
Donc fine équipe, super ambiance, super organisation, super région....blablabla.

Allons un peu plus loin....Que pouvons nous en tirer comme conclusion pour ce forum de survie ?
Sur le plan de la météo, nous avons évolué dans trois conditions différentes. Cela excluait une solution vestimentaire simple de type pantalon+veste imper respi. Il faisait beaucoup trop chaud le premier jour....
Pour le plaisir, je vais essayer de brosser un tableau des risques auxquelles nous avons échappé!
Jour 1 :
Un jour de beau temps avec une progression longue en absence de neige (sous 1500 m) ou presque. Selon la météo, nous aurions du avoir de la pluie.
*Nous avons juste traversé quelques névés en fin de parcours dans les combes peu exposées au soleil.
Du fait des condition météo, la neige était du type "soupe" dans ces combes. Il n'y avait pas eu de phase "gel/regel" donc pas de glace, donc les névés étaient très facilement traversables sans équipement.
Le même type de névés sur un chemin peut totalement compromettre une progression en sécurité. Il suffit que la neige soit transformée en glace est le passage devient très délicat. C'est très habituel en cette saison.
Or, après 8 heures de marche, la tentation est grande de "tenter la traversée" de 30 m même en absence de cordes, de crampons et de piolets. Si on glisse, on peut partir dans une glissade voire une chute.
Donc se méfier des situations printanière "sans neige".....
*La cabane atteinte vers 20 heures était ouverte et de la place restait disponible. Si cela n'avait pas été le cas nous avions le matériel pour bivouaquer. Ce n'est pas le cas de tout les randonneurs.
Jour 2 : Après une nuit en abris confortable, seulement perturbé par la "faune locale". Nous avons fait une petite traversé sur le plateau par beau temps. Nous sommes arrivés au second refuge alors que la pluie fine se mettait à tomber.
* Le plateau m'a semblé "super pommatoire". Peu de relief, mais de nombreux talwegs enneigés se ressemblant énormément. Pas facile du tout de se retrouver précisément par temps de brouillard. A chaque instant au moins deux itinéraires s'offraient à nous alors que nos guides connaissaient les lieux....pas bon ça !
* Il faisait beau alors que le groupe avait plutôt prévu la neige ou la pluie. En conséquence, certains avaient fait l'impasse (ou oublié) sur les chapeaux de soleil, voir sur les lunettes. Il faut rappeler ici que le rayonnement UV est plus intense en altitude et que la neige reflète au moins 85% du rayonnement. Les UV traversent un voile nuageux et n'ont rien à voir avec la chaleur. Cela veux dire que l'on prend au minimum double dose d'UV !
http://fr.wikipedia.org/wiki/UltravioletConséquence : ophtalmie des neiges, et coups de soleil incapacitants. Ayant effectué une randonnée dans les Pyrénées espagnoles à la suite du Vercors, un membre de notre groupe a été sévèrement atteint le premier jour au point de ne plus pouvoir s'exposer au soleil le jour suivant.
Même avec une crème solaire d'indice solaire 50, il développait des cloques sur le visage semblable à des brûlures. Pas bon, douloureux voir dangereux à court terme....potentiellement catastrophique à long terme (carcinome, mélanome, cataracte)
http://www.cchst.ca/reponsessst/diseases/skin_cancer.htmlhttp://en.wikipedia.org/wiki/Basal_cell_carcinoma#Prevention_and_early_diagnosishttp://fr.answers.yahoo.com/question/index?qid=20070628184745AAFOLWc* Vers midi, nous avons atteint une cabane en bon état sous une pluie fine. Comme la journée était clémente et les guides expérimentés, aucun problème.
En revanche, si un groupe inexpérimenté était resté deux heures de plus sous la pluie pour chercher la cabane...l'absence de bois dans celle-ci, conjuguée à l'humidité et à l'absence du port de coques imper/respi (du fait d'une belle première partie de journée), aurait pu conduire à une hypothermie. Il n'y avait pas de réseau GSM disponible sur le lieu de la cabane.
Certains ayant effectué une rando l'après midi sous la pluie et dans le vent....on pu découvrir que le poncho n'était pas une protection adéquate/pratique en haute montagne.
* Dans la cabane, malgré le peu de bois, il était facile de faire sécher ses affaires. La température diurne/nocturne était supérieure à 0°C.
Tant mieux pour ceux qui avaient les chaussures (très) humides, ce qui est toujours le cas dans la neige lourde du Printemps. Si le temps avait changé, par exemple chute subite de température, des chaussures gelées ou même trempées deviennent très très désagréable...c'est le moment de sortir les chaussettes imperméables, les chaufferettes, le papier journal.
*Il nous a manqué des outils sérieux pour utiliser les grosses bûches qui restaient près de la cabane (scie, hache, grand couteau). Le bois dispo, humide, était extrêmement difficile à fendre.
C'est une chose de "bushcrafter" en plaine après une heure de ballade. C'est autre chose d'emporter du matos en plus des 15kg du sac alors que l'on va marcher 8 heures sur un dénivelé de plus de 1200m en hiver....
Jour 3:*Descente tranquille sous la pluie vers une autre cabane, puis longue marche pour retourner aux voitures. Peu de chose à dire, Karto connaissait parfaitement les lieux, Guillaume un peu, Tof suivait le trajet sur sa carte, nous avions des cartes supplémentaire. Même si karto se blessait (ex : traumatisme crânien suite à une chute dans un pierrier), nous pouvions continuer la progression et atteindre des secours. Le GSM passait rarement, je dois avouer que je m'attendais à une meilleure couverture dans les Alpes.
*A noter qu'il est assez simple de se protéger de la pluie lors d'une descente, car l'effort est peu intense. C'est beaucoup plus désagréable lors d'une montée. L'effort augmente la sudation, la perte d'eau et la chaleur humide baisse fortement le rendement physique et expose à l'hypothermie en cas d'arrêt prolongé (par exemple suite à ne glissade sur sol humide).
*On a tendance à moins s'hydrater avec les gourdes sous la pluie : il faut se défaire des ponchos ou bien enlever les sursacs : c'est pénible donc on le fait moins.
*Les ponchos hyper light, montrent leur limite quand il s'agit d'envelopper le randonneur+le sac à dos+les skis/raquettes/piolets/crampons/bâtons. Les outils contondants ont tôt fait de mettre la protection en lambeau. Sans parler du résultat d'une simple chute où lorsqu'on souhaite s'assoir. La mise en place des ponchos est facilité par les autres membres du groupe.
Donc plein de petites découvertes, d'astuces à partager, d'enseignement à tirer....comme d'habitude dans ce genre de rencontre.
Did,
