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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: La solitude mots pour maux...  (Lu 4389 fois)

11 novembre 2012 à 18:48:49
Lu 4389 fois

Cabochard


« Y avait-il une réponse ? Une réponse à quoi ? Je n’étais pas en quête d’une pensée ni d’une philosophie ! J’étais en quête… D’un battement de cœur. » Satprem

Depuis la sortie de mon dernier livre je suis amené à répondre régulièrement  à cette question : Que vous apporte la solitude, en avez-vous peur, ne mène t’elle pas à la folie à moins que ce soit une philosophie de vie ?  Les poètes, les chanteurs la reprennent en boucle,  à tellement la décortiquer certain philosophes en sont morts de démence, un sujet de philo pour le BAC ! Mais je vais tenter avec tact et sagesse d’apporter une réponse à cette question, avec mes images de références bien-entendu ! D’abord définir la solitude ; il y a celle qui est subie, destructrice, sans engagement, dénuée de communication ; puis la choisie, qui permet le rêve, la création, la réflexion, la contemplation. La première est terrible, un mal sociétal. On retrouve un homme mort dans son lit quinze ans après, personne ne c’était inquiété de son absence ! La deuxième, c’est celle que je  pratique, mais elle a plusieurs niveaux. Suivant la géographie, la vie sociale du moment elle peut prendre une intensité différente. Si j’ai choisie de vivre la solitude c’est que je la désire car elle me fait peur mais elle m’offre l’essentiel ; la vie! Découvrir ses peurs c’est les comprendre. Jusqu’à présent j’avais vécu la solitude en tant qu’intermittent, rando en montagne de quelques jours, visite d’un pays en solo, plongée profonde sans binôme… Mais le Yukon comme je le raconte dans mon livre c’est mon Everest de  solitude. Le Vendée Globe, course à la voile, vient de prendre le large, trois mois de solitude extrême, pourtant pas un seul marin ne l’a vivra à l’identique.  Beaucoup de moine où autre penseur sont allés s’isoler dans des coins reculés pour comprendre le temps présent, le pourquoi de la vie. La solitude c’est avant tout une sensation, un ressenti. Sur ce grand fleuve j’étais seul sur des centaines de kilomètres, je ne devais et ne pouvais compter que sur moi-même. Le vide qui s’offrait à moi ne pouvait être comblé par une présence, la sécurité je ne pouvais la trouver qu’au fond de moi, « l’autre » ne pouvait s’y substituer, je devenais l’explorateur d’un « moi » inconnu. Bien-sur grande différence immense, je sentais l’amour des personnes laissées de l’autre côté du globe, la distance géographique ne comptait pas pour mon âme toujours en compagnie des êtres aimés.  Le soir je pointais sur une carte de l’Amérique du Nord ma position, je me surprenais à blêmir quand je visualisais ma position précise, prêt de rien, loin de tout. Il m’aura fallu des semaines pour comprendre qu’elle était constructive, après mes journées de pagaie et  mes taches finies, je n’avais personne à qui parler, personne à écouter, pas de radio car trop loin, pas de musique, j’avais oublié de charger des chansons sur mon MP3 ! La machine à cogiter se mettait en marche, vous allez me dire pas besoin de ça pour méditer. Détrompez vous, ici en Corse je connais assez bien la montagne pour pouvoir m’isoler mais en mon fond intérieur je ne me sens pas seul, au pire, en une journée de marche, je sais que je trouverai un village, la vibration n’est plus la même. Ce n’est plus une vraie solitude, je ne compte pas combien de fois j’ai traversé avec mon Cabochard entre la Corse et le continent, mais la sensation et l’émotion  sont différentes. Se trouver en situation de non retour exerce un sixième sens qui transforme cette solitude en compagne, en professeur. Comme je n’étais plus en contact avec l’extérieur, certaines évidences devenaient plus floues, et certains doutes disparaissaient ; une sorte d’équilibre. L’essentiel avait une autre saveur. Par jour sans vent le silence était d’une profondeur telle  que je le vivais comme une découverte, juste le son du cœur qui bat chamade. Un soir je me surprenais à entendre le froncement des mes yeux qui clignaient. Les autres sont loin, on se retrouve dans une vitrine, la foule, le stress, le temps qui passe cela ne nous touche plus. Le travail commence enfin, les histoires anciennes surgissent, elles ne semblent plus si importantes, les coups bas de la vie sont plus facile à accepter, la vie si compliquée par moment semble simple car basique. La solitude est une sorte de savon, on se récure avec, on se sent propre quand on la vit. Etre maître de son destin. Elle opprime le corps qui n’est plus qu’un pauvre support, le plexus semble écrasé, la gorge est sèche et puis c’est l’explosion enfin on comprend, enfin ; l’homme libre surgit, ne plus se préoccuper de son moi puisque nous sommes universel. Je pense que chacun peut y trouver une force incroyable mais elle épouvante. Dans une époque de crise grandissante une des industries qui ne souffrent pas et celle de la communication. Quand j’observe quelqu’un qui est  seul, la première chose qu’il fait c’est contrôler son Iphone pour vite se connecter avec quelqu’un, mais ce n’est que du virtuel. La solitude est un miroir qui nous renvoi ce que l’on fuit. Aimer et savourer la solitude ce n’est pas fuir les autres bien au contraire, en ce découvrant on comprend mieux le Monde. Mais attention  comprendre c’est aussi découvrir ce que vous n’aviez pas perçu avant et le bâton peut rebondir sévèrement au visage. La solitude m’a grandie mais elle m’a rendue encore plus exigeant car elle ne pardonne pas. La solitude m’a donné une montre ! Oui je sais maintenant que je ne suis pas immortel, quoi que l’on fasse l’aiguille avance et l’idée ne me fait plus peur. S’assoir sans rien faire est la plus belle chose qu’elle m’a apprise, combien de soir blotti prêt d’un grand feu j’ai été contemplatif. La rivière, la forêt à perte de vue, le chemin de ma vie certainement…

