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Auteur Sujet: [Revue matos] Paramo Velez Smock  (Lu 4982 fois)

22 février 2014 à 19:13:15
Lu 4982 fois

guillaume


Cela fait maintenant un an que j'utilise quotidiennement une smock de chez Paramo que ça soit au travail, en stage CEETS, ou dans la vie de tous les jours.
À l'origine, c'est Deun qui me l'a prêtée en me disant « essaies ça tu verras, c'est le seul vêtement que je connaisse qui tient réellement ses promesses ». Et pourtant, des fringues, il en a :D.
Intrigué par son assurance, je me suis donc mis à porter la smock par tous les temps, tout le temps.
Au final, je ne lui ai jamais rendu et me battrais jusqu'à la mort si il tentait de la récupérer :lol :.

Voici donc un retour de longue durée sur ce matériel.
Il existe déjà un sujet sur le forum concernant la technologie Paramo.
Je n'ai pas voulu écrire à la suite pour plusieurs raisons : la performance de cette veste est dû à la combinaison de la technologie Paramo (= nikwax analogy) ET d'une coupe intelligente. Elle méritait donc un sujet à elle toute seule.

1. Qu'est-ce Paramo et le Nikwax analogy ?

Paramo est une petite boite anglaise fabriquant divers vêtements outdoor et plus particulièrement des vêtements pour le temps humide et pluvieux (sans dec, il pleut là-bas ?!). Il paraît qu'ils connaissent bien le temps froid et humide... Rien que cela devrait déjà attirer notre attention ;).

Paramo a plusieurs gammes de vêtements, utilisant toutes une « technologie » différente. Celle qui nous intéresse ici est celle qu'ils appellent « nikwax analogy ».
« Nikwax » parce qu'il faut retraiter régulièrement le vêtement à l'aide des produits Nikwax (voir la partie « entretien » du test) et « analogy » parce que leur tissu est censé imiter la fourrure des mammifères.

2. Comment ça fonctionne ?

La gestion de l'humidité et de l'eau du Nikwax analogy de Paramo repose sur un système globalement hydrophobe dû au traitement des fibres de tissu au Nikwax et à leur densité décroissante de la peau vers l'extérieur. En gros, cela est censé recréer les couches de poils d'un mammifère : près de la peau on a des poils très fin, plutôt court et en grande quantité alors qu'à l'extérieur on a des poils plus grossiers, plus longs et moins denses. Entre les deux, on trouve un « gradient » de poils.

Cela doit permettre de drainer activement l'humidité et l'eau liquide vers l'extérieur : les espaces entre les fibres étant de plus en plus petit au fur et à mesure que l'on approche de la peau, l'eau a du mal à y pénétrer. C'est d'autant plus dur que les fibres sont rendue hydrophobe par la Nikwax.

Pour plus d'explication, voir le message Nick Brown, à l'origine du Nikwax analogy

En pratique, on a une espèce de doublure en maille très fine à l'intérieur du vêtement. Cette doublure étant elle-même constituée de deux couches de tissus. Cette doublure est appelée « pump liner », celui qui pompe l'eau pour la rejeter vers l'extérieur.

Ce n'est donc pas un vêtement étanche au sens où on l'entend habituellement : il doit laisser passer l'eau et la gérer... Pas de membrane, rien.

3. Dans quelles conditions doit-on porter ce genre de vêtement ?

Cette gamme de vêtement est prévue pour du sale temps. Le pire : froid et humide (genre entre -5°C et +5°C), quand on a les désavantages du froid ET de l'eau liquide qui s'infiltre partout.

Cette gamme est prévue pour être portée très près du corps, avec un simple sous-vêtement technique dessous.

4. Présentation générale de la smock

Le modèle testé est la Velez Smock. Elle pèse 650g sèche.

D'emblée, deux choses m'ont frappé : on sent que la coupe et l'accessoirisation ont été longuement pensé (je n'ai pas dit forcément bien) et la qualité est au rendez-vous : pas de mauvaise couture, tous les fils sont arrêtés, les boutons sont bien mis, etc.

