Opposition? Pas tant que ça...
Le week-end dernier, la nuit de dimanche à lundi en fait, j’ai fait une sortie dans le bois avec Mike. Mike est un ancien militaire qui est aguerri aux sorties rudes avec du matériel minimaliste orienté militaire. Depuis quelques temps, depuis qu’il s’est rangé des affaires militaires, il a recherché plus d’authenticité avec des techniques et du matériel que l’on rencontre typiquement dans des lectures de Kephart, Kochanski, Rutrsum etc. Pour ma part, étant dans une recherche de techniques plus orientées bush, il était normal que l’on se rencontre et qu’on fasse cette première sortie ensemble.
Il est dimanche, le ciel est couvert, la température est relativement clémente, la météo annonce de la neige pour la nuit et nous décidons de partir avec quasiment rien, une couverture militaire en laine un petit matelas, un poncho militaire ainsi que scie, couteau et hache.
En bon prof, il me joue quelques tours, on pose les sacs, et prétextant une reconnaissance du terrain « typiquement militaire », il m’égare. Là, il me demande comment je m’en sortirai dorénavant… En effet, je l’ai suivi, faisant confiance à sa connaissance de cette région qu’il connaît bien. Erreur en fait, il me dit qu’il est blessé et que tout repose sur mes épaules. Fort heureusement je ne me suis pas laissé berner, j’ai, entre autres choses, firesteel, couteau, allumettes et écorce de bouleau dans ma poche, donc si nous devions passer la nuit ici pas de problème « en principe ».
Premier test passé, la suite serait de retrouver l’emplacement des sacs. Nous avons traversé quelques zones enneigées mais pas suffisantes pour retracer avec certitude le chemin de retour. Fort heureusement, dans les zone sans neige, j’ai volontairement traînés les pieds pour marquer mon passage au travers des feuilles, le vent aurait gâché cet avantage.
Bon je ne m’étale pas trop. Nous décidons de finir la boucle et de revenir sur notre matos ce qui nous a pris plus de temps que prévu car nous avons, sans surprise, présumé de notre boussole intérieure, il a fallu tirer plein ouest pour retrouver un muret de pierres que nous avions traversé en arrivant, pour enfin le suivre et retrouver le cheminement qui nous ramène au camp. La nuit approche mais le ciel est encore couvert, je sors mon petit thermomètre et il fait 2-4 degrés.
J’opte pour un abri rapide de construction basé sur mon poncho militaire dont je ferme les bouts par des branches de pins. Mike quand à lui, est venu avec une grosse scie et une grosse hache et il débite quelques belles sections de bois pour construire un abri durable. En effet, lui, habites dans le jura, et il reviendra régulièrement à cet endroit.
La neige tombée les jours précédants et la pluie qui s’en est suivi les jours suivant ont détrempé tout le bois aux alentours. Nous installons des bougies au dessus des abri afin de pouvoir facilement revenir vers nos abris car la récolte de bois nous éloigne bcps de notre campement.
Le feu crépite et l’eau est chaude pour profiter d’une bonne tasse de thé confortablement installés autour du feu. Au menu, risotto maison aux bolets et deux gros steaks de 350gr chacun ! J’arrose le tout de quelques rasades de whisky et un peu de tabac et la torpeur nous gagne.
Nous remarquons soudainement que les étoiles sont visibles. Il va faire froid. Cela fera un bon test. Nous avons effectivement froid mais tout cela est supportable. Je me lève pour consulter le termomètre accroché à une branche à quelques mètres de notre campement : -6C. Avec la couverture militaire c’est vraiment limite, j’enfile tout ce que j’ai de vêtements, cela ne suffit pas. J’ai faim ! Après tout ce qu’on a mangé… Je mange quelques poignées de fruits secs et oléagineux et cela va rapidement mieux. Plus tard cela se corse davantage, je me mets en chien de fusil et trouve finalement le sommeil. Cette foutue couverture de l’armée est trop courte et pas assez large, lors de mes retournements fréquents, mon dos et mes pieds sont exposés au froid ainsi qu'au vent du nord qui s'est lèvé, et ceci malgré l'emplacement idéal de notre camp.
Le matin la lumière est splendide, le ciel tend vers le bleu, ce qui se confirme plus tard. Je me lève pour faire un tour, me réchauffer et récuprérer un peu de bois. Tout est gelé, la naige crisse sous mes bottes. La braise est encore chaude et le feu repart rapidement. La vie de camps reprends, sentant l'odeur et la chaleur du feu se reflétant dans son abri, Mike émerge enfin et m’avoue, malgré ses nombreuses années d’expérience, qu’il a eu sacrément froid cette nuit. J’adore l’humilité, surtout venant d’un ancien militaire. A sa décharge, j'étais plus habillé que lui!
Bref, nous n’étions pas en conditions de survie, nous aurions pu nous lever et chercher davantage de bois, cela aurait certainement été plus raisonnable, mais cette sortie était prévue pour éprouver l’efficacité de cette foutue couverture de l’armée, dans laquelle les troufions ont du certainement bcps souffrir lors de conditions vraiment rudes.
Lors de notre sortie, nous avons fait du chemin l'un vers l'autre, l'amour de la nature à remporté haut la main sur le débat MUL vs le reste du monde, je n'étais pas vraiment MUL sur cette sortie, quoique, la seule différence avec mon équippement habituel étant des matériaux plus costaud et des outils plus efficaces.
Nous repartirons ensemble

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Photos suivront...
Kai