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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: La route de Cormac Mc Carthy  (Lu 44961 fois)

05 décembre 2009 à 09:56:58
Réponse #50

fredlafouine


Salut Jilu,
Et puis tu veux pas que je ponde une dissert non plus? :lol:

Disons que j'arrivais pas à "rentrer dedans", alors que l'histoire est vachement bien. Alors si ça ne vient pas du fond, je mets ça sur le dos de la forme.

Peut-être l'humeur du moment? En tout cas j'ai pas accroché.
´·.¸¸.·´¯`·.¸ ><((((((º>

05 décembre 2009 à 10:08:09
Réponse #51

jilucorg


Et puis tu veux pas que je ponde une dissert non plus? :lol:
C'est toi qui vois hein. Mais si tu veux que ton jugement — très personnel — retienne l'attention, la moindre des choses me semble-t-il serait de l'appuyer sur des exemples. Sinon, balancer comme ça sans commentaire « mauvaise écriture » concernant le style de C. Mc Carthy, ça fait juste sourire la quasi-totalité des gens qui savent de quoi on parle, ce qui n'est probablement pas l'effet que tu recherches. 
  
 
jiluc.

05 décembre 2009 à 10:21:18
Réponse #52

josephcurwen


j'ai aussi indiqué que je n'ai pas aimé l'écriture, mais c'est effectivement quelque chose de très personnel.

C'est dommage, je n'ai pas le bouquin sous la main car je l'ai déjà prêté (forcément, j'aime partager ce que j'ai aimé), donc je ne peux pas concrètement citer un passage.

Cependant, ce qui m'a exaspéré par exemple, c'est l'usage abusif du "et" à la place de la ponctuation, du style:

"je sors de chez moi et je me rends à ma voiture et je mets la clé dans la serrure et j'ouvre la porte et je démarre et j'achète du pain"

Je ne caricature qu'à peine  ;D

Ce genre de phrase sur plusieurs lignes, c'est très fatigant, et je trouve que cela n'apporte que très peu  ::)

05 décembre 2009 à 10:52:10
Réponse #53

josephcurwen


par contre cela renforce l'effet boucle que l'on éprouve lors d'une situation de m*rde ;)
Oui, c'est aussi ce que je me suis dit, mais au final, j'ai trouvé ça assez lourd.
N'empêche que pour le reste, c'est un sacré bouquin  :up:

05 décembre 2009 à 11:04:12
Réponse #54

babresibrien


ne lis jamais Proust alors, tu y laisserais ta santé morale comme moi! :D
contrairement a mes habitude, j'ai largement preferé le film au livre. les acteurs principaux sont vraiment d'un justesse, et d'un profondeur bouleversante...
par contre n'allez pas voir La Route en imaginant le film d'action survival spirit. c'est plus un plongée vers les doutes et l'obscurantisme des hommes, un chemin philosophique sur la quete de l'espoir.
a voir et pour les plus costauds a lire

05 décembre 2009 à 11:29:27
Réponse #55

Leif


Citer
Oui, c'est aussi ce que je me suis dit, mais au final, j'ai trouvé ça assez lourd.
N'empêche que pour le reste, c'est un sacré bouquin  Thumb Up

tu veux dire que tu  as trouvé cela lourd , pesant avec une seul envie c'est de finir le bouquin pour ne plus avoir cette sensation oppressante lors de la lecture.

paix et amour

05 décembre 2009 à 12:02:28
Réponse #56

josephcurwen


tu veux dire que tu  as trouvé cela lourd , pesant avec une seul envie c'est de finir le bouquin pour ne plus avoir cette sensation oppressante lors de la lecture.

paix et amour
:lol:

05 décembre 2009 à 12:58:36
Réponse #57

alexr


Cependant, ce qui m'a exaspéré par exemple, c'est l'usage abusif du "et" à la place de la ponctuation, du style:

"je sors de chez moi et je me rends à ma voiture et je mets la clé dans la serrure et j'ouvre la porte et je démarre et j'achète du pain"

Concernant l'usage du "et", l'original anglais est écrit comme ça aussi, ce n'est pas propre à la traduction (pour répondre à l'intervenant précédent qui parlait de traduction), ça m'a frappé quand j'ai lu le roman en VO il y a un ou deux mois.

Je n'ai pas le livre sous la main, sinon j'aurais pu vous citer un exemple.

05 décembre 2009 à 13:24:31
Réponse #58

Lemuel



Bin mauvaise écriture pour moi, dommage. Parce que le fond est vraiment là (très bon le fond), mais la forme... Mauvaise traduction?




