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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: E&E : Ne pas se faire (re)prendre et tenir  (Lu 22268 fois)

16 janvier 2008 à 12:00:22
Réponse #25

bledios


En fait j'ai lu un truc comme ça wood!!

Il s'agit d'une astuce quand tu piste .Tu retourne à la dernière empreinte fiable et à partir de là tu reprend ta recherche en faisant des cercles de plus en plus grand.
C'est tom brown qui explique ça dans un de ces bouquins......

En espérant que ca t'aidera  :doubleup:

16 janvier 2008 à 13:08:56
Réponse #26

bloodyfrog


Ok dans le cas décrit par bledios... Déjà pratiqué aussi.
Il s'agit ici de retrouver une piste, et non de distancer ou de contrer une embuscade comme décrit par WR...

Manu.

16 janvier 2008 à 18:31:50
Réponse #27

Woodrunner


Non ça une logique! Si je me sent suivi et même autrement je fait à chaque arrêt ( ou de temps en temps) une rupture de filature:

Je dégage à droite ou à gauche de mon axe de progression, je reviens de quelques centaines de mètres en arrière et je tend une embuscade sur ma trace,.... en résumé tout en faisant une pause je m'assure de n'être pas suivi (si ennemi j'engage et je détruit ou je laisse passé et je dégage),...

En faisant des cercles j'évite ou je rends très aléatoire ce genre de piège à con qui sont presque impossible à déjouer si la "proie" est discipliné!!!!
Every citizen should be a soldier. This was the case with the Greeks and Romans, and must be that of every free state.
Thomas Jefferson
3rd president of US (1743 - 1826)

WOLWERINES!!!!!!!


"Une pomme par jour éloigne le médecin… pourvu que l'on vise bien."    

Winston Churchill

16 janvier 2008 à 21:55:28
Réponse #28

Artic Killer


Il s'agit bien de la technique décrite par bledios, qui se nomme en anglais "Lost Tracking Drill".

Elle est utilisée en cas de perte de la piste, à partir de la dernière empreinte identifiée, dans un contexte SAR ou Combat.
En effet, contrairement aux pistages d'animaux par exemple, le but est de gagner du temps sur la proie (ben oui, sinon on la rattrappe jamais...), donc la traque se fait de manière accélerée, par "bonds" dans le terrain, ce qui fait souvent perdre la piste (et ce plus particulièrement quand la proie est consciente, et utilise certaines techniques d'anti-tracking).

Ton idée est valable Wood, mais une traque "standard" contre un adversaire (armé ou non) est déjà lente, et si on commence à faire des demi cercles, avancer en zig zag (donc chaque fois s'écarter de la piste) serait plus contre-productif qu'autre chose.

Bon, ça c'est pour un pisteur seul. il est obligé de rester sur la trace.
C'est pourquoi un team SAD ou police travaille autrement. Faudra que je te montre à l'occas.
"Et du chaos une voix vint à me dire: souris, sois heureux, ça pourrait être pire.
Alors j'ai souris, je fus heureux, et ce fut pire."

16 janvier 2008 à 22:11:58
Réponse #29

DavidManise


Ouais le truc, en attendant, c'est que si les mecs qui te suivent savent que t'es armé, ils vont être très très prudents et avancer doucement...  ;)

En fait les mecs vont pas souvent être réellement motivés à te retrouver. 

Enfin je pense, mais je suis pas un spécialiste.

Ciao ;)

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

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16 janvier 2008 à 22:41:18
Réponse #30

Chester


Je me demande si, pour ne pas se faire reprendre, il ne faut pas trop se fier à des techniques précises et débattues....que les poursuivants risquent trop de connaitre et de contrer.
En fait, l'idéal pour moi resterait de faire quelquechose de totalement nouveau, à quoi "Ils" ne s'attendent absolument pas.Ce à quoi personne ne penserait.Et s'en sortir vivant si possible (se changer en cadavre au cours de l'opération genre "je me suis balancé dans le ravin, ils n'y verront que du feu c'est trop futé"...risque de ternir un petit peu la victoire).

