Vie Sauvage et Survie

Catégorie Générale => Stages, sorties et aventures (récits ou projets) => Discussion démarrée par: guarocaliente le 19 octobre 2010 à 16:52:42

Titre: Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: guarocaliente le 19 octobre 2010 à 16:52:42
Quand je voyage seul, j'emporte un petit cahier d'écolier et un space pen. (http://www.spacepen.com/chromebulletwithspaceshuttle.aspx)

Un journal de voyage pour me souvenir des infos pratiques, comme les lieux, les prix, les trajets, le matos utilisé, les améliorations possibles.

J'y colle mes pensées, ce que j'ai vécu dans la journée. Cela n'a aucune prétention littéraire.

Ce n'est pas destiné à être lu par quelqu'un d'autre que moi. C'est plein de mes fautes d'orthographe.

Mais cela concerne la survie. Parce qu'il n'y a rien que j'aime autant qu'être isolé pendant des semaines au fond de "mes" forêts.

Je suis isolé mais je ne me sens pas seul. Parce que je m'oublie. Au bout de très peu de temps je redeviens un animal.

Les premières nuits, c'est comme si mon ego se débattait pour ne pas être dissous.

La lune est très grosse au dessus de l'équateur.

Une nuit, au fin fond de la forêt, perdu en pleine montagne, caché dans un hamac camouflé dans la végétation, j'ai cru que la pleine lune était le projecteur d'un hélicoptère qui me traquait.

Une vraie panique. ;D

Après une ou deux nuits, de peurs. Plus rien.

Juste du calme. Pas de paroles, évidemment. Pas de rôle social à tenir, d'image de moi-même à soutenir vis à vis de l'extérieur.

Les gestes ralentissent, les sens s'aiguisent. J'ai le sentiment calme et profond d'être le même en beaucoup plus affuté.

Je fais ce qu'il y a à faire sans peur. Je regarde par terre pour ne pas piétiner une saloperie, en l'air pour ne pas me prendre une branche pourrie, je fais attention où je pose les mains.

Complètement dans le présent. Sans pensées qui m'emportent vers les gens que j'aime, et qui pourraient me manquer si je ne plongeais pas totalement dans le présent.

Bref, j'aime vivre seul au fond des bois  ;D

Mon petit cahier est un petit exercice intellectuel quotidien que je trouve nécessaire pour ne pas complètement oublier que je suis un humain.

J'ai retrouvé celui de ma deuxième expé.

Quand j'aurais un peu de temps, je posterai ici quelques passages. Surement pas tout parce que c'est plein de répétition d'un quotidien pas très passionnant à lire.

Je cherche l'aventure. Aller au bout de mes limites. J'aime la vie dans la nature. Les réflexions de Thoreau, Emerson  :)

Mais aussi de Zykë (http://www.dailymotion.com/video/x5el5v_apostrophes-cizia-zyke_music) ;D 

Je cherche des zones vraiment sauvages, à des jours de marche de toute vie humaine.

Des lieux hors du temps, inchangés par l'homme dans lesquelles seuls les satellites qui brillent la nuit au dessus de l'équateur me rappellent ce siècle.

Ce goût de l'aventure me pousse à aller parfois dans des endroits interdits ou à faire des choses interdites.

Donc, techniquement à ne pas toujours respecter les lois locales.

Je ne pousse personne à faire pareil, j'expose ceci en préambule pour expliquer le coté « invisible » du campeur.
 
Cette expé était solitaire et clandestine. J’ai donc changé tous les noms.

Les textes en italiques suivants sont des extraits tirés de mon cahier.

A me relire, je vois que je fais pas mal d’allusions qui peuvent être incompréhensibles.

C’est dû au fait que je n’écrivais que pour moi. Je ne touche pas à mon texte original, mais j’ajouterai les éclaircissements que je jugerai nécessaire à la compréhension par tous (y compris les profanes, pour certains matériels qui semblent évidents aux habitués de ce forum) en vert.

Pour ceux que ça pourrait intéresser :


Extraits du journal d’un campeur invisible.


Le 4/01


Il est 19 heures. Je suis dans un petit restau dans la dernière ville avant les montagnes, Santo Domingo.

Deux jours pleins de rebondissements à faire les bas fonds de la capitale pour trouver un flingue.

Donc, hier matin, le 3, j’ai pris un taxi pour prendre mon car vers 5 heures. Pas de problèmes. Trajet d’environ 7 heures.

Trajet assez long mais de jour. J’ai pu profiter du paysage. Nous avons passés un col à presque 3000 mètres sous les nuages. Ça caillait vraiment. A un des arrêts pipi tous les passagers essaient de se réchauffer avec un café. Je fais pareil. Descente dans la vallée, le soleil apparait. On se rapproche de « mes » montagnes. Arrivé  à Santo. J’ai l’impression d’être déjà venu… Je m’installe dans un petit hôtel en bordure du bled. Je ne veux pas être reconnu dans celui de l’année dernière. Je paie quelques dollars pour une espèce de petit bungalow en préfab. Douche en forme de chaise électrique, comme en Inde. (système fréquent dans beaucoup de pays tropicaux. Les décharges électriques arrivent. ça réveille le matin  ;D )  (http://www.andrew-white.org/2009/09/travelling-101-1-electric-shower.html)
 
Je vais déjeuner dans mon restau préféré et prends un bus pour la dernière ville avant la frontière, Ciudad Esperanza. (1heure30).

L’arrivée est toujours aussi impressionnante. La route, à peine large pour deux bus, serpente dans les montagnes. Ravin d’un coté… Arrivé en ville, 5 minutes après je reprends un bus pour la frontière. 30 minutes après, je cherche la quincaillerie de l’année dernière, où j’avais pu acheter une arme. Fermée ! m*rde. Par les grilles, j’aperçois des armes. Je me renseigne à coté. En vacances jusqu’au 15 janvier. m*rde. (Pause dîné)
Bon. Donc, m*rde. Je fais toutes les autres quincailleries. Rien. On me dirige vers le grand Bazard « WONG-SHU ». Fermé pour cause d’inventaire jusqu’au 5. Bon. Le moral à zéro je repars à Esperanza. J’essaie partout. Rien. J’arrive à l’arrêt de car 30 minutes après le dernier départ pour Santo. Taxi. On rattrape et dépasse le car. Je rentre dans ma cabane. Il fait nuit, je suis seul, fatigué, sale et sans arme. J’ai le cafard et me demande si je vais avoir le courage de continuer.

Ce matin il faisait beau. Je me rase, me douche et le moral revient. Il faut que je sois plus agressif pour continuer. J’ai une autre idée. Je rebondis. Pas d’arme à feu ? Pas grave. Je cherche un arc dans Santo. Rien. On me dit : « à la frontière, chez « WON-SHU ». m*rde ! Il est fermé ton put**n de WON-SHU ! Je reprends un bus à 9h pour Esperanza. A Esperanza, changement de bus pour la frontière. Puisque WON-SHU est fermé, je vais passer la frontière et pousser jusqu’à la première grande ville, à environ une heure de la frontière. Voir si je peux trouver une arme à feu. Au pire j’achète un lance-pierre. Je plaisante. Un arc. Seulement je me dis que si je sors du pays pour y revenir dans deux ou trois heures, ils risquent de se demander pourquoi. Et si je trouve seulement une carabine, je ne pourrais pas passer la frontière avec.

Donc, logiquement, je décide de rentrer illégalement dans ce gentil pays d’Amérique latine.

Sans passer par les cases sortie et entrée des deux douanes. Je monte dans un minibus et pars vers la ville. Tout va bien. Dix minutes plus tard on ralentit devant un barrage volant de police. Gloups. Un flic en civil monte dans le minibus. J’entends la musique de Midnight Express. Il porte des Ray-bans noires et sans bouger la tête il regarde tout le monde. Je sais bien qu’avec ma tronche d’européen, je n’y couperais pas. Mais je garde mon calme (en apparence) et affiche une bonne tête d’innocent. Une chance sur 1000. Ca marche très bien puisque le flic m’interpelle et me demande mon passeport. Je le sors calmement en souriant. Innocent. Il le feuillette. S’arrête sur les tampons de son pays, de l’année dernière. Il cherche ailleurs et ne trouve pas. Il me pose des questions. Je fais l’andouille ahurie. Je comprends plus l’espagnol. Des gars du coin, compatissants me traduisent en anglais. J’explique que non, je ne suis pas passé par la douane parce que je pensais que ce n’était pas indispensable pour rester prêt de la frontière, que j’ai l’habitude parce qu’il n’y a plus de frontières en Europe et que je pensais que c’était pareil, que mes bagages sont encore dans le pays d’à coté et que je vais juste visiter leur charmante ville et que je rentre ce soir.

Le vrai con.

Un noir m’explique en anglais que même pour une journée je dois faire toute la paperasse. Il traduit au flic patibulaire. Me font descendre. Un autre flic en tenue me demande d’où je viens. On parle football. Quelques minutes après ils arrêtent un minibus dans l’autre sens pour réexpédier l’idiot du village vers la frontière. Bon. J’abandonne l’idée du flingue. Je vais faire tamponner mon passeport pour sortir. Ensuite je passe l’autre douane pour rentrer. Me demande un billet de retour vers la capitale !!  au moins 200 $ . Ca va pas non ?! Je décide que j’en ai assez fait. Je vais faire annuler mon tampon de sortie. J’explique mon cas et la fille annule. Avant de reprendre le bus pour Esperanza j’essaie de trouver un arc sur la frontière. Rien. On me dit WON-SHU. Il est fermé ton put**n de Chinois ! Dans la dernière quincaillerie que je visite on me dit que le chinois est ouvert. Dubitatif, j’y fais un saut pour prendre au moins son tel. S’ils ont un arc je reviens demain. C’est ouvert ! Bon. Je demande. Le type à l’entrée croit qu’ils en vendent. L’espoir renait. Je m’approche et vois des fusils de chasse sous marine, matos de pêche, fléchettes etc.. Ça a l’air bon. Non. Rien. Gardant le moral, je décide d’acheter une arbalète de plongée avec des palmes afin de rentrer à la nage. Non, je divague. Je me casse. Tant pis, je me ferais une lance. Bus pour Esperanza, je cherche un arc, rien. J’ai une heure avant la correspondance pour Santo. Je passe devant un cyber café. 25 minutes de connexion. Il n’y a personne. Il est 23h20 en France. Je repars. 2h30 de route au lieu d’une 1h30. C’est bien le bus pour Santo mais pas direct du tout. Voyage fatigant. Musique latine à fond. Ça lasse. J’arrive couvert de poussière à Santo vers 17h10. Je vais acheter une machette et de la ficelle, du PQ, savons, gâteaux et bonbons. Je rentre dans mon clapier me laver et ressort diner. Voilà, j’en suis là. J’attends 11 jours devant la quincaillerie à la frontière, je perds 3 jours allé et retour à la capital pour trouver un arc ou m*rde. m*rde. Raz le bol. La motivation me manque. Il faut que je reparte très rapidement sinon j’ai peur. Trop orgueilleux pour abandonner. Et puis je sais que le découragement vient de la fatigue. Demain ira mieux. Ah ! Ce matin j’ai eu mon fils au téléphone. Il va bien. Je suis heureux. Demain je me casse.




Le 5/01



Je suis dans mon hamac. La nuit vient de tomber. J’écris ces mots allongé à poil sur mon sac.
Ce matin je me suis levé à 6 heures. Je suis allé déjeuner puis faire les derniers achats de matos, une lime pour la machette, de la ficelle et du fil de fer. Je suis rentré préparer mes sacs.

J’ai enfin sorti mon sac à dos du sac de nylon noir (http://www.auvieuxcampeur.fr/nos-produits/ski-materiel-chaussure-et-entretien/sac-neige-et-accessoire-hiver-2011-2012-en-cours-de-mise-a-jour/sacs-et-accessoires-de-voyage/housse-a-roport.html) destiné à le camoufler en zone urbaine.
(Je cherche la discrétion. Le vert armée est idéal pour passer inaperçu en forêt et idéal pour se faire remarquer en ville  ;D . Passage de douane facilité car les douaniers respectent le "riche" porteur de sac en toile noir et emmerdent le beatnik "pauvre" avec son sac à dos militaire. Vérifié. Et moins de risque que les sangles soient arrachées dans les manutentions et qu'il soit ouvert par les bagagistes curieux).

J’accroche les deux poches latérales du Bergen (http://www.premiersurplus.co.uk/more/on/details/0865) et j’essaie. "Pesado". Au moins 30 kilos. Je sors me chercher un taxi pour m’emmener le plus prêt possible du pied des montagnes. Le gars est d’accord pour se taper les chemins de terre. On repasse à l’hôtel récupérer mes sacs. Le gars s’arrête sur le chemin pour prendre son fils. Le type me confirme qu’il y a un poste de gardiens et faudra prendre un permis. Bon…

On se rapproche. On arrive devant une barrière. En fait la route traverse une ferme. On s’arrête à un péage. Le gardien remplit des papiers et on repart. Re barrière. On montre le papel et on passe. Peu de temps après, nous arrivons au dernier nom sur la carte. Après il n’y a que du vert, quelques serpentins bleus et des courbes de niveau. C’est même pas un bled. On dirait un bidonville sur la gauche et des bâtiments agricoles à droite. On s’arrête. Le chauffeur demande la station pour camper. On repart et nous arrivons devant un grand chalet en bois. C’est la fin de la route. Je pense être accueilli pas les gardes… On s’arrête. Ça m’a l’air d’être fermé. Pour l’instant. Il y a deux affiches sur la porte. Celle du dessus est lisible du taxi. Le chauffeur de demande ce qui est écris.( en anglais) Je lui lis « laissez vos chaussures devant la porte ». Il me répond « non, celle du dessus ». Je lis «  Les chercheurs doivent être en conformité avec la loi N°251X et avoir un permis en règle pour être dans le parc. Interdiction de faire de feu, de chasser, etc… » Le chauffeur me demande ce que c’est. Je me retourne et lui sourit avec un pouce en l’air « Pas de problème ». Rassuré et descend de la voiture et on sort les sacs. Je le paie et ajoute un bon pourboire et toute ma mitraille pour m’alléger. Il me remercie et me demande quand et comment  je compte rentrer (« dans 6 semaines, à pied à travers la forêt »…). Je le rassure. « Dans quelques jours. » je lui demande son numéro de téléphone « au cas où ». Il me demande si j’ai un portable. Je lui mens en lui montrant l’étui du GPS à ma ceinture. » De toute façon, le chalet n’est qu’à quelques minutes de marche des bâtiments agricoles et la route descend. Si j’en ai marre, je rentre et te passe un coup de fil ». Rassuré sur mon sort, ils font demi-tour. Je salue en portant mes sacs devant la porte du chalet (qui est fermée avec un gros cadenas).

