre, 50 billes chacun et mes trois flèches, on a quelques chances de s'en faire un avant de sortir.

Encore une fois, avec un flingue je ne l'aurait pas raté. Je remballe tout et on repart.

On passe à coté de gros arbres morts (et tombés au sol) sur un plateau qui descend vers le rio assez proche vu le bruit.

Fais la réflexion à P'lèt que ça ferait une belle réserve de bois pour le feu. On descend un peu et j’aperçois la végétation qui devient plus luxuriante en approchant le rio. On pose les sacs. Je demande à P'lèt de m'y attendre. Je sais le risque de s'égarer quand on part seul.

Donc je reste à portée de cris pour qu'il puisse me guider pour le retour. Je prends juste la boussole et la machette.

Je redouble de prudence où je mets les pieds. De temps en temps je gueule « HO ! » et P'lèt répond.

J'anticipe que la pluie peut survenir et son bruit couvrir nos voix. Alors je suis un cap précis à la boussole, je ne part pas trop loin, je chronomètre ma descente et je pose quelques marques sur la végétation.

Arrivé sur un plateau, j'entends le rio en contre-bas sans le voir. L'écho de P'lèt est toujours audible à mes cris.

Le plateau est chouette, domine les alentours du rio, mais je le juge trop humide, trop bruyant, et pas assez d'arbres morts.

Je remonte rapidement vers P'lèt qui a commencé à installer son tarp au-dessus des sacs, au cas où.(très bonne initiative!) 

«On remonte près des arbres morts». 5 minutes après nous sommes sur le plateau, à peu près plat.

Je sélectionne 4 arbres qui me semblent sains pour y installer notre camp définitif. Il est seulement 12h15.

Je dégage à la machette pendant que P'lèt équipé de ses gants arrache tout ce qui peut l'être dans le rectangle désigné.

En provisoire pour ce soir nous installons la bâche et avant qu'il ne pleuve, on va dépouiller de ses branches les plus sèches un des arbres tombés à quelques mètres du campement.

Le bois mort mis à l'abri sous la bâche, je cherche trois arbres alignés de taille moyenne avec houppier peu développé, pas de branches en équilibre et le plus loin possible des grands arbres.

Le risque demeure et c'est ce qui m'inquiète le plus dans ces forêts. Pas grand chose à faire.

En deux semaines, nous croisons des tas d'arbres écroulés. J'en ai entendu seulement deux s'écrouler la nuit, au loin, dans un sacré vacarme.

Sur les millions d'arbres, statistiquement, le risque est faible. Mais bon. Je n'oublie pas.

On ne prend que trois arbres pour avoir la tête proche l'un de l'autre. Il faut juste que l'arbre auquel les deux hamacs sont attachés soit suffisamment gros pour absorber les mouvements de l'un sans les transmettre à l'autre.
 
(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418041311-file0118.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418041311-file0118.jpg)

On prend le temps, sans se presser, de les installer le mieux possible. Le sac de compression de mon sac de couchage est trempé. Pas le sac.

Hamacs réglés et garnis, on se met des pâtes à tremper un peu après que la pluie ne commence à tomber vers 15h30. Exceptionnellement tard.

Cool. Ça nous a laissé assez de temps, sans stress pour s'installer.

Demain on s'installe pour plusieurs jours. On entend le rio au loin, les grillons, les arbres qui s'égouttent et les papillons qui cognent contre le tarp.

Au chaud !



Mardi 16 juillet août : 2 semaines de jungle


Ce matin, nous ne mangeons pas pour gagner du temps. Il faut que nous traversions le rio Rincon, à environ 2 heures de marche d'ici.

Nous y arrivons mais nous ne faisons qu'une seule pose pour arriver avant qu'il pleuve.

Ici, la pluie tombe tous les jours entre 11h et 13h et elle se poursuit jusqu'à tard dans la nuit. (Pour être plus précis, il ne pleut quasiment jamais la nuit. Mais comme les  arbres s'égouttent, ça donne cette impression.)

Nous passons à un moment dans un endroit très étrange, où des arbres géants poussent sur des rochers et se confondent à ces grosses masses rocailleuses.

On se croirait dans King Kong ou dans un univers fantastique sur une autre planète.

Plus tard, après de longs moments à marcher sous le poids écrasant des sacs, nous arrivons à ce qui semble être l'endroit idéal pour s'installer durant 3 ou 4 jours : un plateau assez dégagé pour y mettre la bâche, y faire du feu, y chasser.

A propos de chasse, j'oublie de parler de l'Evènement de la journée : la chasse de singe hurleur au lance-pierre.

Après avoir traversé le Rincon et avant de trouver le camp idéal, nous avons entendu du bruit dans un arbre au dessus de nous.

Nous avons levé les yeux vers le ciel et c'est là qu'on s'est aperçu qu'un singe roux et noir nous jetait des branches depuis les 10 mètres de haut de son perchoir.

Il secouait les lianes pour nous faire tomber des branches sur la tête. Et ça marchait bien.

Face à cette situation, Papa a hésité quelques secondes entre sortir la caméra ou le lance-pierre. Il a finalement prit la deuxième option.

Cinq ou six billes d'acier ont été tirées. Ça n'a pas été suffisant pour le faire descendre.

Dommage, il y aura d'autres occasions...

Donc je disais avant de faire cet aparté, que nous avons établi le camp vers midi, et que la pluie s'est pointée vers 14h30. Une chance.

Demain, on lavera les vêtements dans le rio Verde en bas, à 5 min d'ici, et nous améliorerons le camp.

Là je suis installé dans le hamac et je regarde la jungle plongée dans l'obscurité au travers de ma moustiquaire.

Je pense au gibier des prochains jours tandis que je termine d'écrire pour aujourd'hui.

Il est 20h50 et je m'endors peu à peu. Bonne nuit.
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: merydine le 06 janvier 2012 à 11:42:52
euh ...

J'ose ... comme on est tous accros et que personne lève la main  :love:

On attends (un peu beaucoup) la suite    ;#
Titre: Re : Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: guarocaliente le 06 janvier 2012 à 12:13:56
euh ...

J'ose ... comme on est tous accros et que personne lève la main  :love:

On attends (un peu beaucoup) la suite    ;#


Après 3 semaines d'AM, j'ai repris le boulot lundi. Donc beaucoup moins dispo.

Alors ça va venir, mais au compte goutte. J'ai pas que ça à f...  ;)
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: merydine le 06 janvier 2012 à 12:41:09
ok. :doubleup:

A+
Titre: Un Poulet dans la jungle
Posté par: guarocaliente le 06 janvier 2012 à 21:56:36
Mercredi 17 août 17h58


Le meilleur moment de la journée !

Les grillons, la nuit qui tombe, à poil sur mon def 4, sec, repus.

Ce matin, nous sommes partis vers 8h20 vers le rio Verde qui est plus bas. Plus loin que prévu.

On y descendra pas tous les jours. (on y descendra plus, assez d'eau de pluie) (P'lèt vient de me remercier pour la première fois pour ce voyage. Ça fait plaisir. Le confort retrouvé provisoirement pendant cette fin de journée à du jouer un peu)

On y arrive vers 9h. Lavage des gamelles, remplissage des nalgènes, des gourdes et de la vache à eau-bouée de sauvetage.

La remontée a pris une heure. On est crevé et affamé. Avant qu'il ne pleuve, je veux améliorer le confort du campement. J'organise une séance de bûcheronnage.

P'lèt a réussi à se planter la pointe de sa machette dans la cuisse gauche à travers l'épais coton de son moleskine ! Rien de grave, écorchure. ( De l’intérêt de porter un pantalon aussi épais en montagne. Hyper solide.)

On attache un arbre (entre 10 et 15cm de diamètre) horizontalement entre deux gros arbres pour nous servir de banc avec des lianes. Sait pas ce que j'ai foutu de ma paracorde. P'lèt entoure son Ridge Rest (inutile à cette altitude, finira peut être sa vie comme allume feu) autour.

Je monte sur le banc et attache de la même façon un petit arbre en travers d'où je fais partir la bâche en laissant dépasser d'une trentaine de cm pour pouvoir avoir un petit toit au dessus du banc.

P'lèt s'est plaint de ses pieds, m'a demandé s'il pouvait enlever ses bottes et se mettre en tongues quand la pluie est tombé à 12h15 (pas longtemps).

La peau de ses pieds était blanche et commençait à cloquer. (http://www.youtube.com/watch?v=Bkoc9VBl3A0&feature=related) Plus de chaussettes sèches.

Suis allé prendre mon grand morceau de pertex (un matériau, tissu synthétique, très léger qui a la propriété d'absorber l'humidité comme une éponge et de la diffuser rapidement pour qu'elle s'évapore vite.), lui ai séché les pieds et les ai mis dans les manches de son blouson en polaire.

Quelques temps après, quelques gouttes sont tombées d'un arbre très proche du campement avec une ou deux petites branches.

Hurleurs au dessus de nous. (http://youtu.be/sCIGmOQOxJE)

Lance-pierre, 3 ou 4 billes dans la poche et je retente ma chance. Entre 20 et 30 mètres dans les branches. Encore raté. P'lèt, en tongues, tire à partir du camp.

Raté aussi. Je m 'éloigne toujours un peu pour éviter qu'ils ne bombardent le campement. Le gros arbre à droite de notre banc a de très grosses racines qui forment une cavité abrité.

Pas écolo mais j'ai jugé que ça ferait un endroit bien abrité pour un feu. P'lèt et moi sommes fatigués et affamés. Et l'état de ses pieds me décide à essayer de faire du feu.

Je gratte le sol de la couche de feuilles pourries, dispose des bûches bien mortes sur le sol en tas de 50 cm de haut. Dessus, je fais mon feu. 2 Esbit et ça marche.

