Bonjour à tous
Situons l'endroit :
La Bretagne: terre des Bretons, administrativement rattachée à la France. ("Etranger, toi qui pénètres sur les terres bretonnes, respecte nos cochons, nous respecterons ta femme !"

).

La Bretagne est à l'Ouest (des fois, complètement, surtout avec du chouchen) mais est aussi à la pointe (on va le voir plus bas

).
Plus précisément, on va aller du côté de Paimpol, Perros etc. c'est à dire dans les Cotes d'Armor


Nous allons donc attérir là bas avec Raiderscout, Guillaume, Mijour et moi-même. Objectif: exercice engagé de survie en zone humide et venteuse à risque léger... ouais bon, en gros, petit WE tranquille en littoral. je sais, le titre était survie, vous comprendrez pourquoi quand je vous narrerai les exploits de Raiderscout, luttant corps à corps dans l'eau contre un animal gluant et furtif ou bien les joutes maritimes intense contre des ennemis armés et surprotegés

En tout cas, cela n'empêche pas d'apprendre pleins de trucs !
Tout a commencé par poser ses affaires dans une jolie maison bretonne, histoire de souffler un peu puis de se préparer à aller chercher de quoi manger. Nous n'avions presque rien prévu à manger et nous avons dû nous nourrir exclusivement des produits de la mer. Nous n'avons pas acheté en plus des produits locaux, comme des fraises de Paimpol, des melons bien mûrs, des baguettes de pain croustillant et du jambon seché comme l'affirment les 18 témoins du marché local...
Je n'ai pas de photos de la greve où nous nous sommes rendus, car pêcher en mer avec un reflex, ca le fait moyen... faudra nous croire sur parole.
Nous voilà donc parti à marée basse pour trouver : du crabe rouge (dormeur), du crabe vert (pas bon), du crabe violet (chinois), de l'etrille (combatif), des anguilles et tout autre chose se mangeant dans le coin.
Croyez-moi ou non, ce fût un moment mémorable. Dans les cours d'eau entre quelques pierres granitiques roses, on soulève un rocher et un joli crabe tente de se faire la malle. Raiderscout l'attrape et nous explique que c'est un dormeur

: il cherche à se raidir et à ne plus bouger si on l'attrape. Le drame survient alors au deuxième rocher...
... A peine soulevé nous voyons Raiderscoute sauter de rocher en rocher, les yeux inlectés de sang, hurlant de rage, frappant l'eau de toutes ses forces de son baton de métal recourbé (un croc), éclaboussant tout sur son passage, le tout avec son petit short de bain moulant

...

...

On comprendra alors peu à peu ce dont il s'agit :

Une anguille. Espèce ô combien vivace. La solution la plus directe est de la frapper sur queue pour l'immobiliser quelques instants. Dans la pratique, la toucher suffit presque : ca va vite, très vite, c'est gluant, très gluant et c'est puissant, très puissant. Et encore était-ce une petite anguille.
Nous continuerons ainsi pour ramasser : plusieurs dormeurs, plusieurs etrilles (hyper combatif comme crabe), plusieurs anguilles (en fait une seule finira dans notre seau, les autres nous échapperont), deux loches de mers

