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Auteur Sujet: Les boulets de la survie...  (Lu 17977 fois)

30 juin 2026 à 14:24:06
Réponse #50

Dutch


De mon point de vue, les curseurs de la connaissance (et donc son revers, l'ignorance) se sont juste déplacés et on n'est pas compétent sur les mêmes choses d'une génération à l'autre.

Là où ça devient préoccupant, c'est lorsque des connaissances vitales tombent dans l'oubli.
Sans focaliser sur les zones géographiques en tension, il semble indéniable que la dernière génération européenne serait plus impactée par une simple coupure d'électricité que les précédentes (là je pèse mes mots, mais perso, je pense totalement sidérée/paralysée).





Quand j'allais très jeune  l'été à Bray-Dunes des zones de dunes étaient encore interdites du fait des mines. Il était interdit de faire du feu dans ma région d'origine sans creuser le sol pour vérifier qu'un vieux souvenir de 14 ne s'y trouvait pas. On collectionnait les obus non explosé.

Même hors zones de conflit, la prudence reste de mise.
Il y a 3 ou 4 ans, on descendait dans notre baraque en Catalogne que tu connais, lorsqu'un voisin nous prévient qu'il faisait 46 degrés réels sur la place du village. :o

Dans ces conditions, je sors de l'autoroute & réserve le premier gîte disponible en altitude, au fin fond des monts du Forez.
Le lendemain, mes gamins qui construisaient un barrage dans la rivière, signalent qu'ils ont trouvé quantité de "brûleurs à alcool rouillés"...... qui s'avèrent être des mines antipersonnel datant de la dernière guerre.  ^-^
Dans un secteur où il n'y a eu aucun combat depuis l'invention des armes à feu, voire depuis la guerre des Gaules, fallait déjà le faire... :blink:









La visite d'un musée quelques jours après, recoupée par la consultation des administrations compétentes nous a fourni l'explication: à l'été 1944, une colonne allemande chargée d'aménager le mur de l'Atlantique retraitait via l'Auvergne.
Lorsqu'elle est tombée à cours de carburant, elle a déposé les armes & les locaux ont récupéré ce qui les intéressait..... puis balancé tout le reste dans la rivière, notamment les explosifs & munitions. ::)

Bref, je trouve qu'on idéalise à l'excès la prétendue sagesse des "Anciens" et que toute époque a eu ses boulets de concours.
D'ailleurs, si les générations précédentes avaient été aussi brillantes que certains le prétendent, elles auraient eu une espérance de vie supérieure à la nôtre...

« Modifié: 30 juin 2026 à 22:03:45 par Dutch »
En essayant continuellement, on fini par réussir.
Donc: plus ça rate, plus on a de chances que ça marche. (Devise Shadok)

30 juin 2026 à 23:10:02
Réponse #51

Patapon


Yo,

Citer
Là où ça devient préoccupant, c'est lorsque des connaissances vitales tombent dans l'oubli.
Sans focaliser sur les zones géographiques en tension, il semble indéniable que la dernière génération européenne serait plus impactée par une simple coupure d'électricité que les précédentes (là je pèse mes mots, mais perso, je pense totalement sidérée/paralysée).

Je ne suis pas certain: si tu prends mes parents, qui sont nés dans les années 50, qui sont des citadins, il ne faudrait pas compter dessus pour filtrer de l'eau ou prioriser des actions en mode dégradés.
D'ailleurs, fun fact: lorsque j'ai passé mes formations pour pouvoir intervenir en zone sinistrées, un des jeux andragogiques, c'est de préparer son sac pour le départ. Enormément de participants, toutes générations confondues ont mis le paquet sur ce qu'il faut pour se doucher: claquettes, maillot de bain, etc alors qu'on va dans des zones où, potentiellement, il n'y a plus d'eau courante et à côté de ça, il n'y a pas forcément de gourde, ou de couteau...
Bref: là dessus, le cadre de vie, l'éducation et les expériences vont pas mal impacter ce que peu faire un individu, c'est pas tant générationnel que ça...

Citer
Bref, je trouve qu'on idéalise à l'excès la prétendue sagesse des "Anciens" et que toute époque a eu ses boulets de concours.

Entièrement d'accord avec ça!

Mes 2cts
"Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les laissent faire"....en d'autre termes, il faut se sortir les doigts....

01 juillet 2026 à 15:44:14
Réponse #52

Khee Nok


là dessus, le cadre de vie, l'éducation et les expériences vont pas mal impacter ce que peu faire un individu, c'est pas tant générationnel que ça...

Mais justement en termes de cadre de vie, éducation et experience les choses ont changé.

