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Auteur Sujet: Processus décisionnel d'aide médicale à la personne dépressive.  (Lu 12049 fois)

27 août 2012 à 23:04:56
Lu 12049 fois

Pouçot


Confronté en ce moment même à un proche en état de dépression clinique, j'en suis venu à me demander si une aide extérieure ne serait pas souhaitable. Aide médicale, j'entends.
La question n'est pas de savoir comment gérer la souffrance psychologique d'autrui, évidemment; mais de réfléchir au processus de décision qui aurait pour finalité le recours médical (Centre de soins de longue durée, maison de repos...)

Quels signes autres que ceux qui se trouvent être courants dans ces cas la (perte d'espoir et d'envie, d'estime personnelle, fatigue intense & anxiété permanente) peuvent être utilisés pour jauger du "seuil dépressif" d'une personne et donc du moment ou sa santé sera clairement mise en danger, voire; de l'instant ou lui-même la mettra en péril ?!

J'ai identifié deux facteurs qui me semblent signifiants, à savoir "désir de suicide" et "ire d'humiliation".
Le premier fait sens simplement lors de sa lecture, et le deuxième serait une agressivité tournée contre soi-même à la lumière de sa situation psychologique. En un mot: dépréciation personnelle parce que moment de faiblesse.

Merci d'avance à tous.

28 août 2012 à 02:49:01
Réponse #1

floproteus


J'ai eu affaire à ce genre de cas il y a quelques années. La décision d'appeler le médecin afin que la personne aille en maison de repos quelques temps (3 semaines, je crois..), s'est faite lors d'une sorte de "crise". La personne devenait irrationnelle et violente envers les autres (rien de bien méchant, mais un accident est si vite arrivé..). J'ai vécut ce genre d'épisode plusieurs fois et la personne s'est donc retrouvé en maison de repos plusieurs fois.
Pour répondre à ta question, je dirais donc "perte de contrôle intellectuel".

J'ajouterai par contre qu'un petit tour dans ce genre d'établissement ne règle rien si il n'est pas suivit par un traitement psychologique adapté, mais j'imagine que tu t'en doutais bien ;).
<<<  cliquez ici ;) !

28 août 2012 à 09:18:05
Réponse #2

Karma


Quels signes autres que ceux qui se trouvent être courants dans ces cas la (perte d'espoir et d'envie, d'estime personnelle, fatigue intense & anxiété permanente) peuvent être utilisés pour jauger du "seuil dépressif" d'une personne et donc du moment ou sa santé sera clairement mise en danger, voire; de l'instant ou lui-même la mettra en péril ?!

Je ne suis pas spécialiste de la question mais si ça peut t'aider voici le test le plus utilisé pour évaluer l'intensité d'une depression: l'échelle de Hamilton. Ca reste un test avec ses défauts (qui doit être fait par un profesionnel) mais ça va te donner une idée des signes qu'on observe pour poser un diagnostique.

En plus des signes que tu as cité on peut trouver entre autre:
- perte de poids
- insomnie
- sentiment de culpabilité
- pensées suicidaires
- ralentissement
- agitation
- anxiété
- symptômes somatiques
- délires
- troubles obsetionnels compulsifs

Ce n'est pas parce qu'on a quelques signes qu'il faut en déduire une dépression, par contre l'addition de tout ça dans la durée, on peut penser que oui.

http://www.medsyn.fr/perso/g.perrin/cyberdoc/doc/Hamilton.htm

28 août 2012 à 10:16:08
Réponse #3

Kilbith


Confronté en ce moment même à un proche en état de dépression clinique, j'en suis venu à me demander si une aide extérieure ne serait pas souhaitable. Aide médicale, j'entends.
La question n'est pas de savoir comment gérer la souffrance psychologique d'autrui, évidemment; mais de réfléchir au processus de décision qui aurait pour finalité le recours médical (Centre de soins de longue durée, maison de repos...)

Quels signes autres que ceux qui se trouvent être courants dans ces cas la (perte d'espoir et d'envie, d'estime personnelle, fatigue intense & anxiété permanente) peuvent être utilisés pour jauger du "seuil dépressif" d'une personne et donc du moment ou sa santé sera clairement mise en danger, voire; de l'instant ou lui-même la mettra en péril ?!