Cependant, ce qui m'a exaspéré par exemple, c'est l'usage abusif du "et" à la place de la ponctuation, du style:

"je sors de chez moi et je me rends à ma voiture et je mets la clé dans la serrure et j'ouvre la porte et je démarre et j'achète du pain"

Je ne caricature qu'à peine  ;D

Ce genre de phrase sur plusieurs lignes, c'est très fatigant, et je trouve que cela n'apporte que très peu  ::)


Bon c'est aussi les gouts et les couleurs, mais je vais te donner mon avis et essayer de l'éclairer un peu. J'ai découvert le cormac il y a à peu près 12 ans. Avec Vollmann, dans un autre gnre, c'est u  des écrivains écrivains américain contemporains que j'apprécie le plus profondément. Avec cependant des petites réserves "spirituelles" disons, que je ne retrouve d'ailleurs pas chez Vollmann.  ;D

Au risque de paraître un peu pompeux, je crois qu'on parle ici d'écrivains. Ces gens font de la littérature. Ils ne sont pas juste des raconteurs d'histoire. Il font un très gros travail sur l'écriture, sa nature même et dans une vision globale. Je ne parle pas ici juste de choisir le bon mot plutôt qu'un autre. Mais de travailler sur la structure, l'articulation, le rythme qui produisent un effet à un autre niveau que le "simple" sens des mots.

Mc carthy n'a pas publié pendant 10 ans je crois avant deux sortir deux romans coups sur coups. Et au risque de te surprendre en 10 ans, puisque tu parles de "et" il a incroyablement épuré son écriture. Jette un coup d'oeil à Suttree ou au Méridien de sang, pour voir, tu vas comprendre. Le méridien de sang, c'est des histoire de hordes, de chasseurs de scalps d'indiens, de sauvagerie. J'en garde un souvenir très vague. Le souvenir du chaos, de paysages plombés hallucinés, de fournaise et de crasse. Et ce ne sont pas les mots qui me laissent ce souvenir. L'histoire, je ne me la rappelle pas, finalement. J'ai juste le souvenir d'une sensation. C'est beaucoup plus vivant et personnel au final.

La route au contraire, c'est dans mon souvenir, l'écriture du néant. 400 mots de vocabulaire, des phrases courtes qui restent en suspens, un rythme sec qui parfois te laisse sur l'inachevé parce que les choses, outre leur petite finalité propre et factuelle,n'ont pas de raison d'aboutir. Une articulation de paragraphes courts qui ciblent une chose et une seule mais sans l'enchevêtrement entre eux qui pourrait t'emmener quelque part, parce dans les trous, les sauts de ligne, il n'y a rien. La cendre, la neige . Le moins de vie possible. Le moins de lyrisme possible (lyrisme = expression mélodieuse de sentiments personnels). Le néant. Alors, oui dans ce livre il y a des épisodes. Au final, en moi, ce qu'il me reste, c'est qu'il ne s'est rien passé, qu'il ne se passe rien, et qu'il ne se passera plus rien.

Donc je ne suis pas du tout d'accord avec toi. Je trouve qu'au niveau de l'épure, La Route, dans son genre, c'est assez radical.

Je viens de voir le film, et effectivement, il n'y a rien. J'ai trouvé ça encore un peu trop mélodieux au niveau du montage et de la musique, en particulier. Quand à la toute fin, pour moi, c'est une bouse finie. Mais je vous laisse la surprise.

Ciao !
Don't watch the tool, the work it can do
Watch the man that's behind, yeah !


http://natureandforcefield.tumblr.com

05 décembre 2009 à 13:27:02
Réponse #59

Lemuel


Concernant l'usage du "et", l'original anglais est écrit comme ça aussi, ce n'est pas propre à la traduction (pour répondre à l'intervenant précédent qui parlait de traduction), ça m'a frappé quand j'ai lu le roman en VO il y a un ou deux mois.

Je viens de checker : le méridien de sang et la route > même traducteur. Il faut peut-être y voir là un bout d'explication.
Don't watch the tool, the work it can do
Watch the man that's behind, yeah !


http://natureandforcefield.tumblr.com

05 décembre 2009 à 13:31:54
Réponse #60

yoann


j'avais pas aimé le livre (cf ) mais je laisserais peut etre sa chance au film (suivant combien de temps il reste à l affiche...)

05 décembre 2009 à 13:46:48
Réponse #61

Dox


Vu hier soir,
c'est lent comme une agonie,
ça te taraude,
violence suggérée,
simplement,
violence décuplée,
pas de surenchère,
une écriture sur le fil du rasoir,
nerveuse.
Exit zombies et cie,
bonjour cauchemards.