L'exode rural s'est achevé vers 1975, ce qui signifie que les générations nées avant comprenaient une part plus importante de personnes ayant grandi à la campagne. Typiquement dans une ferme, surtout à l'ancienne, il faut savoir faire pas mal de choses. Et à l'époque, après guerre il n'y avait pas partout l'électricité, l'eau courante, sans même rêver du téléphone.

De même la proportion de personnes exerçant une activité manuelle (ouvriers ou artisans) est en baisse. Ce n'est pas pareil d'avoir un CAP de mécanique ou un BTS force de vente.

Je trouverais logique que "en moyenne" la capacité à vivre de manière plus rustique ait fortement baissé en une et surtout deux génération.

Ceci dit je pense que les effets d'une coupure complète et durable de l'électricité seraient vraiment difficiles à gérer en milieu urbain, et pas que pour les plus jeunes: plus d'électricité c'est typiquement plus d'eau courante, plus de chauffage (même au gaz ou au fuel), plus d'ascenseurs, plus de téléphone ou d'internet, plus de paiements électroniques, beaucoup de magasins fermeraient etc. Nos villes sont devenues difficilement habitables sans électricité.

01 juillet 2026 à 17:27:37
Réponse #53

Patapon


Yo,

L'exode rural s'est achevé vers 1975, ce qui signifie que les générations nées avant comprenaient une part plus importante de personnes ayant grandi à la campagne. Typiquement dans une ferme, surtout à l'ancienne, il faut savoir faire pas mal de choses. Et à l'époque, après guerre il n'y avait pas partout l'électricité, l'eau courante, sans même rêver du téléphone.

Ca veut dire que celles et ceux qui auraient pu connaitre la ruralité de cette époque et s'en souvenir ont aujourd'hui entre 65 et 90 ans...et ce n'est pas parce qu'ils auraient un vague souvenir d'un savoir procédural, qu'ils auront la compétence, ni même l'infrastructure pour l'appliquer.

Citer
Ceci dit je pense que les effets d'une coupure complète et durable de l'électricité seraient vraiment difficiles à gérer en milieu urbain, et pas que pour les plus jeunes: plus d'électricité c'est typiquement plus d'eau courante, plus de chauffage (même au gaz ou au fuel), plus d'ascenseurs, plus de téléphone ou d'internet, plus de paiements électroniques, beaucoup de magasins fermeraient etc. Nos villes sont devenues difficilement habitables sans électricité.

Plus d'électricité, ce n'est pas seulement les villes, c'est tout notre mode de vie. A la campagne, plus d'électricité, c'est plus d'eau, plus de distribution de carburant, plus de frigo...et tout le monde n'a pas un Dutch sous la main pour bricoler des solutions en système D ;)

Mes 2cts
"Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les laissent faire"....en d'autre termes, il faut se sortir les doigts....

02 juillet 2026 à 12:45:20
Réponse #54

gmaz87



Plus d'électricité, ce n'est pas seulement les villes, c'est tout notre mode de vie. A la campagne, plus d'électricité, c'est plus d'eau, plus de distribution de carburant, plus de frigo...et tout le monde n'a pas un Dutch sous la main pour bricoler des solutions en système D ;)

Mes 2cts

Bonjour,

Dans le détail c'est à moduler.

Oui, les ruraux ont besoin de l'électricité mais je vois autour de moi, de plus en plus de panneaux solaires sont installés, ce qui est plus compliqué en ville.

De même, notre eau n'est pas tributaire de l'électricité, il existe dans mon hameau d'environ 25 habitants, 6 puits, une fontaine publique, une mère fontaine. Le captage d'eau qui nous alimente surplombe le hameau et est accessible à 5mn de marche.
Un purificateur d'eau à filtre règle de problème de la potabilité de l'eau, encore que certains la boivent à la fontaine, sans dommages apparents.

Nous utilisons de l'essence comme tout le monde mais avons conservé plusieurs tracteurs de réforme des années50/60, fonctionnant au rouge et au moins deux motoculteurs anciens, réparables, peu gourmands en carburant, même si dans le cas du mien il bouffe du sans plomb. Attelé à une remorque il tracte, de mémoire, 500kg sur terrain pas trop difficile et à une vitesse d'escargot. Avec un plein (4 ou 5l je crois), je passe le rotovator sur environ 2500 à 3500m².

Pour les déplacements, marche à pied, qq animaux (ânes, chevaux) vélos, vélos cargos, vélos électriques et encore qq "pétaroux" qui trainent dans les granges et consomment peu, de même que certains diesel anciens qui acceptent de fonctionner avec de l'huile, colza entre autres (produit localement).

Le chauffage et la cuisine sont possibles dans les cheminées, sur les cuisinières et le bois ne nous fait pas défaut, y compris les bois morts qui brulent aussi sans problème et besoin de tronçonneuse pour les débiter, une scie à  cadre suffit.

