Salut!
Bon, ça... c'est fait!
Nous sommes partis samedi matin et avons garé la voiture à Gambais, dans le 78, en limite N-O de la forêt de Rambouillet.
Ni l'un ni l'autre ne connaissions cette forêt et c'est un simple repérage sur le logiciel IGN Rando couplé aux photos sattellite de Geoportail qui nous a donné une vague idée de ce qui nous attendait.
A 10h00, sacs au dos, nous décollons du parking pour emprunter une départementale qui s'enfonce dans les bois, et de là prendre le premier sentier venu. Seulement, les cartes IGN n'indiquent pas les propriétés et nous devons marcher environ 2 km car à droite comme à gauche des barbelés et des pancartes "propriété privée, défense d'entrer" ou encore "chasse gardée, tir à balles" nous dissuadent.
Au premier sentier "public", nous quittons la route. Une petite pause pour sortir des sacs les appareils photos et télé-objectifs, le couteau de camp à la ceinture, remettre les coupe-vents imperméables mais bruyants dans les sacs. Le temps, très humide en début de matinée (il pissait comme vache qui pleut quand je me suis levé) s'arrange progressivement.
Nous profitons d'un GR pour nous enfoncer d'avantage dans la forêt et le premier groupe de randonneurs bruyants que nous croisons nous incitent à sortir des sentiers battus.
Nous longeons un ruisseau pendant un moment en essayant d'être le plus discrets possible, mais il y a encore beaucoup de progrès à faire dans ce domaine et je maudit intérieurement le pantalon de rando synthétique de Xavier qui bruisse comme un k-way! La progession avec les sac à dos est parfois maladroite sous les branches basses mais pas tant que lorsque nous devons traverser le ruisseau sur un tronc d'arbre glissant avec l'appareil autour du cou... un faux pas et c'est la balade la plus chère de l'année!
Autant vous dire qu'avec le bruit que nous faisons, malgré nos précautions, il n'y a plus un escargot à 100m à la ronde!
Au bout d'une heure, nous avons complètement oublié la carte, nous débouchons sur une immense plaine couverte de fougères d'où sortent çà et là quelques bosquets.
Selon nos maigres connaissances, nous supposons que celà peut être un bon spot et nous commençons à l'explorer. Un arbre solitaire aux branches basses nous paraît être un bon endroit pour se poser quelques minutes afin de se laisser le temps d'observer. C'est à ce moment, qu'au détour d'une coulée, nous entendons du remu-ménage dans un bosquet de jeunes bouleaux... Xav' et moi nous arretons sur place comme l'épagneul moyen sur une bécasse! J'empoigne l'appareil et anticipe la mise au point et les réglages. Ce c*n de 300 ne trouve pas à se caler, je passe en manuel et là un cerf accompagné de 3 ou 4 biches sort du bosquet, je fais la mise au point et shoote! J'aurais le temps de prendre un cliché, pas 2! Je ne sais pas si elle est réussi ou pas, c'est l'inconvénient de l'argentique... Mais l'apprentis photographe naturaliste que je suis est heureux car c'est la première fois que je vois un cerf et, flou ou pas, sur-exposé ou sous-ex', cadré ou non, il est dans la boîte!
Il est 11h00 environ, grosse émotion! Nous nous arretons 5 minutes et envisageons les alentours. Pour ce soir, il sera préférable de se poster à la lisière. Nous quittons lentement cette plaine,, où les fougères sont aussi hautes que nous, en tombant sur un chemin qui monte vers les bois.
Nous passons la journée à arpenter les sous-bois autour de cette plaine pour estimer le meilleur endroit pour un affût photographique.
Nous finissons par nous poster au pied de 3 jeunes bouleaux et contruisons un affût temporaire à l'aide branches et de fougères. Je suis très sceptique sur la possibilité de voir des animaux ce soir car j'imagine que nous avons dû faire fuir tout le monde. Qu'à celà ne tienne, nous aurons au moins l'avantage de profiter du coucher de soleil avec une vue magnifique sur tout le vallon. Il est 16h00, nous laissons l'affut pour retourner dans les bois afin de trouver un coin où monter le tarp.