Bonjour,

Dans le domaine psychologique il est d'usage de considérer qu'une aide est nécessaire quand la situation devient insupportable que ce soit pour soi où pour les autres.

C'est un peu comme le traitement moderne de la douleur : le patient à une réglette et c'est à lui de déterminer son seuil de souffrance, pas aux soignants. En revanche, il appartient aux soignants d'interpréter ce signal et d'agir au mieux des intérêts de patient.

Il n'existe donc pas, à ma connaissance, de grille justifiant une consultation. En revanche, il peut exister une grille permettant de poser un diagnostic.

En résumé : si une personne ressent une détresse psychologique invalidante, elle doit consulter. En premier lieu son médecin qui, lui, sera habilité à poser un diagnostic et à prescrire un traitement.

C'est simple, mais il me paraissait important de le souligner.  :)

« Modifié: 28 août 2012 à 10:32:36 par Kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

28 août 2012 à 11:27:17
Réponse #4

jacqueline


Pour avoir vécu cette situation , le plus difficile est  de convaincre la personne de consulter et encore plus de se faire  hospitaliser lorsque c'est nécessaire.

Seul un médecin peut  évaluer la gravité et pas sur un seul RDV de 30 mn..

 A l'étranger  c'était  dur d'avoir un RDV rapidement, urgences hyper saturées, et plus difficile pour exprimer son ressenti dans une autre langue,  déjà que le patient a  du mal à communiquer en français sur son problème.  

Une copine toubib m 'a indiqué le "tableau", en attendant   le RDV   je suivais avec elle l'évolution. Ca ressemblait à une dépression avec des crises graves d'anxiété.

 Évidement on pense aussi à l'usage de stupéfiants. Si on y pense pas d'autres se chargent de vous le rappeler et de vous mettre en garde. Franchement on se passerait de ce genre de commentaires. Pas facile quand on y connait rien, mais là  dans la bande de copains je n'ai pas eu de mal  à trouver des "experts" qui connaissaient bien les effets et ceux du manque, contrairement à ceux qui étaient dans la suspicion et me mettaient en garde d'un risque  de violence. On a parlé sans tabou et on a éliminé ce problème, même si   la maladie  peut venir de là. Mais ce n'était pas le moment de chercher le pourquoi, mais comment  sortir de là..

 Dans ce pays les gens ont une autre approche du handicap et des maladies mentales,  ainsi on  peut en parler au lieu de garder ça pour soi.  

Enfin j'ai trouvé un autre psychiatre  qui faisait des conférences en français sur le sujet. Mais au bout de 4 RDV la personne ne voulait plus y aller.

Ca s'est avéré bien plus grave qu'une dépression.

On finit par s'épuiser complètement , la situation devient conflictuelle, on culpabilise , on se détruit  et ça fait deux personnes en danger.  Puis c'est un vrai choc. Heureusement les équipes spécialisées en ont conscience ( enfin pas partout ) et leur aide est précieuse pour l'entourage.

Le service social du consulat m'a bien aidée aussi à prendre la bonne décision : Retour en France aux urgences.. Encore deux jours pour convaincre la personne de consulter et jusqu 'au dernier moment elle a essayé de   ruser pour fuire ce RDV.

 Là je parle en général, votre situation n'est peut être pas aussi grave : si la personne est réellement en danger  il faut l'hospitaliser, même contre son gré si le médecin à échoué à convaincre la personne d'un hospitalisation volontaire.  

Mais  c'est au médecin d'expliquer tout celà et de vous aider à prendre la décision. On est plus au temps  de Camille Claudel.   Se retrouver dans un HP est un sacré choc et selon les hôpitaux c'est plus ou moins humain. On est tombés sur une bonne équipe.

Pourquoi ne pas  voir une assistante sociale  ( c'est moins formel qu'un médecin ) puis elle pourra vous conseiller et vous ne serez pas seul à supporter la situation..

 Il y a aussi des CMP.

 Je vous souhaite bon courage.  