Avec P'lèt et nos souffles de non-fumeurs on se relaie pour l'alimenter en oxygène. Il part bien. Gros tas de bûche dessus. Très beau feu qui ne risque pas de s'éteindre.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418041473-file0134.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418041473-file0134.jpg)

La bâche commence à fondre alors j'enlève du bois. Royal. Feu énorme, peu de pluie. 2ème visite des singes quand on soufflait dessus. J'ai laissé P'lèt 5 minutes.

On a mis les ponchos par terre pour être face au feu. J'ai enlevé mes bottes et chaussettes pour constater que la plante de mes pieds est dans le même état.

Le feu est très chaud et l'arbre nous renvoie beaucoup de sa chaleur. J'ai fini en boxer et tongues et P'lèt en pantalon. Exceptionnel, aucun moustiques !

Alors qu'hier soir nous devions soulever la moustiquaire à chaque bouchée de pâtes froides.

Soupe de poisson pimentée pour moi, crème d'asperge pour P'lèt. Délicieux chaud.

Penne aux 4 fromages pour les deux. Ensuite thé à la menthe très sucré.

Pendant que mon quart chauffait, les p'tits cons noirs et roux sont revenus. Un a fait tomber sur mon tarp un paquet de mousse ! Aurait pu être une grosses branche !

Suis reparti en tongues et en slip à la chasse au singe autour du camp. Bille passée très prêt. Il s'en est aperçu et ils sont repartis.

Après les infu, gavés, on s'est encore partagé une penne tomate mozza. Moyen.

On a 4 types de pâtes : penne tomate mozzarella ou 4 fromages et fusilli carbonara ou bolognèse.

On peut manger les fusilli froides. S'hydratent suffisamment en une heure. Pas les penne. Du coup on garde les fusilli pour le retour et les jours sans feu.

Me reste peu d'Esbit. Les miens ont fondu pendant ma quasi noyade malgré la boite sensée être étanche (non, elle n'est pas sensée être étanche, l'ai appris depuis) et ceux de P'lèt itou. Boite mal fermée.

En faisant gaffe j'ai une bonne douzaine de feux possibles sans compter les tongues et les ridge rest. Ça ira largem.

Gavés, séchés, « débuggés » (sans insectes) le moral est excellent.

Pour la première fois depuis longtemps, les pantalons et vestes sont secs. J'ai conseillé à P'lèt de les plier et de les ranger dans les poches de son hamac pour les retrouver secs demain matin.

Le bonheur.

Avant d'aller aux hamacs, vers 17h20, nous avons mis à sécher face au feu les chaussettes et quelques fringues. Demain, corvée de bois, réparation de la bâche et on continu d'améliorer le confort.

Ai prévu une chasse de nuit bientôt. Et P'lèt a préparé des collets pendant que je préparais le feu.



Mercredi 17 juillet août :


Lever un peu tardif : on est si bien au chaud dans les sacs de couchage...

Nous nous équipons ! Pantalons, vestes, gants (1 seule paire en cuir pour moi), bottes, guêtres, chapeau et ceinturon qui comprend une machette chacun, un lance-pierre chacun et une seule trousse à pharmacie.

Alors, nous prenons les gourdes et les nalgènes, ainsi que les gamelles. Nous descendons laver et remplir tout ça au Verde, que nous atteignons après 40 min de descente et quelques 300 mètres bien abruptes.

Nous restons 20 min au fleuve pour remonter vers 9h30, avec, j'allais oublier, une « vache » à eau de 15 litres (10l). 1h pour remonter.

Nous déposons nos 23 litres (18l) de flotte sous la bâche (4 litres chacun +15l (10l)) puis nous nous empressons d'améliorer le camp, toujours le ventre vide.

Avec une machette chacun, le travail 1h pour 5 arbres abattus. Nous avons d'abord construit un banc. En fait un tronc d'une bonne dizaine de cm de ø que nous avons attaché solidement entre deux gros arbres, et ce à l'aide de lianes solides.

Un tronc très utile pour nous asseoir à 60 cm du sol. On y enroule un tapis de sol pour être plus confortablement installés. (http://youtu.be/QEJr1TGEr_M)

Puis nous faisons de même avec un 2e tronc, 1m70 environ au dessus du 1er. Celui-ci va servir à attacher la bâche pour nous protéger. Il se met à pleuvoir.

Je profite d'une accalmie pour suspendre mon linge civil entre 2 arbres afin d'éviter qu'il ne pourrisse à cause de l'humidité. Soudain, je me mets à avoir mal au talon droit.

J'enlève mes bottes et mes chaussettes. Papa me fait remarquer que mes pieds pourrissent sous l'effet de l'humidité. Il faut vite les sécher ou je ne pourrais plus marcher.

Papa m'amène sa serviette pertex en nylon (non, en « pertex »), et ma polaire. J'y introduis mes pieds pour les sécher.

Pendant qu'il entrepose du bois pour le feu dans le creux d'un arbre sous la bâche, je prépare 5 collets en fil de cuivre, pour piéger des écureuils.

Soudain, du bruit. Un arbre remue fortement, des branches tombent... des singes !

Pas une seconde à perde : Papa et moi dégainons les lance-pierres, je tire une bille assis depuis le banc. Raté. Papa n'aura pas plus de chance... Alors on démarre le feu.

Il nous faudra souffler longtemps sur les braises pour qu'il prenne. Nous réussissons à faire un feu gigantesque, le plus gros des 3 feux pour l'instant. Toute la réserve de bois y passe, et nous mangeons chaud.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418041747-file0120.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418041747-file0120.jpg)

Soupe de pêcheur pour Pap's, et asperge pour moi. Une 4 fromages chacun, puis un thé. Nous sommes torse nu prêt du feu dont la forme creuse de l'arbre nous renvoie la chaleur.

Alors on se partage une tomate mozza par gourmandise. Il fait chaud, il n'y a aucun insecte et on mange chaud, enfin ! La chaleur du brasier a fait un trou dans la bâche.

Nous brûlons les déchets en plastique, c'est vrai que question écologie, on a vu mieux mais bon... On range tout, on met le linge à sécher au coin du feu et nous suspendons les sacs aux hamacs.

C'était une bonne journée, bien remplie, constructive et agréable. Une chasse nocturne est prévue pour les jours à venir, et il est aussi prévu de construire une table.

Dans le hamac, je regarde mes pieds, ils sont secs. En revanche, nous avons avec Papa des rhumatismes aux doigts des mains depuis 2 jours, l'humidité sans doute.
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: buchbass le 07 janvier 2012 à 12:40:10
Au vu des températures, pourquoi le choix d'un défense 4 et pas d'un tropen par exemple? (l'altitude peut être?)
Titre: Un Poulet dans la jungle
Posté par: guarocaliente le 07 janvier 2012 à 14:13:11
Au vu des températures, pourquoi le choix d'un défense 4 et pas d'un tropen par exemple? (l'altitude peut être?)

Oui, l'altitude.

24° à 1000 m à 17h20
14° à 1700 m à 6h

autres températures relevées lors de précédents voyages :

14° à 8h00 à 1500 m
15° à 7h20 à 1900 m
11° à 3h30 à 1900 m
8°   à 5h00 à 2200 m
4°   à 4h30 à 2600 m

Comme on passe environ la moitié du temps dans le hamac, il faut y être le plus confortablement installé possible pour récupérer de la fatigue de la journée.

Donc pas de compromis sur la qualité du hamac, du tarp et sur la chaleur du sac de couchage.

Le Tropen de Carinthia serait très bien en basse altitude et le Defense 6 en haut des montagne.

Le soucis c'est que c'est une expé en zone tropicale qui débute à 500 m et peut dépasser les 3000.

Le Tropen serait beaucoup trop froid pour la montagne.

Du coup j'utilise le Defense 4 sans le fermer, dans un drap de sac en paratex (sèche plus vite, ne pourrit pas et beaucoup plus léger que le drap de sac spécifique en coton vendu avec le Def 4), au pied des montagnes.

Je le ferme dans la nuit si j'ai froid.

Poulet avait le même équipement.

En déficit calorique, dans l'humidité ambiante, fatigués, en hamac, à 1800 m, le Defense 4 n'était pas overkill.

A 1800 m Poulet et moi fermions le sac sans crever de chaud.



Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: Karto le 10 janvier 2012 à 08:59:27
Salut Guaro :)

Juste un grand merci. Un journal de voyage aussi brut de décoffrage, aussi honnête et complet, qui parle des petits et gros tracas, sans les maquiller, c'est plus que juste une source de connaissances énorme et une superbe leçon d'humilité. C'est carrément un de ces textes qui contribue à instiller un état d'esprit durable chez le lecteur. Sans déconner, ce récit a toutes les chances de devenir un des "best-sellers" du site, un truc qui sera encore lu dans des années avec toujours autant d'intérêt. Je suis tenté de l'épingler.

Merci encore !
Titre: Un Poulet dans la jungle
Posté par: guarocaliente le 13 janvier 2012 à 14:30:41
Jeudi 18 août 18h20


Sous une pluie battante.

Saloperie de bic noir. Écrit pas la tête en bas. Sais pas ce que j'ai foutu de mon space pen. (http://www.spacepen.com/chromebulletwithspaceshuttle.aspx)

Pluie battante et lumière rouge de ma frontale pour sauvegarder ma vision nocturne.

La lune se fait de plus en plus pleine et quand les nuages veulent bien laisser un coin de ciel, c'est un véritable monde fantomatique en noir et blanc.

Bon. Ce matin j'ai eu la bonne surprise de voir que le feu fumait. Plein de braises après 13h30 de combustion. M'a suffit de le charger en bois pour qu'il se remette à fumer beaucoup.

Quelques minutes après on a eu de belles flammes. Cool. Aujourd'hui nous avons creusé (http://www.asmc.de/fr/Outillage/Outillage/Outillage/Pelles/Pelle-pliante-p.html) un trou d'une quarantaine de cm de profondeur sur 40 de diamètre environ.