C'est sous un chêne aux branches basses que nous décidons de nous installer. C'est aussi vraiment la première fois que nous allons dormir sous un tarp.
Il y a bien une nuit, lors de notre rando en canoë cet été où nous avons delaissé la chaleur de nos tentes pour dormir sous le tarp avec un montage très simple: 2 piquets devant, en appuis derrière.
Ce soir, nous voulons compliquer un peu le montage pour être un peu plus abrités. Je cherche à reproduire le tunnel en A avec un côté fermé dont j'ai vu les photos dans "Carnet d'Aventures" N°7". Et bien on est commes des idiots et notre tarp ne ressemble à rien! quand on tend d'un côté, ça s'avachi de l'autre! C'est quand même pas l'effet chimpanzé? on a même pas encore pris l'apéro!!! Bref, finalement, on arrive à quelques chose de vaguement ressemblant et de bien tendu... Malgré tout, il va falloir s'entrainer un peu!
Vers 18h00, nous regagnons prudemment notre affût. le matos photo est prêt... l'apéro aussi: le rhum est servi, le saucisson coupé, il ne reste plus qu'à patienter en profitant des couleurs magnfiques que le soleil nous offre!
Au bout de 2 heures de patience sans avoir vu, ni entendu le moindre signe de présence animale, je propose de retourner au camp. Je ne sens pas ce coin, même si ça devait être interessant, je pense que nous avons fait fuir le seul cerf du coin ce matin, et quand bien même il pourrait y en avoir d'autres, nous n'avons pas été suffisamment discrets, à mon avis, pour nous faire oublier pour ce soir...
L'idée, c'est qu'au lieu de passer la soirée dans ce coin où nous ne verrons rien, c'est de se coucher tôt pour se lever suffisament tôt demain matin et avoir une chance d'en surprendre un au détour d'un sentier...
De retour au tarp, nous allumons un feu en expérimentant l'oeuf de Manise (dans une boîte de peloche)

je ne suis pas prêt de m'emmerder de nouveau avec du magnesium avant un moment!!
Le Grave accompagne parfaitement le cassoulet de Castelnaudary, une petite clope et au lit!
Nous entendons quelques brâmes, mais très lointains...
Il ne fait pas froid cette nuit car même si je dors en gardant mon pantalon et mon t-shirt, dans mon vieux duvet décathlon acheté 300 francs il y a 10 ans et dont la fermeture est naze, je n'ai pas eu froid. Ce sont le ronflements de Xav' qui m'ont empêché de dormir! Lorsque le réveil sonne à 06h, je lui signifie que là, c'est pas possible... on se rendort jusqu'à 07h30...
Réveil et levé de camp rapide. L'avantage du tarp par rapport à une tente, c'est que, même si on ressemble à une poule qui a trouvé un couteau lors des premiers montages, le rangement est beaucoup plus rapide qu'une tente. On se réchauffe un peu de café, 2 barres de céréales et on y va!
Le temps est superbe, et le soleil encore bas éclaire les sous-bois qui prennent des reflets magnifiques avec leurs premières teintes d'automne.
Nous arpentons les chemins et sentiers au rythme de l'approche, une dizaine de pas, une dizaine de secondes de pause et d'écoute. Le problème, dans cette forêt de chênes, ce sont le glands! Même en marchant en chaussettes, on a l'impression de piétiner un tapis de gâteaux secs... On s'efforce au maximum de quitter les sentiers pour faire du "hors-pistes". A un moment, j'aperçois au loin une harde de sangliers qui déboulent sous les arbres.
