Quand je quitte le crêt, la fatigue commence déjà à se faire sentir et je sais que je ne veux pas renouveler l'expérience de marcher jusqu'à ma limite. Je décide d'atteindre le Bessat et son col de la république et l'un de ses petits ruisseaux environnant pour poser le sac pour la dernière fois de la journée.
Ma descente se fait rapidement, j'ai quitté le versant nord et note très clairement le changement de végétation (Montagnard --> Forêt Epineux (sapin & quelques pins sylvestre)). Il est 17h et je commence à être crevé, je suis à 3 Km de mon objectif. Néanmoins, je décide de me dire ce fameux "STOP" et de me trouver un petit lieu de bivouac immédiatement, pas la peine de continuer et de n'y prendre aucun plaisir.

Je check ma carte et repère, dans un vallon juste à coté, un ruisseau...100 m de dénivelé plus bas...Tant pis, ça me fera les jambes demain matin

Bien que la pente soit rude, j'espère trouver une petite terrasse à proximité du cour d'eau. Je décide donc de m'élancer dans cette nouvelle aventure, je coupe encore une fois à travers la forêt. Un tapis ronce empêche pour l'instant toute installation, et je n'ai, de toute façon, toujours pas à trouvé cette fichue flotte. J'essaye de repéré le coeur du vallon. SI cela est plus qu'aisé sur la carte, ça l'est beaucoup moins une fois dans la verte... Finalement, la végétation caractéristique d'une zone humide (grandes fougères, et puis ces espèces de grandes herbes fines et allongées dont je ne connais pas le nom) me permet de me mettre sur la piste. Si il n'y a pas encore d'eau de surface, la source ressortira quelque mètres plus loin...et le miracle se fait effectivement, comme par magie, l'eau recherché sort de terre, celle du "château d'eau" de la région.

Il ne me reste plus qu'à trouver une zone un peu prés plate et dégagée de ronces, et encore une fois, comme si cette sortie était bénie, je trouve l'endroit parfait à 10 M de la source. Ce sera là.
Il commence déjà a faire sombre en cette fin d'été, je me met donc au travail rapidement. Mais avant, j'enfile polaire et bonnet (que je quitterais pendant les phases de travail...) . Il fait déjà frai et la proximité de la source, associé à l'humidité de cette forêt, n'arrange rien.
Je prend la décision,au final, de faire un feu, même si j'avais un réchaud dans le sac...histoire de se réchauffer, et puis parce que, quoi qu'on en dise, ça l'fait grave plus
roots racine

Là rentre en jeux ma hachette Fiskar...et bien je ne suis pas conquis

Habitué à la scie de mon couteau suisse Wenger pour rassembler mon bois, j'ai eu l'impression de m'épuiser inutilement à couper parfois des branches pas si grosses que ça... Bon, je n'ai surement pas la bonne technique, m'enfin quant même...
Bref, je n'ai pas beaucoup utilisé la hachette, la forêt étant exploitée j'avais suffisamment de branches d'élagages au sol et pas trop pourries tout autour de moi pour me faire un tas de bois assez conséquent sans effort.

Ce petit test, m'aura finalement décidé d'une chose le couple couteau de camp + scie pliante sera beaucoup plus polyvalent et efficace qu'une hachette.

Après avoir rassembler le combustible, construisons le foyer ! Décidé à coucher à coté, je n'ai pas très envie de me transformer en torche humaine, ni de mettre le feu à la forêt.
Je commence par creuser un trou dans cette terre meuble et humide d'une bonne vingtaine de cm puis de l'entourer de pierres. En creusant, le sol me raconte son passé, il y a déjà eu un feu par ici. Une strate de 10 cm d'épaisseur est entièrement composée de charbon et parfois de gros morceaux de bois carbonisés..feu de forêt important ou juste un feu fait par les exploitant forestier ? Sais pas, mais cela m'incite à redoubler de prudence. L'outre de 10 L remplie à la source est prête (et me servira d'oreiller accessoirement).

Entre temps, la luminosité à bien baissée avec la température. Il est de faire naitre mon compagnon de cette soirée. Rien de trés "bouchecraft" dans l'allumage : morceau de coton + parafine, bic, brindille et en avant !

Mais je n'avais pas pensé à une chose avant de me mettre au travail. Etant dans un vallon, un courant d'air trés léger (presque imperceptible) mais continu dirigera la fumé au pied de la montagne. Et moi...comme un newbie, je place le feu à flanc de colline et moi devant, en plein courant d'air...

Heureusement pour moi, la fumé me passera au niveau des jambes une fois couché...mais j'aurais encore appris un truc en ce soir là.

Passons à l'aménagement du couchage. Je dois avouer que pour cette partie, j'ai été un peu négligeant. Un quart d'heure de travail en plus m'aurait éviter de me réveiller souvent à cause du mal de dos.

Je n'avais pas prit de tapis de sol, ce confort me parait superflu pour une nuit et encore une fois...ça fait vachement plus aventurier

. Je commence par arracher les rares pousses de ronces présentes à cet endroit, je "balais" la masse de feuilles et d'épines humides en décomposition jusqu'à arriver à la terre
"sèche" moins humide. Puis, je m'en vais couper les fougères qui poussent en massent aux alentour du ruisseau que je dépose simplement au sol. Bien que j'avais
l'explication de notre ami Dieselen tête, la fatigue me pousse à faire ça à la va vite...

En dernière couche d'isolant, je rajoute ma fidèle "Space Blanket".
Avec le recul, je me demande si balayer la couche d'humus a été une bonne idée.

Certe elle était humide, voir carrément mouillée par rapport à la terre d'en dessous, mais au final c'est un sacré bon matelas... et isolant ?


Avant que les derniers rayons de notre soleil n'éclairent les environs je vais récupérer une branche qui me servira à faire pendre ma tambouille, le petit système réalisé, il est temps de passer à la bouffe, je meurt de faim !

Au menu, petits pains au lait + chocolat en entrée et pattes sauce moutardes en dessert

... m*rde j'ai oublié la cuillère !

Concernant la tambouille, j'en suis bien content pour un premier essai et un premier nettoyage. Compact et fonctionnelle, se lave facilement. Même si l'espèce de peinture grise mâte va pas faire long feu...avec le feu.