Tunnel en diagonale qui rejoint sa base. Dakota fire hole (http://www.youtube.com/watch?v=AYxxyCEFvZ8&feature=related) (ou pit).

Quand les trous ont été terminés, j'ai transféré une grosse quantité de braises du 1er feu (que j'avais bien chargé en bois en prévision).

Je veux deux feux. Parce que le 1er est sous un espace non couvert entre l'arbre et la bâche trouée par les flammes.

Donc il risque de s'éteindre en cas de grosses pluies (comme celle qui tombe au moment ou j'écris).

Le deuxième, enterré, brûle plus chaud alimenté par l'oxygène qui arrive à sa base.

Permet de brûler du bois vraiment trempé (P'lèt vient de me demander de regarder les feux. J'aperçois leurs lueurs réfléchies par la bâche au-dessus du campement à une dizaine de mètres de nos hamacs).

Ah oui ! Avant de terminer le feu enterré, j'ai entendu les singes pas trop loin.

Je me suis équipé (3 flèches dans le dos, ceinturon avec machette et poche à lance-pierre, nalgène vide, pastilles micro pure, GPS, boussole, moustiquaire, couteau, poncho dans une poche et bâton de marche.)

J'ai descendu notre colline vers le sud. En bas, suis tombé sur une zone de petits palmiers trempant dans 5cm d'eau. Je bouge doucement et j'écoute. Des branches s'agitent à 100m.

J'enfile le poncho pour me camoufler. Un cri léger au sol à une dizaine de mètres de moi. Tête d'oiseau (http://ibc.lynxeds.com/video/great-curassow-crax-rubra/female-walking-forest-floor) dressée entre des plantes. Un pavon. (http://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_Hocco) Un couple.

Je prends mon lance-pierre, ma boite de péloche à munitions. Je mets 3 ou 4 billes dans la bouche et en tire une sur l'animal. Ça ressemble à un petit faisan très haut sur patte.

Ça la réputation d'être très bon. Et c'est très con. Je le rate. Il s'envole. Et se perche sur une branche basse (http://www.youtube.com/watch?v=77a_qISo0TY) à quelques mètres.

Encore raté. Là encore avec une 22 (http://fr.wikipedia.org/wiki/.22_Long_Rifle)...

Je rêve d'un Ruger (http://www.youtube.com/watch?v=PuA4gwL3E48&feature=related) (allez à 3mn 08) Mark II avec silencieux intégré et désignateur laser, mais je m'égare.

J'ai du tirer 3 ou quatre fois. A chaque fois il s'envole à 2 ou 3 mètres avec sa femelle.

La pluie tombe et j'ai laissé les gants de P'lèt par terre pour pouvoir tirer. Je fais demi-tour. Je suis une brelle avec un lance-pierre.

Je remonte au camp et j'aide P'lèt à terminer les trous.

Ensuite un orage a pété sévère. De vraies rafales de vent passent sous la bâche, rabattent la fumée des feux vers nous et apportent la pluie sous la bâche. Plutôt légèrement.

Coincés entre nos deux feu, nous ne sommes pas trempés et gardons notre chaleur. Le vent se calme. On dîne tranquillement.

Avant que la nuit ne tombe complètement, nous chargeons à bloc les deux feux dans l'espoir d'avoir assez de braises demain matin.

Le feu n'éclaire plus et la lune non plus. Dodo tête en bas. Je pisse dans ma nalgène et je rentre dans le sac.



Jeudi 18 juillet août


Une journée pas très ensoleillée. Nous avons construit, creusé un trou assez profond (40 cm de large pour 30 de profondeur) au pied d'un arbre sous la bâche, opposé à l'autre feu.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418042088-file0125.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418042088-file0125.jpg)

A 20 cm de ce 1er trou, nous avons fait un 2° trou d'aération en tunnel qui rejoint le 1er à sa base, pour l'alimenter en oxygène (dakota fire hole).

Nous y avons démarré un feu avec les braises du premier. Il doit servir à cuire la nourriture. Il a commencé à pleuvoir vers 12h00 très fort. De l'eau goutte à travers la bâche.

Nous nous réchauffons entre les deux feux, tandis que l'orage gronde et que les rafales de vent nous amènent la pluie jusque sous la bâche.

Nous sommes mouillés mais les feux tiennent bon et nous réchauffent tout en séchant nos vêtements. Ce matin, Papa est parti à la chasse. Il a vu deux pavons sur une branche mais les a raté.

Nous mangeons, nous chargeons le feu en bois pour qu'il tienne le coup jusqu'à demain matin puis nous rentrons nous coucher dans les hamacs.

Le mien est humide mais mon tarp l'a bien protégé et il a bien tenu face à la tempête. Je termine ma confiture d'ananas.

Ensuite je pisse dans ma nalgène mais je referme mal le couvercle.

Une seconde d’inattention et la moitié des 500 ml de pisse part recouvrir mon sac de couchage d'une odeur et d'une humidité qui me font revisiter ma notion d'une « bonne nuit ».

Je dors mal. Nous verrons bien demain.
Titre: Un Poulet dans la jungle
Posté par: guarocaliente le 13 janvier 2012 à 16:06:21
Vendredi 19 juillet août


J'ai mal dormi. Mon sac est moins humide mais pas vraiment sec. Je le laisse comme ça, il n'y a rien à faire.

Nous commençons par raviver le feu pour manger. Puis nous remplissons la réserve de bois à l'abri de la pluie.

Puis Papa me montre le calendrier des prochains jours sur son cahier de voyage : « Un poulet dans la jungle ».

Nous allons ensuite poser les collets à écureuil.

Nous les accrochons à de grands arbres (grandes perches) que nous appuyons contre des arbres susceptibles d'héberger des écureuils.

S'ils empruntent ces chemins, ils se retrouveront piégés, pendus par les nœuds coulants en fil de cuivre. (http://www.youtube.com/watch?v=LhLBXC4pz-c&feature=related)

Il est encore très tôt (9h00). Le soleil se pointe, nous lui donnons nos fringues humides pour qu'il termine de leur donner une texture sèche et mettable. Le temps passe lentement.

Quant le temps s'est couvert, nous avons remis nos habits au coin du feu. On glande. Je ne suis pas vraiment en grande forme mais le feu réconforte le moral.

Alors je me taille une branche, je la sculpte en forme de wakizashi (http://fr.wikipedia.org/wiki/Wakizashi), pour m'occuper. J'arrive à un résultat plutôt satisfaisant.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/49/1417990656-file0142.png) (http://www.noelshack.com/2014-49-1417990656-file0142.jpg)

Je suis content, mon moral s'améliore. Papa me filme, en plein ouvrage (http://www.youtube.com/watch?v=c-YQ-ezukVs); il a réussi à caler la batterie de la caméra avec un morceau de l'Evangile selon saint Matthieu. Hérétique !  ;D

Le soir, nous sommes tranquillement assis auprès du feu, et nous nous baffrons de pâtes, dont nous avons un surplus considérable.

Nous décidons de partir chasser cette nuit à 3 heures du matin. Je suis par conséquent tout habillé dans mon hamac, pour être prêt au moment voulu.

Je termine d'écrire et je vais essayer de dormir pour me réveiller dans 7 heures. Il est 20h00, vendredi 19 juillet.
Titre: Un Poulet dans la jungle
Posté par: guarocaliente le 14 janvier 2012 à 22:30:51
Samedi 20 août 2011 10h53


Hier rien de spécial. Encore une course après les hurleurs. En fin d'aprèm, visite de capucins à gorge blanche. (http://fr.wikipedia.org/wiki/Cebus_capucinus) Pas agressifs (http://www.youtube.com/watch?v=ja8KU1Pppts&feature=related), ne bombardent pas les intrus.

Cris ressemblant à des aboiements (http://www.arkive.org/white-throated-capuchin/cebus-capucinus/video-11a.html) de petits chiens. (leur cri d'alarme en présence de prédateurs)

Nous avons posé deux perches à écureuils. Trop tard pour en espérer du gibier mais ça a montré à P'lèt comment les poser.

Son bâclage adolescent m'exaspère. Je suis aussi pour faire le moins d'efforts possible. Mais après la priorité de l'efficacité. Plutôt adepte du « vite fait, mal fait ».

N'écoute aucune instruction, n'en fait qu'à sa tête. Un peu exaspérant dans « la civilisation » mais sans conséquences. Ici ça me saoule grave.

J'ai tenu ma parole de l’emmener, je ne le regrette pas. Il a fait beaucoup d'efforts physiques et supporte plutôt bien l'inconfort de cette ballade.

Mais je ne le referai pas. Humeur trop changeante. Trop vite morose en cas de pluie. Trop tendance à se laisser aller à ne rien faire. Ce qui n’arrange pas le moral.

C'est un poids pour moi qui vit très bien seul en forêt. Seul, je suis plus serein.

Je n'ai pas retrouvé pendant ces 3 semaines la plénitude, la joie de faire partie de cet univers.

Pas de peurs pour moi, mais pour lui ce qui revient au même finalement. Ce matin je l'ai réveillé vers 3h15.

Mes consignes étaient claires. Pas suivies. Perte de temps pour l'attendre.

Vu un paca, P'lèt n'a pas tiré. Du 22lr est indispensable dans le coin.

Il n'a pas fait de problèmes pour se lever mais avait l'air complètement à l'ouest. Ailleurs.

Très agressif au retour quand je lui ai fait remarquer qu'il avait l'air de dormir debout.

« Au moins je ne fais pas chier les autres quand je suis crevé ! ». Charmant. Je suis allé me recoucher et il est resté prêt du feu.

Régulièrement, je l'ai entendu taper sur un arbre avec sa machette. Pendant prêt de 2 heures, par période, il frappait le tronc. Ai essayé de dormir quand même.

Ça a continué alors je lui ai demandé d'arrêter ça et pourquoi il tapait comme ça ? Il a arrêté enfin.