La smock possède une capuche amovible et rangeable dans le col. Elle tient par des pressions en plastique. Elle est réglable par un cordon derrière la tête et possède une visière rigide.





Elle a également une poche kangourou ainsi qu'une poche repose-mains à l'intérieur, sur le « pump  liner ».



Elle a de nombreuses possibilités de ventilation : sur le côtés (zips à double sens que l'on voit sur la photo précédente) et au niveau du col.

Il est à noter que le rabat coupe-vent du col est situé sous le zip. Un peu déconcertant au début...



De plus, on trouve un cordon de serrage en bas et un au niveau du col.

Enfin, la coupe est plus longue dans le dos, les manches sont longues et ajustable par velcro « rigides ».

5. Impressions diverses et variées.

J'ai tellement porté cette veste tout le temps que je pourrais en écrire des tonnes. Je vais tenter de synthétiser et d'ordonner un peu en différenciant la construction de la veste de la technologie Nikwax analogy.

A. La construction de la smock

Points positifs :

-La poche kangourou. C'est LE truc miracle ;). Les objets se trouvent directement à porté de mains et lorsqu'ils sont rangé dans la poche, ils se font oublier. Si on porte un sac, ils se trouvent entre la sangle pectorale du sac et la ceinture lombaire.
En revanche, il ne faut pas charger avec du matériel trop lourd au risque de faire mal à la nuque.
J'ai range habituellement mon buff, mes gants, mon pansement compressif. De temps en temps, la carte, l'appareil photo.



-L'ouverture du col. Le rabat anti-froid se trouvant sous le zip, cela permet d'ouvrir et fermer en fonction de l'activité sans bloquer et sans tirer sur le zip. À terme, je pense que cela préserve le zip.

-La capuche. Elle est réellement enveloppante sans être gênante. Elle s'ajuste bien à la tête et tourne bien avec.



-Le col montant et réglable. C'est très perso, mais je choppe vite froid à la gorge.



-La coupe globale, qui coule aux mouvements, avec le tissu agréable à porter (voir plus bas), la smock se fait littéralement oublier.

-Les cordons de serrage en bas de la veste : utilisables d'une main. Bon, c'est presque devenu la norme maintenant...



Points négatifs :

-Les poches repose-mains sur le « pump liner ». Elles ne sont pas dérangeante mais elles ne servent à rien puisque situées là où elles sont, on ne les utilisent jamais car pas accessibles facilement.



-Les aérations latérales. Elles sont efficaces, ce n'est pas le soucis. Mais je porte souvent cette veste avec un sac ou avec un ceinturon. Pas conséquent les zips sont soit bloqués sous la ceinture du sac, soit sous le ceinturon. J'aurais aimé qu'ils soient sous les bras.
Ceci dit, les zips sont là aussi pour faciliter le passage de la smock. Perso, je n'ai pas besoin d'ouvrir les zips pour la mettre mais peut-être que d'autres en ont besoin et ont donc un autre avis ;D.



-Les pressions de la capuche amovible : lorsqu'on ouvre la capuche un peu vite, la première pression qui tient la capuche vient avec. J'aurais préféré un zip.



-Les velcros des manches. Ils sont montés sur une espèce de patte caoutchoutée semi-rigide qui fait qu'ils sont plus chiant à ajuster que les « normaux ». De plus, une petit bout de la languette dépasse continuellement et cela ne manque pas de s'accrocher...

B. La technologie Nikwax analogy.

Alors là, grande révélation. Cette veste a littéralement changé ma vision de la protection contre la pluie.
En fait, la vraie pluie, la grosse drache où seul le poncho nous rend moins mouillé, n'arrive pas souvent.
Le plus souvent ce sont des pluie fines, intermittente ou de l'humidité résiduelle ou encore des buissons trempés dans lesquels on doit passer. Un peu de vent, un peu frais. Le tout mixé avec de la marche rapide, chargé ou non et avec des temps de pose.
Et ça, pour moi, ça représente au moins 95% du temps.