28 août 2012 à 11:39:33
Réponse #5

jacqueline


Simple réaction épidermique à l'intervention de Jacqueline, sans arrogance mais pour apporter un point-de-vue complémentaire que Pouçot veut peut-être considérer : si un jour un mec me fait hospitaliser contre mon gré, je le bute. Sérieusement. Pouçot c'est toi un jour qui m'as offert cette jolie phrase : "j'ai enlevé le bandeau qui était sur tes yeux, mais je ne peux pas t'obliger à les ouvrir".

Pour le reste, je laisse la place aux personnes compétentes...

 Même si c'est ton père parce que tu es malade et pour te sauver ?

 Qui sait, après l'avoir maudit, tu lui dirais peut être merci.
 
Je ne plaisante pas avec  ce sujet, je sais de quoi je parle, c'est du vécu et une période bien douloureuse que je ne souhaite à personne..

 Enfin ce genre de réaction n'aide pas les gens qui sont dans  ce genre de situation.

28 août 2012 à 12:01:45
Réponse #6

jacqueline


 Bien sûr.

Moi ça m'aurait bien aidée d'avoir des témoignages, après chacun voit si c 'est adapté à sa situation  ou inutile.

Maintenant   que tu as motivé ta réaction je comprend  et je respecte. Mon témoignage ne prétendait pas  répondre à toutes les situations.

Mais les réactions à l'emporte pièce et pleines de préjugés et de tabous, j'en ai entendu un paquet et  franchement ça n'aide pas.

28 août 2012 à 12:43:10
Réponse #7

Pouçot


Évidemment, le fil se veut plus comme une invitation à réfléchir quant à savoir quelle grille de diagnostic personnelle saurait être fonctionnelle qu'une discussion portant sur l'hospitalisation libre, d'office et/ou à la demande d'un tiers.
De plus, il est exclu de mon côté de pousser au soin celui qui n'en voudrait pas, j'ai également vu, de mes yeux vu; les dégâts que cela peut (va?) causer.

[...] si une personne ressent une détresse psychologique invalidante, elle doit consulter

Mis de côté les symptômes courants de l'état dépressif, à quel moment décréter clairement la détresse invalidante, en tenant compte que la dépression s'accompagne souvent d'un refus d'acceptation de sa situation ?!

28 août 2012 à 14:24:49
Réponse #8

redemsky


Si la personne est vraiment dangereuse pour elle même ou pour la sécurité des autres il existent des procédures qui peuvent la forcé a entré dans un service spécialisé:

- Hospitalisation a la Demande d'un Tiers : Typiquement la famille qui juge que vous êtes dangereux pour vous même et qui souhaite vous hospitaliser . Dans ce cas il faut une lettre d'un médecin qui a examiné la personne plus un papier que la famille a remplis. la personne est ensuite hospitaliser dans un centre psychiatrique 

- Hospitalisation d'Office: ce cas est particulier, il faut vraiment que la personne sois dangereuse pour la sécurité publique. Il faut l'intervention d'un représentant de l’état (maire, préfet, etc) et celle d'un médecin pour faire la paperasse nécessaire.

Dans le cas ou la personne est consciente de ce qui lui arrive et qu'elle veut bien se faire soigner il existe l'Hospitalisation Libre. La personne se dirige de son plein gré vers un centre spécialisé qui acceptera sont hospitalisation

voila  ;)
J’arrêterais de faire de la politique quand les hommes politiques arrêteront de nous faire marrer (Coluche)

28 août 2012 à 14:47:22
Réponse #9

jacqueline


 Un petit complément :

 Pour la demande d'hospitalisation par Tiers,  il faut l'avis d'un deuxième médecin indépendant, c'est  pour une durée limitée, c'est révisé régulièrement.

 Pour l'hospitalisation d' Office , demande du procureur, les mesures d'hospitalisations sont beaucoup plus contraignantes.

Citer
encore une fois, il n'y a pas de bon choix, juste des "moins mauvais".