Nous faisons comme tout le monde nos achats alimentaires dans les magasins, tout en ayant des potagers et des petits élevages, ce qui laisse un peu de temps avant de s'intéresser au gibier , surtout sangliers, chevreuils et cerfs et en dernier ressort les vaches des prés voisins.

La conservation se fait bien sur dans les frigo ou congélateurs, mais aussi en stérilisation et pour les conservations du quotidien, beurre par exemple, les caves sont fraiches.

Ce ne serait pas le paradis mais sans doute plus acceptable que la vie en ville.

a+
Gérard
Quand le débutant est conscient de ses besoins, il finit par être plus intelligent que le sage distrait.»
(Lao Tseu)

L'ennui naquit un jour de l'uniformité

02 juillet 2026 à 15:31:16
Réponse #55

Khee Nok


Yo,Ca veut dire que celles et ceux qui auraient pu connaitre la ruralité de cette époque et s'en souvenir ont aujourd'hui entre 65 et 90 ans...et ce n'est pas parce qu'ils auraient un vague souvenir d'un savoir procédural, qu'ils auront la compétence, ni même l'infrastructure pour l'appliquer.

OK mais là je comparais plutôt la situation actuelle à celle d'une génération avant (et avançant moi-même en âge.. plutôt une et demi). Je ne comparais pas ce que pourraient faire aujourd'hui les deux générations, plutôt le "réservoir de compétences" disponibles hier vs aujourd'hui.

Il y a une génération (disons les années 90-2000) les "boomers" avaient la cinquantaine.

Eux, pour une part nettement plus importante que la génération actuelle du même âge (la mienne), avaient grandi de manière plus rustique, avaient plus de savoirs manuels etc. Ceci de manière statistique, pas individuellement.

Ce n'est pas juste "avoir un savoir procédural" qu'une capacité à se démerder de manière générale.


Plus d'électricité, ce n'est pas seulement les villes, c'est tout notre mode de vie. A la campagne, plus d'électricité, c'est plus d'eau, plus de distribution de carburant, plus de frigo...et tout le monde n'a pas un Dutch sous la main pour bricoler des solutions en système D ;)

Certes mais je pense qu'à la campagne il y a (et surtout avait, et y compris en ville) plus de "Dutch".

Et quand même un accès plus facile et direct aux ressources: eau, énergie, production agricole etc (bien décrit par Gmaz mais visiblement il vit dans un coin reculé, sans offense ;-)


02 juillet 2026 à 21:54:27
Réponse #56

naifanshi


Gmaz87 m'a coupé l'herbe sous le pied...

-Habitant en alsace, dans une petite ville de moyenne montagne, la totalité de mon chauffage est au bois buche, sans aucune dépendance à l'électricité... j'ai trois ans de bois coupé en 33 devant moi...

- je peux( et je m'en prive pas)aussi cuire au bois facilement, au barbecue en été, au kachelhoffe en hiver et mi-saison...

Les captages d'eau sont en amont, donc la distribution est gravitaire...au pire, j'ai un ruisseau avec bon débit au bas du terrain et des sources à droite à gauche... l'eau est omniprésente...

L'essentiel du frais est au frigo ou congelé, mais pas mal de conserves maison, sont stockées à la cave et les placards sont pleins de denrées sèches ( riz,  pâtes, légumes secs...) sans compter le potager...

Et je suis loin d'être une exception dans le coin...

Donc faut vraiment faire la part des choses...il y a... campagne et campagne..

Attention quand même au mirage du panneau photovoltaïque... la plupart des systèmes présents chez le particulier, nécessitent d'être reliés à un réseau EDF fonctionnel....la base du système reposant sur la synchronisation à la fréquence du réseau pour éviter les problèmes, pas de réseau fonctionnel= panneau qui sert de presse-livre...

Pouvoir fonctionner en dehors du réseau, suppose déjà une installation plus pointue et pas frequente du tout...
Gedanken sind zollfrei.

02 juillet 2026 à 23:34:49
Réponse #57

Patapon


Yo,

Deux personnes qui répondent pareil, j'ai pas du m'exprimer correctement, déso: je ne vous dis pas que c'est pas possible, mais que c'est la fin ne notre mode de vie, et que, par ailleurs, les savoirs sur lesquels repose une vie plus rustique n'est pas l'apanage des "ainés" qui ont "connus la guerre"; qu'à ce titre là, les nouvelles générations ne sont pas plus en galère que les plus anciennes: ça dépend d'où et comment on a grandit..

Ceci dit, le pré-supposé de base est, à mon sens, pourri: une coupure de courant totale, partout, c'est très hollywoodien, mais pas crédible; comme pas mal de catastrophes naturelles: c'est restreint dans l'espace. La discussion tourne autour de 72H sans réseau, en moyenne, et localisé. Et là, même si ça doit durer, il y a hélitreuillage de groupes électrogènes, livraison de pack d'eau minérale en camions et de ration de survie (c'est ce qu'on avait fait suite aux tempête Alex), parce que le reste de la société fonctionne toujours.