J'ai jamais prétendu que c'était une solution simple, en plusieurs milliers d'années de rapts, de guerres, de fuites, de courses poursuites.....l'être humain a déjà du faire pas mal de fois le tour des trucs et astuces! ^__^
C'est aussi un coup à s'enfermer dans l'engrenage (parano?) du fameux:
"ils vont penser que j'ai pensé qu'ils ont pensés ça et que j'allais faire ça,mais comme je pense qu'ils ne pensent pas à ça je vais faire exactement le contraire...sauf s'ils ont prévu que j'allais faire ça, auquel cas je pense qu'ils pensent........." ...ça parle à quelqu'un?  ;D
Mais trouver quelque chose d'inattendu me semble la première sinon la meilleure chance de s'en sortir.....(ps: sans verser dans le scénar Hollywoodien, je parle pas du cliché ou le héros fait un truc suicidaire paskil est plus foort que la moort !!!!  ::) )

ou je me plante?

16 janvier 2008 à 23:11:40
Réponse #31

Robert


Non ça une logique! Si je me sent suivi et même autrement je fait à chaque arrêt ( ou de temps en temps) une rupture de filature:

Je dégage à droite ou à gauche de mon axe de progression, je reviens de quelques centaines de mètres en arrière et je tend une embuscade sur ma trace,.... en résumé tout en faisant une pause je m'assure de n'être pas suivi (si ennemi j'engage et je détruit ou je laisse passé et je dégage),...

En faisant des cercles j'évite ou je rends très aléatoire ce genre de piège à c*n qui sont presque impossible à déjouer si la "proie" est discipliné!!!!

Wood, tu devrais arrêter t'enfuir par la fenêtre lorsque ta maman t'interdit de sortir en soirée.



 :tongue:


16 janvier 2008 à 23:13:59
Réponse #32

Woodrunner


T'as pas tout faux!
Je pense pas qu'il faille se prendre la tête et commencer à se poser des questions trop pointu,....

Faut analyser le relief, le climat, l'heures qu'il est, son état général perso (fatigue, physique, blessure,...), le temps à dispo, le matériel dispo (flotteur, corde,...),... à ce que l'on sais de l'ennemi, ses habitudes, ses capacitées (NVG, AIT,... Radar terrestre  :o),...

Et ensuite y a la chance et le feeling!!! Tu peux être un SAS qui a été élevé par une maman spetsnaz et un pas SEAL's croisé Delta si le crevard de milicien d'en face à le cul bordé de nouilles tu y passes,... :'( malgré l'entraînement, malgré l'équipement, et malgré que ta cause soit la plus juste,....)

Mais la préparation et l'entraînement vont quand même te donner plus de chance de t'en sortir!!! (C'est comme les exercices de math,trigo, algèbre,... au bout d'un moment malgré la complexité du truc et le nombre de chose (facteurs)dont tu dois tenir compte et bien la solution te saute aux yeux et parfois dans le terrain tu sent l'ennemi avant de le voir (n'est pas mon petit FStrucchose)...  ;D

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Winston Churchill

16 janvier 2008 à 23:17:46
Réponse #33

Woodrunner


Heureusement que tu connais pas ma mère Robert,... quand je faisais ça ( y a 10 ans :o déjà) elle m'attendait au retour avec le balais,... pas besoin de filature,... elle tendait l'embuscade au point d'exfiltration quand la fatigue et l'envie d'un lit douillet nous rend moins prudent,...  ;D
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16 janvier 2008 à 23:37:10
Réponse #34

Chester


La première de tes réponses c'était pour moi Woodrunner :) ?
Bien sûr que l'entrainement reste primordial, je suis ô combien d'accord avec toi. Cela dit, des membres d'ong en fuite par exemple n'ont de toute façon pas le même entrainement ni le savoir-faire que des militaires.Disparaitre dans la nature risque d'être encore plus mouvementé pour des gens inhabitués (dont moi  ;D ).Déjà,à la base,ça n'a pas l'air d'être une sinécure alors... :)

17 janvier 2008 à 08:27:45
Réponse #35

Corin


Attention aux idées toutes faites dans ce domaine.