Tout à fait d'accord

28 août 2012 à 16:40:25
Réponse #10

Calypso


Je suis d’accord avec Kilbith. Perso je crois que c’est typiquement le genre de maladie où on (proches ou tiers) ne peut pas vraiment établir de « grilles », si la douleur doit être quantifiable, seul le patient peut le faire… C’est un ressenti, donc propre à chaque individu… les pensées intérieures ne sont pas comment dire… « lisibles » pour les autres, donc même si la personne nous apparait comme en dépression grave, avec tous les « symptômes » soigneusement listés par le corps médical , elle ne l’est peut être pas en réalité, et au contraire quelqu’un nous apparait comme en très bonne santé psychique et paf on tombe des nues quand on apprend que non (parfois trop tard). C’est là toute la perversité de cette maladie où les différents « stades » ne sont pas forcément visibles… donc à moins d’être un professionnel de santé habitué et formé à ses situations, et encore…
Voilà, c’est pas très cartésien et je vais ptêtre m’attirer les foudres (pas taper !) mais je te conseille plutôt d’écouter ton cerveau et ton cœur pour le coup, et de pas jauger la situation en fonction de telle ou telle grille ou évaluation.
Bon courage  :-\.
"Vers l'infiniii et au delààà"
"And when the day does come when you and I depart, you'll be the one whose leaving 'cause you'll never leave my heart."

FREEEDOOOM !!!

28 août 2012 à 16:54:27
Réponse #11

Anke


Mmmmh, sujet très délicat, il est difficile d'affirmer quoique ce soit comme règle absolue.
Pour ce qui est de l'hospitalisation à la demande d'un tiers, je crois qu'il faut avoir les idées très claire là dessus ( j'ai été confronté à ce pb pas plus tard que samedi dernier). Ce type d'hospi est reglementé et c'est tant mieux.
Non pas pour éviter les abus ( ce n'est pas notre propos) mais surtout pour qu'au bout du compte l'hospitalisation soit couronnée d'un résultat qui fonctionne !
En d'autres termes, mis à part le danger immédiat pour le "patient" ( mec bourré qui veut sauter du pont par ex), l'hdt ne sert à rien en l'occurence en terme d'efficacité pour le patient. La crise passée, le gars signe la décharge qui va bien et retourne batifoler dans la nature.

Pour résumer, si le "patient" n'est pas convaincu de la nécessité d'une hospi, c'est inutile d'insister. C'est une démarche personnelle et volontaire.
Tout ce que l'on peut faire, c'est de proposer à la personne de faire ce choix là, de l'encourager à faire ce choix là. Tenter de la convaincre ? Non. C'est inutile.
Nous devons ( je crois !) rester dans une démarche d'accompagnement, de proposition. La décision reste et revient de droit à la personne concernée et dieu merci, c'est comme ça que ça marche par ici, sous nos latitudes !

Il me semble qu'en agissant ainsi, nous continuons de respecter l'autre. N'oublions pas l'hospitalisation à la demande d'un tiers reste un acte violent et lourd de conséquences : " Tu n'es plus capable de prendre quelque décision que ce soit, donc je décide à ta place et le corps médical, voire le corps du ministère public reconnait te déchoir de tes droits à mener ta propre vie..."

Alors, même si nous "jugeons" que l'autre prend les mauvaises décisions, celles qui vont le mener à sa propre perte, notre devoir est de le respecter et de respecter ses décisions. Même si ses choix à lui nous dérangent, nous heurtent, nous blessent ou nous font souffrir.... Surtout s'ils nous font souffrir...

Je me pose souvent la question suivante : " et moi, si j'étais à sa place, que ferais-je ?"

Vous savez, je crois que dans ces cas là, nous, oui, nous qui allons "bien" ( pffff, pour l'instant !), tout ce que nous pouvons faire, tout ce que nous devons faire c'est dire à l'autre, du mieux qu'on peut :
" je suis là, je ne te laisserais pas, mais je ne sais pas comment faire.
Te voir comme ça, ça me fait du mal, mais ce n'est pas de ta faute si à te voir comme ça je souffre.
Tu n'es pas seul.
Je t'aime. " ( oui, on peut dire "je t'aime" à un copain ! et lui faire un gros bisou en plus !)

