bon, ben voila..mon petit récit de cette minuscule échappée en foret de St-Hubert..qui sert en meme temps de retex sur un surin..et de petit récit distrayant et bucolique..
Mon matos: détaillé dans un autre post!
http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,36856.0.htmlle surin, acquis auprès d'un membre du forum
j'ai trimballé durant plus de dix ans, ce que je continue à considérer comme le plus beau couteau du monde :un Randall N°14..si beau qu'on hésite à bourinner avec, et pourtant, je vous l'affirme derechef: on peut!
Uniques défauts: trop "visible»: beau cuir de l'étui, garde massive en laiton..rien de discret!
Le Strider acheté donc récemment pallie pas mal: brélé sur le sac(ma position favorite), son étui qui a le même coloris beige que mon sac s'y fond miraculeusement, idem pour la paracorde du manche..c'est vraiment un plus pour un port de la sorte: pour une personne non avertie, le schlass est invisible..et c'est l'effet que je recherchais.
mais revenons à cette mini rando
improvisée
suite d'un coup de raz le bol
bref
je descend du train en gare de Jemelles
et prend à droite sur 800 metres(vous vous en foutez, bien sur..mais c'est façon de vous expliquer:je connait assez bien la région, mais surtout, j'ai eu envie de mémoriser la carte et de me faire un petit exercice de mémo)
Je tourne enfin à gauche: ça y est, je suis dans les bois..le terrain monte, je sent que ça fait trois mois que, pour diverses mauvaises raisons, j'ai arreté l'entrainement..et je la paie un peu (pas trop en fait, mais je le sent)
J'arrive au lieu dis "le monument Britannique", j'ai déja surpris deux biches
la soirée est bien avancée
je vais me faire à bouffer, sur un feu minuscule .Je battonne donc un peu, surtout pour tester mon surin(hors cette occasion, j’avoue que je ne me livre jamais à cete activité).Le manche en paracorde est d'une tenue correcte(sans plus), mais, encore une fois, sortant de dix ans avec l'ergonomie parfaite d'un Randall...
La scie au dos de la lame est inutile et inefficace (je me sert du reste de celle de mon multitool)..par contre, la lame est incomparable!
Il est des surins que l'on hésite un peu à pousser..cette barre à mine là..on en à envie!
et il est d'une efficacité incroyable dès qu'il s'agit d'attaquer du lourd..15 minutes et mon p'tit tas d'bois est prêt!
Coton vaseliné, un coup de firesteel et c'est partit
Feu discret semi enterré, l'eau bout pour mon café, et une boite de "gridelstroupelheisensuppe"(je ne suis vraiment pas doué pour le germain)..un truc qui ressemble à de la potée et est extrait des rations de combat de l'armée allemande, mijote..pas mauvais du reste, et bourratif.
Fidèle à une vielle habitude, j'installe mon bivouac à bonne distance de l'endroit ou j'ai mangé. Une sapinière avec un petit ruisseau..Poncho ABL en tarp et je me glisse avec délice dans mon sleeping bag, grille deux cloppes et je me met à roupiller comme un bienheureux. Vers deux heures du matin, je suis réveillé par le bruit sympathique des gouttes sur mon tarp!Une ondé passagère JE ne sais pour vous, moi, ce bruit, c'est un moment de bonheur pur..Je pense à ce moment aux gens du forum qui parlent de "se fondre dans la pacha mama"..Je me rendors! J’ignore encore que pas très loin de moi, cette petite ondée est diversement appréciée, n'anticipons pas!
Réveil vers cinq heures trente.
Encore douillettement allongé dans mon sac, la tète calé sur mon oreiller fait de mon pantalon roulé dans mon chèche, j'observe , à plat ventre, une laie suitée (quatre marcassins) qui défile tranquille à moins de trois mètres de moi..
Sept heures, je me lève et range mon bordel..les bruits de mon poncho dérangent un couple de biche proche, qui fuit en grand fracas.
Je me met en route, dans le but de me trouver un coin peinard pour le p'tit dèj', je ramasse durant cet intervalle, mousse sèche, brindilles et écorce de bouleau qui prennent place dans la poche de cuisse.
Une petite butte avec trois conifères entourant un creux de trois-quatre metres de diametre:parfait..une fois de plus, mon gros couteau débite de quoi faire un petit feu avec efficience: pourtant, s'il parait lourd(donc efficace pour ce job), sur la balance, il ne pèse que 50 Gr de plus que mon Randall(oui, je sais..que voulez vous: c’est mon mètre étalon celui là!!)..sa lame épaisse bâtonne vite et bien..
Je suis occupé à cette besogne ancillaire quand je suis dérangé dans ma besogne!
Une jeune fille, dans les 20-25 ans (trop jeune à mon gout) marche vers moi, vétue d'un gilet de laine bleue et d'une robe qui me fait penser à Laura Ingalls dans "la petite maison dans la prairie"
lunettes, cheveux noirs bouclé emmêlés..l'air misérable de celle qui n'as pas vraiment dormis et s'est fait rincer par la (minuscule) ondée de la nuit. Elle demande la permission de s'installer prêt du feu que je termine de préparer.
J'acquiesce (bien sur)
Catherine(c’est son nom) observe curieusement lorsque je tire de ma poche les brindilles sèche, les écorces et l'amadou que j'ai glané en chemins entre mon lieu de bivouac et cet endroit.
coton vaseliné, firesteel et c'est partit!