etc. Mijour trouvera un très bel ormeau. Ce mollusque vit accroché aux pierres mais peut se déplacer très rapidement. Il est en voie de disparition à cause de la pêche extensive qu'il en est fait: tant pour son goût paraît-il très fin, que pour sa nacre. L'abalone vaut parfois plus cher que l'or dans certains pays du monde semble-t-il. Raiderscout nous rappelera la règlementation à ce sujet et notamment l'interdiction de son ramassage après le 15 juin. Cela est très strict. Nous reposerons la pierre à sa place. D'ailleurs, saviez-vous qu'il fallait reposer une pierre doucement après avoir retirer tout crabe se trouvant dessous ?
Tout d'abord, retirer le crabe permet de ne pas risquer de l'écraser. Ensuite, la reposer doucement évite le "blast" de l'eau qui chasserait toute la phaune et la flore qui habitait sous la pierre. D'ailleurs, la remettre comme elle était permet de maintenir la vie qui s'y trouvait, sinon les UV auraient vite fait de tuer la plupart des espèces (algues, coquillages etc).
De très nombreuses explications seront données sur la grêve, les algues, les poissons, le biotope local, les laitues de mer, les choux de mers, les algues vertes, les risques avec les marées, ce qu'il faut faire, ne pas faire ou est interdit etc. Très interessant tout ça. Et puis c'est du sport mine de rien. Le tout avec bien sûr un ciel bleu azur et un soleil qui tape fort
comme d'habitude. Quelques coups de soleils en plus...
Citons aussi la naïveté de votre préposé au résumé qui remarque un joli poisson. J'appelle donc Raiderscout et lui demande si celui-ci est mangeable, me baissant pour le ramasser dans notre filet... "PAS TOUCHE" me dit-il. "Fiche lui la paix, c'est une vive..."

On peut ressentir de très violentes douleurs plusieurs années après avoir marché sur une vive. C’est un poison pour le sang. Il peut progressivement paralyser le pied, puis la jambe et aller jusqu’à provoquer des troubles cardiaques et respiratoires.
Bref pas cool mais avec des chaussures, pas de soucis

Nous rentrerons après 1H30 de ballade en même temps que la marée remonte et un seau complet, de quoi nourrir 4 personnes.



Etape suivante: apprendre à les préparer.
Une vidéo est faite mais 1.4Go, j'ai peur que ca ne passe pas sur le forum

En gros, on plante un couteau dans la tête du poisson pour être sûr qu'il soit mort. Puis par le dessous, on ouvre le ventre et vide l'interieur. On coupe la tête. On gratte l'interieur puis direction la cuisine avec de la farine, du sel etc. et une poêle. Simple et bon, bref efficace.
Les puristes nous repprocherons de ne pas avoir fait griller les poissons au feu dans le soleil couchant mais dans le feu, on préferera faire griller ceci:

La recette est chauffer fort peu de temps au début pour caraméliser, laisser refroidir un court instant, cela forme une fine croute à peine colorée et étanche, puis remettre près des braises et l'interieur fond et gonfle jusqu'à devenir coulant. Cela semble facile, mais je vous jure que ce n'est pas facile et réussi à chaque fois. Guillaume et Mijour les réussiront bien, Raiderscout fera brûler le sien

Avec du sucre :

A ce titre, nous avons goûté des spécialités locales mais pas locale de Bretagne: du sucre: des boulettes de sucre (genre roux) avec des noix et un goût de chataigne ainsi que des raisins et pois-chiches grillés. C'est particulier pour le sucre et très bon pour les pois-chiche. La provenance est moyen-orientale.
Quelques fleurs et plantes pus tard (dont la salicorne: sorte de cornichon de mer salé au goût surprenant...), ici, une ??? décorative

La nuit sera courte et le lendemain, découverte des environs aux abords du Trieux :
Nous rentrerons en milieu d'après midi après un WE iodé, d'un temps magnifique, superbe, non sans d'être pris de quoi manger le midi sur Paimpol (une très bonne boulangerie en plein centre), et une digestion sur un point de vue (table d'orientation) après avec dialogué avec des utilisateurs de quads peu respectueux de l'environnement.
L'équipe :

Que de bons souvenirs sur ce WE, de nombreuses infos, des rires de bons coeurs (le poil de Guillaume en photo, la coiffure de raiderscout et ses goûts pour les autres coloris que le kaki ou bien encore sa chasse (violente) à l'anguille)... et sans parler des inévitables comparaison et explication de materiels plus ou moins spécialisés... couteaux, tentes, packs, filtres etc.
Cela nous a fait très plaisir de revoir Guillaume et Raiderscout, et merci à toi Raiderscout pour toute l'organisation impeccable

Nous esperons pouvoir refaire un WE comme ça très rapidement, plus engagé survie que farniente mais le forum est aussi fait pour ça : faire se rencontrer les gens et partager, tout simplement...

PS: je vous invite à relire cet excellent post de Raiderscout:
ici