Vous n’êtes pas prisonniers de vos corps, ni confinés dans vos maisons ou dans vos champs. L’essence de votre être demeure au-dessus des montagnes et vagabonde avec le vent.Ce n’est pas une chose qui rampe vers le soleil pour se chauffer, ou creuse des trous dans la terre pour se protéger.  Mais une chose libre, un esprit qui enveloppe la terre et se déplace dans l’éther.

Khalil Gibran

A pluche
http://www.boutdevie.org/categorie/blog-frank-bruno/
« Modifié: 11 novembre 2012 à 19:51:57 par Cabochard »
Chaque jour est une aventure,
chacun est libre d'être l'explorateur de son âme...

11 novembre 2012 à 19:12:25
Réponse #1

VieuxMora


Bonsoir Cabochard
Merci pour ton texte très éclairant sur la perception de la vie.
Le bruit de nos civilisations masque souvent l'essentiel, tu l'as parfaitement décrit.
« Modifié: 26 décembre 2012 à 18:29:09 par VieuxMora »

23 décembre 2012 à 15:45:48
Réponse #2

Roseau


Bonjour Cabochard,

ton expérience et la manière que tu as de la dire sont trés fortes !
En matière de préparation physique et mentale et de connaissance de soi il faut peut être bien oser cette rencontre primordiale avec soi-même et avec le "monde". Et pour oser la solitude, il faut déjà ne plus trop la craindre et le travail de ceux comme DavidMamise et des formations à la survie se doublent ici de cette perpective: - avancer aussi vers cette rencontre.

Knud Rasmusen a transcrit ainsi le propos d'un homme appelé Igjugarjuk, un chaman inuit: "la véritable sagesse ne peut être trouvée que  loin des gens, dans  la profonde solitude. On ne la rencontre pas à travers le jeu, mais seulement dans la souffrance. La solitude et la souffrance ouvrent l'esprit humain. C'est donc là que le chaman doit puiser sa sagesse".

Jean-Louis Etienne dans la complainte de l'ours témoigne ainsi:
"aujourd'hui, je sais ce qui m'attire ici; ces déserts polaires m'apportent un contrepoids d'ivresse, de calme et d'émotions, face à la frénésie et aux soucis du monde.
Où que j'aille, je porte en moi ces moments, ces images, sources intarissables d'imagination fertile et d'émerveillement. Tous les déserts nous attendent. Ce sont des lieux magiques où l'abscence (de l'homme à de référence à la civilisation impose la rencontre avec soi, invite de nouveaux ressentis. La méditation y est obligatoire, on s'y découvre, on se rapproche de son être original, de l'insouciance perdue. [...]
Au cours du long hivers, chacun avait exploré cette partie de soi ou l'héroïsme et les stratégies au service de l'orgueil n'ont plus leur raison d'être. Chacun avait entrouvert la porte de sa face cachée du voyage".

Au final, on est comme face à des évidences, et en effet il n'y a pas vraiment de réponse, juste un rapport au monde et  à soi. Merci de ton écrit Cabochard.
« Modifié: 23 décembre 2012 à 16:03:17 par Roseau »
Quand on n' est pas certain d'une chose, il vaut mieux dire qu'on l'ignore.