Quand je me suis levé, m 'a dit que c'était pas pour m’emmerder, « Pour voir si ma machette coupe », que c'était machinal et qu'il n'avait pas réfléchit que ça m'empêchait de dormir.

J'ai une envie tenace, par moments, de le réexpédier en UM (http://en.wikipedia.org/wiki/Unaccompanied_minor) en France, quitte à payer un gros supplément sur son billet d'avion.

Presque pas un mot depuis ce matin. Aucun commentaire sur la promenade de nuit. Aucun enthousiasme. Amorphe au coin du feu.

Demain matin on prend le chemin du retour avec la reprise des repas froids. Entre 2 et 4 jours à peu prêt.

Voudrais avoir un peu de temps sur une plage avant de rentrer en France.



Samedi 20 août 2011 16h52. Hamac depuis 16h35


Hier j'ai commencé mon pré-rasage avec les petit ciseau de la pharmacie. P'lèt m'a proposé d'essayer avec son mora triflex, très affûté.

Ben se raser les poils de la main ou du visage, c'est pas la même..

Cet aprem me suis rasé. Commentaire de P'lèt : « c'était mieux avant ».

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418043291-barbu.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418043291-barbu.png)

En fin de matinée, il est venu s'excuser pour ce matin. Bien susceptible.

Je sais, je vois, que ses humeurs changeantes ne sont pas faciles à vivre pour lui (on dirait ma blonde) mais en attendant je dois subir.

On a réactivé le feu, un peu discuté, beaucoup glandé. Il est temps qu'on reparte.

Dernier repas chaud demain matin. Après on reprend pour quelques jours le régime bolo ou carbo froides.

Comme d'hab, je nourrirai la forêt avec mes sachets de pâtes excédentaires. 10 kg de moins sur la poitrine à porter.

Demain je me, et le, lève à 5h. Va falloir tracer avant la pluie.

Cet aprem c'était un vrai déluge. Récupéré plein d'eau de pluie. Jaune dans la vache à eau. Dès qu'on croise un ruisseau, je la balance.

On est allé tôt aux hamacs ce soir.

P'lèt avait l'air triste ou fatigué. Lui ai demandé si ça allait, m'a répondu que oui. De ses propres dires, préfère nier quand quelque chose ne va pas.

A part ça, ce matin pendant la ballade nocturne, j'ai pu constater que la LD20 n'est pas fiable. Vide les piles neuves alcalines en moins d'une heure.

Beaucoup moins fiable même si plus puissante que la petite Tikka XP2. Ai filmé de nuit. (http://youtu.be/VpDmJeGBVWI) Pas certain que ça donne quelque chose.

Les hurleurs sont ils devenus aphones ?

Croisés plein de bandes. Des cris de plusieurs sortes mais pas une seule fois le hurlement rauque (http://www.youtube.com/watch?v=pYtoz-t-bbY&feature=related) qui les caractérisent d'habitude. Bizarre.

Impressions après 3 semaines confirmées.

Le NX-150 de Clark Jungle Hammock avec l'option « rainfly XL » est topissime. Même s'il coûte une c*u!lle.

Mais comme dit l'autre, «C'est pas le hamac de monsieur tout le monde, le prix s'oublie la qualité reste ». Juste les cordes à améliorer ou à changer.

Ridge Rest inutile à cette altitude (1750m) . Def 4 suffisant. Au pire, la polaire sous le cul. Bottes ok. 3 paires de coolmax (http://www.asmc.de/fr/Habillement/Chaussure/Chaussures-et-chaussettes/Chaussettes/Chaussettes-Coolmax-kaki-p.html) seulement. Idem boxers. Moleskine, oui. 1 T-shirt.

Veste plus légère (modèle P'lèt OK). Boonie et moustiquaire. Gants cuir. Plus de paracorde (1x10m et 1x20m). Machette locale avec une lime. Mora Forest, non. Triflex, oui.

Wave, nalgène 1l OK. Source 3l, oui. Sabre 60-100 noir, très bien mais un peu lourd. PLCE en poitrine OK. Épaissir les bretelles : plaies épaules.

Poncho US ! Plus lourd mais meilleur qualité saison des pluies. Saison sèche copie suffisante. Boite vraiment étanche kit feu. + d'Esbit en saison humide.

1 /2 par feu en saison sèche, 1 à 2 en saison « humide ». Monoculaire (http://www.asmc.de/fr/Equipements/Optique/Optique/Jumelles/Monoculaire-Motion-10x25-p.html) non. Lance-pierre, non. 22 oui !

(ou alors tirer quelques milliers de billes pour s’entraîner. Ou partir avec Thierry la Fronde (http://www.youtube.com/watch?v=SSDQSqe6T_E) Ou apprendre le cri qui tue (http://www.youtube.com/watch?v=2M35LvWlpYs))

Superglu en gel, tape, ficelle, fil de cuivre. Kit pêche, non ! E-trex OK si neuf. Popote 1,4 l (http://www.rayonrando.com/popote-legere-ardor-solo-non-stick-popotes-manger-boire-3375-66-19-26.z.fr.htm) pas mal mais prendre un modèle à suspendre pas à poignée. Spork NON ! Cuillère en titane.

Vache à eau 10 l, oui.1 bâche légère saison des pluies. 1 petit savon par semaine. Pharmacie légère, surtout des écorchures, échardes, coupures légères. Boussole, cartes.

Sacs congèl, oui. Voir si plus solide et plus étanche que « Alfapac »(Zip Lock mieux). Dosettes huile pimentée, OK ou chile en poudre.

18h08. Le vent bien froid vient de se lever dans les montagnes.

Je viens de fermer la doublure imper-respirant (que Clark appelle « weather shield ») par dessus la moustiquaire.

Très efficace. Je suis maintenant dans une tente fermée suspendue entre deux arbres.

Je perds le plaisir de regarder dehors la lune éclairer les arbres mais j'y gagne en confort thermique.



Samedi 20 août


Encore un fritage ! Pour changer.

Nous sommes bien partis à la chasse à 4 heures.

Après 5 min de marche, éclairés par les frontales et les FENIX, nous avons aperçu un paca (http://www.youtube.com/watch?v=lOj0SAdJRpA), occupé à manger et pas visiblement effrayé par la lumière.

(la vidéo n'est pas de moi, mais ça aurait pu. Exactement ce qu'on a vu sous le faisceau de nos LD20.)

Il s'est contenté de faire demi-tour tranquillement. Pas eu le temps de tirer.

Nous ne verrons pas d'autres animaux mais nous pourrons avoir l'occasion de voir le soleil se lever (http://youtu.be/F1C7_RG5uF4); tandis que les animaux retournent se coucher à l'abri dans leur terriers.

Les oiseaux chantonnent de leur cris bizarres, et les premiers insectes diurnes comme les taons font leur apparition. L'air se réchauffe.

Papa repart se coucher tandis que je rallume difficilement le feu avec le peu de braises qu'il reste.

Je repense à ma première expérience de chasse nocturne : avec une 22, on mangerait du singe tous les jours...

Tiens, d'ailleurs je les entend qui arrivent pour jeter des branches sur la bâche. Ils partent aussitôt.

C'est surprenant, mais les hurleurs que l'on a vu jusqu'à présent ne hurlent pas.

On en voit tous les jours et aucun hurlement hormis des bruits comme des aboiements.

Papa sort vers 12h00. Je fais un effort et décide de présenter mes excuses pour le fritage de ce matin dont je ne parlerai pas ici tellement c'est con.

Il les accepte, et nous mettons beaucoup de bois sur le feu. Le reste de la journée, ce fut glandage et repos au coin du feu et sous la bâche.

Régulièrement, il fallait relancer et alimenter en bois le foyer, qui tenait bien face à la pluie. Demain, nous devrons nous lever tôt pour partir et quitter le camp.

Nous aurons ensuite trois ou quatre jours de marche intensive, pour rejoindre Las Mesas. Le feu va nous manquer un peu, mais on a enduré pire.

Pour être en forme, nous nous couchons tôt et nous réglons les alarmes de nos montres sur 5h00.
Titre: Un Poulet dans la jungle
Posté par: guarocaliente le 15 janvier 2012 à 14:23:08
Dimanche 21 aout 2011 17h42 1570m


On the road again.

Levés à 5h00. P'lèt range ses affaires et son hamac pendant que je réactive le feu. On mange chaud pour la dernière fois avant de sortir.

Avons vidés les sachets de pâtes excédentaires. En ai gardé 6, P'lèt 7. Brûle aussi la bâche.

Sommes partis à 8h30. Avons beaucoup avancé ce matin.

Un peu avant 12h nous arrivons sur le Verde. Impossible à traverser. Avons eu l'idée d'abattre un gros arbre en travers mais les machettes ne coupaient pas assez.

Après pas mal d'efforts, nous avons réussi à en abattre un petit pour nous permettre de rejoindre un gros tronc bloqué entre l'autre rive et le milieu du rio, entre des rochers.

Notre arbre est tombé nickel. J'ai vidé mes poches, enlevé le poncho (il pleuvait un peu) et suis descendu dans l'eau (assuré par la paracorde) pour tester la profondeur et la force du courant.

Pas deux fois la même erreur. Eau au-dessus des genoux, courant ok. Je me tiens à notre arbre abattu. (Je sors de l'eau).

On récupère le tronc d'un palmier coupé un peu plus haut et j'en fais une passerelle pour rejoindre le gros arbre déjà en place. Sonne plein. Bon.

Je m'attache et traverse sur l'autre rive assis sur le tronc, les jambes pendantes pour faire balancier, j'élague à la machette et fais demi-tour en laissant la paracorde attachée sur l'autre rive pour assurer Poulet.

Très gros remous sous l'arbre. On va récupérer les sacs (on ne porte plus qu'un sac chacun, les PLCE sont vides). P'lèt enlève son poncho pour avoir les mouvements libres.