Je crois qu'en définitive, c'est là tout ce que l'on peut vraiment faire. Le reste ça lui appartient, c'est lui qui décide...

28 août 2012 à 17:13:43
Réponse #12

jacqueline


Ca dépend aussi énormément des équipes médicales sur lesquelles on tombe. Et là  on a des écarts terribles.
 
J'ai même demandé à un toubib d'un autre hôpital, s'il était  là comme médecin ou comme patient et la question de l'hospitalisation ne se pose même plus.

28 août 2012 à 17:22:03
Réponse #13

Kam


Salut.

Il y a eu une période où je me suis retrouvé assez mal dans ma tête. C'est venu sournoisement, sans que je m'en aperçoive. Mon mode de vie en était la raison principale (je m'étais retrouvé "piégé" dans notre chère capitale et son bitume alors que j'ai vraiment besoin de chlorophylle pour respirer), mais tout du moins dans mon cas, il aurait été impossible de résumer les causes à ce simple fait: c'était un ensemble de petites choses qui grossissent et qui mises bout à bout te font te sentir comme une m****.

Je m'en suis sorti, à la manière d'un fumeur qui arrête la clope. Ca va, mais tu sais qu'il faut toujours faire gaffe. Et je m'en suis sorti par moi-même, sans aller consulter. J'ai un ego assez démesuré. Malgré cela, j'ai à un moment donné dû me résoudre à admettre que j'avais un problème. Par contre, j'en suis resté à ma conviction de base, à savoir me dire "j'ai un problème, c'est à moi et moi seul de le résoudre". Le reste, pour moi encore une fois, n'aurait été que des palliatifs.

Maintenant, je sais très bien aussi que d'autres personnes fonctionnent différemment dans leur tête, et qu'au contraire, pour d'autres, l'aide d'un psy serait plus que bénéfique. Difficile de juger ce qu'il en est pour un de ses potes en dépression cependant...

Par contre, même sans aller jusqu'aux extrémités dont parlait Karto, si jamais on m'avait placé d'office en HP, il est certain que j'aurais à l'heure actuelle coupé tout contact avec ceux qui m'y avaient envoyé. Et je pense que ça n'aurait fait qu'empirer le mal (si tu me mets derrière des barreaux, je mords, façon animal sauvage, ce qui du coup justifierait a posteriori l'hospitalisation de façon absurde - ce qu'on appelle les self-fulfilling prophecies en anglais).

Citation de: Anke
Vous savez, je crois que dans ces cas là, nous, oui, nous qui allons "bien" ( pffff, pour l'instant !), tout ce que nous pouvons faire, tout ce que nous devons faire c'est dire à l'autre, du mieux qu'on peut :
" je suis là, je ne te laisserais pas, mais je ne sais pas comment faire.
Te voir comme ça, ça me fait du mal, mais ce n'est pas de ta faute si à te voir comme ça je souffre.
Tu n'es pas seul.
Je t'aime. " ( oui, on peut dire "je t'aime" à un copain ! et lui faire un gros bisou en plus !)

C'est ce que à quoi j'ai eu droit, et je remercie ma famille pour cela. Mais ça ne m'a pas aidé. Au contraire, ça m'a encore plus enfoncé, parce que je me disais que je faisais souffrir les autres en plus de moi-même. Ce qui m'aurait aidé, ça aurait été de me prendre un coup de pied au cul, d'avoir quelqu'un qui ne cherche pas à comprendre, et qui me dise juste "t'as pas bientôt fini tes conneries?!".

Mais encore une fois, je crois que tout le monde est différent. Je ne suis pas convaincu qu'on puisse établir une grille de décision valable universellement... Désolé de ne pas faire avancer le shmilblik.

28 août 2012 à 17:31:37
Réponse #14

Anke


Des écarts terribles?
Une hospitalisation de ce type ne repose pas uniquement sur le ressenti d'une équipe médicale ou pas, mais aussi sur des règles législatives, et c'est tant mieux. ça peremt d'éviter les "glissades".
On a vite fait, même avec les meilleures intentions du monde, de verser dans la maltraitance, voire la malveillance ou encore la "non-bienveillance" ( eh oui, on commence à entendre ce mot là !).
La prudence reste donc de mise dans le choix des moyens à mettre en oeuvre.