En fin de matinée, nous quittons l'abris du sous-bois pour pénétrer dans une nouvelle zone de fougères. Celle-ci est sillonnée de plusieurs chemins très passagers puisque couverts de traces de chevaux, de vtt, et même de moto. Pourtant, nous réussissons à trouver les vestiges d'un chemin qui n'est plus emprunté par les humains. La végétation le recouvre partiellement, et quelques troncs de bouleaux l'entravent.
Xav' marche 15m devant. En enjambant un tronc, il fait craquer une branche! A ce moment, un cerf sort la tête des fougères! il a vu xavier, mais pas moi. Il remonte en diagonale, suivi d'une ou deux biches, vers le chemin que nous avons quitté auparavant, perpendiculaire à celui où nous sommes actuellement. Je me baisse, laisse le sac à dos et prend juste mon appareil, le 300 et le monopode. Je remonte, tête baissée, ce vestige de chemin. Avant l'intersection, je me prépare: casquette camo sur la tête, foulard camo sur le nez, gants, vitesse d'obturation au 350è... A l'intersection, je sors la tête et l'appareil prêt à déclencher: rien... Je m'engage donc sur ce chemin, tête baissée. J'entends du bruit pas très loin et je jette un oeil sur le champ de fougères, il est 10h00 est j'ai le soleil dans le dos, encore bas. Le cerf trahit sa présence par une dizaine d'andouillets blancs qui dépassent des fougères. Il se dirige vers moi, j'ai le coeur à 180 et me prépare en le suivant à travers le colimateur. A une vingtaine de mètres de moi, il sort la tête et regarde autour de lui. Il me regarde, je n'ai que la tête qui dépasse des fougères en contre-jour et il doit se poser des questions. l'autofocus fait des DZZZZZZZ DZZZZZZZ bien peu discrets, la mise au point est faite, je déclenche! la tête de l'animal plein cadre! Le bruit du déclenchement le fait fuir à grands bonds et il disparaît dans le sous-bois en contre-bas. Je ne sais pas si j'ai fait la mise au point sur l'oeil de l'animal ou sur la fougère juste devant, je ne sais pas si j'ai bougé au déclenchement, je ne sais pas si j'ai sur-ex' ou sous-ex', en définitive, la photo est peut-être complètement râtée, mais en tous cas, dans le viseur, c'était magnifique! L'action qui a suivi reste un moment très fort et conforte mon envie de me mettre à la chasse à l'arc, ce qui me titille depuis quelques années.
Je retourne voir Xav' en récupérant mon sac à dos au passage. Nous échangeons nos impressions en chuchottant, moi encore essouflé par ces émotions. Il n'a pas pû shooter et s'est contenté d'admirer.
Nous finirons la journée en simples randonneurs, l'appareil prêt à shooter quand même... on ne sait jamais...
Dans l'après midi, nous parcourrons une zone de forêt magnifique, vallonnée, à la végatation très variée. Malheureusement, l'endroit est encore truffé de clotures, nous faisons quelques entorses aux consignes des panneaux, mais c'est par un chemin large et bordé de barbelés que nous regagnons progressivement Gambais.
Nous avons passé un week-end génial, peinards en pleine nature où, aux portes de Paris, nous n'avons pas croisé grand monde. Je regrette simplement de n'avoir pu voir des animaux qu'en les dérangeant, ce qui n'est pas très éthique en cette période de reproduction. Mais il n'était pas gagné d'avance d'en voir autrement sans connaître le terrain.
Ce qui me casse le plus les pieds, ce sont toutes ces zones de forêt privées où il est fortement déconseillé d'entrer, sinon proprement interdit!
Ce n'est pas la première fois que je détermine des parcours de rando sur une carte et que je sois confronté à une cloture sur le terrain...
J'ai hâte de voir le résultat de mes photos. Mais cet inconvénient qu'a l'argentique par rapport au numérique en fait aussi son charme... Je les mettrais en ligne quand je les aurais.
Pour l'année prochaine, je pense que nous allons multiplié les rando de reconnaissance dans le coin!
Merci à ceux qui ont eu la patience de lire jusqu'au bout!