Je descends dans l'eau le premier et l'attends pour l'aider à traverser. Il passe doucement sans problème après s'être assuré au milieu du tronc.

Ah ! Un peu avant d'arriver au rio, je me suis donné un coup de machette sur le dessus de la main gauche. Rien de grave. Je ne me suis pas vraiment « donné un coup de machette » (heureusement!).

Mes machettes ont un lien en paracorde (une dragonne) pour pouvoir les lâcher quand j'ai besoin d'une prise en progression, et ne pas risquer qu'elle glisse (hors de ma main).

Donc, j'avais lâché la machette, elle pendait à mon poignet droit, faux mouvement, balancier, entaille. L'unique usage de la pharmacie sceau-far (sans compter une plaie d'abrasion à l'épaule).

Bétadine, Steri-Strip.

Après être passé de l'autre coté, P'lèt a fait la réflexion que c'était dommage de faire tous ces efforts, ces trucs comme traverser un rio assis sur un tronc d'arbre qu'on a abattu sans le filmer ou faire des photos.

Suis à moitié d'accord avec lui. Ensuite, même m*rde végétale de bord de rio. Trempés de sueur, de pluie et de gros torrents de montagne, vers 15h30 j'ai décidé qu'on s’arrêtait pour camper.

P'lèt recommence à chanter. L'action « obligatoire » lui évite de penser trop. C'est à dire mal. Donc il a meilleur moral et est plus actif. Cool.

Pas qu'il soit pressé de sortir, au contraire, mais, et je lui ai dit, il est plus agréable quand il s'active. Il le reconnaît. Le camp de ce matin est à 1km800. En ligne droite.

Donc on a beaucoup avancé même avec les 2 heures perdues au rio. J'estime notre sortie, au plus tard, à mercredi matin.

Les carbos sont à tremper mélangées à de la soupe de poisson Royco et des sachets d'huile pimentée piquées chez Domino's Pizza. Encore 20 minutes à patienter et on se régale.

Youpie.



Dimanche 21 août


Réveil agréable dans des fringues sèches pour la dernière fois. Papa relance le feu tandis que je m'empresse de remballer mes affaires dans mon sac.

Je repense aux derniers jours passés dans un campement fixe. C'était une bonne chose d'avoir pu vivre deux aspects de l'aventure : d'abord itinérants, puis sédentaires.

Il y a beaucoup de différences entre les deux.

Au camp fixe, nous avons la bâche, un feu, nous sommes toujours secs, dans des vêtements qui le sont tout autant ; on mange chaud, on ne se presse pas tous les matins pour déballer ou replier les bagages.

Mais le rythme est plus lent, plus propice à la déprime aussi. En itinérant, c'est le contraire exact de tout ce que je viens de citer. Revenons à la journée d'aujourd'hui.

J'ai tout rangé et nous trouvons une astuce pour alléger nos sacs à dos : d'abord nous brûlons la bâche, puis c'est au tour de la nourriture (on la brûle pas, on brûle les sachets vides).

Étant donné que durant pas mal de jours nous ne nous sommes nourris que d'un sachet de pâtes au lieu de deux, on se retrouve avec plein de bouffe lourde et inutile.

Nous jetons au feu une dizaine de paquets chacun, et nous ne gardons que 6 sachets dans notre gros sac dorsal (20kg).

Au final, nous n'aurons plus à porter nos sacs de nourriture ventraux, ne gardant plus que les dorsaux, puis nous repartons vite.

Il est 8h00 et nous marchons très vite pour faire le plus de chemin possible avant la pluie. Le terrain est plat et dégagé et nous traçons.

Peu après vers 11h30, la pluie se met à tomber. Nous avons marché beaucoup plus que prévu et nous arrivons au rio Verde, que nous devons traverser.

Sur les bords du fleuve, c'est une végétation encore nouvelle et surprenante.

Des figuiers étrangleurs géants poussent au milieu des bambous, des grands palmiers, des herbes et des plantes rouges en forme de piments.

Le tout est parsemé de rochers posés là sur la terre comme si cela n'était pas leur place, et ce décor fabuleux et irréel me ferait presque oublier la pluie.

Le courant est fort, et nous cherchons un passage pour prendre le moins de risque possible : pas question de refaire la connerie du 1er jour.

Nous posons les sacs contre un tronc, et nous commençons à abattre un tronc à la machette pour qu'il tombe dans le fleuve et qu'il nous serve de pont.

Au bout d'un certain temps, l'arbre n'étant toujours pas tombé, nous trouvons une autre idée.

A un endroit du rio, je montre à Papa un gros tronc déjà tombé, qui forme qui forme une véritable passerelle au-dessus des flots, mais seulement sur la 2e moitié.

Nous abattons alors un palmier et un petit arbre pour nous sécuriser sur les premiers mètres qui mènent au tronc. Papa part en éclaireur sans sac une première fois.

Il traverse sans problème la 1ere moitié, avec de l'eau jusqu'à mi-cuisses. Puis il grimpe sur le gros tronc à cheval, attaché à celui-ci par de la paracorde. Par chance, il a l'air solide et il tient bien.

Sous le pont, le courant est très fort et il se jette dans des cascades dangereuses, avec beaucoup de profondeur. Mieux vaut ne pas tomber.

Papa revient sur la rive, et nous allons chercher nos sacs pour traverser. Je pars en 1er. Arrivé au pont, Papa me fait signe de l'attendre pour qu'il me rejoigne.

Je grimpe à cheval sur le pont, attaché par le poignet à l'arbre. J'avance lentement en conservant mon équilibre. Je débarque sain et sauf sur l'autre rive et Papa fait de même.

C'était impressionnant ! Dommage qu'on ai pas pu filmer ça ! Nous remplissons les nalgène avant de repartir chercher un terrain pour cette nuit.

Au camp, 550 mètres plus loin, nous faisons le point sur le trajet pour le retour. Nous avons énormément avancé : 1k800 et 5h de marche ! En ligne droite, bien sur.

En vérité, nous avons parcouru au moins 4 km. A ce rythme là, nous arriverons mardi soir ou mercredi matin à Las Mesas.
Titre: Un Poulet dans la jungle
Posté par: guarocaliente le 15 janvier 2012 à 16:54:51
Lundi 22 août 2011 16h13


Lumière rouge. Déjà au hamac. Ce matin, partis à 7h30. Bien.
 
put**n ! Poulet vient de gueuler « PAPA !! » Quelle andouille parfois !!

Nous sommes cachés dans un petit bois à quelque dizaine de mètres d'une ferme. On ne parle qu'en chuchotant. Peur d'être repéré par un chien.

Et lui s'oublie et se met à m'interpeller de la dizaine de mètres qui sépare nos hamacs ! « J'ai oublié » Me dira t il demain matin... Bref.

Ce matin terrain vallonné, pénible...

Première gueulante. Il me colle à un mètre. Consignes claires et répétées des dizaines de fois : "Marche à 2 ou 3 mètres derrière, pas à portée de coup de machette vers l'arrière."

Fait la gueule. Supporte pas mes réflexions.

Le matin je lui dit (vient de sortir. Il voulait de l'eau. A «oublié» qu'il fallait être discret. Pas mur pour les FS. Oublie tout. Respecte pas les consignes. N'en fait qu'à sa tête. Un ado rêveur quoi. Bref.) de ranger sa nalgène sur le coté du sac pour la remplir au premier ruisseau traversé.

Arrivés je lui demande, sans enlever mon sac pour gagner du temps, de me passer ma nalgène. La remplie et je cherche la sienne. « A ben elle est dans mon sac.. » ça me gonfle. Bref.

Dans la matinée je décide de remonter un peu vers le nord, trouvant que les courbes de niveau de la carte sont trop resserrées. Grand bien m'en a pris.

Quelques temps après on tombe sur une pica très nette. Humaine au vue des branches taillées en biseau. Ancienne. On la suit et nous tombons sur un campement de chasseurs ou de huaqueros.

Toujours aussi dégueux. Bouteilles vides, sacs plastiques, bidons, etc. Site sympa à coté d'un ruisseau. Sol très plat, aucun arbre. Doivent être en tente, probablement.

P'lèt est aussi dégoutté que moi.

N'empêche que leur piste est orienté est-ouest. Ça tombe très bien. Nous l'avons suivi, véritable chemin taillé dans la végétation jusqu'à la sortie, sur un gros chemin forestier.

Nous avons avancé très vite. Je faisais très attention aux bruits, aux signes qui auraient pu trahir un passage récent. Mais non. Plus probable qu'ils fassent leurs virées en saison sèche. Pas masos.

Nous avons croisés plusieurs pavons. P'lèt a pu voir à quoi ça ressemblait. Couple de toucans également. Et presque à la fin de la pica, un groupe de petites poules.

La descente sur le chemin forestier à coïncidé avec le début de la pluie. 12H40.

Pieds trempés, on marche sans bruit, l'un derrière l'autre, recouverts de nos ponchos, en bord de la route (un chemin en terre taillé dans la forêt 3 ou 4 mètres de large) pour être le moins visible possible.

(16h42 pause dîné) 17h24 terminé.

Pâtes carbo-whey froides mises à tremper 1h15 avec deux soupes Royco « 10 légumes » + une « gratinée d'oignons », 3 dosettes d'huile pimentée + une grosse dose de piment en poudre. Bon !  

Au bout d'une heure de marche à bon pas, trempés sous les ponchos, les pieds et les épaules font mal. J'aperçois un toit orange à une grosse cinquantaine de mètres.

Nous faisons demi-tour sur la route et nous enfonçons dans la forêt. On pose les sacs. Trop prêt de la route d'un coté, trop prêt de la plantation de l'autre. On reprend les sacs.

De retour sur la route, on s'éloigne encore un peu pour trouver un coin de forèt un peu plus isolée. On commence à installer les hamacs très tôt, vers 14h30.

«Pas de bruits, pas de machettes». Il me la demandera quand même quand il installera son tarp. «Utilises ton couteau».