Disparus, je commence par faire le tour du chalet et regarde si il y a de la vie dedans. Rien. Le chalet est vraiment en lisière de forêt à 15 ou 20 mètres. Je vais repérer une entrée dans la jungle. Je fais demi-tour. Ce n’est pas le moment de trainer, les occupants du chalet peuvent apparaitre d’une minute à l’autre. J’enfile le sac, prends celui en nylon dans les bras et rentre dans la forêt. J’attends d’être suffisamment loin pour tout préparer. Je quitte ma tenue de touriste, attache le "Daypack" du Bergen (http://www.youtube.com/watch?v=UEbDAUNrgNA&feature=related) (ce sac "PLCE Bergen" (http://www.youtube.com/watch?v=oNk7Uuuuuhs&feature=related) est réglementaire dans l'armée Anglaise. Vendu neuf avec un brellage sur lequel viennent s'attacher les deux poches latérales, pour former un petit sac de patrouille de 20 litres. L'ensemble fait 120 litres. Je porte le sac complet avec ses deux poches latérales sur le dos et j'ai acheté deux poches de plus pour porter le sac de patrouille sur la poitrine. 140 litres, 38 kg. Les 4 poches de 10 litres contiennent la nourriture pour 6 semaines) avec la bouffe, en poitrine, sac au dos et machette à la main, je m’enfonce dans la forêt.


(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1417997221-tenue-1ere-expe.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1417997221-tenue-1ere-expe.jpg)

La photo date de la première expé mais illustre le style général  ;D

C’est monstrueusement lourd. J’ai compté 30 kilos sur le dos et 8 sur la poitrine. Je pars vers le nord. Départ vers 11h45. J’essaie de m’arrêter seulement après une heure de marche mais c’est dur. Je transpire pas mal dans le dos même si il fait assez frais à cette altitude (1400 m). Je n’ai que deux litres d'eau dans ma gourde (http://www.amazon.com/GI-Plastic-Round-QT-Canteen/dp/B001M1WLGM). Je rationne. Je découvre rapidement des bandes de plastique orange pour marquer des pistes pour les touristes. Il y en a plein. J’essaie de m’en éloigner mais je suis encore très proche de la station. Je m’arrête souvent pour écouter. Je dois me réhabituer à cette forêt, après 14 mois d’absence. Debout, plié en avant pour soulager mes épaules, je reste immobile. Je repars. A la boussole. A chaque arrêt, point GPS. Un grand bruit de branches qui craquent ! Quelqu’un approche !  J’essaie de m’éloigner. Plus de bruits. Je repérerai plus tard l’origine de ce bruit. Une bande de singes hurleurs qui mangent des fruits en haut des arbres.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418001025-hurleurs.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418001025-hurleurs.jpg)

Et font tomber des branches au sol. Toujours des bandes orange. Elles ont l’air assez anciennes. Mais je ne suis pas rassuré. Je ne voudrais pas tomber sur un groupe de touristes encadré par des gardes. Armés. Au mieux la fin de cette aventure, au pire de gros problèmes. Je suis assez tendu. Cela ira mieux si j’arrive à m’éloigner suffisamment. Le problème c’est que l’eau va me manquer demain. Et comme c’est la saison sèche, je ne peux compter que sur les rivières. Demain, cap au Nord-ouest pour longer le rio. Plus de chance de rencontrer quelqu’un… Cela me ferait vraiment mal après toute cette attente, ces préparatifs et ces efforts. Sophie sera contente, je ne peux pas faire de mal aux singes. Vers 16 heures j’ai commencé à chercher deux arbres à la bonne distance l’un de l’autre. J’ai installé le nouveau hamac. (http://www.auvieuxcampeur.fr/hamac-moustiquaire-amazonie.html) Je ne suis pas convaincu. Il a l’air plus fragile que l’autre. Pour l’instant ça tient. Ce qu’il a de bien ce sont les poches intégrés dans la toile à l’intérieur. Pratique. J’ai mis pas mal de temps à l’installer. Je savais que je ne pourrais pas diner. Pas assez d’eau de toute façon. Je suis allé pisser en plusieurs fois autour de mon campement pour marquer mon territoire. La nuit tombe officiellement à 17h26 (j'avais deux récepteurs GPS dont un qui donnait les heures de coucher et lever du soleil) mais comme il y a déjà peu de lumière sous les arbres c’est plutôt vers 16h45.

Les nuages sont tombés et la température aussi.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418000927-foret-de-nuage.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418000927-foret-de-nuage.jpg)
 
Moi pas. Faut que ça tienne 42 nuits. La moustiquaire est efficace. Je ne suis pas encore assez haut. Il y a pas mal de moustiques. Je vais manger quelques cookies et un mini berlingot de lait concentré à la vanille. Ensuite 1ere nuit en forêt.
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: Loriot le 19 octobre 2010 à 18:18:01
Pour moi tu peux continué, j'écris de la même façon, j'adore!
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: Nathan-Brithless le 19 octobre 2010 à 20:09:17
merci pour le partage!
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: humungus le 19 octobre 2010 à 23:13:42
la suite la suite la suite!!!!!!!!
je n'ai pas souvent l'occasion de partir en rando
fait moi voyager a l'autre bout du globe merci beaucoup
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: Douinie le 20 octobre 2010 à 07:03:58
 :popcorn:
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: Clemstout le 20 octobre 2010 à 07:23:19
+1!
Du lolo comme ça j'en veux encore! Ca se lit tout seul! Et savoir que c'est issu d'un journal perso... :up:
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: guillaume le 20 octobre 2010 à 15:53:55
Sympa :).

Tu peux nous en dires plus sur ton expédition (pourquoi, comment) stp ? Le flingue devait te servir à chasser et en auto-protection si j'ai bien compris ?

a+
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: guarocaliente le 20 octobre 2010 à 19:10:27
Le samedi 6/01  17h


Cela fait déjà 20 minutes que j'observe la forêt s’endormir. J'aime beaucoup ce moment de la journée où nu dans mon hamac j’ai un semblant de confort. (Il manque une douche !)

Les moustiques se promènent sur le filet (la moustiquaire). La nuit dernière n’a pas été très agréable. Il a fait assez froid.
Au réveil vers 8h00 la montre (http://www.tagpilotsupply.com/browseproducts/Suunto-X-Lander-Watch-Positive-Face.HTML) indiquait 14°.

Et je ne suis qu’à 1500 mètres. Je pense décidément que je me suis planté avec mon hamac en nylon.


(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1417997495-hamac.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1417997495-hamac.jpg)

Il n’est pas très bien conçu. Plein de détails. Le pire c’est que le fond est constitué par plusieurs pièces assemblées par de fines coutures. Quelques unes ont cédé hier soir. Gloups. La nuit dernière, un animal est passé en volant très près du hamac. Je crois que c’était une chauve-souris. Je me suis réveillé plusieurs fois cette nuit à cause du froid. J’ai pu observer la forêt grâce à la lune. Bon signe (pas de nuage). Ce matin j’étais gelé. Ça promet pour plus haut. J’ai glandé assez longtemps avant d’avoir le courage de sortir. En dehors du hamac, je claquais des dents. Vite habillé avec les fringues humides sortis du sac à dos, cela a été mieux. (Méthode SAS (http://fr.wikipedia.org/wiki/Special_Air_Service) de gestion des fringues en jungle : deux tenues pour voyager le plus "léger" possible. Une portée seulement la nuit, ce qui permet de dormir au sec à peu prêt correctement et une toujours mouillée qui "sèche" en marchant). Beaucoup de temps pour faire bouillir de l’eau. (Par soucis de discrétion j'attends d'être plus loin de la civilisation pour faire du feu. j'utilise un petit réchaud à alcool en gel. Pas très efficace.) Pâtes carbo, café et berlingot. Je pars vers 10h. Je continue vers le Nord. Je suis à 600 mètres à l’est du rio principal. Je suis tombé sur le lit d’un petit rio (asséché en cette saison). En creusant j’ai quand même pu faire apparaitre de l’eau. La journée s’est passée sans problèmes. Me reposant très souvent. Je passe mon temps à regarder par terre. Je fais très attention. (http://fr.wikipedia.org/wiki/Bothrops_asper#mediaviewer/File:Bothrops_asper_%28Panama%29_head.jpg) En fin d’après midi, j’ai obliqué un peu au 320. Il faut que je me rapproche de la rivière. Même si il y a plus de risques. Je ne peux pas marcher directement au 360. Pas de pluie en cette saison. Je me suis posé vers 15h. Très en avance. En cherchant les deux arbres, j’ai aperçu une autre bande orange autour d’un arbre. Je ne suis pas tranquille. Encore en territoire ennemi. Un pavon (http://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_Hocco) est sorti de dessous un tronc d’arbre à 10 mètres de moi. Un oiseau mouche est passé autour du camp.

Une libellule très belle a tourné autour de moi. Quatre ailes avec à chaque extrémité un carré bleu et noir.

Au fur et à mesure que la nuit tombe, je ne suis pas rassuré. Je préférerais avoir un feu. Je compte sur mon odeur qui commence à devenir forte pour éloigner les grosses bêtes. Si le vent est avec moi. Je suis près du rio et il est normal qu’il y ait plus de vie. Pas encore vu de serpents. Que cela dure. Sinon, le moral est bon. Il est 17h32 il fait presque nuit. J’éteins et me prépare pour la nuit.


Le dimanche 7/01  16h50


Décidément j’ai vraiment pas confiance en ce hamac. A poil dans mon semblant d’abri j’attends que la nuit tombe pour être tranquille au niveau des rencontres humaines. Hamac très mal installé, pourvu qu’il ne pleuve pas. Je suis sur une pente assez raide, les pieds vers le bas de la pente. Tout en bas j’entends la rivière qui gronde. Je suis tout prêt. La nuit dernière mes rêves plus qu’érotiques sont revenus. Syndrome de la forêt tropicale. (J'ai remarqué, chez moi, je ne sais pas si ça le fait à tout le monde, que je rêve beaucoup dans la forêt et que c'est souvent très imaginatif dans la pornographie. Le manque conjugué au retour à la nature ?  ;D )
Réveillé plusieurs fois dans la nuit. Ce matin il faisait 14° dehors et 28 dans le sac. Il est 17h et je viens de diner : deux berlingots lait concentré vanille et deux bonbons menthe. Pas fier de moi pour cette journée. Le moral est bon. Réveillé à 5h30 j’ai glandé jusqu’à 7h. Parti à 9h30. Trop long. On verra demain. 15 minutes après le départ je suis tombé sur un petit ruisseau. Je repars vers le nord. Je dois dire que depuis vendredi midi, j’ai très (trop) peu avancé. Je dois rester proche du rio (pour la source d'eau) en faisant très attention à ne pas me faire repérer. Du moins pas par les gardes. Retrouvé des bandes oranges. A un moment je suis tombé sur une piste qui était très piétinée. Un sentier de promenade longeant le rio. Je l’ai emprunté sur 20m en regardant l’état de la végétation écrasée. Trop frais. J’ai coupé en escaladant la colline. Très dur. J’ai posé les sacs puis ai bu accroupi en écoutant la forêt. A peine 10 min plus tard, j’ai entendu une branche craquer. Et j’ai vu un touriste en short et tee-shirt qui venait en sens opposé sur la piste. Je me suis immobilisé, le boonie (http://en.wikipedia.org/wiki/Boonie_hat) enfoncé sur la tête. Il était seul mais cela aurait été très stressant et il m’aurait surement signalé avec mon look de guérillero paramilitaire. Je devais être à 30 mètres de lui. J’ai bien fait. Pour éviter que cela recommence j’ai escaladé la montagne en ligne droite. Un boulot de dingue. Je me suis dit que, à deux, nous ne l’aurions jamais fait. En fin de ma journée de marche (je m’arrête vers 15h-15h30 pour chercher un lieu de campement) vers 14h, je repère une autre surprise. Je me planque derrière un gros arbre et pose les sacs. A 60 mètres plus haut il y a ce qui ressemble à une cabane d’observation en bois beige, bien propre. Décidément. Bientôt je vais croiser une colonie de vacance ! m*rde, c’est sur mon chemin et il va falloir que je fasse un grand détour. Je m’approche le plus discrètement possible. Fausse alerte, ce n’est qu’un arbre tombé horizontalement. Je redescends chercher les sacs. Je remonte et j’installe mon camp pour la nuit au pied de cette « cabane ». La transpiration s’étant évaporée je vais commencer à m’installer pour la nuit. Toujours le souci de l’eau. Je ne mange que le matin. Je garde l’eau pour la progression. Coincé entre les deux sacs, je transpire beaucoup. J’ai toujours soif. Il faut que je disparaisse dans une zone vraiment sauvage rapidement. Que je puisse me laver. Et faire du feu. Dodo 17h23.

Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: guarocaliente le 20 octobre 2010 à 19:14:08
Lundi 8 janvier 16h28


Nuit chaude mais tête trop haute. Je n’ai pas entendu les réveils de 5h30 et 5h45. Réveillé à 6h15. Comme je n’avais plus beaucoup d’eau, je n’ai pas déjeuné. (La digestion consomme beaucoup d'eau pris sur l'organisme. On peut tenir quelques semaines sans manger mais très peu de jours sans boire. Quand on a soif, l'organisme est déjà déshydraté. A moins que la nourriture contienne beaucoup d'eau, la règle est de ne pas manger quand on manque d'eau. Et fermer la bouche pour respirer par le nez.) Je suis parti à 8h15. L’escalade reprend. L’eau manque, je me rationne. Je suis crevé et je n’avance pas. A ce rythme il me faudra deux semaines pour être en haut de la montagne. Je ne peux pas trop m’éloigner du rio. Je suis tombé sur un petit ruisseau.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418001565-ruisseau.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418001565-ruisseau.jpg)

Je repars vers 12h30. Une demi-heure après j’abandonne. Je n’ai pas mangé depuis hier matin, j’ai soif, les épaules et les pieds me font mal. Ca suffit pour aujourd’hui. Je retourne au ruisseau faire une provision d’eau et laver la gamelle. Ensuite spag bolo, soupe cresson, infusion bien sucrée. Il y a 30 minutes, un singe faisait pas mal de bordel avec les branches.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418001685-capucin.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418001685-capucin.jpg)

Il était très près de moi et très bas dans l’arbre. Je lui ai parlé en singe hurleur (http://www.youtube.com/watch?v=GFKh4FNu8fc) et il m’a répondu en capucin (http://fr.wikipedia.org/wiki/Capucin_moine). Face rouge, poil noir, collerette blanche. Le hamac est pas mal installé mais le toit est trop haut, si il pleut ça va être pénible. Ça ira mieux au camp définitif. Maintenant que j’ai mangé et suis à l’abri des moustiques le moral remonte. Je m’interdis de trop penser à ce qui ou a ceux qui me manquent. Je pense à mon fils avec tendresse, me disant qu’à cette heure il doit dormir. Pour les distractions, le cerveau marche tout seul. La nuit il s’évade et moi, le soir je me repasse des scènes de films marrants. Hier c’était la grande vadrouille ! Seul dans mon nid suspendu, loin de tout, je mime de Funès. « If aille go too ze turkich baffe.. ». Toutes sortes de cris d’animaux. Il y en a un qui est le même que le sifflement qu’on utilise pour appeler son chien. Stressant au début.. Souvent les petits oiseaux se posent à 3 ou 4 mètres de moi. J’ai vu deux fois un oiseau mouche butiner. Beaucoup d’araignées. Demain j’essaie d’arrêter l’escalade. Je suis la crête au même niveau vers le nord. Ce sera plus risqué mais moins fatigant. Les touristes en short qui suivent le rio les mains dans les poches ne dorment pas dans la forêt. Il y a bien un moment où ils doivent faire demi-tour. Ensuite je colle le rio et je grimpe. Cela sera dur mais je pourrais manger deux fois par jour sans craindre la panne sèche. Que les humains me foutent la paix et ça ira bien.