La plupart des entraînements ne sont pas faits pour te donner des recettes applicables à toutes les sauces mais plutôt pour tester la volonté des stagiaires en pimentant un stage dit "commando".

Les chances de s'évader diminue de minute en minute après la capture. Le milicien qui vient de te mettre en joue a aussi peur que toi. Si au moment où il appelle ses copains, il détourne le regard et que tu peux lui sauter dessus, tu as encore toutes tes affaires et ton armement à proximité.

Si tu te laisses dépoiler, au bout de quelques minutes, tu te retrouves sans matériel, d'où l'intérêt d'un kit minimum sur soi (certains l'ont cousu avec du fil dans les poches pour ne jamais risquer de le perdre et laisser des traces).

Plus loin, au bout de 10 minutes ou une heure, tu peux te retrouver sans une partie de tes fringues, sans chaussures,... et surtout, au bout d'une heure, à 100 bornes de ton lieu de capture.

Bref, le mythe de la grande évasion reste surtout un mythe. Quand tu t'es fait prendre, à la première occase, dans les 30 secondes, si tu le peux, faut rejouer les Canons de Navarone ou "Mais pourquoi l'armoire t'est tombée dessus?" au pépère qui t'a choppé. En premier, parce qu'il y a peu de chances qu'il ait été formé à la capture. En deux, parce que si tu lui fais faire un p'tit somme ou avaler son bulletin de naissance, il y a des chances pour que ses cammarades sachent que tu es passé par là et surtout à quoi tu ressembles.

Quelques cas concrets, cependant.
Dans l'affaire des SAS en Irak (1ère guerre du Golfe), où Chris Ryan a traversé l'Irak, leur conclusion était qu'ils auraient dû tuer le gosse qui les a vus. Après, oui, sa grande virée a marché mais pour le stick, c'est 90% de pertes. Donc, au final, c'est nul. Il a survécu mais son stick et lui-même étaient hors de combat.

Dans l'affaire du Rainbow Warrior où un officier en charge de l'opération et deux nageurs se sont planqués pendant un mois en Nouvelle-Zélande, l'un dans la verte et les autres, se faisant passer pour des profs de gym en vacances, en participant à une randonnée. Ces derniers verront d'ailleurs leur photo, prise par un autre participant, diffusée dans la presse.

Bref, la règle reste toujours valable: ne pas se faire prendre.

A+

17 janvier 2008 à 08:40:23
Réponse #36

Woodrunner


Merci corin pour cette analyse pragmatique et riche en info! :yeah:
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Thomas Jefferson
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Winston Churchill

17 janvier 2008 à 08:47:18
Réponse #37

Artic Killer


De plus, je rajouterai qu'il me semble que peu d'unités disposent d'un véritable "tracker", et que, sans chiens, ils vont sûrement "juste" vous courir après.
Donc pas besoin d'utiliser des techniques très sophistiquées pour brouiller les pistes : faire des bonds sur un côté, desendre un bout de rivière, utiliser un chemin fréquenté, marcher sur des rochers, etc.
Bref, rien qu'un véritable traqueur ne saura déjouer, mais qui lui fera à coup sûr perdre un temps précieux...
Et qui perdra les simples miliciens.

Ouais le truc, en attendant, c'est que si les mecs qui te suivent savent que t'es armé, ils vont être très très prudents et avancer doucement...  ;)

En fait les mecs vont pas souvent être réellement motivés à te retrouver. 

Enfin je pense, mais je suis pas un spécialiste.

Ciao ;)

David

Ouais, c'est pas faux dans le contexte E&E. J'ai un peu répondu comme étant moi le pisteur et du bon côté...