Me demande l'autorisation d'enlever sa veste trempée... Mélange de petit garçon et de velléité d'être traité en adulte. Il est temps qu'il grandisse.

J'espère que cette expé lui sera profitable. Il est plein de qualité mon P'lèt. Calme, courageux sous son sac. Plein de bonnes réflexions, plutôt pas égoïste en général, sensible.

Manque un peu de maturité pour l'instant. On sort un jour plus tôt grâce à la huaqueros Express. On décolle samedi 3. reste 12 jours pour se détendre, se refaire une santé.

Deuxième partie plus touristique de ce voyage. Plutôt beaucoup de nouvelles expériences pour P'lèt. N'empêche qu'avec une 22 il aurait pu goûter aux singes et aux pavons.

Il a eu la bonne idée de fermer les hamacs (fermer le weather shield par dessus la moustiquaire) pour camoufler l'éclairage des lampes, cette nuit.

J'ai gardé le mien ouvert sur une cinquantaine de cm histoire de voir la nuit tomber et surveiller les alentours tant qu'il fait encore jour. Il est 17h45, il fait presque nuit.

La frontale est en lumière rouge posée sur mon nombril et éclaire ce petit cahier posé sur mes cuisses. J'entends plein de bruits suspects autour de moi. Je suis trop aux aguets, ça affûte la parano.

Vais attendre un peu pour fermer le hamac et passer en lumière blanche.

Demain réveil à 4h. Fait jour vers 5h15. On descend la route et on tache de rejoindre un arrêt de car pour Santo Domingo le plus tôt possible.

Dernière nuit en hamac pour cette année.



Lundi 22 août


Lever une  heure plus tôt qu'hier, à 5h au lieu de 6.

Ouch ! J'avais presque oublié le contact des vêtements trempés et glacés au réveil ! Courage, 2 jours maximum encore comme ça...

Nous partons à 7h20, direction de l'ouest pour tenter de rejoindre un chemin forestier à 5 km à vol d'oiseau.

Les premières heures de marche sont dures. ; sans rien dans le ventre, nous crapahutons sur des montées boueuses, pour redescendre de l'autre coté.

La végétation change sans arrêt, et celle-ci devient plus ou moins dense par endroits.

Un moment, nous sommes surpris par l'envol brutal d'un gros pavon noir, tapit dans les fougères à 3 mètres de nous.

Après quelques heures à marcher péniblement et un paquet d'arbres géants plus tard, nous tombons sur une pica, qui finit par nous mener droit sur une zone défrichée sur 10 mètres.

Le terrain est plat. C'est un ancien campement de huaqueros ! Ce sont de véritables porcs !

Le terrain est jonché de détritus en tous genres : canettes, sachets plastiques, réchaud à alcool, bouteilles en verre et même une pair de baskets !

Ces abrutis, ces monuments de connerie que constituent les pilleurs de tombes locaux viennent généralement en saison sèche et campent aux mêmes endroits.

Ils taillent des chemins visibles à la machette dans la végétation, ce qui va nous arranger grandement...

Nous suivons une piste laissée par ces déchets humains qui ne respectent rien, même pas leur forêt !

Le terrain est très plat et en marchant sur la piste, nous avançons beaucoup plus vite que prévu.

On fait bien du 3,5 km/h. Nous restons quand même sur nos gardes, car les huaqueros sont toujours armés. Au minimum de fusil de chasse.

 Un moment, nous tombons nez à nez avec un couple de pavon, qui s'en vont se poser sur une autre branche à notre arrivée. Vraiment très cons.

Plus tard, nous observons deux gros oiseaux noirs perchés sur des branches. Je les montre à Papa :

-Regarde là-bas, encore des pavons !
-Ah oui... Attends, c'est pas des Pavons !
-C'est quoi ?
-Des toucans ! (http://www.youtube.com/watch?v=KiIeh7K36p0&feature=related)

Je les observe, ce bec immense et multicolore, ce vol gracieux.

Incroyable ! Ce que je pensais être de vulgaires faisans stupides s'avère être un couple des plus beaux oiseaux de cette forêt ! (et le quetzal (http://www.youtube.com/watch?v=Dnz4gb0ojMQ&feature=related) c'est une mocheté?..)

Ils sont magnifiques ! Si je m'attendais en voir un jour à l'état sauvage... Après cette expérience, nous faisons une pause de 10 min bien méritée pour faire un point sur la carte.

La piste continue dans la bonne direction et elle nous fait gagner un temps considérable, nous arriverons une journée plus tôt que prévu, à cette allure ! Quelle chance cette pica !

En chemin, nous croisons un attroupement de poule d'eau, qui se dispersent à notre arrivée dans un concert de gloussements. La piste s’arrête soudain sur la route !

Une route très large en terre qui mène droit vers le sud, à Las Mesas. Nous y serons dans une ou deux heures au lieu d'arriver demain soir !

Il est alors 12h45, et la pluie qui nous avait épargnée la matinée se pointe sans crier gare et sans prévenir, des trombes d'eau, dont nos ponchos, que nous avons revêtus, sont censés nous protéger.

La civilisation est à 2 km. Par endroits, la route boueuse devient glissante. Nous fonçons.

Tantôt la route se voit recouverte de hautes herbes, puis de plantes rouges et bleues, avant d'être traversée par un torrent de montagne aussi large que boueux.

Vient ensuite une terre marron foncée, rouge et enfin rose saumonée. Nous croisons même un vieille abri de bois et de tôle, apparemment abandonné. Nous parvenons à la civilisation vers 14h.

Comme prévu, nous installons pour la dernière fois les hamacs à une distance suffisante de la route, pour notre dernière nuit dans la jungle.

Demain nous devrons nous lever à 4 heures, s'habiller en civil pour sortir ; puis nous marcherons jusqu'au village, pour prendre un bus à Palmira.

Je suis dans mon hamac, je viens de terminer une carbonara froide, et je repense à cette aventure extraordinaire en relisant mon journal de voyage.

C'était une expérience nouvelle et riche, inconfortable mais nous nous sommes surpassés. J'ai appris des choses utiles pour toute ma vie, et je me sens plus vivant qu'auparavant.

Je sens que je vais avoir du mal à reprendre les cours après ça : « -T'es parti où toi ? » « -... Si tu savais... ».

Je m'en veux de ne pas avoir été assez reconnaissant envers Papa pour ce voyage. Mais je ne sais pas comment le remercier assez en échange.

J'ai peur de ne pas pouvoir être à la hauteur en terme de gratitude.

En même temps, je n'oublie pas la pression et les critiques qu'il m'a fait subir... J'essaie d'être juste, de trouver la juste mesure dans tout ça, et ce n'est vraiment pas simple.

C'est l'expérience d'une vie, cette aventure ! Je ne l'oublierai jamais. Et c'est pas fini ! Seulement la partie sauvage...

Et je vous tiens au courant dans la suite de l'aventure, la 2e partie..
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: Svava (alias Hedera) le 15 janvier 2012 à 22:22:36
Vraiment, merci à tous les deux pour nous faire partage cette incroyable aventure!  En plus, il y a toute la dimension psychologique, émotionnelle... en somme très humaine, elle montre tout le cheminement intérieur et relationnel entre deux personnes très proches.

En outre, cette sincérité, cette authenticité, cette humilité qu'implique la mise à nu dans vos journaux respectifs, ouvert à l'autre mais également aux autres, y compris d'illustres inconnus dont je fais partie dans la mesure où notre seul et unique lien est ce forum...

Papa ne doit pas avoir un caractère facile, et Poulet est encore adolescent, avec tout ce que cela implique... mais ce que je retiens au final, c'est que le premier n'est au bout du compte pas aussi "ours mal léché" qu'il y paraît, et que le second est bien plus mature que la plupart des jeunes de son âge (et même moins jeunes... sans même parler du courage dont il fait preuve!).

Last but not least, le ton du récit est vraiment sympa : le ton "télégraphique" d'une part, et beaucoup plus "lyrique" de l'autre... non, franchement, le tout se lit d'un traite! Et le tout illustré de photos et de vidéos, franchement... mais que demander de plus???

J'ai envie de terminer par un petit mot à Poulet : quelle chance cette expérience, d'autant plus à ton âge!  J'en connais peu qui auront connu ça... et qui auront eu les tripes pour le faire... Ca va te faire de belles histoires à raconter au coin du feu  ;)

Perso, moi je suis pour l'épinglage  ;D
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: Irazú le 19 janvier 2012 à 17:19:51
hola Guapo Guaro..

je reste silencieux derriére mon clavier, mais lis avec délectation tes retex!
ca me donne l'occasion de me remémorer quelque souvenir, et de lire tes textes á ma blonde qui me demande de vos news a chaque fois..

bref,
ce matin petite pensée pour vous, ce qui m'a motivé á vous écrire:
2 couples de pavons (de montaña) sont venus se poser sur le cenícero centenaire dans le jardin du bas.. Énormes..

Quand je les ai vu se poser, j'ai pensé deux secondes a faire un carton, sachant ces bestiaux succulents.. j'ai pensé a vous, en train de becter les bolos-prot froides.. m'imaginant votre envie de griller un piaf pour déjeuner..

Puis d'une branche haute, ils ont sautillé tour á tour vers l'extrémité pour s'envoler au dessus de nos tétes..
deux battements d'ailes, puis un looong plané.. ils ont disparu au loin l'un aprés l'autre.. Majestueux..
tout le monde s'est tu.. pas le temps de prendre jumelles ou APN..
voila... on a pensé a vous le temps d'un vol de pavon..
bises
Titre: Un Poulet dans la jungle
Posté par: guarocaliente le 20 janvier 2012 à 23:22:41
on a pensé a vous le temps d'un vol de pavon..

Hola Amugo !

Je ne te savais pas poète à tes heures..  :)


Bon, voilà la suite et fin de notre promenade.

