je pense que ce qui est pas mal c'est de visée un point en aval de la ou on est ainsi on résiste moins au courant.
Mon expérience a moi se limite a de la trempette l'été avec les cousins pour faire des barrages
, du canoë, et du canyoning.
Salut a tous !
C'est pas toujours une sage idee

. On a beaucoup moins d'equilibre en se presentant le dos au courant, le risque de chute est beaucoup plus grand.
Le post de David est tres complet, a lire absolument. Le sujet est tres interessant, car suivre des cours d'eau est parfois le seul chemin que peut utiliser l'explorateur, ou celui qui cherche a retrouver la civilisation. Souvent, les cours d'eau ne sont pas praticables en embarcations, trop rapides, chutes d'eau infranchissables, etc. Malheureusement, parfois le terrain ne l'est pas beaucoup plus. Il faut lors ce frayer un chemin par la riviere.
J'ai du recemment remonter un affluent du Huari-Huari, au Perou sur de nombreux kilometres. L'eau etait sencee etre basse, malheureusement pour moi la saison des pluie se prolonge, et l'affluent en question etait tres fort apres des pluies subite, avec parfois, et au maximum, de l'eau jusqu'a la taille. Autour, la vegetation est simplement inextricable, ce qu'on peut appeler la pure jungle. Vegetation beaucoup plus dense que la foret Bresilienne, ou Guyanne, ou etc, dans lequel on est ralentit, mais on avance. La, avancer de quelques dizaines de metres peu prendre des heures au machete, et les paroies d'une vallee rongee par un torrent sont souvent abruptes. Bref pour la premiere fois j'ai ete confronte non pas a traverser un cours d'eau, mais a marcher dedans, comme solution la plus simple et probablement la plus sur, en tout cas d'apres mon jugement a ce moment la et des divers facteurs. Et j'ai pris le temps d'y penser

