Et bien voilà, c'est fini. Je suis encore dans un état quasi-second, c'était juste énorme.
Attention, pas mal de photos à venir.
Départ samedi, beaucoup plus tard que prévu. Après avoir trouvé un endroit discret où garer la voiture (dans la cour d'un habitant, avec son autorisation bien sûr), on était partis. C'était tout sauf du MUL: mon sac devait peser 15kgs, les deux sacs de mon pote 20 à eux deux. Après quelques mètre, le début de la route... pleine d'espoirs, saupoudrée de quelques craintes


Une petite demi-heure plus tard, nous arrivons dans une parcelle de forêt plantée de pins maritimes, avec un sol très acide peu favorable à la décomposition des débris végétaux: chacun de nos pas s'enfonce d'une quinzaine de centimètres dans les aiguilles mortes et les fougères. Deux arbres espacés de 5 mètres, un terrain quasi plat, à plusieurs dizaines de mètres d'un chemin. L'heure avançant, pas question de trop s'en poser, ce sera là !

Je tends une sangle en biais entre les deux arbres, on déplie le "tarp" (une bâche de peintre de 4x5m à 4€) plié en deux sur la sangle. Pas de vent, pas de pluie, ouf ! Pourvu que ça dure. Je découpe des petits cylindres de bois et m'en sers pour fixer le tarp avec de la paracorde.

En cas de vent, nous pourrons toujours descendre la sangle pour nous isoler un minimum, là l'abri est ouvert au vent sur... 4 côtés. Peut mieux faire. Une seconde bâche au sol, on déplie les duvets, nickel !

Mon pote part ramasser du bois mort, et démarre fièrement son réchaud tout neuf. Évidemment, le bois n'est pas sec, et dès que ça commence à prendre le vernis dans la boîte de conserve commence à fondre, ça pue et ça fume...


On fait bouillir de l'eau, petit café. Puis on pique les saucisses sur des baguettes de hêtre vert, puis des chamallows... on est les rois du pétrole. 21h30, il fait pleine nuit, on met les sacs et les chaussures à l'abri au fond du tarp, on met écharpe, bonnet, capuche, on met le bas du pantalon dans les chaussettes , on resserre les manches du blouson... et on s'allonge, assourdis par le silence qui règne.


Quelques étoiles, quelques bruits "de la nuit" dans la foret, on s'endort. Réveil toutes les 2-3 heures, les pieds un peu froids, mais toujours ni pluie ni vent. Je suis emm*rdé par mon sac de couchage avec sa grande ouverture par laquelle toute ma chaleur s'échappe. Réveil à 7h15, tout est trempé autour de nous, on avait mis du bois "sec" sous plastique, on redémarre le réchaud, on fait du café et on gobe nos nouilles chinoises et une barre de céréales.

Grand ménage de printemps, dans le but de ne laisser aucune trace de notre passage, et on repart.

Plein nord sur trois kilomètres, le temps de trouver un ruisseau que nous suivrons sur huit kilomètres jusqu'à un lac. Mon sens de l'orientation me joue des tours, la boussole me rend fou, j'ai l'impression de faire une grande boucle. Bien plus tard que prévu, on finit par trouver ce fichu ruisseau !

Quelques mètres plus loin, ça se complique. Sérieusement. "Sont étanches, tes chaussures ?"



Bon, on ne s'enfonce pas trop, on a les pieds mouillés mais ça va. Sur le chemin on croise un sanglier qui s'ébrouait dans l'eau (il nous a surpris, on croyait que c'était une cascade !) et quelques Lathrées clandestines en début de croissance.

On doit parfois s'éloigner d'une bonne centaine de mètres pour éviter des zones de broussaille ou des zones inondées. Mais on suit notre ruisseau.




Une surprise: des pontes de grenouilles rousses dans des zones plus stagnantes:


Le ruisseau s'élargit et le courant faiblit.

C'est ça, de l'amadouyer ?

Notre côté du ruisseau devient impraticable, pas envie de faire demi-tour mais il est devenu sacrément large, et la profondeur apparente est d'une trentaine de centimètres. Un arbre tombé là nous servirait de passerelle (au moins jusqu'aux 3/4 du chemin

)


Sans commentaire, on est trempés (j'ai à fait à peine mieux

)
Et nous voilà enfin au lac ! Il est environ 13h.




On sent qu'on se rapproche de la civilisation, certains apprentis Bear Grylls sont passés par là:


Un dernier franchissement acrobatique, une lathrée clandestine plus avancée que l'autre, un petit oiseau, et on s'éloigne de la forêt et de notre aventure. C'est certes loin des vôtres, rien de palpitant pour des aventuriers de votre trempe, mais à notre petite échelle de débutants, c'était un premier pas vraiment passionnant.



A bientôt !