Juste une petite remarque : Probablement, avec cet homme, il n'y avait pas que le problème physique mais aussi un trauma mental et/ou une dépression. Il a focalisé sur les médecins pour leur montrer qu'ils avaient tort mais j'ai l'impression que le problème était plus large.
Je te rejoins entièrement dans ton analyse, et pousserait même jusqu’à dire que chez ce monsieur, le problème était essentiellement d'ordre psychique avec un retentissement somatique très important.
Son attitude très théâtrale (débauche de cannes, orthèses, fauteuil roulant,...) ainsi que sa marche et ses mouvements "typiquement atypiques" me confortant dans cette idée.
Ceci étant dit, ça n'enlève strictement rien au courage et la détermination hors du commun dont il a fait preuve pour reprendre sa vie en main. Le résultat est vraiment très impressionnant.
Mais comme l'a justement dit Lily, Il me semble aussi important d'éviter le raccourci qui consiste à penser qu'une personne souffrant d'un handicap, quel qu'il soit, est une personne qui peut retrouver sa vie d'avant. Et si que si elle n'y arrive pas, c'est qu'elle n'a pas su faire preuve de suffisamment de persévérance et de détermination pour y arriver.
Parce que beaucoup d'affections ont un potentiel de récupération nul ou peu important.
Parce que c'est retarder l'acceptation du handicap.
Parce que c'est retarder le retour à une vie "normale", moyennant des aménagements qui doivent eux aussi, être acceptés, et que l'on doit faire accepter aux autres.
Parce qu'entretenir de faux espoirs, c'est tôt ou tard tuer quelqu'un mentalement.
Dans la tête, ne jamais, jamais lâcher, toujours chercher à se dépasser... et dans un même temps, savoir reconnaitre ses limites, savoir les accepter et apprendre à vivre différemment avec... Paradoxe épineux auquel je n'ai pas vraiment de réponse à apporter, et qui, me semble-t-il représente tout l'enjeu de ce fil...
Mon gravier,
Meven