J'arrête de raconter cette ballade en sortie de forêt parce que le thème du forum c'est "Vie Sauvage", pas "Soirée diapo sur vos vacances"  ;D

Je pense que ça serait hors sujet et de peu d’intérêt pour le lecteur que de raconter les 12 jours qui ont suivis.

Sauf peut être pour la famille et les amis.. Du coup je pense que je vais continuer et poster la suite sur un site d'hébergement avec mot de passe.

Et puis c'est vachement plus casse c*u!lle à écrire qu'à vivre.

Des bises à ta blonde !


Next time je passe chez toi d'abord t’emprunter un 22 !  ;D




Dimanche 28 août 2011 19h27 5 ou 6 mètres au-dessus de la mer


5 bonnes journées que nous sommes sortis. L'impression que ça fait beaucoup plus longtemps. Le luxe d'arrêter d'écrire tout petit pour économiser de la place sur ce cahier.

Avec P'lèt nous avons pris la peine d'écrire quotidiennement des notes des principaux événements de la journée pour rien oublier quand nous reprendrions l'écriture. Le temps est venu.

Ce matin nous avons écrit les cartes postales

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1417993315-lescartes.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1417993315-lescartes.png)

alors ce soir on reprend doucement l'écriture.

Donc.

Mardi 23 nous nous sommes levé, j'ai réveillé Poulet, à 4h. La nuit a été assez bruyante. Lui comme moi a eu l'impression que des grosses bêtes étaient proches. Peut être des vaches.

P'lèt s'est levé rapidement et nous avons fait nos sacs en lumière rouge.

Dans la pénombre vers 5h30 changés en promeneurs et toujours précédé par mon bâton, nous cherchons une sortie sur le chemin qui ne nécessite plus la machette.

A un mètre du chemin, mon bâton se pose à quelques cm d'une forme lovée en plusieurs «S» : je me fige instantanément. Une cinquantaine de cm, paraissant noir dans la pénombre.

Tête très triangulaire. Je le montre à Poulet et allume ma frontale.

Son camouflage en forme de losanges marron et le dessous clair de sa mâchoire inférieure confirme la tête triangulaire. Bothros Asper (http://fr.wikipedia.org/wiki/Bothrops_asper).

Fer de lance. La pire cochonnerie des 17 espèces dangereuses du coin. Je le chatouille du bout de mon bâton. Pas agressif du tout. Il fuit mollement sous une feuille.

2 jours plus tôt il finissait sa vie dans les pâtes et en étui pour le wakizashi en bois que P'lèt s'est sculpté au camp. Marrant..

3 semaines sans voir un seul serpent, et on tombe sur un fer de lance la dernière minute avant de sortir des broussailles. P'lèt est content. Nous reprenons la descente de la veille.

Très peu de temps ensuite nous tombons sur un grand portail qui ferme tout le chemin. Je l'escalade et P'lèt me passe les sacs par dessus avant de me rejoindre.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1417993412-sortie-de-foret.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1417993412-sortie-de-foret.jpg)

Vue superbe.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418042286-vlcsnap-2014-12-08-13h11m12s80.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418042286-vlcsnap-2014-12-08-13h11m12s80.png)

Nous marchons une bonne heure avant de nous rendre compte (après avoir demandé notre chemin!) que nous sommes sur la mauvaise route ! Nous faisons demi-tour.

Devant un bar à Las Mesas nous redemandons notre chemin. C'est très loin et le soleil cogne déjà pas mal. Le proprio du bar confirme que c'est très loin à pied. Il est environ 7h du mat.

Je sais qu'il y a un car qui part de Palmira à 12h. L'ai déjà pris. J'explique que je cherche quelqu'un pour nous conduire et que je peux payer, un peu.

Me propose de nous amener directement pour 60$. Je refuse. Ou alors 20$ pour nous déposer à l'arrêt de bus de Palmira. J'accepte. Suis pas assez pressé.

Les 40$ paieront le restau « traditionnel » de sortie de forêt à Santo Domingo. Seulement il est pas dispo tout de suite. Peu nous emmener à 11h.

Propose de garder nos sacs chez lui, on va se promener et on récupère nos sacs à 11h. Ou pas. Même P'lèt est pas d'accord.

Le type propose autre chose : il nous dépose un peu plus loin sur la route de Palmira à l'attraction touristique du village, une source d'eau chaude dans laquelle il assure qu'on pourra se laver.

P'lèt me confirmait il y a quelques minutes en sortant de la forêt qu'on pue vraiment. Son odorat s'est réveillé en sortant. Toujours pas le mien. Mais je me souviens du phénomène.

Donc nous partons avec le gars dans son 4X4. Conduit comme un salaud. Peu après, nous dépose dans un virage en nous donnant rendez-vous à «11 h précise».

La source serait selon lui à 600 mètres au bout du chemin qui s'enfonce dans la forêt. Un peu boueux, on fait gaffe à ne pas se salir encore plus. On entend l'Azul gronder.

S'il croit que j'ai l'intention de m'y «re-baigner» !...

Je débouche sur un bassin ! J'hallucine ! Ça a l'air vraiment bien ! Un grand bassin creusé dans la roche, alimenté par une petite cascade. Des pierres de rio ont été disposé pour fermer le bassin.

Le tout surplombe l'Azul qui gronde en contre bas. Sublime vue. (http://youtu.be/Yk0qnT-hFZs) Je fais le tour, pose mon sac à dos et mets la main dans l'eau.

Je jubile ! Je me déshabille rapidement ne gardant que mon boxer. Le coin est touristique, on peut ne pas rester seul.

Je plonge en surface, le ventre touche le sable du fond. Eau transparente. Ma montre indique 30° ! P'lèt me rejoint.

Nous sommes resté plus de 3 heures à profiter de ce bassin chauffé par une faille volcanique à nous laver, ainsi que les bottes et les pantalons.

Par pitié pour les sièges en cuir du 4X4 on a ressorti les pantalons qui ont été beige un jour. Bordel ! Le luxe de se laver et baigner dans de l'eau à 30° en pleine forêt !

Bref. Du bol de s'être trompé de route. Une famille arrive. Nous leur cédons la place et sommes au rendez-vous un bon quart d'heure avant. P'lèt, calmement me dit qu'il a des étourdissements.

Lui répond que ça m'arrive quand je suis sous-alimenté et fatigué comme nous sommes. Que ça passe, que dans ces moments là, je garde mon équilibre et attends que ça passe...

Il titube et... tombe en arrière ! J'avais pas prévu ça ! Sa chute est «propre». Je le récupère quand la voiture arrive, à l'heure.

Le gars nous emmène à tombeau ouvert (le sien un jour, pas le notre j'espère) pour survoler les nids de pavons alors que la pluie tombe. Je ne regrette pas mes 20$. Vraiment bien.

On a pu se laver et éviter la pluie. Arrivés à l'arrêt, dès que le type nous laisse, je sors les quelques dosettes de sucre qui me reste ainsi qu'une poignée de bonbons à la menthe pour recharger les réserves de Poulet.

On grappille quelques oranges pas mures sur un arbre et on fait quelques photos sur un collecteur de café que j'ai déjà fréquenté.

(10 ans avant..)
(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1417993886-sortie-anon.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1417993886-sortie-anon.jpg)

Le car est à l'heure.

Rempli d'indiens. Les femmes portant des vêtements très colorés. Leur visage digne, la finesse de leurs traits et leurs peaux cuivrées me font dire à Poulet que je les trouve plus beau que les locaux.

P'lèt est d'accord. À 13h30 nous arrivons à Santo Domingo.

Fin de ce cahier. Je commence le nouveau.

Suite du cahier vert :

Nous nous arrêtons d'abord au supermarché local pour acheter quelques produit d'hygiène et quelques fruits.

Ensuite je vais me connecter pour envoyer un sms à ma blonditude et ensuite à la mère de P'lèt. Ensuite pizza time ! P'lèt se gave un peu trop mais sans conséquences.

Je suis un peu plus raisonnable d'expérience. Mais nous ne sommes parti que trois semaines. Pas 6.

On repasse au cyber-café en sortant de la pizzeria pour lire les réponses avant d'aller prendre le car pour Esperanza à 17h. D'Esperanza je compte prendre un car pour la cote pacifique.

P'lèt veut aller coté Atlantique. Mais d'abord je veux aller sur le Pacifique. Plusieurs raisons.

J'ai reçu une invitation, quand je préparais ce voyage. Une invitation généreuse, une proposition d'aide et de dépannage en cas de besoin, de «coup dur».

J'y ai été sensible mais d'une part je n'avais aucune intention d'avoir «un coup dur» et surtout elle venait d'une région où, à priori, je n'avais rien à faire.

Et puis notre car a été dérouté au début du voyage et je suis passé à moins de 1 km, sans pouvoir m'arrêter, de notre généreux contact, après avoir fait plus de 8600 bornes !

J'ai trouvé ça trop con après être passé si prêt. Peut être un signe du destin que je devais y aller ? Un acte manqué à terminer ?

Du coup, quand nous sommes sorti j'ai envoyé un mail laconique pour prévenir que nous arrivions.

Car de nuit dans la montagne. Arrivée très belle sur Esperanza illuminée au fond de la vallée. Nous arrivons sous la pluie. ( Tiens il pleut la nuit, par ici ?)

L'hôtel habituel est complet, on me dirige vers un truc miteux mais très proche de la gare routière. Comme je n'ai pas les horaires on se lèvera très tôt pour prendre le premier car.

Nuit étouffante, chaude et humide à cette altitude. Nous n'avons plus l'habitude dans la fraîcheur de notre montagne.

L'air est brassé par un ventilateur de style Brejnev (ou Andropov, suis pas calé en histoire de l'art). Bruyant et inefficace.

Passe ma nuit à l'éteindre assommé par son bruit et l'allumer étouffé par l'air dans la pièce. Moustiquaire trouée.