(Écriture difforme sur mon cahier, comme formée avec la main gauche. J’ai écris dans le noir de mon sac de couchage, sans allumer, au jugé. Terrorisé) : (http://img263.imageshack.us/img263/3135/cahier.jpg)

Il est 20h Depuis 45 minutes, il se passe des choses bizarres au dessus de moi en haut de la crête. Des lampes très fortes éclairent autour d’elles. Je distingue des bruits étouffés de moteur. On dirait des bulldozers en pleine nuit. Je ne crois pas aux OVNI. Je n’entends pas d’arbres tomber. Si cela se rapproche je serais peut être obligé de partir. Je ne suis pas très rassuré. Pourquoi faire des travaux la nuit ? Je croyais que rien n’était permis de construire dans le parc. Très bizarre. Je me dis que je suis sur une pente trop forte pour des machines. Quand même. J’espère ne pas être le témoin gênant de quelque chose de pas net. Les singes non plus ne sont pas rassurés.
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: guarocaliente le 20 octobre 2010 à 19:17:45
Mardi 9 janvier 17h37


Hier j’ai vraiment eu peur. Je me serais cru dans un épisode de « X files ». A moitié endormi, j’ai vu une étoile briller en haut de la crête très au dessus de moi. Je l’ai regardé et je l’ai vu grandir. Puis il y en avait plusieurs qui m’éclairaient très fortement du haut. J’ai pensé à tout. A une opération de recherche pour moi. Les petits hommes verts m’ont laissés tranquille mais je défie quiconque dans la même situation de rester calme. Finalement, voyant que cela avait l’air de rester en haut et me disant que la pente était trop forte pour des machines, je me suis enfermé dans mon sac.
Ce matin j’ai cru encore distinguer le bruit. Et au moment où j’écris ces mots, je le distingue encore. On verra cette nuit mais j’ai quand même pas mal bougé aujourd’hui.
Ce matin pâtes au déjeuné puis en route. Suis tombé sur un autre ruisseau. J’ai mis deux litres de plus dans le jerrycan. (http://www.auvieuxcampeur.fr/nos-produits/camping-rando-petit-materiel/pour-boire/transport-et-reservoir-d-eau/jerrycan-extensible.html)(le mien est similaire mais contient 12l) Je repars. J’avance vers le nord en suivant la courbe de niveau. Je retombe sur une piste humaine. m*rde. Ça fait deux jours que je n’avais pas vu ces bandes oranges. Il y a écrit l’année dessus. Vieux de 3 ans. Bon. Je l’emprunte sur 30 mètres puis je gagne les hauteurs. Je me cache derrière un gros arbre surplombant la piste. Je fais le point avec les (http://www.google.fr/imgres?imgurl=http%3A%2F%2Fak1.ostkcdn.com%2Fimages%2Fproducts%2FP10412.jpg&imgrefurl=http%3A%2F%2Fwww.overstock.com%2FElectronics%2FMagellan-ColorTRAK-GPS-Navigator%2F760%2Fproduct.html&h=377&w=250&tbnid=c2m76oVbiqbGfM%3A&zoom=1&docid=yQ0O_-CU59rBvM&ei=Bu-EVObnBcf-UszxgAg&tbm=isch&client=ubuntu&iact=rc&uact=3&dur=4006&page=1&start=0&ndsp=22&ved=0CCgQrQMwAg) GPS (http://www.google.fr/imgres?imgurl=http%3A%2F%2Fwww.tramsoft.ch%2Fgps%2Fgarmin_etrex_big.jpg&imgrefurl=http%3A%2F%2Fwww.tramsoft.ch%2Fgps%2Fgarmin_etrex_en.html&h=440&w=220&tbnid=KY_tfkCgXXrYKM%3A&zoom=1&docid=N6wTu05cfhUVXM&ei=Vu-EVIPjNszoUuWDgvAP&tbm=isch&iact=rc&uact=3&dur=3995&page=1&start=0&ndsp=23&ved=0CCgQrQMwAg).


(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1417997958-check2gps-anon.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1417997958-check2gps-anon.jpg)

Je n’avance pas. Je me crève à passer dans des endroits vierges. Je n’utilise pas la machette (http://www.machetespecialists.com/im18gumawipo.html) puisque cela fait trop de bruits et me fatiguerais encore plus. Je coupe en grimpant plus haut. Je retombe sur une piste bien piétinée. Elle va dans la bonne direction. Je l’emprunte. Les toiles d’araignées sont intactes et les coupures sur les plantes sont très sèches. Bon. J’avance en faisant le moins de bruits possible. Je me dis qu’il n’y a pas 10 000 touristes qui se tapent des sentiers en jungle. ("Jungle", ça fait "staïlle"  ;D . Il y a plusieurs sortes de forêts tropicales. A l'altitude où je suis c'est plutôt une "forêt de nuage" (http://fr.wikipedia.org/wiki/For%C3%AAt_de_nuage). Bien qu'en cette saison l'humidité est beaucoup moins présente.) J’avance assez rapidement. Et lorsque j’entends le rio gronder tout près, je sors du sentier. Petite clairière. Tronc énorme abattu au soleil. J’enlève ma veste trempée, la mets à sécher. Je fais le point. J’ai beaucoup progressé. Cool. Je reste bien 45 minutes à glandouiller au soleil. Je suis peu à peu attaqué par des dizaines de mouches. Je comprends ce qui les excite. En me cachant derrière le gros arbre, j’ai du frotter ma veste à des champignons. Je pue le roquefort. Les mouches adorent. Je repars et arrive vers 14h sur un plateau dominant la rivière. Je pose les sacs et me dirige vers le rio à la boussole (http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Liquid_filled_compass.jpg). C’est aussi beau que le rio de l’année dernière.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1417998580-rio.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1417998580-rio.jpg)
 
L’eau descend en faisant énormément de bruit. De gros tourbillons apparaissent après des rochers bien polis. De chaque coté se forment des petites plages de sables clairs. En surface, des milliers de petites paillettes dorées brillent au soleil (je crois que j’entends le bruit des machines. A quelle distance ?). J’ai très envie de me baigner. Je réussi à passer de l’autre coté. Encore une piste qui suit la rivière. Elle a l’air beaucoup plus ancienne. Je retrouve mes sacs et installe mon hamac. Demain matin je passerai de l’autre coté et suivrait le rio jusqu’en haut. Les promeneurs ne dorment pas dans la forêt. La piste s’arrêtera bien quelque part. Un peu de chance.

Il est 19h et les travaux reprennent à coté. Les phares ont éclairés au dessus de moi vers l’ouest. La nuit va être dure. J’espère ne pas disparaître écrasé par le chantier de construction d’une route dans la forêt. Ça peut passer loin, proche ou dessus. Cela serait vraiment con que la civilisation me rattrape ici.

Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: guarocaliente le 20 octobre 2010 à 19:28:18
Sympa :).

Tu peux nous en dires plus sur ton expédition (pourquoi, comment) stp ? Le flingue devait te servir à chasser et en auto-protection si j'ai bien compris ?

a+

A me relire, j'ai vu que tu avais raison, c'est pas très clair sorti du contexte. J'édite le premier post.

Oui l'arme sert à chasser et à se protéger contre tous type de mauvaise rencontre  ;D . Enfin, c'est plus un réconfort psychologique, la dernière chance. Pas eu besoin pour me défendre mais ça m'a manqué pour chasser.
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: guarocaliente le 22 octobre 2010 à 18:47:13
Mercredi 10 janvier 17h09


Il y a un singe qui fout le bordel au dessus de moi.
 
Ce n’est pas un hurleur (http://en.wikipedia.org/wiki/Mantled_Howler). La nuit dernière a été assez froide. Celle qui s’annonce le sera encore plus puisque je suis presque à 2000 mètres. Plus haut que Courchevel ! Hamac super mal installé. J’ai plus le temps. (J’ai du manquer de temps avant l’arrivé de la nuit)

Vivement que ce crapahutage s’arrête. Je suis pressé de passer à la phase principale (Je veux dire arriver en haut de la montagne, installer un campement "en dur" avant de passer mes journée sans le sac sur le dos à rayonner autour.) Sinon cela aura été une bonne journée. Le chantier est assez loin. Je l’entends bien mais il est sur la colline d’en face. Plus de stress. J’ai beaucoup avancé aujourd’hui. Ce matin j’ai traversé le Finca vers 9h30. Pieds nus avec de l’eau jusqu’aux genoux.
J’ai hâte de pouvoir enfin me laver, me baigner. Même si elle ne fait que 16°. De ce coté du rio je n’ai pas vu de sentier.
Mais les bords du rio étaient assez encombrés de végétations.


(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1417998611-finca.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1417998611-finca.jpg)
Rio Finca

J’ai recommencé à grimper. J’ai suivi la ligne de crête assez facilement. Après avoir fait le point, je repars. Je tombe sur ce qui me parait être une ancienne pica (un sentier tracé à la machette) ou plus probablement la piste utilisée pas des cochons (http://en.wikipedia.org/wiki/Collared_Peccary) ou tapirs (http://en.wikipedia.org/wiki/Baird%27s_Tapir)  pour descendre vers le fleuve. Vers 14h45 j’arrive devant un parterre de jeunes bambous. Crevé, je décide de les affronter demain matin. (Bambous de un mètre de haut très dense, je ne vois pas le sol, donc je dois être parano et y aller doucement avec un bâton pour faire fuir les éventuels serpents. 17 espèces mortelles dans le coin) . J’ai diné d’une « estouffade » Brandade de poisson. Ça porte bien son nom. Et moi qui n’ai presque plus d’eau. Je sens que la nuit va être pénible.

Jeudi 11 janvier  7h22


15° 1930 m. Nuit correcte réveillé à 3h30 il faisait 11°. Dans le sac de couchage (http://www.outdoorgb.com/p/snugpak_softie_3_merlin_sleeping_bag/) ce matin, 26°. Ciel bleu sans nuage. J’ai entendu, et entends encore les travaux au loin. J’ai du mal à quitter la chaleur du sac. Les singes mangent en haut des arbres au dessus de moi. Ils me bombardent avec des petites branches et des feuilles. Pas encore entendu de hurleur proche. Je me lève.


Vendredi 12 janvier 16h55


D’abord, hier rien de spécial. Ce matin levé assez tard. Je suis un peu descendu essayer de voir où sont les machines (les engins de chantiers, du moins c’est mon idée à ce moment).
Pas vu. Par contre alors que je me tenais debout, silencieux sur un gros tronc d’arbre abattu, (pour observer la crête en face) j’ai entendu un animal approcher.

By chance j’avais mon appareil photo à la main, prêt à prendre un singe. J’ai laissé l’animal approcher le plus près possible.

(Dès qu’il est passé devant moi, j’étais perché au dessus de lui c'est pour ça que j’ai pu le surprendre, je lui ai dis « Hé ». Il s’est figé et m’a regardé pendant 1 ou 2 secondes avant de reprendre sa route tranquillement)
J’ai déclenché à deux ou trois mètres. J’espère que l’on verra la bête sur la photo (http://www.noelshack.com/2014-50-1418002216-tayra.jpg) (Et non.. On distingue juste le corps et une patte, la zone noire cachée derrière du feuillage au centre) 

Je n’ai pas de nom précis à mettre dessus, (Maintenant, si :"Eira barbara" (http://en.wikipedia.org/wiki/Tayra)) mais il me semble que c’est le même animal que j’ai vu en couple l'année dernière. (Non. En fait c'était un couple de Jaguarondi (http://fr.wikipedia.org/wiki/Jaguarondi) noir qui est passé en courant, plus affolés que moi, à quelques mètres.) . Sinon, rien de spécial. J’avance toujours péniblement vers le haut des montagnes. Déjà une semaine que je suis parti. J’avance comme une tortue mais je fournis des efforts insensés. Heureusement que j’avais prévu 7 semaines. (Au total, dont 6 en forêt). Juste que je n’ai pas d’alcool à bruler pour 10 autres jours. Enfin, pour l’instant tout va bien.

Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: guarocaliente le 23 octobre 2010 à 18:56:29
Dimanche 14 janvier 17h19  2100 mètres

Cet après midi en haut d’une colline j’ai eu une vue superbe sur le Cerro Alto (Le haut de la montagne) entre les arbres.


(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1417999250-cerro-alto.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1417999250-cerro-alto.jpg)
Cerro Alto

Et là, à flanc de colline dans mon hamac j’ai un superbe coucher de soleil. Depuis hier la végétation change avec l’altitude.
Le plus marquant ce sont de grandes étendues de bambous. Assez fins, environ 2 mètres. J’avance plus vite que dans le fatras de lianes et branchages habituel.

Demain je serais près d’un rio qui se trouve un peu plus au nord-ouest d’ici. A moins d’un kilomètre. (Ça peut me prendre une journée de marche pour un seul km). Ensuite je le remonte et passe en mode recherche. Tiens ! à un mètre 50 de moi j’avais remarqué un petit nid en haut d’un petit arbre qui se trouve au même niveau que moi. Je le croyais abandonné ! Et bien à l’instant un oiseau mouche à percuté la moustiquaire. Ensuite il est allé se poser dans le nid. Demain matin je pense pouvoir le photographier. La nuit tombe et le rayon de ma lampe (http://www.ukmcpro.co.uk/Mini-MagLite-Jack-Strap-Bushcraft-Survival/p/4/5/5798/) ne semble pas le déranger.


Lundi 15 janvier 16h46


Ce matin il n’était plus au nid.

Nuit d’épouvante. J’ai été traqué toute la nuit. Du moins c’est vraiment l’impression que j’ai eu.