Bon, sinon une grenade un peu de fil de pêche reste quand même le meilleur moyen à mon avis de freiner les poursuivants. Encore faut-il en avoir une.
Là encore, celui qui t'as chopé doit bien avoir ça... :closedeyes:
« Modifié: 17 janvier 2008 à 10:02:19 par Artic Killer »
"Et du chaos une voix vint à me dire: souris, sois heureux, ça pourrait être pire.
Alors j'ai souris, je fus heureux, et ce fut pire."

17 janvier 2008 à 09:22:35
Réponse #38

Kilbith


Salut,

Je ne sais pas ce qu'il en est en 2008, mais dans les années 80 l'expérience des anciens des "commandos de chasse" était encore disponible dans les unités d'infanteries légères françaises....

Je retrouve vos conseils, entrainements et astuces. Et, je pense que ce n'est pas une mince affaire d'échapper à une traque qui combine une unité de voltigeur, des véhicules qui transportent une partie des unités vers les points clefs et un hélico susceptible de larguer des unités sur les points hauts.

Et encore, à l'époque la nuit offrait une relative sécurité. Ce n'est plus le cas aujourd'hui avec les moyens modernes de détection et d'action....à moduler en fonction du terrain (montagne, désertique, steppe, forêt tempérée, forêt dense, zone urbaine....)

Tout ça pour dire que les propos de Corin me semblent avisés : face à des miliciens de circonstances c'est gérable, surtout au début. Face à des troupes spécialisées et/ou équipées.... :-\

Mes deux cents, did.

« Modifié: 17 janvier 2008 à 09:30:12 par Kilbith »

17 janvier 2008 à 10:16:18
Réponse #39

Lynx


Salut a tous
Bon, j'ai pris le temps de lire le méga poste en anglais, pas trop le temps au taf. Trés trés bien, les histoires de bouffe sont bien décrites, me rapellent des souvenirs encore trés vifs de certaines experiences et notemment une au maroc au fin fond de l'atlas aprés un coup du pére padbol (comment ca y a encore 3 jours de marche et on a plus que 2 l d'eau et 3 bouillons cubes?)... :glare:

Bref pour le reste, il me semble que le déterminisme du terrain et de la chronologie est vraiment important dans ce genre de mésaventures. La technique des cercles peut bien fonctionner en milieu forestier praticable, mais l'hétérogénité du terrain doit forcément contrarier tout cela et emmener notre fuyard à des stratégies bien différentes...

Mon grand pére s'est évadé a deux reprises pendant la 2e guerre, un coup en sautant d'un train, un coup en se barrant des camps de l'organisation Todt (les prisonniers travaillaient à construire le mur de l'atlantique) en piquant la boussolle du canon tout neuf qui venait d'être boulonné dans le bunker, et en tracant a travers la belgique et la france... :doubleup:
A chaque fois (bon, la premiere a merdé) c'est la chronologie du départ qui a permis la viabilité de la suite, et pour le reste, en dehors d'un sens du terrain et d'une certaine rusticité comme base, c'est surtout la chance et la maitrise du coté humain qui a compté, les fuites ne se réalisent pas toujours au fond de la foret ou du desert...
Pour le reste, le meilleur plan semble être imprevisible et inventif, le coup de l'ambulance sur le pont de notre ami l'américain est tout à fait representatif.
Pour finir il ont (en fait il a toujours été accompagné par son pote) réussi a rentrer chez eux et a reprendre une vie comme si de rien n'était a la barbe des allemands...

Il faut aussi ramener l'importance de sa personne, on n'est pas tous James a avoir toute l'armée russe avec des uper satellites et des chiens bioniques aprés sois, en cas de crise (genre touriste pris au piége en voyage en afrique...) je pense qu'"on" aura pas affaire avec des spécialistes, et qu'il ne seront pas forcément trés trés nombreux ni facilement projetables. (Autre anecdote, un ami s'est fait chopper en otage avec des touristes par le sentier lumineux au perou, le simple fait qu'il osent se barrer en pleine nuit et se tapper une marche forcée en dehors des chemins a suffit pour qu'ils s'en sortent).
Si vous avez affaire avec les troupes d'élites d'un pays en crise, a mon avis, vous êtes d'une toute aure importance que nous autres braves amateurs de bivouacs bucoliques! ;D
Poussière aux pieds vaut mieux que poussière aux fesses. Proverbe Peul