En ce qui concerne l'identification des signes, ils sont tellement variables d'un individu à l'autre... Je crois que l'on peut aborder avec la personne dépressive ( et même, la dépressiosn peut être passagère non ? Divorce, décès etc... et dans ce cas, ne pas être " dépressif serait plutot anormal non ?) l'opportunité de se faire aider d'un tiers ( psy, atelier d'écoute et...) et d'au moins essayer des fois que ça marcherait !
Sur le épisodes aigus, à moins d'avoir le mec qui menace de sauter du pont ou de se faire sauter la cervelle un flingue à la main... On ne peut pas faire grand chose si ce n'est de proposer.


Et ne pas oublier... ne pas se mettre en danger ( physique ou affectif) soi-même...

28 août 2012 à 17:35:16
Réponse #15

Anke


" t'as pas bientot fini tes conneries" et " je t'aime" c'est pareil, sauf que c'est pas dit de la même manière.... eh banane !  ;)

28 août 2012 à 17:48:32
Réponse #16

jacqueline



Ce qui m'aurait aidé, ça aurait été de me prendre un coup de pied au cul, d'avoir quelqu'un qui ne cherche pas à comprendre, et qui me dise juste "t'as pas bientôt fini tes conneries?!".

Mais encore une fois, je crois que tout le monde est différent. Je ne suis pas convaincu qu'on puisse établir une grille de décision valable universellement... Désolé de ne pas faire avancer le shmilblik.

Crois tu qu 'avant d'en arriver là , la méthode  que tu décris n'a pas été essayée ?

 Je ne sais pas quel âge vous avez , et si vous avez des enfants, mais ne me racontez pas que vous les laisserez aller au casse pipe tout seuls pour respecter leur décision,  quand il s'agit de maladie et que ce n'est pas vraiment leur choix.

 Mais je vais arrêter là en vous souhaitant de ne pas vous retrouver dans la même situation et je ne vais pas  non plus donner de détails pour me justifier.
 
Vous parlez de barreaux, moi je vous parle de soins. 

28 août 2012 à 18:43:02
Réponse #17

Kam


On se calme et on respire...

Citation de: Kam
Maintenant, je sais très bien aussi que d'autres personnes fonctionnent différemment dans leur tête

Citation de: Kam
Mais encore une fois, je crois que tout le monde est différent. Je ne suis pas convaincu qu'on puisse établir une grille de décision valable universellement...

Sans parler de toutes les formules dans le texte limitant la portée de ce témoignage à mon expérience précise. Oui, effectivement, j'aurais perçu un internement de la sorte. Je n'ai jamais dit que c'était une vérité universelle (j'ai même dit le contraire).

Je comprends que ce sujet puisse te toucher de près. Mais ce n'est pas une raison pour renier le témoignage des autres, tant qu'ils se contentent d'être ce qu'ils sont, à savoir, encore une fois, des témoignages individuels.

Tu parles de soins, tu penses que je parle de barreaux, je parle simplement de mon ressenti, qui vaut ce qu'il vaut, à savoir l'expression des sentiments d'un individu. Je ne vois pas où est le problème, franchement...

@ Anke: parfois la forme est aussi importante que le fond, voire plus...

28 août 2012 à 19:03:43
Réponse #18

Anke


Kam, je sais bien. Mais tu sais, il y a des fois, on est tellement impuissants ( ah oui au fait j'ai 55 balais et j'ai quatre momes dont trois jeunes adultes !) qu'on dit les choses un peu comme on peut, l'essentiel c'est, je crois, de les dires.
Jacqueline tu parles de soins et tu as raison. Hélas, de temps en temps, les soins sont dispensés avec violence, parce qu'il faut agir vite et fort pour le bien du patient ( j'ai quelque expérience en smur, je pretends savoir de quoi je parle.) et on utilise aussi des "contentions" soit physiques, soit chimiques. Mais encore une fois, le maitre mot reste la bienveillance envers autrui. Alors des "barreaux" ? Eh oui, s'ils sont necessaire à sauver une vie. Oui pour les barreaux.