Ils y avaient des lumières qui quadrillaient la forêt. Je n’étais pas rassuré. A un moment dans les bambous à quelques mètres de moi j’ai entendu une grosse bête (tapir, cochon ou cervidé ?) qui bougeait dans tous les sens. Visiblement perturbé. Je ne sais pas ce qui se passe autour de moi. Les moteurs tournent tout le temps. Et dès que la nuit tombe il y a comme des groupes de recherche qui patrouillent la forêt. Cette nuit je me suis vraiment senti traqué. Je suis même sorti du hamac pour m’habiller. Et puis ça s’est calmé. (Plutôt moi. paranoïa ? hallucinations du à la sous alimentation, la déshydratation, l’altitude ? Je ne sais pas.) Alors cet après midi je me suis installé assez tôt. J’étais crevé de ma nuit presque blanche. De plus je n’ai pu manger faute d’eau. 2250 mètres. De plus en plus de cris d’animaux inconnus. Cette nuit je n’ai vraiment pas osé éclairer l’animal près de moi. Cette nuit devrait être plus calme. Mon hamac est plutôt bien camouflé dans les bambous. (Invisible à plus de 5 mètres ! Alors que j’étais à des kilomètres de toute zone habité ! Plus de logique.. ) Hier je me suis dit que le chauffeur de taxi était peut être revenu et avait donné l’alerte. Un touriste perdu dans la jungle. (C’est arrivé plusieurs fois dans le coin. Jamais plus entendu parler d’eux.) Par l’hôtel où il m’a pris il est facile de retrouver mon nom. J’espère que ce n’est pas le cas…
Et que la vie continue bien tranquillement pour tout le monde en France. (Peur que ma famille soit affolée).
J’en ai vraiment raz le bol de marcher. Et d’être crade. J’attire les mouches. Au lit et je suis (un peu) pressé de voir si le même cirque qu’hier recommence.


Jeudi 18 janvier 18h07  2340m



Je me souviens que le même cirque a recommencé. Mais c’est loin déjà. Hier, mercredi 17 j’ai commencé la journée sans eau. Ça été vite pénible et je marchais vers le nord-ouest pressé de rencontrer mon rio. Évidemment je n’avais rien mangé. Donc croulant sous ma maison verte, je dévale des collines en pente raide m’accrochant sans arrêt à cette verdure qui me retient. En bas, je regrimpe très péniblement m’aidant de ma lance. (J’ai taillé une branche verte très droite en pointe et je m’en sers comme bâton de marche, testeur de zone possible à serpent caché, etc. Il est plus long que moi pour ne pas risquer de me blesser avec la pointe si je trébuche dessus). En fin de matinée je suis arrivé au pied d’un arbre. Une bande de singe hurleur est assez bas dans les branches. Je sors mon appareil photo pensant que dès qu’ils me verraient, ils disparaitraient très haut. Je fais une première photo avec mon petit compact. L’alerte est donnée. Mais contrairement à mes attentes, les dominants du groupe descendent dans l’arbre. Ils se rapprochent jusqu’à être à moins de 10 mètres de moi. Ils secouent frénétiquement les branches pour me bombarder. Ce qui me permet de faire pas mal de photos. (Dommage, pas de zoom...).

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418002568-hurleurs.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418002568-hurleurs.jpg)

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418002596-hurleurs2.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418002596-hurleurs2.jpg)

Ils ont de la chance que je ne sois pas armé. Même avec un arc ça aurait été très facile. Donc, je reste à les faire crier en faisant semblant de grimper au tronc de l’arbre pendant une bonne demi-heure puis je reprends les montagnes russes. Je me rapproche, j’entends le grondement du rio. Je dévale une colline, je trouve un petit ruisseau. Je pose mes sacs et vais laver ma gamelle (en alu avec couvercle et hanse) et remplir à moitié mon jerrycan. Je suis complètement déshydraté. Mais je ne peux pas boire. Il faut attendre deux heures que mon décontaminant fasse de l’effet. Toute cette eau. Je laisse le jerrycan et suis le ruisseau en direction du rio tout proche. Un gros torrent de montagne. Superbe.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418002744-rio-alto.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418002744-rio-alto.jpg)

J’ai vraiment envie de me baigner. Je prends la température de l’eau. 11°. Aïe. Je reste là une demi-heure à observer les oiseaux mouche et toute cette eau tourbillonner. Demi-tour aux sacs. Je reprends mon ruisseau. Je récupère la gamelle et le jerrycan et je regrimpe vers les sacs. J’arrive à l’arbre. Rien. Les sacs ne sont plus là ! Je m’agite, je vérifie. Je suis certain qu’ils étaient ici. Je me suis fait piquer toutes mes affaires ! Affolé j’escalade la pente à la recherche de traces. Vu le poids de mes affaires, ils ne peuvent être loin. A mi-pente, derrière un arbre, je tombe sur mes sacs. Bon. Je m’installe pour la nuit après m’être gavé d’eau, de pâtes. La nuit dernière a été glaciale. Le GPS indiquait 8° ce matin. J’ai été réveillé plusieurs fois par le froid. Ce matin, je suis resté jusqu’à 7h30 au chaud. Puis j’ai refais une orgie de bouffe et d’eau. Plus de problème d’eau (je vais suivre le rio vers l’amont), je peux manger deux fois par jour maintenant.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1417998951-diner.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1417998951-diner.jpg)

(Attaché au ceinturon j'ai la pharmacie dans une boite hermétique en plastique transportée dans le sac (http://west.loadup.com/military/surplus/50021.html) destiné au masque à gaz Anglais.) Oui j'ai eu un prix pour tout ce matos British  ;D
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: Loriot le 23 octobre 2010 à 19:29:58
Terrible,'mais comment expliquent tu le Coup des sacs déplacé? Ilusion de la boite automatique? Animaux? Humains? Aucune idée?
Quand tu te déleste, tu gardes un minimum sur toi? Lequelle?

On dirait du ramuz moderne... (comprenne qui pourra)
Titre: Re : Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: guarocaliente le 23 octobre 2010 à 20:23:11
Terrible,'mais comment expliquent tu le Coup des sacs déplacé? Ilusion de la boite automatique? Animaux? Humains? Aucune idée?
Quand tu te déleste, tu gardes un minimum sur toi? Lequelle?

On dirait du ramuz moderne... (comprenne qui pourra)

Je l'explique par le fait que tous les arbres se ressemblent..  ;D

Je veux dire que mes sacs n'ont jamais bougé.  ;)

Quand je me déleste ?

ça dépend pour combien de temps et de la distance des sacs.

Pendant cette expé j'avais toujours un wave (ancien modèle) (http://www.aceros-de-hispania.com/image/knife-leatherman-wave/knife-leatherman-wave.jpg) à la ceinture du pantalon (http://www.asmc.de/fr/Habillement/Hommes/2-Couche-de-vtements/Pantalons/Pantalons-moleskine-noir-p.html) dans un étui en nylon.
 
La machette dans un étui accrochée au ceinturon (http://www.anchorsupplies.com/plce-webbing-belt-olive-green.html) avec l'appareil photo.

L'instrument le plus indispensable, à mon avis, avec le hamac et la gamelle...

En plus pour une journée de vadrouille : mes GPS, cartes, boussole, gourde, papiers indispensables (fric, passeport, billet avion) pharmacie, Kit survie, quart, hamac filet (http://www.usmc-pro.com/Mini-Hamac-Bivouac-et-survie/p/4/5/6742/) de secours et moustiquaire (http://www.shop.hassayampasurplus.com/images/HPIM5844.jpg) pour le boonie.

En plus des fringues, je porte souvent des gants.

J'oublie peut être un truc  :huh:



Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: maritho le 24 octobre 2010 à 12:46:40
Trés bon récit. merci de passer du temps à nous le faire partager  :love:
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: Neibaf le 24 octobre 2010 à 14:13:47
 :up: :doubleup: :up:

Génial !!!!

Et merci de nous donner les explications de certains points via les liens hypertextes. Ça doit demander un boulot vachement conséquent donc merci.  :love:

A +

Fab
Titre: Re : Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: guarocaliente le 24 octobre 2010 à 16:45:57

Et merci de nous donner les explications de certains points via les liens hypertextes. Ça doit demander un boulot vachement conséquent donc merci.  :love:

A +

Fab

 ;)

Un peu de boulot, oui  :)  .

Mais ça fait quelques années que je voulais mettre ça au propre.

C'est la bonne occas. Comme j'ai écris très petit, serré pour économiser la place et couché sur le dos dans mon hamac, le texte original n'est pas
évident à déchiffrer. J'ai eu du mal à me relire. J'ai du fouiller dans des sacs pour retrouver les photos de cette balade.

Et comme j'avais écrit pour moi, je me suis rendu compte en recopiant ce cahier, que beaucoup de passages ne seraient pas compréhensibles sans explications. Certains termes non plus. Bref. Je m'y recolle dès que j'ai un peu de temps.

C'est sans doute pénible de lire un récit en pointillé mais ça prend du temps et j'ai pas que ça à foutre  ;D
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: FrancisZebra le 24 octobre 2010 à 20:04:58
Ne t'inquiète pas pour nous, sa fait un peu comme une série ;)
En tout cas je te remercie pour le travail que tu fait pour nous faire lire ceci.
Et je salut l'homme pour avoir eu le courage de se lancer dans se genre d'aventure.
Merci a toi.
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: Elektro le 24 octobre 2010 à 21:29:21
Bah,juste merci parce que c'est "super bon" de te lire  :love:
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: Clemstout le 25 octobre 2010 à 07:24:17
Passionnant! Merci à toi de te donner autant de mal à nous le faire partager, je continuerai à lire avec assiduité!  :up:

Clemstout
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: JeD le 26 octobre 2010 à 20:15:02
Merci a toi Guarocaliente de nous faire partager ta vie d'hommes des bois !
C'est vraiment captivant !
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: guarocaliente le 26 octobre 2010 à 20:45:33
Jeudi 18 janvier

Suite  …. Je repars vers 9 heures. En direction du rio. Ensuite je le longe en remontant vers le nord sur la rive gauche. C’est le coté à l’ombre, pas beaucoup de terre entre les rochers et l’eau. Je pose les sacs et trouve un endroit pour traverser. L’autre coté est plus vivable. J’escalade la colline qui le surplombe. Couverte de bambous. Je redescends aux sacs. Je retraverse rive droite. Je suis une pica bien nette. J’arrive vers 15h30 sur un terrain assez grand sous l’ombre des palmiers. Terrain assez plat tout près de la rivière. Très peu d’arbres. En m’approchant  je dérange des poules (ou pavon ?). Je pose les sacs. Toute la zone est piétinée par les animaux. L’endroit n’est pas seulement idéal à vivre pour les hommes. J’escalade la colline au dessus. J’explore les environs. Je trouve un surplomb avec vue sur le rio. Au pied du plus haut sommet. Site idéal pour construire en dur et m’installer durablement. 16h10, je décide de redescendre. Je dévale la pente. Et je suis perdu. m*rde cela fait trois fois que ça arrive. A chaque fois je me dis qu’il ne faudrait plus que ça recommence. Tu parles. Bon, j’essaie de m’orienter. Je redescends le rio. Rien. Je tourne dans tous les sens. Le soleil descend. Il est 16h45. Dans trois quarts d’heure il fait nuit noire. Je m’agite de plus en plus. Je fais demi-tour. m*rde. Cela va être une nuit très désagréable si je ne retrouve pas mes sacs. A 17h je redescends dans une petite clairière, presque en courant. Mes sacs ! Je crois que j’ai crié de joie. Je les enfile. Plus le temps de grimper la pente. Je m’écarte quand même de cette zone à cochons. J’installe rapidement mon hamac à flanc de colline. A une dizaine de mètres. Quelques biscuits, un peu d’eau. Pas le temps de diner. A 17h30 la nuit tombe et je suis dans mon nid. (Je me débrouille pour finir de diner et être à l’abri avant la nuit. Parce que le feu et ma lampe attirent des nuées d’insectes de toutes sortes et que je n’aime pas le papillon de nuit en assaisonnement dans mes pâtes.) Voilà où j’en suis. Les piles, les gps et l’appareil photo dorment dans mon sac de couchage. Le froid vide les piles.
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: guarocaliente le 26 octobre 2010 à 20:52:00
Vendredi 19 janvier 17h30


Nuit correcte, 11° à 6h. Je déjeune et ensuite je laisse le jerrycan vide et le Daypack  au pied de la colline et l’escalade avec mon sac à dos. Je redescends récupérer et faire le plein d’eau. Encore perdu. Quelques dizaines de minutes après je les retrouve, je longe le rio et remplis mes réserves. Je regrimpe la colline. Au bout de quelques mètres je sais que je ne vais pas m’installer en haut. Impossible de me taper l’escalade avec toute la flotte régulièrement. La pente est très rude et très glissante. Un calvaire avec le sac sur le dos mais je peux au moins me servir de mes mains…  Je laisse tout et remonte récupérer le Bergen. Nuages tombent et le déluge commence. La première pluie depuis que je suis en forêt. Je commençais à penser qu’il ne pleuvait jamais en saison sèche et tous les jours en saison humide ! Je redescends à l’abri de mon poncho (http://ecx.images-amazon.com/images/I/51FTA282DNL.jpg) .  Je suis inquiet pour l’état du petit sac qui doit être trempé. Même si les poches sont doublées à l’intérieur par des sacs poubelles. Je me perds un peu. J’allume le gps de secours (l’autre est fixé sur le petit sac). Il me donne une position à 1000 km ! m*rde, apparemment il n’aime pas l’eau. Il est pourtant étanche. Je fais sans et retrouve le sac vers 16h30. Je m’installe rapidement entre deux arbres. Je grignote quelques biscuits et avale 2 bouchons de rhum. La bouffe à l’air d’être sèche. Bon. Manque de chance, le jour où j’arrête de crapahuter la pluie tombe. D’un autre coté j’ai eu beaucoup de chance de marcher au sec. Mais ça décide de la suite de cette promenade. J’ai décidé de m’installer ici. Demain je battis. Je ne veux plus ployer sous mes sacs. Un peu de confort. Donc demain matin, installation.
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: guarocaliente le 26 octobre 2010 à 22:11:25
Samedi 20 janvier 17h56


J’ai construit toute la journée. Réveil à 6 heures. Déjeuner puis au boulot. Je suis assez content. J’ai rehaussé le hamac à deux mètres du sol. (Pour être plus loin de l’humidité du sol et des troupeaux de pécaris. Ils vous bouffent un homme sans problème. Surtout à une trentaine.)

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418002974-camp.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418002974-camp.jpg)

Au dessus du hamac j’ai accroché un rondin entre les arbres. Dessous aussi. Celui du dessous me sert à accrocher mes sacs et à grimper dans mon abri. A partir de celui du dessus partent cinq arbres jusqu’au sol. En travers j’ai accroché des gros bambous. J’ai recouvert le tout de grandes branches de palmier. Par-dessus j’ai disposé la grande bâche de plastique transparente de 5m X 4m.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418003059-camp3.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418003059-camp3.jpg)

Et pour qu’elle ne s’envole pas, j’ai fixé des bambous en travers. Cela m’a pris la journée, 7 heures de boulot. J’ai une ampoule à la main. Demain matin il faudra que je trouve du bois sec, que je finisse d’installer les affaires dans le camp, et que je fabrique de quoi m’asseoir. Il faudra que j’améliore progressivement le confort de mes 20 m carrés.

