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3 – TROISIÈME JOUR – SAMEDI 21 MARSRando courte et facile pour se remettre des difficultés des jours précédents. Une boucle de 11 km sur le sud et l’est de la réserve des Hautes Fagnes. Cette réserve est en pratique interdite au promeneur non encadré par un guide appointé. Seuls les chemins aux limites en sont accessibles. On a donc vue sur un paysage naturel protégé, qui dégage une impression de territoire sauvage très semblable à ce que l'on peut ressentir en Afrique ...
Nous en avons a pris plein la vue et nous nous sommes bien requinqués au soleil.
Vue depuis Cléfaye

La Rur se forme dans la Fagne Walonne

En fin de journée : liaison en voiture vers Monschau.
Jägerschnitzel en ville.
Nuit à l’AJ.
L’accès à l’AJ centre ville « am schloss » est impressionnant :
on prend en voiture des ruelles incroyablement étroites pour arriver dans la cour intérieure
du château, tout en haut !
4 – QUATRIÈME ET DERNIER JOUR – DIMANCHE 22 MARSBrouillard le matin, ambiance particulière.
Une boucle à nouveau. L'auto sur un parking à 3 km de Kalterherberg. Nous remontons d’abord la Rur, puis le ruisseau de Schwarzbach. Le brouillard est épais, l'horizon est à cinquante ou cent mètres …
Et puis, en une minute, « le voile se déchire ». Littéralement !
Surprenant : un petit coup de vent, et le brouillard se lève ! On voit à 500 m, puis très vite à 2 km ! Le temps va malheureusement rester gris et brumeux jusqu'à la fin de la rando.
On a une dernière vision de la fagne de Calbourg et puis c’est le retour le long du GR 56 à nouveau, vers la « Creuz im Venn », à 500 m de la voiture.
Deux heures de route pour rentrer à la maison.
Mais on y retournera !
L’Auberge de Jeunesse perchée tout en haut du château de Monschau

Brouillard sur la Rur, à Kalterherberg

Descendant droit du plateau fagnard : le ruisseau de Schwarzbach

Un petit coup de vent … le voile se déchire sur la Bergervenn

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EXPÉRIENCES ET VÉCU - - - - -
A. Niveau « Vie sauvage et survie »1. Tout d’abord … les paysages naturels sont beaux et variés! Sous la neige ou la pluie, dans le brouillard ... on ne s'en lasse pas!

2. C’était bien des randos sauvages, voire « engagées ».
En tous cas pour des sexagénaires ...

Nombreux passages délicats lors des deux premiers jours : boue et racines, rochers toujours glissants, parfois verglacés, coulée de boue à flanc de vallée, zones marécageuses ...
Et finalement le brouillard du dernier jour, avec son ambiance si particulière!
Nous avions de la réserve avec nous : un grand tarp léger (ArkLight), un solide tapis de sol, des vêtements de rechange, deux ponchos, des sacs poubelles pour passer les gués, en cas de nécessité.
Et bien entendu de quoi se nourrir et se réchauffer si nous avions été bloqués pour la nuit.
Nous avions aussi de quoi « ne pas se perdre » : cartes détaillées, boussoles et GPS. Le brouillard du dernier jour n’a jamais été un souci …
3. Suite à une halte trop longue, Françoise s’est pourtant bien refroidie quand la clairière où nous nous trouvions pour le repas de midi est passée dans l’ombre. Le temps de tout remballer … le froid s’était « installé » en elle. Comme par la suite la progression est devenue encore plus lente et difficile, et rarement au soleil … pas vraiment moyen de se réchauffer.
Froid, fatigue, et difficulté de progression => stress ! Nous avons décidé de « lever le pied » pour le troisième jour.
4. Parlons-en des difficultés de progression, en cette fin d’après-midi du deuxième jour …
L'itinéraire, dans les coupe-feu, traversait des zones très spongieuses, parfois carrément inondées ... Marche de touffe d'herbes en touffe d'herbes, larges contournements, mais pas vraiment mieux à l’intérieur des pessières. Quelques audaces (plutôt des actes de témérité !) se sont soldées par un échec spectaculaire ... quand je me suis enfoncé une jambe dans l’eau jusqu’à mi cuisse!
On commençait à ne plus vraiment rigoler … Si on ne passait pas, on devait se résoudre à un très long demi-tour, alors que l’on n’était déjà plus trop en forme !
On a continué avec encore plus de prudence et finalement on a rejoint un long caillebottis qui nous a facilité la progression en fin de parcours . Grand soulagement !
Ce sont des difficultés que l’on ne peut pas vraiment évaluer correctement d’après la carte. Et les gens du coin … ne vont pas dans ces coins là !
Ces difficultés, on peut les prévoir, évidemment. Nous aurions pu aussi nous cantonner à une ballade moins sauvage ... Mais voilà … nous sommes encore jeunes dans nos têtes !