"Simples, rapides et efficaces, et dispensés dans la bienveillance doivent être les soins." ( Obiwan Kenobi)

28 août 2012 à 19:27:54
Réponse #19

Kam


Kam, je sais bien. Mais tu sais, il y a des fois, on est tellement impuissants ( ah oui au fait j'ai 55 balais et j'ai quatre momes dont trois jeunes adultes !) qu'on dit les choses un peu comme on peut, l'essentiel c'est, je crois, de les dires.

Ouais, je sais... J'ai grandi dans une famille où l'on a du mal à communiquer, ou tout du moins à s'ouvrir. Cela ne veut pas dire qu'on ne s'aime pas ou je ne sais quoi, c'est juste comme ça. Et souvent quand on s'ouvre, c'est de façon maladroite.

Quand ma famille s'est ouverte à moi de la façon dont tu le décrivais dans le post précédent, ce n'était pas ce qu'il me fallait, mais ça m'a néanmoins touché. Encore une fois autant dans le bon sens du terme que dans le mauvais (sentiment de culpabilité car je faisais souffrir mes proches), mais... je ne sais pas. Je ne le juge pas. Je sais juste qu'il y a des gens qui tiennent à moi, et c'est déjà pas mal.

Par contre, encore une fois, ce n'était pas ce dont j'avais besoin. J'avais besoin de plus de violence. Mais c'est juste mon cas personnel.

Intéressant cet échange entre des personnes qui ont été des deux côtés de la barrière (si je lis entre les lignes)...

28 août 2012 à 20:13:40
Réponse #20

jacqueline


C'est curieux hein.
On part d'une requête de Pouçot qui demande quand et comment solliciter de l'aide professionnelle pour une personne qui traverse un épisode dépressif, et en quelques messages on finit par ne parler que de "pour ou contre l'internement par un tiers", sans que Pouçot ait avancé d'un iota. En même temps c'est ma faute, désolé... mais je vais enfoncer le clou.

La psychiatrie, malgré les blouses blanches, est tout sauf une science exacte. Parler de "soins" relève déjà de la croyance.
Sérieusement, les cas que j'ai observés autour de moi m'amènent plutôt à avoir profondément peur des apprentis sorciers qui pensent détenir les clefs de leur normalité, et des effets de bord dévastateurs de leurs méthodes et de leurs motivations, de mecs qui sont capable de coller un pansement sur une plaie gangrénée au lieu de cureter et laisser ce qui reste se reconstruire autrement. Et ça aussi, c'est une croyance.

Je ne comprends pas à quel titre les croyances d'une personne pourraient prétendre être appliquées à une autre. Je conçois parfaitement la complexité émotionnelle du problème. Mais ce soir, avec les idées claires, dans une phase de vie qui malgré quelques cahots douloureux est une phase de vie riche et pleine de moments profondément heureux, je veux pouvoir revendiquer le droit, si ça devait arriver, de traverser une dépression ou une période de souffrance comme je l'entends ; à pouvoir descendre jusqu'au fond pour laisser une personnalité se reconstruire à son rythme naturel ; sans camisole chimique, sans aliénation de l'esprit par la "bienveillance" de gens qui prétendent savoir ce qui est bon, sans autre "soins" que des mains tendues que je sois libre de saisir ou non. Avec le risque accepté que ça puisse se terminer avec le cerveau sorti de son écosystème par une décharge de chevrotine.

Je ne prétends pas que ma croyance soit valable ne serait-ce que pour une seule autre personne, et ne cherche pas à l'imposer. Mais si ça devait m'arriver, je voudrais qu'on respecte ma liberté jusqu'au bout, qu'avec les idées claires je déclare le vouloir et en assumer les risques. Devrait y avoir une carte pour ça, comme on a une carte de donneur d'organes.

J'ai parlé  au début du plus gros problème , que le patient accepte de consulter et continuer  le temps nécessaire et des diificultés à faire accepter une hospitalisation lorsque c'est nécessaire.