Enlever tous les débris végétaux qui recouvrent la terre, creuser des canalisations pour évacuer l’eau en cas de grosses pluies, faire un feu correct, etc. Aujourd’hui, pluie légère par intermittence, rien de sévère.


(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418003152-camp2.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418003152-camp2.jpg)
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: Mezig le 27 octobre 2010 à 08:37:59
Encore
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: Clemstout le 27 octobre 2010 à 09:48:19
OUaou!  :doubleup: :doubleup:
Que du bon! Merci à toi!

Clemstout
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: guarocaliente le 29 octobre 2010 à 21:02:29
Lundi 22 janvier 19h08

Ce matin, je m’équipe pour la journée après déjeuner et je quitte le camp vers 10h. Je pars rejoindre le rio principal à l’ouest. J’escalade les collines des environs tout léger avec mon Daypack dans le dos. Un vrai plaisir. Je redescends le rio vers le sud. J’arrive devant une superbe cascade d’une vingtaine de mètres de haut.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418003441-cascade.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418003441-cascade.jpg)

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418003423-cascade2.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418003423-cascade2.jpg)


Tenté, je me déshabille. Je mets un doigt de pied dans l’eau et plonge vers mes vêtements pour me rhabiller.

Impossible.

Il est déjà 14h30 alors je fais demi tour.

Je perds beaucoup de temps à grimper mes collines. Je redescends sur le rio décidé à le suivre au plus près pour éviter la végétation et rejoindre mon camp avant la nuit.

A un moment, je dérape sur un rocher lisse. Je me rattrape en lâchant la machette qui tombe au fond de la rivière sous les remous. Un pied dans l’eau.

J’avais la machette à la main car j’ai perdu l’étui il y a deux jours.

M*rde, la machette est indispensable.

Tant pis, je mets le deuxième pied dans l’eau et plonge les mains, à l’aveugle à la recherche de la lame. Je la retrouve rapidement.

Mes bottes étanches sont pleines d’eau. Trempé pour trempé, j’en profite pour remonter le rio au plus court, dans l’eau.

Je retrouve ma piste vers 16h45. Je m’arrête remplir la gourde.

Je ramasse vite fait du petit bois.

Je vide mes bottes (http://www.danner.com/fort-lewis-10-black.html) et les mets à l’envers sur une branche.

En tongs, j’allume le feu et fini de dîner dans le noir. Demain je recommence.

Sinon, coupures aux mains, ampoule pouce droit, hémorroïdes.

Ça va.

Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: guarocaliente le 29 octobre 2010 à 21:28:53
Vendredi 26 janvier 18h02


Mardi, mercredi à escalader les montagnes des alentours.

Mercredi matin, plusieurs coléoptères assez gros et assez bruyants sont venus tourner autour du camp.

Cela m’a rappelé ce que m’avait dit un dentiste.

Je l’avais rencontré avant ma première expé, sur mon lieu de vacance, pour vérifier l’état de mes dents avant de partir.

La personne qui me l’avait conseillé m’avait dit qu’il allait régulièrement en Guyane pour chercher des insectes. Nous avons parlé forêts.

Il m’avait dit que dans ces montagnes on trouvait un coléoptère argent (http://www.lescoleopteres.com/chrysina-ericsmithi-forme-argentee-p-4997.html) et un doré (http://theevolutionstore.com/store/chrysina-plusiotis-resplendens-in7089).

Donc, j’étais en train de déjeuner quand un coléo tombe près du feu.

Je l’observe. Doré ! Tiens !

Le temps que je réagisse ils avaient disparus.

Furieux contre moi j’ai pris un sac de congélation pour essayer d’en attraper un si l’occasion se représente.

Mais je n’y crois pas trop.

Hier matin, alors que j’allais partir en vadrouille, mes insectes se représentent.

Je prends vite un sac et en capture facilement un. Pas très doré.

Je le relâche après avoir fait la comparaison avec un autre.

Attrapé, je le fais rentrer sans l’abîmer dans une boite de pellicule photo transparente.

Ensuite je rempli la boite avec du rhum blanc de ma réserve spéciale. Voilà.

La nuit dernière il a plu assez fortement jusqu’à tard ce matin.

Il y a beaucoup de vent dans cette vallée et les arbres au dessus de moi grincent sinistrement.



(La vache !! en faisant des recherches de photos je me rends compte du prix exorbitant de ces bestioles !! Dire que j'ai croisé de quoi rembourser mon billet d'avion !!)
Titre: Re : Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: guarocaliente le 29 octobre 2010 à 22:11:58
hummm tu es sur que tu ne sautes pas des passages ? leves la main droite et dis "je le jures"...     ;)

Je jure que je raconte la vérité. C'est déjà plus que certain que je connais.  ::) 

Mais, oui j'oublie des passages. ;D
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: guarocaliente le 29 octobre 2010 à 22:34:34
Samedi 27 janvier 16h45


Je suis assis sur le rondin, sous mon hamac. Ce matin, le feu,

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418004019-pres-du-feu-anon.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418004019-pres-du-feu-anon.jpg)

le déjeuner et la super corvée de bois qui m’a bien pris une heure et corvée d’eau avec le jerrycan.

En me préparant à ma journée d’exploration je me suis rendu compte que le sol était couvert de millions de fourmis en marche. Et pas des petites.

Manque de pot elles sont passées par le camp.

J’ai récupéré les cendres du feu avec le couvercle de la gamelle et ai fait un véritable épandage sur toute la surface sous mon toit.

De la neige dans la jungle. Technique à retenir, c’est très efficace.

Sans que je m’en aperçoive, j’ai eu les bottes couvertes de fourmis. Je me suis fait mordre plusieurs fois.

Mon pantalon était à sécher. Je suis parti en courant.

Je suis revenu au camp, le troupeau le contournait nettement. J’ai pris le flacon de DEET (http://fr.wikipedia.org/wiki/N,N-di%C3%A9thyl-3-m%C3%A9thylbenzamide) qui avait été très peu efficace contre les grosses mouches qui me piquaient à travers ma veste (http://www.usmcpro.com/photos/produit/v109.jpg).

J’ai fait un essai sur le chemin des fourmis. Elles n’ont pas apprécié du tout.

J’ai aspergé les bottes, les lacets et le bas du pantalon avant de repartir en exploration. Reste de la journée sans intérêt.

Demain je bouge.

Ça fait déjà une semaine que je tourne dans les montagnes.

Comme je suis très en amont sur ce rio, je vais prendre le chemin du retour.

Les vallées seront plus larges, les nuits moins froides, les rios plus gros.

Et puis ça m’avancera pour le retour.

Évidemment j’abandonne le confort de cet abri presque en dur.

Mais la vie est dans le mouvement.

Demain je récupère ce que je peux en ficelle et fil de fer sur le camp.

Je doute que la toile en plastique soit encore utilisable. On verra.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418004263-feu-anon.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418004263-feu-anon.jpg)

Je vais garder le strict nécessaire en bouffe pour m’alléger.

J’étais large après tous ces jours de jeune sans eau, je serais juste.

Il faudra simplement faire attention à ne pas se faire repérer.

Et puis il n’a plu que 2 jours en 3 semaines.

Pour l’alcool à réchaud ce n’est pas grave si je n’en ai plus.

C’était destiné à me faire gagner du temps (et ne pas être repéré).

(En saison des pluies tout est trempé. J'ai déjà passé 2 heures (!!!) à me vider les poumons sur un feu pour le faire prendre. Et comme c'est trempé, ça se consume mal. Donc production d'une belle fumée blanche pas discrète du tout.. Donc réchaud plus discret. En saison sèche, aucune fumée parasite.)

Calcul basé sur la saison des pluies. Mais en cette saison et avec l’alcool en tablettes (http://www.inuka.com/combustible-solide-esbit.htm) (je les coupe en deux et utilise une moitié comme allume feu. Elles sont inefficaces sous le réchaud. Altitude ? Eau trop froide ? Ou alors c'est juste de la M.  ;D)

il ne me faut pas plus d’un quart d’heure pour avoir de belles flammes.

Singe hurleur isolé.

J’ai pris des photos du camp et de moi près du feu. Couru toute la journée.

Poulet me manque. J’espère qu’il va bien.

Demain je bouge.
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: Robin C le 29 octobre 2010 à 23:05:25
Super! Merci du partage, agréable à lire et instructif. Ça donne envie! :up:
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: Campeur le 30 octobre 2010 à 14:23:37
génial ! qu'est ce que tu veux dire de plus !
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: guarocaliente le 30 octobre 2010 à 16:02:19
Dimanche 28 janvier 18h14

J’ai bougé.

Ce matin, après déjeuner j’ai vidé les sacs de pâtes en trop près du feu.

Les rongeurs doivent faire la fête à l’heure qu’il est.

J’ai brûlé les sacs en alu des pâtes pour ne pas laisser de traces de ma nationalité puis j’ai enterré l’alu.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418004855-matin-anony.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418004855-matin-anony.jpg)

J’ai récupéré tout le fil de fer et la ficelle que je pouvais sur le camp.

Je suis parti vers 11h30.

Je suis plus léger sans les poches latérales du sac.

Je porte toujours la bouffe en poitrine pour équilibrer.

J’ai longé le rio jusqu’à la cascade.

Paysages superbes.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418005389-rioxx.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418005389-rioxx.jpg)

Je regrette de ne pouvoir partager cette beauté.

Vers 16h je me suis dit qu’il était temps de s’installer.

Le hamac entre deux arbres surplombe le rio à quelques mètres derrière moi.

J’ai l’impression de coucher dans une salle de bain.

Un petit feu a à peine cuit mes pâtes au fromage.

Pas le temps pour la soupe ou l’infu.


(Deux repas par jour. Le matin, café lyophilisé, sucre. Ensuite pâtes en sachet tout prêt (genre) (http://www.amazon.de/Knorr-Spaghetteria-Spaghetti-Carbonara-Sahne/dp/B00623OY1K/ref=sr_1_sc_2?ie=UTF8&qid=1418005514&sr=8-2-spell&keywords=spaguetteria) puis quelques galettes.
Avant de me coucher j’ai le droit à une soupe en poudre, des pâtes et une infusion sucrée genre tilleul-menthe.
J’ai quelques paquets de galettes et de bonbons pour le moral.
Une petite bouteille de rhum blanc et quelques provisions de route au début du voyage.
J’ai essayé l’année d’avant les sachets genre lyophal avec des plats plus variés.
Pas assez copieux et beaucoup trop cher.
J’ai acheté des sachets en supermarché.
J’ai fait un trou microscopique dans chacun pour vider l’air qu’ils contenaient.
Fermé le trou avec du banal scotch.
Très efficace pour compacter le tout dans mes 4 poches de bergen.
Ces provisions étaient une base de survie que je devais compléter avec le produit de la chasse.
Comme je n’ai pas pu me procurer une arme, je me suis contenté de pâtes 80 fois de suite.
Ça calme.
Perte de masse musculaire garantie.)

La nuit tombe mais j’ai pu manger chaud.

Je rentre dans le hamac et CHTOING !! (Je devais peser autour de 75 kg) une cordelette du hamac cède.

Je ne peux pas rester dedans en espérant que ça tienne cette nuit.

Alors je sors et consolide les attaches avec de la para-corde (http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,1938.0.html).

Sensée tenir jusqu’à 250 kg.

On verra ça demain.

Sinon le moral est toujours très bon.

Je crois que j’ai bien fait de prendre le chemin du retour.

J’avais prévu 6 jours pour rentrer mais vu la végétation et les détours obligatoires le long du rio, cela me prendra beaucoup plus de temps.

Je repars demain matin.

Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: Loriot le 30 octobre 2010 à 18:30:41
Fait gaffe! C'est trop bien a lire et si tu arrives au bout,'il va falloir que tu y retournes... ;D
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: guarocaliente le 01 novembre 2010 à 20:31:33
Lundi 29 janvier

 
6h45

Hier soir, vers 20H CHTOING !!

La corde du hamac a cédé.

Je suis descendu d’un cran avec le hamac. Heureusement la para-corde a tenu.

La meilleure idée de la journée !

17h15

Je continue de descendre le rio rive droite.

Ce matin alors que je venais de me mettre en route j’ai vu un couple d’oiseau.

Peut être des pavons, ressemblant à des paons mais foncé.

J’aurais pu y goûter avec une arme…

En haut d’une colline je suis tombé sur trois poules. Deux se sont éloignés rapidement. J’ai pu m’approcher doucement de la troisième, qui devait penser ne pas être repéré, jusqu’à environ trois mètres.

Se doutant que la machette à la main lui était destinée elle s’est envolée pour se poser à moins de dix mètres. Là encore, avec une arme…

Je continue le long du rio, le soleil brille.

Vers 16h je vais prendre de l’eau. Feu énorme, je dîne au chaud.

A 17h42 je suis au hamac.


Mardi 30 janvier 18h16


Il y a un mois j’étais dans l’avion.

Dans trois semaines, je devrais être dans l’avion pour Paris.

A part ça, rien de bien palpitant à écrire.

Les petits événements de la journée sont bien légers. Mais bon.

Donc nuit désagréable. Tête du hamac trop haute.

J’ai passé ma nuit à glisser vers le bas. Pas confortable. J’ai bien essaye de me tourner dans le hamac mais c’était pire. De plus ce matin, j’ai forcé la tête hors du sac. Du coup le cordon de serrage de la tête du sac a lâché. Je suis parti assez tard, vers 10h30.

A un arrêt explo, je laisse le sac au pied d’une colline, le long du rio.

Je redescends et passe une heure à courir dans tous les sens pour le retrouver.

Sinon ce matin j’ai encore vu des poules.

Croisé une coquille d’œuf de la taille d’un œuf de poule.

Couleur bleu turquoise délavé.

Ensuite, en fin d’après midi alors que j’escaladais des arbres tombés à terre et recouverts de végétation, j’ai vu un serpent vert émeraude et jaune (http://fr.wikipedia.org/wiki/Bothriechis_lateralis) qui se sauvait sur le sol sous mes pas.

Je vais faire encore plus attention et arrêter de commencer à croire à leur absence à cette altitude.

Campement à 4 ou 5 mètres du rio.

Soupe de poisson, pâtes au fromage, infu avec miettes de biscuit, bonbons à la menthe.


Mercredi 31 janvier 17h55



Rien de spécial. Je longe toujours le rio pavo.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418048003-rio-sombre.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418048003-rio-sombre.jpg)

Tantôt à gauche tantôt à droite.

1900m.

Bien fait de partir plus tôt.

Nuit dernière froide. Il faudra que je prenne un duvet plus chaud, next time.

J’aimerais bien m’installer dans le coin.