17 janvier 2008 à 10:26:48
Réponse #40

DavidManise


Salut :)

Voici un petit récit que j'ai reçu en privé d'un gars qui souhaite rester anonyme...  le peude détails qu'il y a est bidon.  L'idée est de rendre un peu compte du vécu de la chose, et de montrer comment on se sent, ce qui reste de l'entraaînement, etc.  Je pense que ça peut être intéressant, et surtout remettre un peu les choses à leur place.  On parle d'un pro, entraîné, formé...  les délires de surhommes vont certainement en prendre un coup, et c'est pas plus mal ;)

Pour info, de retour au bercail ça a été syndrôme de choc post traumatique et tout le bordel...  bref, c'est une vraie épreuve.  Il ne faut pas l'oublier...  ;)

Citer
Histoire vécue : E&E


Pour des raisons évidentes, les noms, lieux, etc  ne sont pas cités … je résume

Lors d’une mission, je me retrouve isolé des deux autres, je suis seul en voiture civile vers 4 h 30 /5 h 00 du matin … brusquement … check point, contrôle. Ils sont trois … je feins de ne rien comprendre … je coupe le moteur, joue l’ahuri … on me fait signe d’ouvrir l’arrière du break pour vérification ... j’ouvre … il est séparé de moi par le hayon … quand le type voit le matériel en particulier radio … il en lâche presque sa lampe !!

Là, je fonce  comme un lapin … bing !! … un grillage, je me retrouve presque sur le cul … je reprends mon élan mais ce … p…n de grillage est surmonté de barbelés … je passe ça en drapeau … me coupe, me déchire les vêtements, atterri « en vrac » … et cours comme un dératé vers l’ombre d’une haie – heureusement il n’y a pas trop de lune couverte, par des nuages – il a plu par intermittence presque toute la nuit – cris, hurlements, phares de recherche …

Ensuite c’est de la course de haies, barrières, clôtures  … je perds presque une chaussure dans un marais tellement il y a de vase …

Je me suis blessé en passant les barbelés, je saigne pas mal d’une main, j’ai qq égratignures, le pantalon presque en lambeaux et la veste guère mieux

Je fais une boucle à 180° en revenant presque sur mes pas pour traverser l’axe routier d’où je viens … fais le bilan … pas grand-chose, des papiers, un canif suisse à deux lames , un trousseau de clés, des allumettes, en valeur la correspondance d’environ 80 €, un paquet de clopes humide et à moitié écrasé, un stylo, une petite lampe, … pas glorieux ! je déchire en confétis et éparpille les n° de tél et adresses que j’ai sur moi … Je casse et vire le tél/pda dans une mare en bousillant la puce

J’arrive dans un petit village … j’avance comme un sioux … il fait une nuit bien noire avec de fréquentes ondées … ma main me fait mal … je « tombe » (presque !) sur une école … je rentre dans le garage … boite à outils, je « réquisitionne »  deux tournevis, une pince universelle et un vieux couteau pliant …  et des doubles de clés !!  je trouve une armoire à pharmacie … « réquisition » de pansements, alcool à 90°, une brosse à dents – neuve - de gamin, du dentifrice et un morceau de savon … il y a plein de « kits » dentaires pour enfants … je soigne ma coupure et mes égratignures dans les lavabos … je me nettoie un peu,  trouve un vieux pantalon et un vieux pull dans un débarras annexe … et … bien qu’il y ait … une petite cuisine … dans l’urgence,  j’oublie de prendre de l’eau et de la bouffe !!