 Toi  tu la ramènes , moi ci moi ça avec plein de contre exemples , je suis d'accord il y en a, mais je connais des gens  qui bossent dans ce milieu et je les remercie, je leur tire mon chapeau parce qu 'ils ont permis à beaucoup d'avoir ensuite une vie presque normale, malgré des maladies qui sont installées pour la vie.

 Puis ces malades ont appris à gérer leur situation et quand ça ne va pas ils reviennent tout seuls.

 Maintenant , tu as beau être une grande gueule habillé en  rambo et tout le bazar avec douze couteaux autour du  ventre , si tu pêtes les plombs  on ne te demandera pas ton avis et même ta famille n'y pourra rien.

 Mais puis qu 'on est sur un site de spécialistes de la survie, dites moi  quelles sont les chances de survie d'un gamin d'un peu plus de 20 ans , dans une mégapole , alors qu 'il est complètement dans le gaz ?

   

28 août 2012 à 20:23:53
Réponse #21

Anke


Non Mathias, c'est pas curieux.
Tu parles d'or, car tout au fond, le message est clair. Tu parles du RESPECT des choix de la PERSONNE impliquée. Sauf que, moi personnellement, j'ai du mal à accepter qu'un mec ou une nana ( mon ex en l'occurence) se bousille devant mes yeux... Parce que ça remet en cause ( et tu le dis fort justement ! ) ce en quoi je "crois".
Tu sais, on fait juste comme on peut quelquefois, avec nos propres vécus, nos propres barrières, nos propres interdits, nos propres blessures.
Je crois malgré tout qu'avec tout ça, ficelés dans nos paquets de viande, pour peu que nous soyons bardés de "bonnes" intentions, ces situations ne font, en fait, que nous renvoyer vers nous-mêmes.
Alors, quelquefois, avec toutes nos certitudes, il faut bien reconnaitre que nous ne sommes pas forcément les "bons" interlocuteurs. Parce que trop impliqués dans une histoire, trop dans l'affect, trop dans la souffrance. Alors effectivement, être là simplement et passer la main, mais rester là... présent.
Ce type de situation est difficile pour tous : la personne directement impliquée et les spectateurs.
Alors, oui, il faut appeler des tiers, pour se faire aider, bénéficier d'un éclairage différent. Ma conclusion sur ce sujet sera : Tous, oui, tous, nous avons besoin d'aide et ( et ça c'est un mec d'ici qui me l'a appris dieu le bénisse !) il faut trouver la force, mais aussi l'humilité de l'accepter.

Ce sujet pourrait largement déboucher sur les pbs d'eutanasie... ( le respect) ça se chevauche je crois.
Après tout, nous ne sommes que des humains et nous sommes TOUS fragiles et...éphémères. Essayons de ne pas l'oublier. L'espoir... Tomber sept fois... Mais tu sais, tout le monde n'y arrive pas à se relever huit... Pas tout seul...  ;)

28 août 2012 à 20:35:01
Réponse #22

Anke


Alors la question est : à partir de quel moment peut on estimer que quelqu'un n'est plus/capable de faire des choix "raisonnables" ( et encore, je peux revendiquer le droit de faire des conneries non ?) et au nom de quoi ?

28 août 2012 à 20:35:59
Réponse #23

jacqueline



Mon intervention n'est pas là pour convaincre, mais juste pour faire remarquer que la demande d'internement par un tiers peut avoir des conséquences extrêmement graves, que des personnes ont eu leur vie entière ravagée par ce genre de bienveillance là, que certaines en sont mortes, que d'autres en ont réchappé envers et contre les psys.

Libre à toi d'avoir raison.  :closedeyes:

Bin je connais un Monsieur, plus âgé que moi, qui a adopté l'attitude que tu préconises, et il pleure presque tous les jours. Il a retrouvé son fils pendu dans les bois.  

28 août 2012 à 20:41:22
Réponse #24

jacqueline


Bon on va arrêter là en ce qui me concerne .

 Devant ce genre de question et surtout un certain type de réponses,  ça ne donne plus envie de répondre et après tout chacun sa m*rde. 

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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