Mes 2cts
"Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les laissent faire"....en d'autre termes, il faut se sortir les doigts....

03 juillet 2026 à 03:12:52
Réponse #58

gmaz87


Bonjour,

Je demeure en Creuse, département souvent cité comme étant à l'écart du reste de la métropole, le vide de la diagonale du vide. Blague à part, ça reste un département majoritairement rural et avec une des plus basse densité de population française.

Contrairement à ce que pense Patapon, un événement du type "pas d'électricité" ne voit pas nécessairement arriver des norias de secours, des groupes électrogènes et un retour à un semblant de normalité en peu de jours. Parfois, une conjonction d'événements font que ça coince en quelques endroits.

Un bon exemple a été pour nous, de fortes et lourdes chutes de neige en janvier 2007. Bilan: des arbres qui bloquent les axes, les fils électriques et autres pylônes EDF au sol et au final 7 jours sans électricité en plein hiver. malgré l'intervention d'une colonne de la Sécurité Civile (3 jours avant de l'activer), lente à progresser compte tenu des dégâts.

Il avait fallu prioriser les interventions et comme ma commune, grande par sa surface mais petite ( 100/110 habitants) en population n'était pas en tête ou même en milieu de liste, nous avons vécu 7 jours pleins avant de voir arriver un groupe de secours.

J'ai déjà relaté ici comment nous nous sommes organisés, mais en résumé nos ressources cumulées, nos stock de conserves, l'entraide entre des gens qui se connaissent de toujours un ou deux groupes électrogènes perso pour donner de la lumière par rotation aux plus âgés, des "corvées" de mecs qui partaient chaque matin en tracteur pour lentement déblayer les axes en tronçonnant les arbres au sol et en les évacuant sur les bas cotés, des repas pris en commun le soir autour des lampes à pétrole, tout ça nous a permis de tenir et de durer.

Le Maire a fait dégager en priorité l'axe qui nous relie au bourg le plus proche (6km) pour accéder avec des 4x4 à la boulangerie, achat par la commune du pain et distribution à chacun ensuite, de même que  des bidons d'essence pour les groupes électrogènes perso.

Nous n'avions plus de communication classique, les poteaux téléphonique au sol et la couverture par les téléphones mobiles en croix car sans électricité plus de signal, les batteries étant sois absentes soit déchargées sur les antennes relais.

Le chauffage a été plus compliqué pour certain, chauffage électrique mort bien sur, mais aussi les chaudières à fuel, donc remise en fonction des cheminées, des poêles et récupération du bois pour les alimenter. Ceux qui se chauffaient déjà au bois, la majorité, n'ont rien changé à leur quotidien. 

L'eau ne posait pas de problème particulier si ce n'est qu'elle était froide, les cumulus ayant duré selon leurs volumes entre un et trois jours et l'idée des douches chaudes a été abandonné au profit des "toilettes de chats" au gant et à l'eau chauffée à la bouilloire.
La nourriture, pas de soucis particulier, nous avons tous des stocks d'avance.

Le plus difficile, pour ma part, a été l'éclairage. En janvier vers 15h30/16h, il fait sombre dans les maisons creusoises anciennes, aux murs épais et aux fenêtres étroites et lire à la bougie ou à la lampe à pétrole ça a son charme mais assez peu de temps.
Pas de télé bien sur, quelques nouvelles du monde extérieur avec une radio à piles, ce qui nous a donné la surprise d'entendre sur la radio locale, au bout de 4 jours, que tout était revenu à la normale dans le département.... Nous étions toujours pour notre part, isolé du reste du département.

Bref, passé cet épisode, qui a été très instructif, achat d'un groupe, stockage de qq bidons d'essence, achat de lampes solaires, rappel que dans un environnement comme le mien , les relations entre voisins sont vitales, et piqure de rappel ( la première injection je l'ai eu lors de mon passage chez les bidasses) quand au fait que l'action des pouvoirs publics ou de toute forme d'autorité institutionnelle, autres que ceux très locaux, trouve vite ses limites et que la méthode  "la b*te et le couteau" a aussi ses vertus, surtout sur du très local.

Cet épisode climatique n'avait touché que la partie sud d'un département peu peuplé, j'imagine maintenant ce que ce serait si il était plus étendu surtout avec des densités de population plus conséquentes.... :o

A+
Gérard
« Modifié: 03 juillet 2026 à 03:39:27 par gmaz87 »
Quand le débutant est conscient de ses besoins, il finit par être plus intelligent que le sage distrait.»
(Lao Tseu)

L'ennui naquit un jour de l'uniformité

03 juillet 2026 à 03:31:38
Réponse #59

gmaz87


Un autre truc concernant la "colonne mobile" de la Sécurité Civile.

