Salut Jco,
Je ne suis pas certain des propriétés que tu prêtes à ta mixture.
Je me permets quelques remarques :
- Solvant + cires, cela ressemble fort à la recette du cirage, comme celui avec lequel on fait briller les chaussures. Je n'ai jamais rien vu ou lu qui me pousse à prêter à une telle mixture des propriétés nourrissantes !
On lui prête plutôt la faculté de servir de "frontière" entre le cuir et le monde extérieur, pour ralentir l'évaporation de la graisse et l'imprégnation de l'eau.
Il paraît que le cirage supporte assez mal les plis, aussi j'aurais tendance si je cire des gants à répéter régulièrement l'opération.
- Avant de mettre quoi que ce soit qui ressemble de près ou de loin à de la cire synthétique sur du cuir, je me documenterais beaucoup. Il me semble que ce genre de produit tend à boucher les pores du cuir, ce qui réduit sa durée de vie.
Pareil pour l'huile de lin, dont je crois me rappeler qu'elle forme en rancissant une pellicule hydrophobe.
- Pour ma part, j'ai repris en la modifiant un peu la recette de baume à lèvres que j'ai trouvé
ici (Merci Svava) comme produit d'entretien généraliste du cuir gras, bois, tissus...
C'est donc pour ma part : - deux parts d'huile d'olive
- une part de cire d'abeille
- une part de beurre clarifié (solution par défaut pour moi, je crois que ça réduit beaucoup la durée de conservation. Du beurre végétal serait sans doute meilleur)
Le résultat est très efficace pour assouplir et nourrir, pénètre en profondeur, mais à mon sens il est un poil trop volatil.
Dans l'idéal, j'appliquerais successivement des mixtures similaires avec des parts croissantes de cire.
- Je connais TRÈS peu à ce sujet, mais je ne crois pas que les huiles essentielles soient interchangeables, même sur du cuir. Une huile astringente pourrait apporter un plus en réduisant le diamètre des pores, mais sur une peau morte rien n'est moins sûr.
L'odeur de plus risque de s'accrocher (ce peut être une gêne, pour le pistage par exemple), et encore cela ne garantirait pas que l'huile reste imprégnée en profondeur très longtemps.
Bref : il faudrait que quelqu'un qui connaisse réellement le cuir ET les HE nous en parle.
- J'émets des doutes sur la capacité de la crème Nivea à nourrir le cuir. Je tendrais à lui prêter les mêmes effets que le lait nettoyant : le nettoyage en profondeur du cuir.
Pour les chaussures en cuir qui brille, on s'en sert pour dégager les traces du dernier cirage avant un graissage.
À noter que le lait nettoyant pour bébé marche très bien (ou peut-être fais-je les choses très mal).
Pour être exact, je pense que de tels produits nourrissent le cuir, mais leur volatilité ne leur permet pas de rester bien longtemps en place. De plus, leur capacité à nettoyer le cirage me laisse soupçonner une comparable capacité à passer au travers.
- Si tu nettoies à l'eau ton cuir, je pense que tu as beaucoup à gagner à attendre d'être bien sûr qu'il soit sec avant de le graisser (ou de cirer).
Je donne peu cher d'un cuir où des poches d'eau sont retenues par la graisse ou le cirage, en terme de durabilité mais surtout
d'étanchéité.
De manière générale, entre deux traitements sur du cuir, le plus il y a d'espace, le mieux c'est.
- Pour l'utilité du savon... ça dépend du savon. Déjà, le savon est lipophile, donc il risque fort de ne quitter le cuir qu'avec la graisse.
Certains savons sont astringents, propriété que l'on peut rechercher (pores plus fins = eau qui passe moins ; pores pas bouchés = cuir qui vit sa vie). À voir d'une part si l'astringence du savon est conservée lorsqu'il fixe une graisse, d'autre part si le cuir est sensible à cette astringence.
On peut aussi attendre de lui qu'il fixe l'eau traversant le cirage, lui interdisant l'interaction avec le cuir, mais pour que cela ait un sens il faut un cirage par dessus la graisse, sans quoi le savon lui-même attirerait l'eau dans le cuir.
Enfin, cela peut-être un truc complètement irrationnel. Sans blague, qui met des huiles essentielles dans l'eau bouillante ?