4. Et en cas de vrai problème ?
Il y avait du réseau, nous avions deux GSM chargés. Nous savions toujours à quelques mètres près où nous étions. Et chacun d’entre nous était bien capable de rentrer seul pour chercher de l’aide !
Mais … les secours éventuels n’auraient pas été rapides : le plus souvent, on n’était pas à portée d’ un véhicule terrestre! Ni même d’un hélico …
B. Niveau « Rando légère » 1. L’OPTION “AUBERGE DE JEUNESSE”
Le bivouac sauvage est un peu risqué, dans cette réserve naturelle particulièrement surveillée. (Le risque d'incendie est bien là, dès qu'il y a un peu de vent et de soleil : les touffes d'herbes sèchent très vite! Alors, la zône est tenue à l'oeil!) La chance veut qu'il se trouve deux auberges de jeunesse à 30 km l’une de l’autre (à vol d’oiseau) : Bévercé (Malmédy) et Monschau. Et un arrêt de bus à mi-distance, ainsi qu’un parking voitures (Les pistes de ski de fond sont très fréquentée, dès qu'il y a un peu de neige!).
Alors, comme l'équipement le plus léger est celui que l'on ne porte pas ... autant tirer le meilleur du concept "AJ". La rando de gîte en gîte, c’est chouette aussi pour ceux et celles qui souffrent du dos … (Pas encore notre cas … mais ça viendra ! … On est déjà plein de pièces de rechange)

L’AJ de Malmédy-–Bévercé offre bien des facilités au randonneur de passage, et notamment : lessive (non testé) et cuisine. On peut aussi déposer ses provisions dans le frigo.
Petit déjeuner copieux, personnel très sympa.
En haute saison, il vaut mieux réserver longtemps à l’avance (surtout pour les W-E).
L’AJ de Monschau offre des possibilités similaires, non testées : on s’est fait plaisir le dernier soir, en ville !
2. LE REPAS CHAUD À MIDI
C’est une option qui prolonge la pause, qui coupe vraiment la journée en deux randos plus petites.
Utile, pour « récupérer » en début d’après midi : soins des pieds (bien refroidis), petite sieste si le soleil est de la partie …
Attention au refroidissement … surtout quand un randonneur doit attendre l’autre !
A retenir : si chacun veut son menu perso, il faut que chacun prenne sa propre gamelle et son propre réchaud ... sinon les choses s'éternisent quand même un peu trop !
C. Projet – InvitationIl y a deux AJ dans le coin et un “réseau” de GR … qui permettent de jolies sorties sur deux jours (un simple W-E). Simplement en train & bus, mais en voiture, cela va aussi!
Sur 1 W-E : train jusque Verviers & bus jusque Botrange avant de rallier l’AJ de Monschau par le GR 56 (20 km faciles)
Le lendemain joindre Eupen depuis Monschau par le GR 573 et retour en train.
Ou bien encore :
Botrange– Bevercé – Botrange (itinéraires différents)
Botrange – Monschau – Botrange (2 itinéraires différents, en grande partie)
Il y a aussi : Eupen Monschau par le GR 15, retour par le GR 573.
C’est une invitation !A tous, une occasion de marcher ensemble, à la découverte d'une région très spéciale.
Fin juin ?
Fin septembre ?
Mi Octobre ?
(À condition de bien vérifier le calendrier des battues)
En haute saison, il faut s’y prendre bien longtemps à l’avance pour réserver une place dans les AJ. Nos amis hollandais connaissent le filon.

Carte des quatre randonnées
PS : Comme ceci peut intéresser des amis des deux côtés, cet article est posté en même temps sur RL et sur VSS