Le Maire m'avait demandé de faire une permanence en Mairie, pas trop loin de chez moi à pied et j'étais là quand ils sont arrivés.

Leurs ordres étaient de dégager certains axes pour permettre l'accès des équipes EDF à des installations importantes (poste de transfo entre autres).
Seul bémol, ils n'avaient pas de cartes au 25 000 du coin et ne connaissaient pas la topo locale, une fois que je leur ai prêté les miennes, ils voulaient emprunter le chemin le plus court mais le plus abrupt.

Je leur ai expliqué que ce ne me semblait pas si évident que ça de relier le point A au point B, que certainement leur progression serait longue et difficile et qu'il existait un autre cheminement, plus long en distance mais plus simple en efforts.

L'officier qui les commandait n'en a pas tenu compte, les pros c'est eux, moi je suis le civil lambda,  bref ils sont partis et revenus 3 heures plus tard pour changer d'axe de progression. ;# ;#

La leçon, c'est que le max de ressources documentaires facilement accessibles, cartes, cadastres, bonne connaissance du terrain est vraiment importante.


« Modifié: 03 juillet 2026 à 03:41:55 par gmaz87 »
Quand le débutant est conscient de ses besoins, il finit par être plus intelligent que le sage distrait.»
(Lao Tseu)

L'ennui naquit un jour de l'uniformité

03 juillet 2026 à 11:20:06
Réponse #60

naifanshi


@ patapon: on ne se comprend pas...

On dit juste que parler de "la fin de notre mode de vie" pour beaucoup de gens du monde rural, c'est un peu exagéré...au moins si on parle de vivre en autonomie et sans électricité pour quelques jours à quelques semaines...

À la rigueur ça sera la fin de mon couple, vu que madame ne conçoit pas de prendre une douche sans s'ébouillanter, mais sorti de ça...

C'est plus la panique, que la réalité du matériel, qui pose problème, dans une société comme la nôtre où le climat est tempéré et les ressources abondantes...on vit pas au Sahel...

Or quand je vois comment les gens ont réagi à l'annonce du confinement...

dans le contexte urbain et sur-urbain, oui, c'est plus problématique... quand ton quotidien c'est bureau, gaming dans ton appart au 20ieme étage, bouffe au resto, supérette en bas de chez toi et métro... c'est un peu différent d'une maison rurale avec 50 ares de verger, bordé par la forêt et le ruisseau local...
Gedanken sind zollfrei.

03 juillet 2026 à 12:33:56
Réponse #61

Khee Nok


Ceci dit, le pré-supposé de base est, à mon sens, pourri: une coupure de courant totale, partout, c'est très hollywoodien, mais pas crédible; comme pas mal de catastrophes naturelles: c'est restreint dans l'espace. La discussion tourne autour de 72H sans réseau, en moyenne, et localisé.

On diverge du thème du fil, peut-être qu'il faudrait en ouvrir un ou se raccrocher à un autre. Ceci dit :

Une coupure de courant de grande ampleur pourrait ne pas être une simple "catastrophe naturelle". Par exemple:

- un dysfonctionnement technique majeur à l'échelle d'un pays, et ca on l'a vu en Espagne et Portugal l'année dernière (et sauf erreur on ne sait même pas très bien ce qui l'a causé).

- un acte de malveillance (par exemple cyberattaque, destruction coordonnée d'infrastructures critiques etc), suivez mon regard.

Et en catastrophe naturelle: une éruption solaire particulièrement forte pourrait toucher de vastes régions.

Tout ça est heureusement improbable mais pas impossible.

On peut imaginer des "blackouts" à l'échelle d'un pays voire d'un continent.

Resterait ensuite à voir la durée. 72 heures avant que la cavalerie n'arrive c'est une sorte de convention. En général c'est heureusement avant, mais le problème c'est aussi quand ça prend plus de temps (là encore: c'est plus rare mais c'est plus grave).


Et là, même si ça doit durer, il y a hélitreuillage de groupes électrogènes, livraison de pack d'eau minérale en camions et de ration de survie (c'est ce qu'on avait fait suite aux tempête Alex), parce que le reste de la société fonctionne toujours.

Trop parier sur "le reste de la société" est hasardeux si le problème peut être plus étendu.

Autre exemple, Mayotte, département français. Faudrait leur demander ce qu'ils pensent de la rapidité avec laquelle leur ont été apportés générateurs et bouteilles d'eau (ceci dit, ça n'a pas non plus été une catastrophe de l'ampleur initialement crainte, il serait intéressant d'avoir un retex sur ce qui est lié à l'habitude de faire avec peu, et le fait qu'il y avait quand même des infrastructures locales et ensuite du soutien extérieur).