Je dégage … et pars en marche commando sur une petite route (j’ai plus ou moins une idée où je me trouve) … pas de circulation … une ou deux voitures manifestement pas à ma recherche … à chaque fois je me planque … j’arrive près d’un autre village plus grand que le précédent … j’ai soif et … quand je veux passer une barrière … je ne peux pas !! je tombe sur le cul  !!  J’ai des crampes pas possible !!  J’ai du faire 8/10 kms vite, vite ! J’arrive à passer dans un jardin … je trouve qq tomates et des pommes … j’entends un chien pas loin je décide de changer de place … je descends vers le « centre » du village …il fait maintenant  grand  jour …deux paysans me dévisagent avec insistance  … je trouve alors une grange avec des vaches tout autour … je renonce à boire l’eau de l’abreuvoir tellement c’est pollué  … je dois m’aider d’une planche pour monter sur le tas de paille à cause des crampes … je me sèche avec de la paille … je suis trempé de la tête aux pieds, j’ajuste le pantalon « trouvé » à ma taille … (il manque bien 10 cm au niveau des chevilles en raison de mon 1,82 m) … j’entends des gens qui viennent s’occuper des vaches … le temps passe avec une lenteur infini … je n’arrive pas à me reposer ou à dormir … j’ai soif … dans le milieu de l’après midi … je décide de bouger car j’ai vraiment soif malgré les pommes que j’ai mangées … j’ai vu une maison plus ou moins en ruines mais en travaux … j’y vais en avançant doucement sans passer par le « centre » … une vieille femme me regarde passer et me suis longtemps du regard … je trouve la maison en ruines… c’est ouvert ! il y a même un robinet d’eau à l’extérieur mais … je n’ai pas de bouteille et je n’ai rien pour en récupérer … je fouine partout … rien … je bois et … me lave les dents et fais une « toilette de chat » !!  (Je n’ai aucune idée pourquoi c’était une priorité à ce moment là !)

Je reviens  vers la grange aux vaches !! et là  …quand j’arrive … m*rde !! Un paysan en sort et se met à brailler !!! … je fais demi-tour … je n’ai pas fait 300 m qu’une voiture toute pourrie passe avec non pas un mais 3 paysans qui me regardent d’un air pas vraiment content … je fonce vers la sortie du village et commence à suivre une route en marchant dans la lisière de sapins  … une vingtaine de minutes plus tard … « ils » arrivent : un camion et 3 voitures civiles … une vingtaine au moins !! je repars comme un malade dans la lisière … et je marche, je marche… encore et encore … je trouve un endroit à peu près sec pour dormir car on n’y voit plus rien dans les sous-bois … mais je n’y arrive pas … je tourne en rond, m’étends, fume une clope en me planquant, repars pour des 100 pas etc etc … mes vêtements sèchent … sur moi !

Le matin, c’est reparti … mal aux pieds, ampoules, (j’ai des chaussures en cuir .. trempées) … j’ai fait en gros 20 ou 25 kms depuis mon départ. J’arrive près d’une petite ville, il y a une sorte de marché, avec une grosse épicerie ou un petit supermarché, la tête de certains ne me revient pas trop … enfin, de l’eau !! … je « trouve »  aussi une casquette et une veste de peintre étoilées de taches de couleurs diverses  sur une échelle près de là … Je repars … pas de gare, plus loin, je vois un poteau d’arrêt de bus … il y a un départ dans la soirée … je me planque près d’un moulin plus ou moins à l’abandon en attendant le bus … je me mets en poste pour voir le bus et les gens arriver … ça semble ok … au moment où le bus repart j’arrive en battant des bras …  malgré mon « relookage » de peintre je stresse un max pendant tout le trajet jusqu’à la « vraie » ville … je descends avant le terminus … repère la gare … passe par les voies, jette un œil et commande un ticket … je monte dans le train … 100 kms plus loin !!! Ouf !! Passé !!  Gagné ?? 
Je téléphone !!! … Salut, c’est moi !! J’arrive ! En fait, ça prendra quand même un peu de temps mais pas dans ces conditions extrêmes

Quand j’arriverai après encore qq périples, je ne pourrai plus dormir … malgré le fait que je sois en sûreté … je m’abrutirai à coups de pilules (6 d’un coup … celles que l’on prend pour dormir en avion) … pour la première fois de ma vie je prendrai des somnifères .Je ferai un syndrome post traumatique … mini dépression, agressivité, plus envie de voir personne, paranoïa complète (le bruit de l’ascenseur me réveillait et me faisait passer en « alerte rouge » avec tout ce qui va avec !! ). Ca durera qq temps … au moins 2 mois !