L'eau chauffe pour mon-enfin, notre- café matinal, et j'ai droit à un regard encore plus curieux lorsque j'allume ma première cigarette du jour avec mon zippo:quel est cet olibrius qui fait partir un feu avec ce truc à étincelle alors qu'il a un zippo en poche, fait du petit bois avec un couteau aussi long que son avant-bras et à l’air frais et dispo alors qu’elle….. ?
Autour d'un grand quart de café brulant, elle m'explique que pour fêter la fin de ses examens, elle devait partir faire de la "survie"(je souris intérieurement à l'audition de ce mot) avec un copine qui s'est dégonflée au dernier moment .Elle est donc venue seule dans ces bois hier matin, s'est complètement paumée et a passée une nuit atroce!
Je tente de lui expliquer comment rejoindre le village le plus proche sur la carte(dans n’importe quelle direction, 5 Km mènent à une route), elle m'exhibe alors la sienne, un de ces dépliant fournis par les offices du tourisme sur lesquels de jolies promenades sont indiquée avec des flèches.
Bref, à la fin du café, il est convenus qu'elle m’accompagnera jusqu'a ??
Nous prenons donc la direction du Fourneau st michel:j'ai l'intention d'y manger ce midi..le terrain est facile et descend en pente tout au long de l'itinéraire vers ce lieu..
10h30:halte le long d'un ruisseau. J’en profite pour étendre dans une tache de soleil tout mon équipement afin d'un extraire la moindre humidité..c'est aussi un vieux réflexe. Même si l'on dors au sec, la sueur dans le sac de couchage suffit parfois à donner une sensation crue au coucher. Ma nouvelle compagne m'imite, ce qui me permet au passage de mesurer l'inconséquence de son paquetage:
hors le gilet et la robe déjà mentionnés, ainsi qu'une paire de chaussures correcte ma foi, son sac (pas bien grand..elle est MUL sans le savoir) contiens
-une bouteille d'eau en plastique
-des sous-vêtements de rechange
-deux boites de raviolis d'une marque aussi connue qu'ignoble
-un sac de couchage modèle "couverture à fleur pliée en deux) dont la fermeture éclair est cassée
-un opinel et une cuillère
-une bouteille (entamée) d'excellent Whisky du Kentucky
-un matelas mousse
J'ai choisis à dessin le lieu de halte, le ruisseau y forme une vasque .Je me fout à poil et m'y trempe en entier.
Catherine(c'est son nom) me regarde un instant, un peu interloqué par ce mec qu'elle connait à peine et qui se fout à poil aussi rapidement.
Je m'ébroue dans l'eau, glaciale d'ailleurs...Elle hésite un instant, puis, se mettant dans la même tenue que moi, elle me rejoint dans la flotte.
J'en sort, me sèche avec mon T-Shirt que je fait ensuite sécher au soleil, remet mon pantalon. Catherine en fait autant.
Nous paressons dans un tache de soleil en fumant des cigarettes avant, tout étant parfaitement sec, de reprendre la route.
Midi : nous sommes au fourneau St Michel. Si j’ai eu l’espoir que Catherine profiterait des l’endroit pour prendre un bus et rejoindre la civilisation, j’en suis pour mes frais. Elle a l’air de considérer comme fait acquis de poursuivre avec moi.
Dépôt du sac d’emballage de la ration de l’armée allemande qui contient les déchets. Les déchets suivant tiendront dans l’emballage d’un plat lyo."Emprunt "de quelques longueurs de PQ
Apéro aux myrtilles, Omelettes « do vi ferdinant »(spécialité du lieu :patates, lard, oignons, pékèt).Paresse à table jusque 14 Heures. De Nombreux randonneurs passent devant la terrasse de ce sympathique établissement :je pense au forum et me demande si certain d’entre eux en sont membre.
En route, direction Poix st Hubert par les bois. Je trace la route à l’azimut jusqu’au coude d’un ruisseau, que nous remontons plusieurs heures .Beaucoup de gibier, essentiellement des biches.
Feu au bord du ruisseau, repas lyophilisé.
18 heures, montage du bivouac dans un bois de sapin, sous trois arbres plus grand que les autres, au milieu d’ue légère dépression. Sous le tarp, j’étant ma housse de sac à coté de moi, pour isoler ma compagne de l’humidité du sol.
Nous attaquons la bouteille de bourbon de Catherine.
Nuit tranquille. Au réveil, je constate que Catherine s’est collée à moi, la tète sous mon épaule, et une jambe impudiquement jetée en travers de moi. Elle trouve cela tout naturel. Il n’y a rien de sexuel la dedans, mais plutôt une attitude qui ressemble à celle d’un chat.je pense à un Film ou John Wayne se trouve dans la même situation et est qualifié de « confortable »..
Café..
Passages de tourbière habitée par de nombreux sangliers, puis descente vers Poix St Hubert, ou nous arrivons vers 11 Heures .
Par acquis de conscience, je consulte les messages de mon téléphone portable :je ne comtais rentrer que demain matin mais le devoir me rappelle douloureusement à la réalité :préparation du défilé du 21 juillet.

Fin de l’histoire, demain il faudras reprendre le collier !