à voir de John Hillcoat

Ghosts... of the Civil Dead (tjs pas vu, mais la BO de Nick Cave est renversante)
http://www.youtube.com/watch?v=w-5NSmrbmEY&feature=related

The Proposition
http://www.youtube.com/watch?v=G7V-CW_SUos&feature=related

un clip (la crème au dessus du gratin)
http://www.youtube.com/watch?v=gYH8AILcqmk


05 décembre 2009 à 16:22:49
Réponse #62

ERECTUS


A mon sens, Lemuel à tout dit concernant le style d'écriture.
Le fond et la forme sont en parfaite adéquation, pour moi, y a rien à redire (c'est un avis perso)

J'hésitais à aller le voir. Avec ton commentaire sur la fin, je n'hésite plus.
Tant pis ou tant mieux, je resterais sur mon imaginaire, pas besoin de "voir".

Moi, en lisant ce bouquin, j'ai un peu pensé à Des souris et des hommes de Steinbeck.
Le style est épuré et ça fait vraiment ressortir les sentiments des personnages.
Mais, bon, tout ça c'est des avis personnels...

@+
Quand sa route est dure, le dur poursuit sa route

05 décembre 2009 à 16:31:55
Réponse #63

Lemuel


Quand je dis "il n'y a rien" c'est plutôt une qualité hein… Mais le truc est pas tout à fait assez radical pour moi. Bref…
Par contre la photo déchire. Vraiment.
Don't watch the tool, the work it can do
Watch the man that's behind, yeah !


http://natureandforcefield.tumblr.com

05 décembre 2009 à 16:47:39
Réponse #64

Dox


Je vais de ce pas acheter le livre, je reste tjs sur mes gardes quand un bouquin est adapté au cinéma,
les mots sont autrement plus percutants que les images.
Sans l' avoir lu, je sens que le film tiens sur ses pattes de part le jeu des acteurs,
je ne suis peut-^tre pas très objectif, le travail de John Hillcoat m'intéressant grandement.
Il y a un je ne sais quoi qui m'interpelle dans ce film, je vais jeter un oeil si je m'y retrouve aussi au fil des pages.

08 décembre 2009 à 23:19:31
Réponse #65

josephcurwen



12 décembre 2009 à 23:06:49
Réponse #66

Meow


Vu !
Et en ce qui me concerne je reste mitigé.

Le jeu des acteurs fait que l'histoire prend plus à la gorge en terme d'émotions que le bouquin.
Par contre le réalisme froid de la survie et la sobriété propre au bouquin ont laissé place à la romance et une histoire plus axée sur l'action et l'aspect métaphysique de l'Homme devenu animal.
D'une manière générale c'est l'idée de montrer plutôt que de suggérer qui m'a dérangé : je ne me souviens pas que Mc Carthy s'attarde sur les crochets de bouchers ou les crânes sur une pique pour montrer l'horreur de la situation, le livre est plus subtile que ça.

Bref, une sorte de translation du sujet s'est opéré entre les deux œuvres.
La question reste donc : doit-on forcément travestir un livre pour en faire un film ? Quand je pense à l'univers très particulier que véhiculent certains réalisateurs je pense que non, mais ça reste personnel.
DON'T PANIC !

15 décembre 2009 à 05:13:22
Réponse #67

Rod


Pas encore vu le film... Envie de le voir...

J'ai lu le bouquin en V.O., j'ai adoré... Je l'ai fait lire à ma femme en Français, elle n'a pas accroché (mais je ne pense pas que le problème provienne de la traduction).

Je pense que le bouquin faisait écho à une certaine noirceur au fond de moi et à ma paternité récente... Je suis quelqu'un de plutôt pessimiste et résigné mais quand on a un enfant on est tout pour lui et on doit continuer à marcher à côté de lui jusqu'à son dernier souffle...
Plus globalement cela correspond à ma manière de vivre un pas après l'autre sans jamais savoir de quoi demain sera fait, ni en n'en ayant rien à foutre d'ailleurs. C'est déjà assez difficile de s'occuper d'aujourd'hui.

Mais je comprends tout à fait que l'aspect un peu radical du livre ne plaise pas à tout le monde.

Bien à vous,

Rod

15 décembre 2009 à 06:16:48
Réponse #68

josephcurwen


Je n'ai pas été du tout déçu par le film, c'est pour moi une très belle adaptation.

15 décembre 2009 à 14:58:30
Réponse #69

Aerazur


Je viens d'attaquer le bouquin, et après en avoir lu un gros quart, ben...je crois que je vais abandonner...

Celà m'arrive extrêmement rarement, lorsque je me fais ch... comme un rat mort quand le livre génère trop trop d'ennui. Ici, ce n'est pas le cas.

Au contraire: je suis trop dedans. Je m'explique. Je suis d'un naturel optimiste, et sans etre un bagareur je ne suis pas du genre à capituler devant l'adversité. Mais là, c'est noir. Très très noir. Opressant au possible, avec un style certes épuré, mais qui convient à merveille. Sûrement un chef d'oeuvre, mais ce bouquin la me blesse tant il est bien réalisé, bien imaginé, bien écrit... Je lis, je souffre.