Moralité : en survie on perd au moins 50 % de ses moyens … le stress vous maintient en alerte constante … on perd des kilos …  on vit sur des réserves tant nerveuses qu’énergétiques. J’avais eu des entraînements survie et évasion … mais j’ai oublié de prendre de l’eau !!! (J’ai eu plein de crampes) … l’ EDC … ben .. c’est bien ! … quand on l’a !!! 
À l’arrache … il reste la « b ..e » et le couteau … quand on a le couteau  !!!
Ce qui fait la différence c’est l’entraînement (ce qu’il en reste !!) mais ça ne reflétera jamais une situation réelle  … ça ne restera qu’une approche !!  Pour le reste … tout est dans le mental !! Dans la faculté d’improvisation et d’analyse bien diminuée par le stress !

Sans oublier aussi une bonne part de chance !!!

Ciao ;)

David
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17 janvier 2008 à 10:43:36
Réponse #41

Chester


........... :-\








en tout cas, c'est très, très clair.

17 janvier 2008 à 11:01:43
Réponse #42

pimyboc


salut,
je suis content de lire un msg comme celui que tu viens de poster david,
ça remet bien les choses en place.
l'idée du surhomme qui s'en sort sans dommage psychologique j'y crois pas trop en étant passé moi même par ce syndrome à la con.
Pas dans les mêmes circonstances mais chacun à ses sensibilités. Juste un truc à dire quand même toujours sur le syndrome post traumatique se méfier de l'alcool. C'est le seul moyen que j'avais trouvé pour me "détendre" continuer à bosser et dormir aussi sans ressasser tout "ça". Le problème de l'armée c'est que à tort "on" croit qu'il ne faut pas faiblir qu'on est un surhomme justement l'entrainement permet de te le faire penser un peu. bref on tombe vite dans une addiction peu importe laquelle d'ailleurs alcool drogue médoc. Mieux vaut prendre les devants et avouer ses problèmes voir consulter dans le civil tout de suite sans attendre parce que plus on attend plus on s'enfonce dans une spirale sans fin.
enfin bref, encore une raison d'aimer un peu plus le forum.
merci.
DEX AIE En Normandie, il n’y a qu’une chose qui peut être haute ou basse : C’est la mer.

17 janvier 2008 à 11:11:36
Réponse #43

DavidManise


Les "surhommes" vont faire le boulot sur le moment, et c'est pour ça qu'on a besoin d'eux.  Par contre ils encaissent.  C'est normal.  C'est humain. 

Les meilleurs régiments, et l'élite de l'élite, normalement, a la chance de connaître ce problème là de première main et systématiquement au retour de n'importe quelle mission il y a un debriefing avec un psy, qu'il y aie besoin ou pas.  L'idée étant de prendre la température, et de toute manière de faire sortir tout ça...  de le verbaliser, et donc de faire remonter ces sensations là au niveau conscient pour éviter que ça ne reste au fond et que ça pourrisse, pour ressortir en suite sous une forme ou sous une autre.

Juste le fait d'en parler, ça peut suffire à prévenir les problèmes par la suite.  Je ne sais pas comment ça se fait, mais le fait est là : les mecs qui ont eu la chance de pouvoir raconter leur histoire en général s'en sortent avec beaucoup moins de casse psychologique que les autres.

On l'a bien vu au retour du vietnam : plein de problèmes psys parce que les mecs sont rentrés en avion.  Un jour ils étaient au combat dans les tripes, et le lendemain ils sirotaient des cocktails sur leur terrasse avec leur famille.  Aucun temps entre les deux pour prendre le temps de revenir mentalement... 

