Bonjour à tous.
Le week-end dernier, accompagné de mon compère de bivouac, nous sommes retourné dans un des rares espaces forestiers bien entretenus d'Ille et Vilaine, dans le but d'y passer la nuit.
Avec une différence par rapport aux expéditions précédentes: nous ne devions apporter qu'1L d'eau potable chacun.
Le but était, en plus du plaisir inhérent à ce genre de sortie, de progresser au niveau de l'indépendance vis-à-vis de l'eau potable.
Mon pote avait des Micropur Forte, et javais dans l'idée de comparer deux méthodes de traitement de l'eau:
- filtrage bandana + micropur forte
- filtrage sphaigne+charbon
Nous voilà donc à 18h30, bivouac monté, à la recherche de matériaux pour le feu. Bonne surprise, pour la première fois de ma vie, je trouve une souche de pin complètement imbibée de résine ! Récolte intensive de bois gras.

Quelques minutes plus tard, le feu prenait dans la cavité prévue à cet usage, tapissée de pierres, la pelle à portée de main pour éteindre tout départ de feu non volontaire.

On en profite pour sortir nos jouets et comparer les mérites respectifs du réchaud à gaz et de celui à alcool.


Le feu a bien pris, il nous occupera jusqu'à tard dans la nuit.

Problème. L'endroit où nous avons fait le feu était quand même très végétalisé, avec un humus épais riche en racines, qui bien qu'humide (3 semaines de juillet sans soleil chez nous) laissait craindre un feu de litière. Par précaution, nous éteignons le feu complètement, en urinant sur les braises (bonjour l'odeur...)
Et me voilà bien embêté pour mon filtre ! M'imaginant mal utiliser le charbon sur lequel nous venons d'uriner, je me maudis de ne pas avoir mis de côté (genre dans la popote) un brandon incandescent, avec le couvercle par dessus pour passer en anoxie. Bon, trop tard, ce sera donc sans charbon, la séance filtrage du lendemain...
De bon matin, nous nous levons et utilisons les dernières gouttes de notre litre d'eau potable pour le café. Le massif forestier est magnifique sous les premiers rayons du soleil.

Arrivés au ruisseau, ma nalgène désormais vide me permet de prélever 900mLd'eau courante.

La couleur brun/rouge du fond de l'eau est due à la présence de fer dans le sol, et n'affecte pas la couleur de l'eau, qui n'est pas claire, mais pas opaque.
On marche un peu pour trouver de la sphaigne, repérée en grande quantité cet hiver (jusqu'au mois de juin en Bretagne pour ceux qui suivent !). Préparation du filtre.

Surprise ! La sphaigne est... sèche. Pas morte, mais pas gorgée de flotte comme je m'y attendais. Du coup, les molécules antibactériennes qu'elle secrète ne baignent pas la plante, qui est du coup redevenue le refuge d'une faune indésirable: insectes et autres bestioles. Bon, pas de charbon, sphaigne "bôf", on remettra le comparatif à plus tard. Ce sera filtrage tissu + sphaigne + micropur. On a trop soif.



Après moins d'une heure, les 900mL sont devenus 700mL (la sphaigne s'est imbibée d'eau et n'a pas tout restitué au pressage), et la couleur reste jaunâtre. Pas de charbon = pas de captage des particules fines...

On y met le comprimé de Micropur, et 2 longues heures plus tard, on pouvait enfin boire "notre" eau.

Un goût un peu "vert" mais pas désagréable. En revanche, quand la bouche s'assèche dans l'effort, on avait une impression bizarre dans la bouche, façon lendemain de cuite... je ne sais pas si c'est dû à la sphaigne, à l'eau ou au Micropur. On refera des tests !
Merci de m'avoir lu jusque là, pour vous remercier quelques photos...


