Je ne peux pas dire que je suis un "grand expert" du VBL, j'évite au maximum.
Pour moi c'est la méthode qu'il faut éviter le plus possible, sauf quand elle est nécessaire. Le grand avantage c'est que cette méthode nécessite peu de matériel, pas cher, pas encombrant. C'est donc une partie de mon kit de survie dans le grand froid (pieds et main).
Pour les pieds, ce que je connais le mieux. A utiliser quand on ne peut pas sécher ou par grand froid. :
un liner synthétique (certains proposent à même la peau), un sac plastique, une chaussette (ou deux) sans serrer le pieds dans la chaussure.
Idéalement à la pause de la journée (en pratique c'est rarement possible puisque si on a un VBL c'est que c'est pas une partie de plaisir) et dans tous les cas le soir : séchage complet du pieds, si possible talc ou antifongique, et le soir pieds dans chaussettes sèches et large durant la nuit pour reposer la peau.
A défaut on risque rapidement des champignons et autres joyeuseté. Si on reste plusieurs jours à macérer sans sécher : pieds de tranché.
Pour les mains (je pratique aussi) : un gant de type "pompe à essence" ou de vaisselle et on porte dessus la moufle. Le gant de vaisselle est toujours utile si on utilise un réchaud essence (une éclaboussure d'essence à -20°C sur la main ou le gant non imperméable c'est la gelure immédiate).
Deux cas :
*On utilise une moufle ou un gros gant isolant en matière craignant l'humidité (classiquement une moufle en duvet). Dans ce cas le VBL empêche que l'isolation se dégrade vite lors de l'effort quand on transpire beaucoup. Le VBL peut aussi permettre de sécher un duvet déjà un peu humide où on commence à avoir froid.
*On utilise une moufle quelconque, mais on atteint sa limite par grand froid. L'usage du VBL permet de gagner en chaleur, y compris avec du synthétique.
Le truc dans les deux cas c'est qu'une fois qu'on a le VBL, il faut faire attention à ne pas exposer trop la main avec seulement le VBL, du moins par vrai grand froid et vent.
En effet, avec le VBL la main est humide, si on retire la moufle on n'est plus isolé : la peau humide c'est l'onglée instantanée et la gelure rapide. Pour les pieds, on a au moins le liner et en général on opère à l'abri du vent et à coté de son sac de couchage.
Pour le sac de couchage. (seulement quelques essais désagréables). Il faut un grand liner VBL (pas facile à trouver) on peut aussi envisager une veille ensemble KWAY non imper/respi (surplus milouf). Ce sera moins efficace dans le second cas mais plus polyvalent.
On dort dans son liner VBL, avec ou sans sous vêtement hydrophobe (le polypro est bien). normalement il faut serrer au cou pour atteindre une humidité 100%, à ce niveau la transpiration s'arrête (normalement). On est moite mais au chaud.
Le grand avantage c'est que le sac de couchage ne s'humidifie pas. On parle d'un gain de 10°C, plus sur une longue période.
Le mauvais moment c'est quand on sort du liner. Mais là aussi normalement on est à l'abri. Mais il ne faut pas rêver les sous vêtement mouillé, même en polypropylène, ça caille. On met vite les couches par dessus et on les fait sécher. Si on a dormi aoilpé, il n'y a rien à sécher mais on a encore plus froid et la nuit est plus inconfortable.
Certains sur RL pratiquent de façon régulière. Il faut chercher sur le site.
Pour les vêtements en VBL la journée, je n'ai jamais pratiqué. Mais tu peux lire ici (en anglais) un gars sérieux qui a de l'expérience sur ce sujet :
https://andrewskurka.com/vapor-barrier-liners-theory-application/Bref : le VBL c'est pour moi un "life saver" quand les moyens standards ont échoué. c'est désagréable mais moins que d'y laisser ses arpions. Pour d'autres c'est un moyen d'avoir chaud avec un faible poids encombrement (les MUL). Pour d'autres encore c'est un moyen indispensable pour réussir un exploit, comme la traversée de l’antarctique.
Ajout : lors de la guerre de Corée, les américains ont eu des soucis avec les gelures et leur équipement issu de la seconde guerre mondiale s'est montré insuffisant.
Ils ont introduit des chaussures reposant sur le principe du VBL (Bunny boots blanches avec valve d'équilibrage et mickey boots noires un peu moins performantes).
Ce sont deux bottes en caoutchouc étanches à double paroi. L'espace entre les parois est rempli de feutre qui reste au sec, donc isolant, car les deux parois sont soudées. Cette solution s'est montrée efficace en statique et un peu moins efficace en dynamique
une fois le mode de fonctionnement compris : on doit changer les chaussettes régulièrement en journée et sécher/poudrer les pieds chaque soir. Ces chaussures sont toujours utilisées en 2025.