03 juillet 2026 à 12:46:56
Réponse #62

Khee Nok


C'est plus la panique, que la réalité du matériel, qui pose problème, dans une société comme la nôtre où le climat est tempéré et les ressources abondantes...on vit pas au Sahel...

Or quand je vois comment les gens ont réagi à l'annonce du confinement...

dans le contexte urbain et sur-urbain, oui, c'est plus problématique... quand ton quotidien c'est bureau, gaming dans ton appart au 20ieme étage, bouffe au resto, supérette en bas de chez toi et métro... c'est un peu différent d'une maison rurale avec 50 ares de verger, bordé par la forêt et le ruisseau local...

Justement, dans un cadre urbain les ressources ne sont pas abondantes.

Il y a juste ce que l'on a dans les placards et à la supérette.

On estime que Paris dispose d'une autonomie alimentaire d'une petite semaine (tout compris, stocks individuels et commerçants).

Face à l'annonce du confinement, donc une situation inédite avec la perspective d'une mise à l'arrêt de l'économie, les comportements individuels en mode stockage étaient rationnels. Inciviques, égoïstes etc, mais rationnels.

Par contre au niveau collectif c'est autre chose. Pendant le confinement mon épicier de quartier avait spontanément mis en place des logiques de rationnement: personne ne part avec le stock de farine (et plus récemment d'eufs).

Il faut se rappeler que la distribution du courrier a été perturbée, de nombreux facteurs faisant valoir leur droit de retrait. Si les chauffeurs routiers et les caissières avaient réagi comme les facteurs on aurait été mal.

A un moment donné il y aurait sans doute eu une intervention publique forte mais là encore, c'est parier sur le fait que "le système" fonctionnera. On doit le souhaiter, on doit y contribuer, mais il y a toujours un risque.

03 juillet 2026 à 13:53:17
Réponse #63

Dutch


La leçon, c'est que le max de ressources documentaires facilement accessibles, cartes, cadastres, bonne connaissance du terrain est vraiment importante.

Ton récit du "je-sais-tout-prétentieux" voulant s'imposer sans rien connaitre de l'environnement me rappelle une autre anecdote:
Il y a quelques années, à proximité du lac Prespa aux frontières gréco-albano-macédoniennes (selon l’ordre qu'il vous plaira, la question ayant déjà fait couler beaucoup trop d'encre & de sang), se pointent deux observateurs de je ne sais quoi, habillés en costumes trois pièces, au volant d'une berline de luxe immatriculée à Genève. :blink:
Étant le seul francophone du secteur à avoir une chance de piger ce qu'ils veulent, on finit par me les amener & là ils prétendent me donner des ordres, en l’occurrence réquisitionner mon 4X4 et leur servir de chauffeur.

J'étais en train de les envoyer chier, quand se font entendre plusieurs séries de "chtok-chtok-chtok", qui s'avèrent être des projectiles d'armes automatiques, ricochant sur les troncs d'arbres alentours avec un bruit mat.
Tout le monde s'abrite d'instinct, sauf les deux pingouins qui croyant à des grêlons, tentaient de se connecter à une appli météo!!! :o
Faute de coopération, me voilà obligé de les attraper par la cravate pour les traîner hors de danger avant de s'en prendre une.
Et là, ils appellent leur siège (de je ne sais toujours pas quoi en Suisse) pour se plaindre...... d'avoir été violentés. >:(
Le temps d'établir la communication, plusieurs tuiles avaient été brisées par les impacts. Prenant la mesure de la situation, ils changent complètement de version et réclament une "évacuation d'urgence" en affirmant être "sous le feu".

Excédé, je choppe leur téléphone, me présente & explique posément la situation.
A savoir que personne ne nous cible délibérément, mais que les locaux de l'autre coté de la colline tirent en l'air pour une raison quelconque & que les balles perdues retombent fortuitement autour de nous.
Dans la région, ce genre d'exubérance est assez courante lors des mariages, fêtes religieuses ou simples victoires sportives...
Après un court silence, quelqu'un dont je sens qu'il s'agit d'un décideur me remercie et me demande si j'accepterai de les ramener en sécurité coté grec, en précisant je cite: "discrètement s'il vous plait, ces deux cons sont mes fils"... ::)
Là dessus, je leur rends le téléphone et vu leurs tronches, ils se font passer un savon grand format par le mec au bout du fil.