Mais poulet…


Vendredi 2 février 18h36


Hier rien de neuf. Nuit dernière froide. Il fait 10° à 6H. Aujourd’hui je reprends l’escalade. Fatigué. Quand je m’arrête pour souffler sans enlever le sac, lorsque je me redresse, vertiges et baisse de l’audition passagère. Je ne mange pas assez par rapport à tous les efforts fournis. Au camp, la semaine dernière j’avais trois rations de pâtes par jour. Pour m’alléger je n’en ai pris que deux. Je sens la différence. Je recommence à fantasmer sur le repas que je ferai à Santo Domingo. Fatigué et découragé. L’idée m’a même traversé l’esprit d’abandonner et d’aller bruler mes 1000 $ restant sur une plage. Je savais que c’était du à la faim et à la fatigue. Après le diner ça va mieux.
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: guarocaliente le 01 novembre 2010 à 20:50:22
Samedi 3 février 17h51


J’aime être un 3 février sous les tropiques. Je suis fait pour vivre au soleil. Bon, re nuit froide. Vivement que je mange de tout et à ma faim. Sinon, les distractions du soir sont un peu limitées. Écriture et ensuite, soit je visite le pays pour la 30eme fois, soit je révise mon espagnol. (J'ai un guide du pays et un dico espagnol) La prochaine fois j’emmènerai  tout Universalis en 30 volumes. Poulet me manque. J’aimerais revenir ici avec un copain. Cela serait plus agréable.


Mardi 6 février 18h03


Bien, cette nuit toujours froide. La lune éclaire énormément. La deuxième ampoule de Maglight s’est éteinte. Il m’en reste une. Cela suce énormément. Prévoir toujours 3 ampoules. Ce matin, double ration de pâtes au fromage. Je vais voir si mes collets d’hier soir ont fonctionné. Non. Je refais mon sac. La bouffe en sac de poitrine, je repars. Je longe le rio toujours vers le sud-ouest. Je continue à changer de rive selon la végétation. Vers midi, je redescends une crête, près d’un rio secondaire. J’aperçois quelque chose de noir accroché à un arbre.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418047468-bache-noire.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418047468-bache-noire.jpg)

Je m’accroupis derrière un rocher et pose mes sacs. Je m’approche. C’est visiblement un campement. Je mets les doigts dans la cendre du feu.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418047538-reste-feu.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418047538-reste-feu.jpg)

Complètement humide. Le site est bien choisi à coté du rio. Des tas de trucs traînent par terre. Des porcs. Boites de thon vides, sacs en plastique, papiers de bonbons, etc..

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418047687-restes-campement.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418047687-restes-campement.jpg)

Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: guarocaliente le 01 novembre 2010 à 20:51:09
Coincées dans une branche, deux brosses à dent très usagées.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418047169-brosses-dents.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418047169-brosses-dents.jpg)

Un petit tube de dentifrice pas terminé par terre. Une bouteille de liquide de frein, du sel, du café, un paquet de cire rouge pour cirer les meubles ou parquet, couvercle de gamelle en alu, dissolvant dans une bouteille en plastique, etc.. Dégueulasse. Je suis intrigué. Ils ont laissés les bâches en plastique bien roulées accrochées à un arbre. Pourquoi laisser les brosses à dent ? Et les bâches. Très peu de charbon et de cendres dans le feu. J’en produis plus en deux jours. Je suis la piste de mes campeurs crados. Elle est très marquée ça me fait progresser rapidement.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418047244-pica.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418047244-pica.jpg)

A un moment elle passe sous des branches très basses. Je suis obligé de passer à quatre pattes. Ils ne doivent pas avoir de sac à dos. Je perds la piste près du rio. Je traverse. Rien. Je continue sans aide. Dommage. A un moment, je passe devant un gros rocher. Un abri a été aménagé avec une réserve de bois.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418047262-abri-rocher.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418047262-abri-rocher.jpg)

Je grimpe sur la colline longeant le rio. Par hasard je tombe sur leur piste. Ils ont bien joué de la machette. Les coupes sont très nettes. Assez sèches pour que cela ne soit pas d’aujourd’hui. Combien de temps ? En tous cas, cela m’arrange bien. Je suis cette piste jusqu’à 15h30. Il est l’heure de songer à chercher un lieu pour camper. Ce coté (gauche) est trop en pente. Je vérifie que la piste continue bien plus haut pour demain et je descends pour traverser le rio. J’ai repéré, d’en haut, un endroit sympa. Je regrimpe un peu au dessus de la rivière. J’allume mon feu et vais au rio remplir la gourde et la gamelle de ce soir. A 10 mètres du camp je vois un truc accroché à un arbre. Encore ! J’arrive sur leur campement. Une porcherie ! Je vérifie que les cendres sont froides. Je suis de très mauvaises humeurs. Les enc**és. Bouteilles d’alcool vides, papiers bonbon, conserves, sacs en plastique.. Même un vieux matelas en mousse accroché à un arbre ! Je n’ai aucune envie de les rencontrer ! Je dine tranquille et grimpe dans le hamac presque dans la nuit. Demain je re pars dans leur piste si elle va dans ma direction. Si ce sont les mêmes qui on fait les deux camps, ils ont peu progressé en une journée. Ils perdent du temps avec la machette. Moi ça m’en fait gagner.


Mercredi 7 février 17h48 34e jour de jungle


Dans 13 jours je serai dans l’avion. Dans 2 semaines je serai avec mon poulet. Rien de bien exaltant. Cette nuit j’ai été réveillé par la soif. Je glande longtemps à regarder la forêt qu’éclaire fortement la lune. Je me lève dans la nuit pour aller à ma gourde. Penser à accrocher la gourde au hamac. Ce matin je me lève vers 6h30. Déjeuner. Je fais le point près du rio.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418047370-check-1-gps.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418047370-check-1-gps.jpg)

Je suis la piste un bon moment. Je reviens au camp. Je grimpe sur la colline. Je traine longtemps et pars vers 12h45. Je suis la piste un bon moment et la perd. Pendant les trois heures de marche de cette journée je passe mon temps à changer de rive. De temps en temps je suis diverses pistes. Je retombe sur un campement. Site superbe. Ils choisissent bien leurs campements. Provision de bois sous bâche plastique. Sous l’abri je trouve suspendu un paquet de cire rouge à parquet avec une boite d’allumettes. Compris. Je fais un essai. Ça brule très bien mais moins longtemps que mon alcool en tablette. Moins cher et plus facile à trouver. Je repars. Mets souvent les pieds au delà de la capacité de mes bottes. Sur l'autre rive je découvre un campement beaucoup plus ancien et rustique. Un toit en palmes tressées, très sèches, au dessus d'un semblant de sommier en bois à 30cm du sol. Je repars et l'autre de trouver un camp pour la nuit me trouve à flanc de colline. J'escalade. Je suis trempé de sueur. Je m'installe sur la pente. Je dine rapidement, dévoré par les moustiques. J'essaie de sécher mes chaussettes devant le feu. Demain je redescend près du rio pour déjeuner et tenter de retrouver une piste.
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: Trekkal le 01 novembre 2010 à 21:19:51
Mais qui sont ces mecs ? des touristes?des locaux ? Arriveras tu a les apercevoir ? que de suspens...    :doubleup:    :doubleup:
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: guarocaliente le 01 novembre 2010 à 21:30:20
Mais qui sont ces mecs ? des touristes?des locaux ? Arriveras tu a les apercevoir ? que de suspens...    :doubleup:    :doubleup:

Des locaux, très certainement. Plusieurs possibilités.

Des chasseurs illégaux dans cette réserve. Très possible aussi qu'ils soient des pilleurs de tombes.

En tous cas ils sont plus que probablement armés et moi pas. Ils sont pauvres et moi pas  ;D (relativement à eux).

Donc c'est une bonne raison pour ne pas vouloir les rencontrer.
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: FrancisZebra le 04 novembre 2010 à 16:58:36
On attend la suite avec impatience ;)
Merci encore.
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: Jérôme A le 05 novembre 2010 à 18:01:22
salut et merci pour le partage ...
 :up: :up:
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: guarocaliente le 05 novembre 2010 à 18:12:43
Jeudi 8 février 17h56  35eme jour 21°


Nuit presque chaude en sac et doublure polaire (http://www.auvieuxcampeur.fr/nos-produits/couchage/drap-de-sac-de-couchage/draps-polaire)  sans rien d’autre.
Veste en polaire sous les fesses. Depuis hier soir, 20° à 18h. 17 ou 18 à 6h.
L’eau est à 17°. Ce matin re descente vers le rio. Je déjeune et repars. Moi qui m’étais promis de ne plus me mouiller les pieds, c’est raté.
Tant pis ! Je traverse le rio avec de l’eau jusqu’aux genoux. J’ai perdu la trace de mes pollueurs. De toute façon il est temps d’obliquer vers le sud-ouest en direction de Santa Clara. Je remplis la gourde et prends dans le jerrycan ce qu’il me faut d’eau pour ce soir. Mon trajet vers Santa Clara comprend plusieurs étapes de rio en rio. Sans compter les ruisseaux qui ne sont pas sur ma carte. La saison sèche est de plus en plus marquée. Le fait que je redescende en altitude doit également jouer. Superbe soleil toute la journée. D’ailleurs il n’a pas plu une goutte depuis 13 jours. 2 jours de pluie depuis le 5 janvier. Donc après avoir fait provision d’eau je coupe au 200.(direction en degré sur la boussole) Je recommence les montagnes russes. A 15h40 je m’arrête camper. J’accroche mon hamac pendant que le feu s’embrase. Je pose ma montre sur le hamac et vais diner. Ensuite je retourne finir d’installer mon abri. Je tends le toit du hamac en oubliant la montre. Je range toute mes affaires dans le sac à dos, bottes dessus et poncho par-dessus le tout en cas improbable de pluie. Et je me souviens de la montre. Rien par terre. J’ai beau écarter les feuilles mortes je ne la retrouve pas. Je cherche partout pendant 20 minutes. Rien. La nuit tombe. Je suis à poil en tongues et les mouches me tournent autour en essayant de me piquer. Je range tout et grimpe dans mon nid. CRACK ! Des coutures cèdent. Plus que 8 nuits… En observant les coutures à la lampe, je retrouve ma montre coincée dans la moustiquaire. Quelle aventure palpitante ! A part ça ? Ta gueule.


Vendredi 9 février 17h40   36eme jour


Bon, today déjeuner envahi de mouches, des centaines ! Je pisse trop près du hamac !
Je repars. En milieu de journée je redescends dans un affluent du Pavo. Je remplis la gourde et  prend l’eau nécessaire pour ce soir et demain matin dans le bidon. Je remonte l’affluent pendant 20 minutes. Des locaux sont passés ici il y a longtemps.. En haut de la colline je fais le point. Je redescends au 220. Un insecte me cogne la joue gauche. Brulure immédiate. Surement un frelon. Je sors vite l’aspivenin de la pharmacie que je porte à la ceinture. Pas facile de trouver l’endroit de la piqûre dans la barbe. D’ailleurs avec tous ces poils le vide ne se fait pas. 2 gros bourdons tournent au dessus du sol. De rage j’en écrase un ! 2 autres m’attaquent, un me pique au poignet droit ! Je laisse la pharmacie par terre et pars en courant. Un peu plus loin je m’équipe. Moustiquaire de tête sur le chapeau, manches et boutons de la veste bien serrés, gants, je retourne chercher la pharma. Un bourdon m’agresse mais ne trouve pas d’ouverture. Je repars déguisé en apiculteur. Je ne savais pas qu’il existait des bourdons agressifs. (et que les nids sont sous terre. Merci wiki (http://fr.wikipedia.org/wiki/Bombus)) Je continue les montagnes russes. En haut d’un plateau site idéal pour camper. Il n’est que 15h. Je passe le plateau et arrive devant une végétation très dense. Pour demain ! Je fais demi-tour et pose mes sacs. Flambée énorme. L’avantage de la saison sèche. Il ne faut que 10 minutes pour avoir un énorme feu. Cela me change de mes deux heures de la dernière fois. Évidemment il y a plein de bugs, mais pas de pluie. Sur la carte plastifié édité au pays voisin en 1963, il y a une route qui passerait à moins de 200 mètres sur mon chemin. La carte locale qui date de 1980 ne la mentionne pas. Bizarre. Je verrais demain si elle existe. De toute façon si elle est là, je ne la suivrai pas. Elle mène au « bidonville » d’où je suis entré dans la forêt. Je n’aurais pas de moyen de transport jusqu’à Santo Domingo. Je vais à Santa Clara où je devrais trouver un bus. C’est bientôt la fin de cette aventure…. Il faut que je revienne avec quelqu’un de compétent. Le copain de Fred m’a parlé d’un gars qui ferait la même chose que moi. Il faut que je le rencontre.


Samedi 10 février 17h32



La route existe, je l’ai rencontré. Étonnant qu’elle ne soit pas indiqué sur la carte du pays pourtant plus récente. Je suis parti à 6h ce matin. 30 ou 40 minutes après je croise ce chemin forestier.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418000350-ancienne-piste.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418000350-ancienne-piste.jpg)

J’avance assez vite. Je traverse un ravin d’une quinzaine de mètres de haut assis sur un arbre tombé entre les deux cotés. L’arbre doit bien faire 20 mètres de long. Je regrette de ne pas pouvoir photographier cela. (Ok ça fait Indiana Jones (je rêve ! En blouson de cuir dans la jungle !) mais c'est surtout complètement abruti de jouer à ça, seul, avec un gros sac sur le dos et le risque que le tronc soit pourri au milieu.. Bref. ) Arrivé de l’autre coté je dois me battre à la machette contre des buissons épineux très denses. Cela dure bien 30 minutes. Écorché un peu partout malgré le treillis et les gants. Je repars vers le sud. Vers 13h j’arrive sur l’affluent du rio Azul. L’affluent descend sur l’Azul qui doit être à 2 km. Juste derrière l’Azul, à moins d’un kilomètre se trouve Santa Clara, lieu de mon retour à la civilisation. Il ne me faut pas plus d’une journée et demie, voir moins, pour y être. Un peu trop tôt puisque je veux sortir de la forêt vendredi matin. Cinq jours donc, que je vais utiliser à me promener dans le coin, laver mes fringues pour ne pas avoir l’air de ce que je suis. Pourquoi ne sors-je pas plus tôt ? Parce que je ne suis pas venu ici pour me payer du bon temps. Parce que si je sors le plus tard possible, je pourrais mettre de coté plus de dollars pour la prochaine. Je ne comptais sortir que dimanche matin pour être à la capitale lundi midi (mon avion étant mardi matin). Mais je veux visiter les musées. Et ils sont fermés le lundi. Donc je sors vendredi matin pour être dans la capitale samedi midi. De plus, j’ai changé, en pensant acheter la carabine, beaucoup de dollars. Il faut que je rechange ma monnaie de singe avant le retour. Et si je sors dimanche, je ne pourrais pas acheter un pantalon propre. Il faut que je sois à Santo Domingo vendredi en début d’après midi pour acheter, si ce n’est pas trop tard, mon billet de car pour la capitale. Que j’achète un jean. Que j’appelle en France. Que je me lave à fond. Que je mange une énorme pizza. Et que je confirme ma place sur l’avion du retour. Plus que 6 jours en forêt.
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: guarocaliente le 05 novembre 2010 à 19:41:33
Dimanche 11 février 18h00  38°j


C’est comme à la Samaritaine ! Tous les jours il se passe quelque chose ! (allusion à un vieux slogan de pub d’un grand magasin parisien). Nuit chaude. Un animal est passé tout près du hamac. Cela est arrivé plusieurs fois. Ce matin réveillé vers 5h45. Le vent souffle très fort. Mais alors très très fort.
Des branches tombent. Les feuilles et des brindilles sont arrachées des arbres. Je reste au chaud dans mon sac de couchage.
Je regarde par la moustiquaire la cime des arbres.