Dans ces conditions, une veste à membrane finit par prendre l'eau de l'extérieur ou alors on finit en surchauffe voire trempé de l'intérieur. Et pourtant des veste à membrane j'en ai de très bien : différentes goretex, MP+, enduction, etc.

Ce tissu me permet tous les écarts : je l'enfile le matin et la quitte que lorsque je rentre ou au bivouac. Avant, la goretex passait dans mes mains, à la taille, sur les épaules, fermée, ouverte. Là je joue juste avec le col ou presque.
J'ai fais des activités très physiques entrecoupés de longs temps de pose sans ressentir la moindre gêne, le moindre refroidissement.
J'ai pris des grosses pluies, des petites, des longues, de la neige, de la neige fondue, sans jamais être vraiment mouillé tant que j'étais en activité.

J'avais peur que le tissu qui semble fragile finisse par percer à cause de mes mauvais traitements. Je suis passé dans des fourrés, parfois quelques ronces, je me suis « roulé » sur des troncs (estimation des grumes) pendant plusieurs jours et rien, même pas un accro.
En revanche, il se salit très vite et les traces de boue sur le noir brillant se voient bien...

Enfin, pour couronner le tout, le tissu sèche très très très vite. La veste complètement trempée sèche en 1H dans un local chauffé. Bien sûr, elle est encore humide au touché et encore mouillée à certains endroits (comme les poignets lorsque les pattes sont serrées) mais on l'enfile avec plaisir pour repartir.

6. Entretien

C'est peut-être le seul inconvénient : il faut l'entretenir régulièrement. L'entretien en lui-même n'est pas compliqué mais la fréquence peut devenir chiante. Et le Nikwax coûte cher.
Il faut laver la smock avec du Nikwax techwash puis la réimperméabiliser au Nikwax standard.

Lors des période d'utilisation intense, je la réimperméabilise tous les deux mois voire tous les mois. Le signe avant-coureur est que le tissu au niveau du poignet droit se mouille plus vite que le reste.
Je me demande si les dépôts fréquents de copeaux de bois sur cette zone n'y est pas pour quelque chose (les tanins, toussa toussa).

7. Conclusion

J'ai l'air conquis ? C'est le cas. Quand le premier vêtement que vous prenez pour aller partout, en ville, en forêt, en rando, au boulot, qu'il pleuve, qu'il neige, qu'il vente, est toujours le même depuis le jour où vous l'avez, c'est qu'il vous convient parfaitement.
D'ailleurs, je me suis souvent retrouvé en ville avec de la boue ou des traces de mousse sur la veste, au grand damne de ma copine...
Lorsque celle-ci sera foutue, j'en achèterais une autre et ce, malgré le prix.

a+
« Modifié: 23 février 2014 à 06:30:13 par guillaume »

22 février 2014 à 19:55:50
Réponse #1

Nävis


-Les velcros des manches. Ils sont montés sur une espèce de patte caoutchoutée semi-rigide qui fait qu'ils sont plus chiant à ajuster que les « normaux ». De plus, une petit bout de la languette dépasse continuellement et cela ne manque pas de s'accrocher...

Jamais été gênée par cet aspect. Bon, je me tiens à une distance des arbres probablement moins fusionnelle que toi. En revanche, j'adore que les pattes de serrage ouvertes rentrent dans leur petit tunnel de tissu. Cela me permet de conserver des manches très souples, et que je peux facilement les rouler.


D'ailleurs, je me suis souvent retrouvé en ville avec de la boue ou des traces de mousse sur la veste, au grand damne de ma copine...

... le test ultime!  :D

Tu mentionnes les ouvertures à la taille. Je les ouvre volontiers lorsque je suis assise en tailleur. Ben oui, ce genre de veste, on ne la quitte plus!

22 février 2014 à 21:39:43
Réponse #2

Jacques Danielle


Merci pour le compte rendu super précis!

Je lorgne depuis longtemps sur leurs produits sans sauter le pas.
J'avais lu sur les forums anglais beaucoup de retours très élogieux, mais les plus récents le semblent moins...
D'après ce que j'en ai compris, certains auraient eu de mauvaises expériences après plusieurs jours de très mauvais temps.
L'explication avancée serait le lessivage progressif du nikwax par la pluie.
Avec au final une veste transformée en grosse serpillère, qui ne "pump" plus grand chose.

