Attention aux idées toutes faites dans ce domaine.
La plupart des entraînements ne sont pas faits pour te donner des recettes applicables à toutes les sauces mais plutôt pour tester la volonté des stagiaires en pimentant un stage dit "commando".
Les chances de s'évader diminue de minute en minute après la capture. Le milicien qui vient de te mettre en joue a aussi peur que toi. Si au moment où il appelle ses copains, il détourne le regard et que tu peux lui sauter dessus, tu as encore toutes tes affaires et ton armement à proximité.
Si tu te laisses dépoiler, au bout de quelques minutes, tu te retrouves sans matériel, d'où l'intérêt d'un kit minimum sur soi (certains l'ont cousu avec du fil dans les poches pour ne jamais risquer de le perdre et laisser des traces).
Plus loin, au bout de 10 minutes ou une heure, tu peux te retrouver sans une partie de tes fringues, sans chaussures,... et surtout, au bout d'une heure, à 100 bornes de ton lieu de capture.
Bref, le mythe de la grande évasion reste surtout un mythe. Quand tu t'es fait prendre, à la première occase, dans les 30 secondes, si tu le peux, faut rejouer les Canons de Navarone ou "Mais pourquoi l'armoire t'est tombée dessus?" au pépère qui t'a choppé. En premier, parce qu'il y a peu de chances qu'il ait été formé à la capture. En deux, parce que si tu lui fais faire un p'tit somme ou avaler son bulletin de naissance, il y a des chances pour que ses cammarades sachent que tu es passé par là et surtout à quoi tu ressembles.
Quelques cas concrets, cependant.
Dans l'affaire des SAS en Irak (1ère guerre du Golfe), où Chris Ryan a traversé l'Irak, leur conclusion était qu'ils auraient dû tuer le gosse qui les a vus. Après, oui, sa grande virée a marché mais pour le stick, c'est 90% de pertes. Donc, au final, c'est nul. Il a survécu mais son stick et lui-même étaient hors de combat.
Dans l'affaire du Rainbow Warrior où un officier en charge de l'opération et deux nageurs se sont planqués pendant un mois en Nouvelle-Zélande, l'un dans la verte et les autres, se faisant passer pour des profs de gym en vacances, en participant à une randonnée. Ces derniers verront d'ailleurs leur photo, prise par un autre participant, diffusée dans la presse.
Bref, la règle reste toujours valable: ne pas se faire prendre.
A+