(je regarde au dessus de moi si il n’y a pas une branche en équilibre qui pourrait m’écraser. C’est un danger très réel dans ces montagnes. En forêt tropicale en général, je crois. Les arbres sont enracinés très superficiellement et, évidemment, contrairement à nos forêts ça n’est pas entretenu. Les arbres pourrissent sur place et ça n’est pas évident à détecter. En saison des pluies c’est pire. Gorgé d’eau. Ça ajoute du poids. L’année d’avant j’étais dans la même zone. Une nuit j’ai entendu un arbre s’abattre tout près. Je me suis mis en boule dans le hamac. Rien d’autre à faire. Le lendemain je suis allez voir l’arbre tombé à une vingtaine de mètres.. Oui, probablement un des risques les plus grands..).

Une énorme branche tombe à 10 mètres. Bon. Je reste au chaud. CRAK ! Un arbre se casse en deux à 20 mètres. Je sors du hamac ! Mieux vaut que je puisse bouger rapidement. Partout dans la forêt j’entends les arbres qui s’écroulent. Je prépare mon feu. Dès que le vent redouble, je me colle au tronc de mon hamac, les yeux en l’air.

(d’un des arbres qui tiennent mon hamac, choisis pour son diamètre, son apparente santé et solidité et son houppier peu développé.
La vache fallait le caser « houppier »  ;D ! )

CRAK ! Deux arbres proches se cassent en deux. BAM ! Deux ou trois arbres s’écroulent à 20 mètres. Toute la matinée j’ai été au milieu de la tempête de décembre 99 !

(exagération. Je suis pourtant pas Marseillais.. Mais le spectacle était très impressionnant. Pas une tempête mais les arbres qui tombent ou se cassent en deux ça calme).

Mais au milieu d’une forêt, je regarde bien au dessus de moi. Je pars quand ça se calme vers 11h30. La forêt est ravagée. Des arbres sont abattus partout ! Je me demande si ils ont souffert un peu plus bas.

(au pied des montagnes, dans la vallée)

Je descends ma rivière. Des arbres éclatés sont couchés en travers. Le chaos. Je continue tranquillement ma descente. Il fait très chaud et les insectes sont de plus en plus pénibles à supporter. Vers 14h je commence à chercher un endroit pour le soir. Pas facile ! Il faut que je trouve deux arbres solides assez éloignés de ceux qui sont prêt à tomber. De temps en temps j’en entends un qui s’écroule. J’ai fais un énorme feu contre un gros arbre. Je me suis installé sur une petite crête. Un peu plus haut, le plateau est ravagé ! Une belle clairière. Pour l’instant l’air est stable. J’espère que je n’y aurai pas (le) droit de nuit. Sinon, rien de spé. Je viens de me rendre compte seulement ce soir qu’il fallait mettre plus d’eau dans les pâtes ! J’en ai mis trop ce soir et je n’ai pas eu d’autre choix que laisser l’eau s’évaporer. Alors les pâtes ont beaucoup gonflées. Du coup ça m’a un peu plus calé que d’hab. Je recommence demain pour voir. Hier soir, comme souvent, j’ai relu dans mon guide et mon dico, tous les plats Espagnols ou locaux. J’en salivais ! J’ai imaginé tout ce que je pourrai bien préparer à mon retour (si le ciel ne me tombe pas sur la tête !). Je recommence ce soir. 5 nuits. 4 jours. Pas envie de rentrer à Paris l’hiver. Pas envie de rebosser. Envie de voir mon lapin.
M*rde, le vent se lève.

Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: Neibaf le 05 novembre 2010 à 23:06:36
 :love: :love: :love: :love:

Bravo à toi pour ce voyage et merci de nous le faire partager

 :love: :love: :love: :love:

Fab
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: Stephane le 05 novembre 2010 à 23:30:19
Eh oui, les bourdons piquent et construisent habituellement leurs nids dans la terre. Par contre, ils sont habituellement peu agressifs et ne piquent en général pas facilement, tu as du marcher sur leur nid.
Super ton récit, et la République a vraiment de beaux coins a visiter, suffit de les trouver par contre. T'as bien choisi, il n'y a que peu de reptiles ou mammifères qui peuvent causer des problèmes. C'est un pays super pour ce genre de voyage.
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: Trekkal le 06 novembre 2010 à 07:15:09
toujours aussi bon a lire .   :up:
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: Jérôme A le 06 novembre 2010 à 14:21:05
salut ,

franchement je trouve que tu as un grand talent d'écriture félicitation ... :akhbar:

c'est passionnant merci  ;)

soul,
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: Maximil le 06 novembre 2010 à 15:58:19
Merci pour ce partage :)
Titre: Re : Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: guarocaliente le 06 novembre 2010 à 16:42:04
... je trouve que tu as un grand talent d'écriture félicitation ... :akhbar:


Pas moi  :D Mais merci quand même.
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: fredard le 06 novembre 2010 à 17:20:30
Ton récit m'a réellement fait voyager, MERCI
:doubleup:
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: guarocaliente le 06 novembre 2010 à 19:01:17
Lundi 12 février 16h44  39eme


Bon il y a eu quelques rafales de vent cette nuit mais rien de sérieux.

Journée tranquille et très chaude. J’ai continué pendant presque 3 heures la descente vers l’Azul. Plus de 500 mètres.

Après je compte 2 jours et 3 nuits à un kilomètre de Santa Clara. Enfin je verrais si je me rapproche davantage ou pas.

Selon l’avancée de la civilisation entre le rio et le village. Je me suis arrêté très tôt cet après midi. Il ne sert plus à rien que je marche 6 ou 7 heures par jour. Je m’installe au dessus de la rivière, fais un grand feu et dine tranquillement vers 15h.

Une bande de singe araignée (http://fr.wikipedia.org/wiki/Ateles_geoffroyi) m’a repéré et lance leur petit cri d’alarme. Je m’approche et prends quelques photos. Mais à 20 ou 30 mètres dans les arbres sans télé cela risque de ne rien rendre. Peut être avec un agrandissement ? Encore une belle occas de chasse à l’arc.

Avant-hier également, j’ai vu un gros oiseau bleu (http://www.youtube.com/watch?v=mzR-ddJ7qzQ&feature=player_embedded). Il me tournait le dos sur une branche et chaque fois qu’il poussait son cri il se penchait en avant en relevant la collerette de plume de la queue. Ce qui faisait apparaitre des jupons rouges.


(Trogon Massena, un cousin du quetzal (http://www.monalbum.ca/showphoto.php/photo/13924). J'en ai vu l'année précédente mais beaucoup plus haut dans la montagne. Un oiseau très beau et plutôt rare. Ce sont ses longues plumes vertes que les Aztèques et Mayas mettaient sur les coiffes des personnages importants.)

Je fantasme de plus en plus sur tout ce que je vais bien pouvoir manger. C’est dommage parce qu’à manger 170g de pâtes 2 fois par jour pendant 6 semaines, j’ai pas mal maigris. Je vais en reprendre beaucoup.

Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: guarocaliente le 07 novembre 2010 à 12:18:00
Mardi 13 février 17h36


Ce matin j’ai un peu trainé en hamac. 2 poules d’eau noires sont venus jusqu’à environ 4 mètres de moi. Elles ont détallés quand j’ai crié. A peine une demie heure plus tard elles ont réapparu. Je l’ai ai observé pendant presque 40 minutes. Encore une belle occasion de chasse. Je repars vers 11h30.
A une heure je suis 500 mètres plus bas, à l’Azul.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418046823-rio-azul.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418046823-rio-azul.jpg)
Rio Azul


De l’autre coté il y a une pente assez abrupte que je vais escalader vendredi matin. Je longe le rio en remontant rive droite sur 20 mètres. Je tombe sur l’entrée d’une piste qui remonte parallèle à l’affluent que je viens de descendre. Je l’emprunte. C’est un vrai sentier de randonnée non balisé. En face, sur l’autre rive il me semble apercevoir le même qui remonte sur Santa Clara. Le retour devrait être facile passé le fleuve. Je remonte mon chemin et arrivé presque en haut je redescends vers la crête. Dernier campement. Je fais une belle flambée contre un arbre et descend à la rivière remplir les 12 litres du jerrycan. Diner tranquille, presque sans insecte ! Demain et après demain seront consacrés à me rendre présentable pour la civilisation. Je dois pré-laver mon linge sinon j’aurais honte de le donner à laver à mon hôtel. Ce serait renforcer la mauvaise réputation des Français au sujet de l’hygiène. Et puis je dois retrouver un visage humain.



Mercredi 14 février 17h11


Journée tranquille. Réveillé naturellement vers 7h10. Je reste camouflé derrière ma moustiquaire verte à observer un gros agouti,


En fait un "Paca" (http://3.bp.blogspot.com/_opoAhFfvMUo/TG_fQOhDAcI/AAAAAAAACJo/t5RzcWYlXiA/s1600/paca.jpg) . Les deux sont souvent confondu puisque le nom scientifique du Paca (pour les Français), est "Agouti paca".

plus gros qu’un chat, vaquer à ses occupations. Je me fais la réflexion qu’en se levant très tôt, bien camouflé ça ne doit pas être trop dur de chasser à l’affut près d’un rio. D’ailleurs je ne l’ai pas écrit lorsque j’en ai vu mais pendant la période où j’étais haut dans la montagne, j’ai vu plusieurs fois des excréments qui me semblaient ne pouvoir appartenir qu’à un très gros ruminant. Un tapir. (Je ne sais pas si les tapirs « ruminent » je voulais dire « herbivore »). Sinon, ce matin j’ai commencé par m’occuper un peu de moi. J’ai enlevé les deux échardes attrapées hier soir (gaffe où tu poses la main ! même avec des gants...) (http://www.flickr.com/photos/lonqueta/4484487228/) puis ai passé presque une heure à couper mes barbes et moustaches au plus court avec les ciseaux de mon wave (pré rasage, sinon mon petit 2 lames jetable ne fera pas le poids contre ma barbe de guerriero). Déjeuner, café puis je descends à la rivière laver mon linge. Je remonte vers 14h45 fais une guirlande napolitaine et un feu de la ste Jacqueline. Diner tranquille. Deux ou trois gouttes par terre. Je couvre mon linge du poncho, sac sous le hamac et au nid.


Jeudi 15 février 17h13 42eme jour 6 semaines en forêt seul


La chose la plus dure que je vais devoir affronter demain, c’est d’essayer de m’empêcher de bouffer toute la journée !
Levé vers 9h, déjeuner, rasage, puis j’ai passé 3 heures à la rivière à me décaper à fond et à laver mes dernières fringues. J’ai trouvé une petite piscine naturelle dans les rochers. L’eau est à 20°. Les gros cumulus laissent apparaitre de temps en temps un soleil agressif. Je prends mon temps au soleil. Je remonte à 15h. Dernière énorme flambée, dernier repas en forêt. Je brule tout ce qui m’est inutile (jerrycan, sacs plastiques, tongues, etc..) Demain matin réveil vers 5h30. Je pars à 6h. J’espère que la traversée de l’Azul se fera à gué sans débotter. Ensuite arrivé à Santa Clara, cap au sud sur Palmira, petit bled à 4 km (de plat) où je devrais avoir un bus pour Santo Domingo. Aucune idée de l’heure de départ. Je demanderai à Santa Clara. Achat du billet pour la capitale, sac à l’hôtel puis PIZZA ! Ensuite téléphone maison et sans doute achat de fringues neuves. On verra demain selon l’heure d’arrivée à Santo Domingo. Hier soir j’ai recommencé mes petits plaisirs masochistes. A lire à haute voix les 8 pages de plat espagnol. Une vraie obsession. J’ai beaucoup maigri. C’est bête. La suite à la civilisation.


Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: guarocaliente le 07 novembre 2010 à 14:30:44
Lundi 19 février 16h33 « La capitale »


J’ai mal au bide.

Cela fait 3 jours que je n’arrête pas de bouffer. Toute la journée.
Hier soir le foie s’est nettement rebellé…

Bon vendredi 16 je me suis réveillé vers 5h30. Le temps de tout ranger, je pars à 7h10. J’arrive au bord de l’Azul une demi-heure après.
Pas de gué.
Je me mets en caleçon, pieds nus et je traverse avec de l’eau jusqu’en haut des cuisses. De l’autre coté j’ai suivi différents sentiers. Vers 9h15 je sors en lisière de forêt sur une plantation.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418046670-sortie-foret.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418046670-sortie-foret.jpg)

Un homme de dos à 100 mètres s’affaire avec sa machette. Je rentre dans ma forêt et longe la ferme en lisière. Je sors sur un chemin de terre. Le soleil tape dur. Je m’arrête devant une petite cabane. Un homme torse nu avec son chien. Oui, je suis sur la bonne route pour Santa Clara. Le prochain bus part bien de Palmira à midi. J’ai tout mon temps.


En haut de la plantation, je me suis retourné et j'ai fait une photo d'où j'avais passé 6 semaines.

(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1418046742-mes-montagnes.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1418046742-mes-montagnes.jpg)

Je me suis arrêté deux fois à différentes pulperia (petites épiceries de campagne). Glaces, Fanta, bananes séchées, brioches, chocolat, etc..
J’arrive sous un soleil de plomb à l’arrêt du bus à 11h10. J’attends à l’ombre de l’arrêt.


 
(http://image.noelshack.com/minis/2014/50/1417993886-sortie-anon.png) (http://www.noelshack.com/2014-50-1417993886-sortie-anon.jpg)


Le bus est à l’heure et j’arrive vers 13h30 à Santo Domingo. Je vais d’abord à l’autre terminal de bus acheter mon billet pour la capitale, demain matin à 7h30. Je prends ensuite une chambre dans le meilleur hôtel du coin. Je ressors acheter une carte de téléphone. J’appelle d’abord la mère de mon ex pour avoir son numéro de téléphone (oublié !). Elle m’apprend que tout le monde va bien et que mon fils est en vacances chez ma mère. A 21h15 en France, il n’est pas couché et j’ai le plaisir de l’entendre. Hâte de le voir. Coup de fil à la grand-mère et je vais à la pizzeria. (Pas pour manger des pâtes !!!)  ;D 3 bières (3X350cl) une pizza pour 4 (40cm de diamètre). Après le repas et avec tout ce que j’ai ingurgité depuis le matin, je commence à avoir très mal au bide. Je le savais, c’était prévu, mais j’ai été totalement incapable de m’en empêcher… Je m’achète ensuite 3 jeans. Je retourne à l’hôtel et prends une longue douche brulante. La première depuis 6 semaines. Ensuite je suis plié en deux (pas de rire) sur le coté devant la télé. J’ai mal. Le soir je sors diner. Ceviche (http://fr.wikipedia.org/wiki/Ceviche), saucisse frite, whisky..