23 décembre 2012 à 15:59:44
Réponse #3

mrfroggy


Les Hommes qui sont nés pour jouir véritablement de la vie font ce qui leur plaît, à l’heure où cela leur plaît, et ne perdent pas leur temps à prévoir l’avenir, à se garer de catastrophes imaginaires. (Alfred Capus)

24 décembre 2012 à 08:56:38
Réponse #4

Humain



Il y a peut-être une autre piste, une autre manière: la solitude choisie au milieu d'autrui. Réussir à "s'isoler" de l'intérieur pour entendre le silence au milieu du vacarme, installer une bulle d'intemporalité dans la tempête des courses quotidiennes. Pouvoir l'allonger à l'envie, presque jusqu'à se dédoubler, de manière à avoir un Soi qui jouit de la solitude et pense profondément, et un Soi qui s'occupe des contraintes de la vie quotidienne en offrant un visage de sociabilité cohérant.


24 décembre 2012 à 09:50:36
Réponse #5

Roseau


Bonjour Humain,

certes tu as raison mais c'est surement plus difficile aussi, ou demande un certain savoir faire ou plutôt être, en tous cas des "conditions"... voilà ce qu'en dit Camus dans l'été, le minotaure:
" il n'y a plus de déserts. Il n'y a plus d'ïles. Le besoin pourtant s'en fait sentir. Pour comprendre le monde, il faut parfois s'en détourner; pour mieux servir les hommes, les tenir un moment à distance. Mais où trouver la solitude necessaire à la force, la longue respiration où l'esprit se rassemble et le courage se mesure ? Il reste les grandes villes. Simplement, il faut encore des conditions."

et en matière de conditions, c'est comme pour un EDC, à chaucun les siennes ...
Quand on n' est pas certain d'une chose, il vaut mieux dire qu'on l'ignore.

24 décembre 2012 à 12:08:25
Réponse #6

Humain


Bonjour Roseau

La difficulté ne devrait-elle pas être un moteur supplémentaire qui donne l'envie de la surmonter? Le savoir-faire, comme le savoir-être, s'acquièrent si on n'a pas peur d'affronter les pierres acérées du chemin et les nombreux chausse-trappes dont il est piégé. Et comme tu le dis, sur cette route là, nous sommes seuls à pouvoir remplir nos sacs des items nécessaires à sa survie puisque mon chemin ne sera pas le tien.
Camus est un merveilleux écrivain mais de son œuvre transpire une angoisse existentielle qui, peut-être, biaise un peu sa vision des bienfaits de la nature sauvage sur la "nature" humaine? Mais je suis hors sujet...


Bonjour Hurgoz

Citer
Mon prof de Pombo m'a dit un jour "la solitude, c'est le partage de l'essentiel avec le monde". Mais le peut on si cet essentiel nous est caché?
Peut-être que: la solitude, c'est le partage du ressenti de l'essentiel avec le monde? Et encore faudrait-il définir pour être rigoureux ce qu'est "l'essentiel" pour "le monde"...
N'est caché que ce que nous ne voulons voir ou ne sommes pas prêt à voir. Tout est là, mais nous n'avons pas forcément les "outils" qui permettent de voir.

Citer
Etre seul ne signifie pas pour autant avoir réaliser quoi que se soit: être seul est une phase préparatoire: une fois le bruit extérieur arrêté, il reste tout le bruit intérieur à faire taire...et là, de nombreuses voies sont ouvertes oscillantes entre le spéculatif et l'opératif, toute on pour but la Réintégration tel que l'aurait pensé Martinès de Pasqually, ou, tout simplement arrêter de penser/croire/juger, etc pour expérimenter et vivre...
Oui. Mais il ne faut oublier de chercher à confronter de plein fouet le silence intérieur obtenu, au brouhaha de l'extérieur afin de savoir si ce silence en est vraiment un ou s'il ne s'agit que d'un verni dont on a recouvert notre conscience.

  l'Humain qui ferait mieux d'arrêter d'essayer de philosopher  ;#

24 décembre 2012 à 16:19:09
Réponse #7

Roseau


bonjour Hurgoz et bonjour Humain,
merci à vous de donnez là de bonnes nourritures et pas mal de pistes et fils à suivre !
@ hurgoz ta remarque sur l'utilité de l'égo en société va me faire réfléchir longtemps. :up:
@ Humain, pourquoi cette modestie "essayer de philosopher", encore heureux que tu ajoutes ta pierre, elle participe utilement et agréablement !
" Contre le silence et le vacarme j'invente la parole, liberté qui s'invente elle-même et m'invente, chaque jour"
Octavio Paz dans liberté sur parole.
Même façon de "voir" Camus au passage.