Avant d'aller nous coucher, nous avons avalé un ananas dans la douche pour ne pas se mettre du jus partout. Ça nous tient lieu de dîner. Un peu mal au bide ensuite.



DEUXIEME PARTIE : « Détente et découverte du pays »


Mardi 23 août


Ce matin, le lever s'est fait dans le noir total, à 4 heures du matin et à la lumière rouge de la frontale, pour ne pas être vus de loin.

Nous avons entendu des bruits d'animaux, de pas, et des craquements de branches, ainsi que des vrombissements de moteurs ; et ce durant toute la nuit.

À 5h30, juste avant de prendre la route, Papa s'affole presque et me dit de reculer. Il s'arrête et me chuchote d'approcher.

Du bout de son bâton de marche, à moins de 2 m de nos pieds se tient camouflé un fer de lance, le serpent le plus dangereux des 17 espèces mortelles du pays.

Il arbore le camouflage typique et la tête triangulaire des vipéridés. Deux ou trois jours plus tôt, il aurait terminé sa vie dans nos ventres, et sa peau sur mon wakizashi.

Dommage, mais en même temps mieux vaut le rencontrer maintenant qu'il y a 1 semaine, à des kilomètres de tout hôpital.

Quelques mètres plus loin,(1 mètre) la route nous invite à rejoindre la civilisation. Nous marchons et 15 min plus tard, nous posons les sacs.

Nous sommes en haut d'une colline. Nous profitons un moment du lever se soleil, qui vient illuminer les montagnes au loin, la jungle et les plantations de café.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418042673-file0173.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418042673-file0173.jpg)

La caméra vient immortaliser ce moment (http://youtu.be/xtcDHXc0hSQ).

Désormais et depuis notre lever de ce matin, nous sommes habillés en civils (pantalon beige et T-shirt noir (vert)). Sur notre droite, des plantations de café, et sur notre gauche, des plantations de café...

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418042736-file0177.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418042736-file0177.jpg)

De temps en temps, on croise des voitures, des camions ou des enfants de 7 ans à 2 sur des quads. Tous nous saluent de la main.

Cela fait maintenant 1h30 que l'on marche sous le soleil, quand nous tombons sur un embranchement. Une voiture s'arrête et nous demandons la direction de Palmira.

La dame nous explique gentiment que c'est très loin et que nous marchons dans la mauvaise direction depuis 1h30 ; dans la direction opposée carrément...

Alors on rebrousse chemin, jusqu'à rejoindre un village que nous avions déjà traversé, Las Mesas. Nous cherchons quelqu'un qui pourrait nous emmener à Palmira pour 20 dollars.

Un patron de bar nous dépose en 4X4 à un endroit sur la route, et nous dit qu'il repassera dans 3 heures, à 11h. En attendant, il nous conseille d'aller nous promener sur le chemin qui part dans la forêt...

Il s'en va, et nous partons nous promener sur la piste, qui nous mène à une piscine d'eau chaude naturelle, alimentée par une petite cascade, et qui offre une vue imprenable sur un énorme torrent de jungle en contrebas (le rio Azul).

Durant 2 h, (3) nous nous offrons un bain dans une eau à 30°, après 2 semaines sans se laver.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1417994483-baignade.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1417994483-baignade.png)

Nous filmons évidemment tout ça et c'est déjà bientôt l'heure du rendez-vous. Le patron arrive à l'heure, comme prévu.

Au même moment, (un peu avant en fait, on était encore seul) je me sens mal. Ma tête tourne, je ne vois plus rien et je perds mon équilibre.

Je me réveille quelques secondes plus tard, allongé sur les cailloux avec Papa qui me demande si tout va bien. Ce n'est qu'une grosse chute de tension due au manque de sucre et aux efforts.

Rien de grave, ça m'était déjà arrivé dans la jungle. Donc le chauffeur nous amène à une station de bus, qui part régulièrement à S.D. Papa lui file 20$ et il repart.

À l'abri de la pluie, adossé à ce silo à café qui sert d'arrêt de bus, nous patientons 30 min.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1417993644-attente-du-bus.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1417993644-attente-du-bus.jpg)

L'ancien schoolbus américain reconverti passe nous prendre.

J'y monte le premier et tous les indiens peuplant ce bus m'observent silencieusement comme si un E.T venait de faire irruption dans leur car.

En allant m’asseoir dans le fond, je les regarde et me fait la réflexion qu'ils sont beaucoup plus beau que les locaux.

Ils sont plus typés, ont plus de présence, les traits de leurs visages tristes sont finement dessinés sur une peau cuivrée ;

et les couleurs vives et harmonieuses contrastent avec la rancœur et la mélancolie que leur visages affichent. Ils ne sont plus que 5000 indiens, pour 3 millions d'habitants.

Ils viennent des montagnes tous les ans pour récolter le café, dans des bus comme celui-ci.

Ils sont pauvres et méprisés des habitants, du coup ils ne parlent à personne en dehors de leur communauté.

Nous descendons à Santo Domingo puis nous y faisons quelques courses. Ensuite, un arrêt au cyber-café nous permet de confirmer à la famille que nous sommes en vie.

Après cela, c'est dans la même pizzeria que celle qui il y a 3 semaines inaugurait notre périple, que nous nous baffrons de nourriture chaude.

Mais attention, pas trop d'un coup pour réhabituer l'estomac aux aliments abondants et solides. Nous retournons checker les mails juste après, pour nous remettre en route aussitôt cela achevé.

La prochaine étape c'est dormir ce soir dans un hôtel à Esperanza. À 5 heures (17 h) notre car se pointe.

Arrivée de nuit splendide sur Esperanza, toute illuminée (et sous la pluie). Nous passons la nuit dans un hôtel miteux, sans eau chaude, des trous dans la moustiquaire sur la fenêtre...

Dans la salle de bain, on mange un gros ananas sucré et juteux, en s'en foutant plein partout. J'ai mal au ventre, trop mangé.

Je tombe de fatigue sur mon lit et m'endors après un peu de végétage devant la télé.
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: Irazú le 22 janvier 2012 à 06:01:18
Citation de: guarocaliente
Hola Amugo !
je reconnais bien lá tes traits d'esprit!  :doubleup:

Je ne te savais pas poète à tes heures..  
 :-[ moarf.. si peu..

le thème du forum c'est "Vie Sauvage", pas "Soirée diapo sur vos vacances"  
 ;#

Des bises à ta blonde !
Comme dit plus haut, elle demande souvent de vos nouvelles.. bises pour vous aussi!


Next time je passe chez toi d'abord t’emprunter un 22 !
il t'attend bien sagement.. je garde tout ca bien précieusement presque rien que pour toi!



Tête très triangulaire. Fer de lance.
saleté de bestiau celui-la.. on en a coupé un en 2 il y a quelques jours devant les fenétres.. un beau spécimen..

Une invitation généreuse, une proposition d'aide et de dépannage en cas de besoin, de «coup dur».
 :love: mais non-mais non camarade..  rien de plus normal: juste la base entre compatriotes bonnes gens..  ;) c'est l'esprit que beaucoup ont en Af, en brousse.. oú un coup de main ca ne coute rien! surtout aprés ce que vous vous êtes coletinés, c'est la moindre des choses.. et pi.. on recevait une star du forum  ;#  

un ventilateur de style Brejnev (ou Andropov, suis pas calé en histoire de l'art). Bruyant et inefficace.
 :doubleup: magnifique! belle image.. je te la piquerai á l'occasion!
 :love:


Titre: Re : Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: Jérôme A le 06 février 2012 à 00:18:19
Je suis tenté de l'épingler.


+1

Avec toutes les infos que contient un fil comme celui-ci je pense qu'il faut...
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: VieuxMora le 06 février 2012 à 00:35:45
Je plussoie  ;)
Titre: Re : Un Poulet dans la jungle
Posté par: Artic Killer le 10 février 2012 à 03:18:53
Merci également pour ce bon roman et ton retour d'expérience. Ca donne envie... :up:

En y repensant à froid, au vu du problème que vous avez eu pour faire du feu, et donc pouvoir manger chaud, et ce que tu pense changer la nourriture emportée pour la prochaine fois ?

Que penses-tu qu'il serait plus judicieux de prendre avec ? Plus d'allume-feu ? Voir même un réchaud ?

A+
Titre: Un Poulet dans la jungle
Posté par: guarocaliente le 10 février 2012 à 20:49:20
Merci également pour ce bon roman et ton retour d'expérience. Ca donne envie... :up:

En y repensant à froid, au vu du problème que vous avez eu pour faire du feu, et donc pouvoir manger chaud, et ce que tu pense changer la nourriture emportée pour la prochaine fois ?

Que penses-tu qu'il serait plus judicieux de prendre avec ? Plus d'allume-feu ? Voir même un réchaud ?

A+

Il me semble que "roman" à un sens "fiction", ce n'est pas le cas ici..  ;)

Pas vraiment eu de "problème" pour faire du feu.

En début d'expé j'avais juste oublié les efforts et surtout le temps qu'il faut pour faire un feu en ambiance humide.

Le vrai "problème" c'est le temps que cela prend.

Si on veut être itinérant et couvrir le plus de distance possible, on ne peut pas perdre deux heures le matin et le soir à souffler sur un feu.

Un réchaud ? Poids en plus.. Combustible.. Non, pas convaincu.

J'ai noté plus haut qu'il faut prendre plus d'allume feu en saison humide.

La vrai solution c'est de faire ce genre d'expé en saison sèche.

Pas de perte de temps à faire du feu. Garantie de faire deux repas chauds par jour. Sous réserve d'avoir assez d'eau.

La nourriture qu'on a emportée est top. Les sachets sont légers, copieux, "bons" chauds, bon marché. Alors j'emporterai la même base next time.

Avec une 22 pour compléter le régime. Parce que les apports caloriques sont trop faibles avec uniquement les sachets de pâtes.

Mais ça reste une bonne base de survie.