Tous les conseils vu plus haut sont de rigueur. Premierement, s'armer d'un bon baton. J'en choisis un
solide (les appuis dessus seront prfois tres fort), bien droit, qui fait ma taille environ.
Ensuite, dans ce cas de figure c'est evident, garder ses chaussures... Meme si les galets etaient relativement arrondis par l'errosion, marcher plusieurs jours de suite pieds nu sur des galets, mes pieds n'y sont pas habitues, je ne peux pas, ou alors je finis la marche en boitant. Et je pense que c'est le cas de la plupart d'entre nous.
Pour les chaussures, et vu le terrain, j'utilisaient des bottes en caoutchouc basiques, trouees volontairement pour l'evacuation de l'eau.
J'ai egalement utilise les sandales classiques en pneux de voiture, "ojota". Je les securisais avec une cordelette autour de la cheville (genre leash de palmes de bodyboarder), au cas ou. Elles tiennent bien au pied, mais je prefere de loin la solution bottes ; lorsqu'on se retrouve face a une chute d'eau, il faut contourner par les bois, et c'est la ou les bottes sont utiles de par leurs protections superieures (vegetation, insectes, serpents dans une moindre mesure mais pourquoi pas), et que les ojotas sont vraiment tres moyenne.
Un pantalon offre beaucoup plus de resistance sous l'eau, je dirais meme que dans un courant fort la difference est considerable ! Se mettre en sous-vetements n'est pas une mauvaise idee, et remettre le pantalon pour passer dans la brousse au besoin (franchissement d'obstacles majeures).
En ce qui concerne la technique de progression, voici ma maniere de proceder. Bien souvent, remonter un torrent signifie simplement le traverser plusieurs centaines de fois par jours. Cela est a prendre en consideration, lorsque l'on sait que une seule traversee est potentiellement dangereuse. On zigzague simplement d'interieur de courbes a interieur de courbes de la riviere, la ou les alluvions sont deposes. On marche le plus loin possible sur la plage formee par ce depot, et l'on traverse de nouveaux pour rejoindre la plage suivante, etc.
Pour traverser, plusieurs choses sont a prendre en consideration.
Premierement,
l'eau deplace des quantites de roches incroyables. Dans mes souvenirs, lorsque la vitesse d'une riviere est seulement doublee, sa force de deplacement est multiplie par 50. Il faut preter attention a ne pas traverser face a un obstacle immerge (rendu visible par l'ondulation de l'eau passant par dessus) lorsqu'on entend clairement de gros blocs rouler sur le lit de la riviere, le risque d'avoir la jambe prise en etaux est important.
Ensuite, on peut, je veux dire on doit, choisir son endroit. Lire la riviere a la maniere d'un chercheur d'or peut-etre utile, en cherchant les zones de depressions du courant. Ces zones sont plus communement :
Interieur d'une courbe,
Zone d'elargissement, meme sensible, de la riviere.
Derriere un obstacle, ou un ensemble d'obstacles tel que plusieurs blocs repartis en travers de la riviere, meme si ils ne sont pas alignes sur un meme plan.
Zone de faible profondeure, meme si le courant parait fort, moins de surface de corps immerge, beaucoup moins de force exerce, logique.
Un changement, meme sensible, de la vitesse du cours d'eau, comme par exemple juste derriere une portion particulierement rapide.
Proeminence quelconque de l'une des rives (afleurement rocheux saillants, etc).
De maniere generale, le courant est ralentit voir inverse proche des rives, bien que dans un torrent ce phenomene soit leger, il est a prendre en compte egalement.
Parfois, c'est la ou la riviere semble le moins traversable (visuellement j'entends, remous, vague, ecumes, etc) que se trouve le spot.
Attention, parfois la ou l'on pense pouvoir utiliser un obstacle et passer derriere, il se trouve que le courant de chaques cotes de l'obstacle en sera d'autant augmente. Mais, cela offre la possibilite d'une traversee en 2 temps, avec les portions rapides a traverser un peu plus fortes mais de fait beaucoup moins larges. C'est au bon jugement de chacun.
La technique de traversee en elle meme, d'apres mon experience : face au courant, les jambes espacees mais pas excessivement, le baton plante fermement en amont et le corps donnant un angle dans cette direction. Dans le courant fort, je conseil de marcher en pas chasse, surtout pas croiser les jambes. Monter assez haut les genoux aide parfois, car le courant peut etre tellement fort que le simple fait de decoller le pied du sol fait chasser la jambe en arriere, avec impossibilite de la ramener au meme niveau.Si cela arrive, il faut parfois se laisser perdre du terrain, mais pas trop au risque d'etre simplement emporte. Sortir le genou de l'eau si possible permet de palier a cela. De meme, le baton est une aide indispensable, mais attention a ce qu'il ne devienne pas embarassant, voir dangereux. A chaque nouvel appui, le sortir de l'eau pour aller chercher le prochain appui. Si on cherche a le bouger sous l'eau, l'extremite immerge va exercer une force vers l'aval suffisante pour desequilibrer (un equilibre deja precaire). Prendre garde ce sur quoi l'on prend appui avant de transferer tout son poid sur la jambe.
Il arrive souvent qu'il n'y ai pas de plage pour progresser en zigzags. C'est la ou les zones de depressions exposees plus en haut sont particulierement importantes. On les cherchera, et on zigzaguera de zone de depression, en zone de depression, sans sortir du courant pendant parfois une centaine de metres de progression. Avec un peu de pratique et le coup de main, c'est plus simple que ca n'en a l'air.
Finalement, certains etranglements et chutes d'eaux sont simplement infranchissables par voie d'eau, ou le danger est considerable. Il faut alors remettre le pantalon, et couper son chemin au machete par la brousse, courage, patience, et prudence

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Quelques conseils suplementaires en vrac :
Bien proteger les affaires dans son sac dans plusieurs couches de sacs plastiques, ou sac etanche si dispo.
Ne pas prendre de risques ou faire de tentatives de mouvements moins sur ou plus stupide juste dans l'espoir de rester un peu plus sec.
Dans le courant forts, des tourbillons considerables sont generes par endroits et bien malheureux celui qui se trouve laver dedans. Au cas ou (car ca m'est arrive), c'est une experience proche de la machine a laver dans les rouleaux de l'ocean : Rien ne sert de paniquer ni de s'agiter, en ouvrant les yeux on n'y voit que des bulles et on est totalement desoriente, essayer de nager sera le plus probablement contre productif car consomateur d'oxygene, et les chances de nager dans une direction differente de la surface sont grande. Se mettre en boule en se protegant la tete entre les genoux et les bras. Le courant vous rejetera. Mais se trouver a ce stade demontre un manque de prudence ou de bon jugement a un moment donne.
Si l'on tombe, rien a ajouter a ce qu'a dit David.
Ne pas se mettre volontairement dans se genre de situation.
Ne faites pas ca chez vous, mais encore moins chez moi.
Bonnes balades a tous !