A l'inverse, les mecs qui sont rentrés de la seconde guerre mondiale sont rentrés en bateau.  Ils ont eu plusieurs semaines pour "sortir de la guerre" mentalement, et pour se débriefer entre eux. Du coup, il y a eu bcp moins de suicides, d'alcoolisme, de toxicomanie, de violence, de dépressions...  alors qu'en proportion les mecs avaient vécu des trucs parfois plus hard et plus longtemps qu'au Vietnam. 

C'est long et difficile de faire rentrer ça dans la culture, a fortiori la culture militaire avec tout ce qu'elle a de macho et de bourrine parfois.  Mais les surhommes ça n'existe pas.  Il y a ceux qui savent parler et s'exprimer, et garder leur psychologie en bon état de marche (exactement comme son corps ou son matos), et ceux qui ne savent pas.  Point barre.  Mais même les plus velus ont la trouille, et peuvent être traumatisés par des évènements divers et variés.  Il faut le savoir, en tenir compte, et prendre les mesures qui s'imposent.  Ca devrait faire partie de l'apprentissage de n'importe quelle personne exposée au stress ou au risque : savoir entretenir sa psychologie pour rester fonctionnel...  et accessoirement pour être bien dans ses baskets ;)

Ciao ;)

David
« Modifié: 17 janvier 2008 à 11:17:46 par DavidManise »
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17 janvier 2008 à 12:30:14
Réponse #44

fsfreerider


Effectivement, c'est toujours utile de rappeler certaines choses. Des choses qui vont sans dire, mais qui vont quand même mieux quand on les dit (fin de citation...merci papa Héron!  ;) )

L'après est souvent oublié, négligé; surtout dans un pays comme la Suisse qui envoie ses soldats à l'étranger en ayant perdu cette culture. En effet, le retour à la vie civile est très rapide. En 2-3 jours, on passe d'une OPEX à la vie civile. Pas toujours facile pour soi et pour les proches.

Tout ça me rappelle un pote qui n'a pas eu à vivre une expérience E&E, mais s'est retrouvé à bosser sur des sites "glauques" dans les Balkans. On passera sur les détails. Globalement, il ne ressentait rien de particulier au retour. Pas vraiment eu besoin (ou l'occasion) de parler de ce qu'il avait vu. Mais restait par moment un certain malaise, mal-être lorsque certains sujets étaient abordés. En plus, ses proches étaient vraiment présents pour le soutenir. En fait, environnement militaire, éducation oblige, il avait enfoui ces choses. Et c'est en parlant avec une de ces meilleures amies qui avait vécu elle-même des moments très difficiles (elle a dû fuir son pays en proie à des violences) et pouvait donc réellement le comprendre, qu'il a pu évacuer et enfin en parler ouvertement. Même si ça reste un sujet qu'il n'aime pas vraiment abordé.

Comme dit précédemment, il faut en parler. Avec les bonnes personnes (si un service et un suivi psychologique sont d'une grande aide, il ne faut pas s'y limiter). Et la prévention reste là aussi de toute première importance. Savoir ce qui nous attend, ne serait-ce qu'avoir une petite idée, va aider à gérer à la fois la situation sur place et au retour.
«C'est lorsqu'on est environné de tous les dangers qu'il n'en faut redouter aucun.»
Sun Tzu

19 janvier 2008 à 20:33:05
Réponse #45

Patrick


on passe d'une OPEX à la vie civile. Pas toujours facile pour soi et pour les proches.
Je ne savais pas que la Suisse envoyait ses soldats en OPEX, je croyais que sa neutralité le lui interdisait ?

20 janvier 2008 à 00:30:38
Réponse #46

fsfreerider


En fait, on est présent dans pas mal de pays. La neutralité détermine seulement le type de mission effectué. Il s'agit en majorité de missions d'observation pour l'ONU, de déminage avec de petites équipes. Le seul contingent important que nous ayons est au Kosovo.

Si tu veux plus d'infos: Engagements de promotion de la paix à l'étranger - Armée Suisse
«C'est lorsqu'on est environné de tous les dangers qu'il n'en faut redouter aucun.»
Sun Tzu

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

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