Un avis ou une expérience à ce sujet?   :)

22 février 2014 à 22:19:46
Réponse #3

guillaume


Pas d'avis, juste des oui-dire de la part d'un pote qui a connu des temps bien pire que le climat Haute-Saônois (karto, si tu passes par là).

Du reste, pour ma région, je n'ai franchement pas mieux.

a+

23 février 2014 à 15:09:35
Réponse #4

musher


Elle ne devient pas trop lourde quand elle est mouillée, vu qu'elle pump l'eau ?

23 février 2014 à 20:54:40
Réponse #5

guillaume


En fait, elle ne pompe pas l'eau mais la draine vers l'extérieur grâce à l'énergie produite à l'effort, la densité et la déperlance des fibres (de ce que j'ai compris).

Effectivement, elle s'alourdit un peu. En revanche, ça sèche à vu d’œil dans un local un peu chauffé (une voiture par exemple).

a+

23 février 2014 à 20:58:59
Réponse #6

Kilbith


Elle ne devient pas trop lourde quand elle est mouillée, vu qu'elle pump l'eau ?

Pour ce type de vêtement plus ou moins imperméable (ventile, microfibre, paramo, P&P, Swanndri à membrane, veste sans capuche....) si on craint la vraie grosse pluie, on peut toujours prendre une raincut (pour les versions les moins imperméables) ou simplement découper dans une raincut un plastron protégeant seulement les épaules et le haut des bras.

On a un truc d'environ 100g tenant dans une grosse poche, qui ajoute beaucoup de chaleur au besoin en cas de vent ou d'humidité et qui en cas de grosse pluie évite que le tissu ne soit trempé aux endroits stratégiques.
Quand la pluie s'arrête, on est au sec, beaucoup plus chaud. La raincut respire peu, mais là c'est très ventilé.
Si on a un petit sac à dos peu épais, on peut même parvenir à passer le plastron sur les bretelles du sac, ce qui protège le haut du sac et augmente la ventilation.
Comme il ne sert pas souvent, le plastron reste très étanche dans le temps.

 :)
« Modifié: 23 février 2014 à 21:07:23 par Kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

23 février 2014 à 21:03:55
Réponse #7

Kilbith


Citer
Les aérations latérales. Elles sont efficaces, ce n'est pas le soucis. Mais je porte souvent cette veste avec un sac ou avec un ceinturon. Pas conséquent les zips sont soit bloqués sous la ceinture du sac, soit sous le ceinturon.

As tu essayé de passer la ceinture du sac à dos à travers (et non dessus) la poche kangourou?
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

23 février 2014 à 21:42:54
Réponse #8

guillaume


As tu essayé de passer la ceinture du sac à dos à travers (et non dessus) la poche kangourou?

Pas bête ! J'essaie à la prochaine occas !

24 février 2014 à 08:57:10
Réponse #9

raphael


Pas bête ! J'essaie à la prochaine occas !

Tu parles de quelle ceinture , la pectorale ?

Avec ma veste hilltrek, j'ai aussi la poche kangourou (bien pratique) et c'est vrai que la sangle de ma pochette portée en travers passe juste a ce niveau. C'est génant pour acceder a la poche kangourou et parceque cela appuie sur les objets a l'interieur qui provoquent alors une gene sur le corps.
Se connaitre et s'accepter


24 février 2014 à 14:47:08
Réponse #10

Kilbith


Pas bête ! J'essaie à la prochaine occas !

Un autre avantage de ce type d'ouverture...on peut maintenir sous la pluie (pas la grosse pluie...) un "bâton à feu" ou autre instrument de précision (jumelles, appareil photo...) contre soi en ayant son mécanisme et son optique de précision protégé puisque le devant du vêtement passe dessus.

 :)
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

25 février 2014 à 19:30:07
Réponse #11

guillaume


Tu parles de quelle ceinture , la pectorale ?

Nope, de la ventrale.

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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