Ensuite, ils se sont mutuellement photographiés auprès d'une voiture au pare-brise fissuré (mais qui était déjà comme ça avant l'incident) et ont ramassé quelques morceaux de tuiles en souvenir, puis estimant qu'ils avaient vécu assez d'émotions pour étoffer leur profil Instagram, ils se sont laissés raccompagner à la frontière sans plus faire d'histoires.
La semaine suivante, la limousine est repassée en mon absence et un chauffeur a déposé deux cartons de Champagne millésimé, mais encore aujourd'hui, j'ignore qui étaient ces boulets et quelle ONG leur père dirigeait... :-\
En essayant continuellement, on fini par réussir.
Donc: plus ça rate, plus on a de chances que ça marche. (Devise Shadok)

03 juillet 2026 à 13:55:05
Réponse #64

gmaz87


Salut,

@ Khee nok: tu peux ajouter comme paramètre supplémentaire en ce qui concerne la bouffe que si c'est un soucis général d'absence d'électricité, dans notre monde de CB et autres caissesquilisentlesprix, et que peu de gens ayant du liquide en poche, les achats seront compliqués... sans la "fée électricité," tous ces trucs ne marchent pas.

@ Dutch  ;), A la décharge de l'officier qui commandait le goum, jeune lieutenant, il a du penser que je ne savais pas lire une carte  ;D, clairement lui ne savait pas comprendre l'importance des courbes de niveaux sur des routes verglacées et avec 70cm de neige lourde au sol.
bah! c'est sans importance, au pire ses subordonnés se seront foutus de lui en douce.

a+
Gérard
Quand le débutant est conscient de ses besoins, il finit par être plus intelligent que le sage distrait.»
(Lao Tseu)

L'ennui naquit un jour de l'uniformité

03 juillet 2026 à 14:38:38
Réponse #65

Khee Nok


@ Khee nok: tu peux ajouter comme paramètre supplémentaire en ce qui concerne la bouffe que si c'est un soucis général d'absence d'électricité, dans notre monde de CB et autres caissesquilisentlesprix, et que peu de gens ayant du liquide en poche, les achats seront compliqués... sans la "fée électricité," tous ces trucs ne marchent pas.

Oui, c'est à ça que je pensais en écrivant "plus de paiements électroniques".

Et là encore ça dépend dans quel cadre on vit: selon le cas on pourra encore payer par chèque. Ou simplement sur la foi d'une parole... ou pas.

Je sais que dans ma rue je peux aller faire mes courses avec les poches vides, ça m'est arrivé, je passe payer plus tard.

Est-ce que ça marcherait encore dans une situation tendue ? J'espère. Sans garantie.

Est-ce que ça marcherait ailleurs que chez mes commerçants habituels ? Je ne crois pas.

Encore une bonne raison de faire vivre le commerce local.

03 juillet 2026 à 15:14:24
Réponse #66

Patapon


On diverge du thème du fil, peut-être qu'il faudrait en ouvrir un ou se raccrocher à un autre.

C'est pas moi qui ai choisi de prendre cet exemple, hein!  ;#

malgré l'intervention d'une colonne de la Sécurité Civile (3 jours avant de l'activer), lente à progresser compte tenu des dégâts.

J'ai parlé de 72h, j'étais pas si mal!  ;) C'est en moyenne le temps pour que les secours organisés soient opérationnels. Après, leur objectif c'est de sécuriser la population, et pas de remettre en place des infra qui auraient été détruites. Ca, ça peut être beaucoup plus long, selon ce qui a été touché. Pour l'exemple, les réparations dans la vallée de la Roya suite à la tempête Alex en 2020 ont pris 4 ans...

Maintenant, en vous lisant, je me dis que j'ai peut être été un peu trop négatif, et que les coins les plus paumés - c'est pas péjoratifs - ont plus de résilience que ce que j'imaginait.  :doubleup:

Merci!
"Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les laissent faire"....en d'autre termes, il faut se sortir les doigts....

03 juillet 2026 à 17:02:28
Réponse #67

gmaz87


Les coins les plus paumés, qui entendent bien le rester  ;D, ont cette particularité que l'isolement, relatif, oblige à ne compter que sur soi-même ou son environnement proche.
Petit aparté, une autre des particularité, rarement mise en avant, c'est que ceux qui y vivent, du moins maintenant, le font par choix et non parce que le boulot est à portée de main et c'est un élément important à retenir.

ça développe une logique d'anticipation, du truc le plus simple comme avoir une bouteille de butane d'avance à une relation de voisinage entretenue qui évite de faire 15 km pour chercher la vis ou le clou que ton voisin peut te prêter.

C'est une résilience à tiroirs, d'abord ta propre perception de la résilience augmentée de celle de ton entourage.
En fait c'est ce qui a été le mode de vie courant dans les campagnes pendant des siècles.

On produit souvent soi même ou localement une partie significative de notre alimentation, on jette peu, ou du moins moins qu'ailleurs, car "ça peut servir" et comme souvent nous avons des granges on y entasse des trucs qui de fait s'avèrent souvent utiles pour un bricolage ou un autre.