Ceci étant, ta définition: 
Peut-être que: la solitude, c'est le partage du ressenti de l'essentiel avec le monde? [...]
N'est caché que ce que nous ne voulons voir ou ne sommes pas prêt à voir.
précise cette notion de solitude, "qui ramène à l'essentiel" justement, plus "physique" donc que morale, une distance aux autres plus géographique que psychique qui permet sans doute de nettoyer l'égo.
Aprés la solitude, surtout psychique tue hélas en ville comme ailleurs, de désespoir, de manque d'échange et nous avons bien besoin de créer des liens pour optimiser bien être et survie !
Se frotter à la solitude "géographique" , "qui ramène à l'essentiel" c'est bien comme tu l'écris se donner à être "prêt à voir", et donc être un qui survit, qui est moins sujet à l'effet chinpanzé ou au conditionnement émotionnel qui empèche de s'adaper et que dit si bien Hurgoz  par "arrêter de  penser/croire/juger pour expérimenter"

[...] la vérité d'une idée, ou d'une définition, ou d'une hypothèse n'est autre que leur vérification, c'est à dire la manière dont elles peuvent produire des conséquences qui orientent l'action.[...] Philippe Pignarre/ I. Stengers dans "la sorcellerie capitaliste" mais sorti de son contexte.
Et à lire Cabochard et son témoignage de la solitude qui lui donne une montre et le sens de la durée de sa vie, de sa finitude, j'ai  touvé en même temps la conséquence et l'action: pouvoir s'assoir et regarder sans rien faire !
Voilà le beau lacher prise, passer l'urgence, le feu allumé, on n'est plus chimpanzé, passé le soi disant important qui nous fait courrir, s'assoir avec la montre trouvée de Cabochar, c'est survivre à notre tendance à surtout ne pas voir nos vies bien en face, en vérité.
Alors la peur peut s'éffacer et c'est bien souvent nos peurs, nos mots/maux qu'elle inspire, qui nous tuent vite ou à petit feu.
... et notre connerie en une seconde aussi ::) !
Quand on n' est pas certain d'une chose, il vaut mieux dire qu'on l'ignore.

24 décembre 2012 à 20:53:49
Réponse #8

Humain


@ Humain, pourquoi cette modestie "essayer de philosopher", encore heureux que tu ajoutes ta pierre, elle participe utilement et agréablement !
Parce que le jour où je me prendrai au sérieux, c'est le jour où je serai devenu "adulte"...

Définir? Peut on définir ce qui sort du cadre de l'intellect? Peut on définir un goût, une émotion, un sentiment? Annick de Souzenelle, dans son ouvrage "la lettre chemin de vie" a dit "définir un symbole c'est le détruire. Il faut, au contraire le laisser briller". Expérimenter, vivre et se vivre à travers cette expérimentation...un facteur intéressant, assez loin des définitions qui figent, et nous cachent l'essence des choses (c'est peut être l'un des sens du myth de la tour de Babel...?).
Certes. Mais comment éviter alors les malentendus qui naissent de la multitude des acceptations possible de ce mot? Un même mot peut avoir tant de visages... duquel parlons-nous?
Les mots sont imparfaits (et à plus forte raison lorsque ils ne s'appuient pas sur le langage du corps comme c'est le cas dans un forum, ni sur une pré-connaissance de la manière de penser de nos interlocuteurs), c'est bien pour cela qu'il me semble nécessaire d'être rigoureux lorsque nous les employons.
Une définition peut figer, oui, mais elle permet aussi de s'appuyer sur elle pour aller plus loin, et transfigurer son sens premier. Je crois que cela dépends plus des gens que de "l'outil définition" en lui même.

Boarf: la philosophie c'est juste un outil...qui permet de dire un certain nombre de conneries longuement réfléchies  ;#
Exactement  :lol: !

26 décembre 2012 à 18:09:19
Réponse #9

Cabochard


Bonjour à tous, j'ai lu avec attention tous vos commentaires et témoignages. Le sujet est inépuisable mais aucun livre aucun discours ne nous donnera la réponse. Nous avons nos passés si différents que chacun doit aller sur son propre chemin, emprunter un sentier déjà fait c'est ce tromper de route... J'ai eu la chance de perdre une jambe ce qui m'a permis de me construire par mes propres moyens, sans suivre la voix de quelqu'un d'autres. Oser le premier pas, n'est jamais évident, la grande solitude nous amène devant un miroir aussi  pur que l'eau d'une source isolée, son reflet peut faire très mal... J'ai écris un bouquin sur ma descente du fleuve Yukon en solitaire des milliers de km tous seul face à une nature qui ne juge pas le nomade qui boite. Je ne vous met pas les références du livre car je ne voudrai pas abuser de ce beau forum pour faire ma pub.
Bonne solitude et que Dieu vous prothèse!!!

http://www.boutdevie.org/categorie/blog-frank-bruno/
Chaque jour est une aventure,
chacun est libre d'être l'explorateur de son âme...

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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