Père de deux jeunes garçons, ce n'est pas l'enfant du livre que j'imagine, ce sont les miens que je vois dans tout ce noir, cette poussière, cette violence certe suggérée mais finalement si bestiale et "humaine" qu' elle est parfaitement crédible.

Je m'y recollerai sûrement un jour, plus tard. En été, avec une bonne blanche bien fraiche sous la main. Super bouquin, mais là c'est le lecteur qui dit stop... ;)

15 décembre 2009 à 18:55:44
Réponse #70

ERECTUS


Je m'y recollerai sûrement un jour, plus tard. En été, avec une bonne blanche bien fraiche sous la main.

ah...et qu'est-ce que ça changera?
Quand sa route est dure, le dur poursuit sa route

15 décembre 2009 à 23:56:06
Réponse #71

Lemuel


Cela dénote une certaine disponibilité d'esprit, il me semble.
Don't watch the tool, the work it can do
Watch the man that's behind, yeah !


http://natureandforcefield.tumblr.com

16 décembre 2009 à 00:04:49
Réponse #72

Rod


Il y a des expériences qu'on n'est pas prêt à faire à certains moments de sa vie (dans tous les domaines pas seulement pour les livres et les films).
C'est bien parfois de ne pas s'enfermer dans des certitudes et s'offrir des secondes chances... ;)

16 décembre 2009 à 10:19:06
Réponse #73

Aerazur


Il y a des expériences qu'on n'est pas prêt à faire à certains moments de sa vie (dans tous les domaines pas seulement pour les livres et les films).
C'est bien parfois de ne pas s'enfermer dans des certitudes et s'offrir des secondes chances... ;)

Je pense que c'est là justement que réside le vrai luxe (et peut etre le seul) que nous offre notre vie souvent sédentaire, quand on peut avoir la chance de n'avoir pas le souci quotidien de recherche de nourriture ou d'un abri chaud: le luxe d'ouvrir son esprit, de s'affranchir de nombre de dogmes et de certitudes. Ceci est sûrement bien plus difficile quand on est dans la précarité.
Celà semble parfois déstabilisant pour les gens qui me croisent, mais j'aime le doute. Non le doute chronique, la pré-parano, ou l'angoisse sous jascente.
Un doute plus constructif je pense, plus "organisé", qui permet de s'offrir le luxe (la aussi) de pouvoir sereinement se dire que l'on se trompe peut etre, sans que cela n'engendre de réflexe conditionné d'inquiétude.
C'est pourquoi je suis convaincu que cet ouvrage, sur lequel je fais aujourd hui un refus, est sûrement un excellent livre. C'est d'ailleurs certainement pour cette raison qu' il me touche, réveille des ressentis enfouis. C'est donc à ce titre que, plus tard, il sera forcement interressant de m'y replonger, avec une vraie disponibilité. :)

ah...et qu'est-ce que ça changera?

Ca changera tout, justement...
Chaque jour nous trouve différents, plus ou moins réceptifs, plus ou moins forts ou fragiles, dans une infinité de domaines et de ressentis.C'est d'ailleurs à ce titre que l'on dit parfois qu' il y a des jours avec, et des jours sans. La sensibilité n'est une faiblesse que si elle fait souffrir. Quand à la force, j'ai plaisir à penser qu' elle n'est jamais établie de façon définitive... :)
« Modifié: 16 décembre 2009 à 10:24:51 par Aerazur »

16 décembre 2009 à 12:41:22
Réponse #74

Anke


J'ai commencé ce livre. Ne parlant pas couramment l'anglais, et dans ce cas c'est fort dommage, le pense que le traducteur a été fidèle au texte original.
J'ai pu remarquer quelques phrases sans verbes qui contribuent à poser cette espèce d'ambiance de "mal à l'aise".
D'ores et déjà, je ne pense pas qu'il s'agisse d'un livre "noir", mais d'un livre "gris", pas forcément pessimiste au sens littéral du terme, mais qui va me laisser comme une sorte de "mélancolie" de "est-ce que ça vaut la peine". Là où j'en suis, il est évident que le père se bat inutilement et il le sait, il va mourir. Jusqu'où va-t-il emmener son fils et pourquoi ? ( ne m'en dites rien  :lol:).
Je pense pour l'instant que c'est un livre de "désespoir". Mais un désespoir lent, inexorable, immanquable.
Il va surement falloir que je me batte contre ce livre, et chercher en moi les raisons pour lesquelles il faut continuer, envers et contre tout, même contre moi-même peut-être...
Ce livre est une épreuve.
C'est un bon livre.... Je crois...

 


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