On se donne des fruits, des légumes, on se rend des services, on jette un œil sur les gosses du voisin, sur sa maison si il est absent, rien de bien extraordinaire.

Une autre vertu de l'éloignement et des petits communautés c'est que les décisions sont plus locales et collégiales, notre Maire est connu de tous, les conseillers sont nos voisins et font remonter nos questions ou nos attentes, leurs choix de gestion pour notre commune tentent de régler (malgré nos finances modestes) nos problèmes basiques, état des routes, relations de voisinage, etc...

Je pense que c'est cet ensemble de paramètres qui contribue à former ce qui de l'extérieur pourrait être perçu comme de la résilience mais qui est simplement l'expression de notre mode de vie et notre volonté de le préserver.

La tempête de 1999, ces chutes de neige de 2007, d'autres événements climatiques ont apporté la démonstration de la solidarité et plus concrètement de nos moyens matériels et humains, tracteurs, bennes, bâches, provisions, matériaux de reconstruction d'urgence mais aussi agriculteurs, artisans, qu'en fait nous avons autour de nous au quotidien et que nous sommes capables d'utiliser ou de mobiliser au profit de l'un ou de plusieurs d'entre nous.

Si on parle de résilience dans la logique de ce forum, nous avons de l'eau, plusieurs sources, de la nourriture, des animaux, du gibier et des gens capables de chasser et de préparer le dit gibier, des ruisseaux, étangs et des poissons, du combustible, des semences et les moyens de les cultiver à petite et moyenne échelle, un habitat solide et pérenne, une assez bonne connaissance de la flore qui nous entoure, comestibles compris et surtout des relations sociales établies et éprouvées.

Si on prend en compte ces critères alors oui je crois que nous avons une résilience naturelle supérieure à la normale nationale, tant pour les 72 premières heures que pour un temps plus long.
Quand le débutant est conscient de ses besoins, il finit par être plus intelligent que le sage distrait.»
(Lao Tseu)

L'ennui naquit un jour de l'uniformité

04 juillet 2026 à 08:28:11
Réponse #68

naifanshi


Justement, dans un cadre urbain les ressources ne sont pas abondantes.

Il y a juste ce que l'on a dans les placards et à la supérette.

On estime que Paris dispose d'une autonomie alimentaire d'une petite semaine (tout compris, stocks individuels et commerçants).


On est d'accord.
Après c'est toujours délicat de parler de Paris comme la référence urbaine...je veux dire...
Paris et sa périphérie, ça représente beaucoup de monde oui... mais si on prend la totalité des villes du pays, très peu présentent des caractéristiques similaires... c'est toute la complexité de parler de ville ou de cadre urbain, ça englobe des réalités très différentes...

Sur le papier, je vis dans une petite ville...2000 habitants, donc plus qu'un hameau ou un village y a une école, une maternelle, un collège, le train... sauf que le banc de la commune s'étend de 300 à 1400m d'altitude, faut guère faire plus de 1km à pied, pour être en forêt...

Paris, Lyon, Marseille, sont des mégalopoles, y a encore quelques autres villes qui sont dans ce cas, mais aussi des masses de ville, qui sont cernée par la nature, les champs... sans parler de mon bled, est-ce que Bourges, Grenoble, Belfort ou Clermont Ferrand sont comparables à Paris, en terme d'accès à des ressources ?  Je ne le pense pas...

Et on y trouvera aussi des populations plus hétérogènes, en terme de capacités et connaissances...

C'est essentiellement pour ça que généraliser une incapacité générationnelle, c'est abusif...pas parce qu'il y a une dualité monde rural vs monde urbain, mais parce que, une fois sorti de deux ou trois exemples, pas faux mais un peu caricaturaux, la réalité est plutôt un camaïeu...

Après et pour revenir au sujet, on perd peut-être un peu de vue, le fait que, certes, avoir grandi dans un milieu résilient, ça donne de bonnes bases, mais ne pas y avoir grandi n'empêche pas de les acquérir...ce qui fait la différence, c'est la capacité à apprendre... avoir appris à apprendre, à être curieux, à tenter des choses... et si possible avec suffisamment d'intelligence et de réflexion pour pas se tuer...

Gedanken sind zollfrei.

11 juillet 2026 à 21:39:46
Réponse #69

Van


mais encore aujourd'hui, j'ignore qui étaient ces boulets et quelle ONG leur père dirigeait... :-\

Probablement la fondation MAVA créée par Luc Hoffmann, co-fondateur du WWF et héritier de la famille Roche (une des plus grandes fortunes suisses et mondiales) qui est en lien localement avec PrespaNet, un réseau d’ONG locales de coopération transfrontalière.

Beau geste la caisse de champagne.






 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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