Un casse c*u!lle.


(Un type bourré commence à me tourner autour en m’emmerdant. Je paie vite fait sans discuter et me sauve. Pas d’embrouille quand on veut rester discret).

Écœuré, je vais me coucher. Arrivé à la chambre, les nausées me prennent. Je gerbe deux fois et cela va mieux. Samedi matin, je prends un solide petit déjeuner à l’hôtel et prends mon car. 6 heures de trajet. Rien de spécial. Un taxi m’amène dans un hôtel choisi sur mon guide. Un peu miteux mais  (15$ avec petit dèj) il y a de l’eau chaude. Je donne mon linge à laver et sors déjeuner. L’après midi je suis allé dans un cyber café et au ciné voir « Donjons et dragons ». Nul ! Pas mal de shopping. Un peu de luxe. La capitale est beaucoup plus animée qu’au début janvier. C’est bien agréable de voir toute cette animation. Dimanche matin, je suis allé visiter le musée national. Intéressant. Suis allé au serpentarium, très bien. J’ai acheté des cartes pour la prochaine expé et un grand drapeau du pays en souvenir. Hier soir j’ai vu au ciné « Cast away » (« Seul au monde » en Français et « Naufrago » en pingouin)(V.O) Bien. Je vais me coucher en me promettant de laisser le foie reposer. Maux de ventre terribles, acétone, etc. J’ai mangé des sucreries toute la journée !

Ce matin j’ai téléphoné pour confirmer mon vol de retour. Suis allé compléter mon petit dèj dans un salon de thé (où je suis encore cet aprèm !). J’ai acheté différents produits et souvenirs. Je suis allé déjeuner au marché central. Ambiance très sympa, très typique. Un sorte de marché de ma ville beaucoup plus bordélique avec plein de petits restau. Bien. J’ai rencontré un couple de Français sympa que j’ai éclairé de mes bons conseils. Je suis retourné au cyber café. Toujours personne. Dommage j’aurais aimé avoir quelqu’un en ligne… J’ai claqué presque toute ma monnaie de singe. Attablé en terrasse, je viens de terminer ma énième sucrerie (banana split) de la journée. Je n’ai jamais été aussi mince depuis au moins 15 ans ! J’ai surement déjà du en reprendre ! Mes achats sont terminés. J’ai mal au bide. Il est temps que je rentre. Rien de prévu pour ma dernière soirée.. Il est 17h10. Je vais aller sans doute m’acheter un journal en Français ou bien aller voir ce qu’il a ce soir au ciné. Jeux électroniques ? Peut être un bar si le bide va mieux. A la diète ce soir ? Non !

Demain matin réveil vers 7h, petit déjeuner et taxi jusqu’à l’aéroport.


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Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: Clemstout le 08 novembre 2010 à 07:40:21
Encore merci ça fait toujours aussi plaisir à lire!
Une bien belle expérience que tu as vécue là!  :up: Ca fait envie!

Clemstout
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: Trekkal le 08 novembre 2010 à 14:04:31
Encore merci pour le recit. Maintenant tu sais ce qu'il te reste a faire, nous faire part de tes autres carnets de notes de voyage...
Au fait, quel modele de gants utilisais tu ?
Titre: Re : Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: guarocaliente le 08 novembre 2010 à 19:37:25
Encore merci pour le recit. Maintenant tu sais ce qu'il te reste a faire, nous faire part de tes autres carnets de notes de voyage...

Mouais.. Pas tout de suite.

ça m'a pris trop de temps et à recopier mon cahier je me suis rendu compte que j'aime pas trop me replonger dans le passé...

Je préfère la démarche de parler d'une expé dans le présent, ou le futur proche, du projet au retex
 

Citer
Au fait, quel modele de gants utilisais tu ?

Les gants ?? Ben c'est du consommable pour moi..

J'ai un matos de base que j'essaie d'améliorer suivant mes besoins et mes moyens et puis certains éléments "consommables", qui se coutent pas chers, qui s'usent vite, destinés à ne faire qu'un voyage.

Comme les gants, le pantalon, les tongues, la machette, etc.

Pour les gants, j'utilise de bêtes gants de manutention assez épais qui finissent dans mon dernier feu.

Au sujet du matériel, j'ai détaillé celui que j'avais pendant ce voyage qui date de plusieurs années.

J'avais pris en fonction de mes moyens et de ce qui était disponible à l'époque.

Ce n'est pas du tout une liste à jour que je conseille. Pas mal de truc sont périmés, dépassé technologiquement, trop lourd ou pas assez confortable.

(Comme la mini maglight, le sac à dos, sac de couchage, etc..)

Titre: Re : Re : Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: Neibaf le 08 novembre 2010 à 23:31:26
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ça m'a pris trop de temps

En tout cas merci pour ce partage et  pour ce temps passé  :up: :up: :love: :love: :up: :up: :yeah:

Fab
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: StormX le 11 novembre 2010 à 00:55:47
Merci ! Franchement, je pense que c'est le genre d'expérience que nombre des membres de ce forum aimeraient vivre. Grâce à toi, ce qui peut paraitre utopique pour beaucoup, prend une forme bien plus concrête...et on ose se dire "et pourquoi pas ?".  :)

C'est impressionnant ce besoin d'ingurgiter du sucre en masse une fois de retour en ville. Ressentais tu déjà ce besoin dans la verte ? Avais tu faim et te sentais plus fatigué que d'habitude ? Qu'en était il de ton état de santé en général à la fin de ton trip ?

Pourquoi brûler toute tes objets "consommables" et ne pas en faire don au premier quidam qui croiserais ta route ? C'est facile à dire quand c'est pas moi qui porte ce poid devenu inutile, mais brûler des trucs pareil, j'ai toujours du mal, aussi bien pour la polution que pour le gaspillage, sans vouloir t'offenser.  ;)

En tout cas, ton récit était vraiment captivant, merci encore pour le boulot accompli ! C'est sur que de se replonger dans une aventure telle que celle là ne doit pas être des plus agréable. Merci de l'effort !  :doubleup:
Titre: Re : Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: guarocaliente le 11 novembre 2010 à 11:52:44
Merci ! Franchement, je pense que c'est le genre d'expérience que nombre des membres de ce forum aimeraient vivre. Grâce à toi, ce qui peut paraitre utopique pour beaucoup, prend une forme bien plus concrête...et on ose se dire "et pourquoi pas ?".  :)

Rien d'impossible  :)

A la base il faut aimer vivre seul dans la nature.

Avoir une situation familiale et professionnelle qui te permette de partir deux mois (ou moins)

Assez d'argent pour payer un billet d'avion et tout le matériel.

Et, pour la première fois au moins, (ce que j'ai fais, mais chacun fait comme il sent) un bon copain qui parte avec toi.

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C'est impressionnant ce besoin d'ingurgiter du sucre en masse une fois de retour en ville. Ressentais tu déjà ce besoin dans la verte ? Avais tu faim et te sentais plus fatigué que d'habitude ? Qu'en était il de ton état de santé en général à la fin de ton trip ?

Du sucre, "lent" en tout cas, je n'en ai pas manqué puisque je n'ai avalé presque que ça pendant 6 semaines.

Physiologiquement, je ne suis pas médecin pour l'expliquer.

Je pense que c'est plus une réaction psy. Un vrai manque à combler après beaucoup de privations.

Je ne ressentais pas ce besoin de sucres rapides dans la forêt, mais j'étais clairement en sous alimentation.

Au début, et c'est visible dans mes cahiers, la faim n'est pas une obsession. ça le devient au fur et à mesure que le corps est privé.

J'arrive à mieux contrôler mon retour à une alimentation normale.

Déjà parce que j'ai trouvé des solutions pour ne plus tenir qu'avec 170g de pâtes 2 fois par jour.

Et puis avec l'expérience et la mémoire des douleurs que ça entraine, j'arrive mieux à me contrôler pour ne plus me gaver dès la sortie.

J'avais lu qu'à la libération des camps de concentrations, beaucoup de prisonniers sont morts d'une alimentation solide que le corps n'était plus capable de digérer sans rééducation préalable.

Le sachant et en ayant fait l'expérience l'année d'avant j'ai pourtant été incapable de me contrôler.

Je n'ai jamais été boulimique, j'ai un physique "normal" sans excès de poids et psychologiquement et physiquement, je me sentais en pleine forme et le moral était très bon à ma sortie de forêt..

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Pourquoi brûler toute tes objets "consommables" et ne pas en faire don au premier quidam qui croiserais ta route ? C'est facile à dire quand c'est pas moi qui porte ce poid devenu inutile, mais brûler des trucs pareil, j'ai toujours du mal, aussi bien pour la polution que pour le gaspillage, sans vouloir t'offenser.  ;)

Je brule certains trucs, parce qu'ils sont usés, abimés et que je veux commencer une expé avec un matos en bon état. Aussi pour ne pas m"encombrer et aussi par soucis de discrétion. Je suis un touriste parti pour une ballade d'une journée. Donc je ne donne pas mon matos à un inconnu rencontré en lisière de forêt.

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En tout cas, ton récit était vraiment captivant, merci encore pour le boulot accompli ! C'est sur que de se replonger dans une aventure telle que celle là ne doit pas être des plus agréable. Merci de l'effort !  :doubleup:

ça n'est pas désagréable. C'est un très bon souvenir. Mais c'est du passé et reprendre le cahier page par page ça me fais revivre le truc sans pouvoir le revivre.. Dur à expliquer  :glare: et puis avec l'expérience, je suis énervé contre moi même des erreurs commises que je ne fais plus.  :D

Même si c'est hors sujet, j'en profite pour te dire que j'aime beaucoup tes photos. Je trouve que tu as une vraie sensibilité, un œil pour la composition, un vrai talent pour tes photos de nature  ;)

Je pense qu'à 20 ans tu as une vrai marge pour encore t'améliorer et devenir un grand de la photo dans ton domaine.

Sinon, quand pars tu faire ta longue ballade en solitaire ?  ;D


Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: StormX le 11 novembre 2010 à 13:41:47
ça n'est pas désagréable. C'est un très bon souvenir. Mais c'est du passé et reprendre le cahier page par page ça me fais revivre le truc sans pouvoir le revivre.. Dur à expliquer  :glare: et puis avec l'expérience, je suis énervé contre moi même des erreurs commises que je ne fais plus.  :D

Je vois bien de quoi tu veux parler  :)

Même si c'est hors sujet, j'en profite pour te dire que j'aime beaucoup tes photos. Je trouve que tu as une vraie sensibilité, un œil pour la composition, un vrai talent pour tes photos de nature  ;)

Je pense qu'à 20 ans tu as une vrai marge pour encore t'améliorer et devenir un grand de la photo dans ton domaine.

Sinon, quand pars tu faire ta longue ballade en solitaire ?  ;D

[HS ON]
 :-[ Merci  :)

Devenir photographe, ou en tout cas explorer ce domaine ? Hmm, c'est vrai que même si j'aime ça, je pense que cela restera pour l'instant au stade d'amateur que je m'amuserais.

Ma balade en lozère ? Ba justement, j'éspère peut être cette année au début de l'été ! Je suis en pleine année de transition (comprendre j'ai terminé mes études et je branle rien  ;#), donc là, c'est voyage en Argentine jusqu'à fin décembre (décollade à 20h aujourd'hui  :D) et peut être, la Lozère pour cet été.

[HS OFF]


Tu as d'autre projets en vu du coup ?

A bientôt !
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: guarocaliente le 11 novembre 2010 à 14:18:12
.......c'est voyage en Argentine jusqu'à fin décembre (décollade à 20h aujourd'hui  :D) et peut être, la Lozère pour cet été.


Bien. Bon vent !  :)

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Tu as d'autre projets en vu du coup ?
Oui.

Pas pour tout de suite.

Dès que possible, je repars un mois en vadrouille dans la forêt du Panama ou de l'Equateur.

On sera deux cette fois ci. (http://www.davidmanise.com/forum/index.php?topic=50058.0)


Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: voodoo le 11 novembre 2010 à 14:53:11
En tout cas merci d'avoir mis ça ici, avec les liens (quel boulot !), c'est un fil que j'ai suivi avec interet  :up:.

Didier
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: guillaume le 20 novembre 2010 à 15:30:13
J'en remet une couche : un vrai plaisir à lire :).

a+
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: phare2000 le 20 novembre 2010 à 18:01:21
Quelle  belle narration. un vrai plaisir à lire. tu écrit spontanément dans ton livret et rapidement ou bien est-ce que tu prends le temps pour écrire ?

Merci à toi
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: guarocaliente le 20 novembre 2010 à 18:14:38
est-ce que tu prends le temps pour écrire ?


Non. C'est un journal.

J'écris assis dans mon hamac les évènements de la journée sans chercher à faire de la littérature. C'est pour ça que c'est souvent répétitif.
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: Loriot le 21 novembre 2010 à 15:07:25
Ouai mais c'est bien comme ça! ::)
Bon voyage!!!
Titre: Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: andras le 23 novembre 2010 à 15:25:34
Encore merci pour ce récit captivant. Un cours un peu longuet, mais ton aventure a fait filer cette matinée à une vitesse grand V ( je sais ce n'est pas sérieux  ;D ). Ce fut que du bonheur de te lire :D

Je rejoins ceux qui pensent que tu as un vrai talent d'écriture. En effet, j'ai ressenti les moments de speed lors des épisodes nocturnes avec les projos, les moments de stress lors des bourrasques de vent, la tension lors des presque-contacts avec l'être humain dans la Grande Verte : j'ai ce sentiment d'y être allé  :doubleup:

Toutefois, une question me trotte en tête : Pourquoi vouloir être aussi discret ? Pourquoi vouloir passer pour un touriste en sortie pour la journée ? Simple volonté, challenge ou nécessité face à la législation locale ? Oui je sais, j'avais dit une question  ;#

Merci...
Titre: Re : Re : Extraits du journal d’un campeur invisible
Posté par: guarocaliente le 25 novembre 2010 à 11:35:18
.........Toutefois, une question me trotte en tête : Pourquoi vouloir être aussi discret ? Pourquoi vouloir passer pour un touriste en sortie pour la journée ? Simple volonté, challenge ou nécessité face à la législation locale ? Oui je sais, j'avais dit une question  ;#

Merci...
La réponse est donnée plusieurs fois dans le texte  ;)