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Auteur Sujet: Haute montagne : pourquoi les guides les plus expérimentés se font-ils piéger ?  (Lu 5931 fois)

16 décembre 2025 à 09:12:10
Lu 5931 fois

raphael


https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-chantiers-de-la-recherche/les-chantiers-de-la-recherche-chronique-du-lundi-15-decembre-2025-1736608

"Reconnaître qu'« aujourd'hui, on n’est peut-être pas dans les meilleures conditions pour décider » permettrait de mieux ajuster les comportements et de réduire le risque en montagne."
Se connaitre et s'accepter


16 décembre 2025 à 10:01:15
Réponse #1

VieuxMora


Bonjour Raphaël,
Merci pour l'article qui peut s'appliquer à de nombreuses situations et en particulier celles ou le décideur bénéficie d'un certain prestige auprès des personnes qui lui sont confiées.
Ce qui contribue à renforcer son ego.
En aviation on dit : "Ego is not your amigo"
Reconnaitre que l'on est pas en forme, renoncer avant le sommet, annuler une sortie en mer cause MTO, sont des réflexes à savoir s'imposer.
l'humilité est aussi une des bases de la survie.

Bonnes fêtes de fin d'année à toutes et à tous.
VM

17 décembre 2025 à 09:00:50
Réponse #2

Kilbith


« Modifié: 17 décembre 2025 à 11:54:29 par Kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

17 décembre 2025 à 12:34:37
Réponse #3

naifanshi


Au-delà de l'aspect "ego", y a peut-être aussi un léger ( ironie) aspect financier qui joue...

J'imagine que la plupart des guides sont des indépendants... si y a pas de virée, y a pas de thune qui rentre... je me trompe?

Dans ce genre de situation, l'appréciation de la balance bénéfice/risque peut être compliqué...
Gedanken sind zollfrei.

17 décembre 2025 à 16:59:01
Réponse #4

marcopolo65


Bonjour à tous, je suis d'accord avec vous.
Mais la règle des 3 C, à savoir dans ce cas là, 3 secondes sans connerie, peut-elle s'appliquer à ce type de professionnel ?
Je pense que normalement c'est oui. Sinon l'aventure n'a plus de sens.
Cordialement.

17 décembre 2025 à 20:13:53
Réponse #5

Lokta


Au-delà de l'aspect "ego", y a peut-être aussi un léger ( ironie) aspect financier qui joue...

J'imagine que la plupart des guides sont des indépendants... si y a pas de virée, y a pas de thune qui rentre... je me trompe?

Dans ce genre de situation, l'appréciation de la balance bénéfice/risque peut être compliqué...

C'est une question qu'on se pose régulièrement en parapente et clairement ca compte.
Quand on a rangé nos voiles les biplace volent encore parce que c'est leur gagne pain.
La limite du risque tolérable devient plus élevée si ne rien faire présente un autre risque,  financier celui là

A rajouter également au facteur groupe et la pression potentielle des clients

17 décembre 2025 à 20:25:21
Réponse #6

raphael


Bonjour à tous, je suis d'accord avec vous.
Mais la règle des 3 C, à savoir dans ce cas là, 3 secondes sans connerie, peut-elle s'appliquer à ce type de professionnel ?
Je pense que normalement c'est oui. Sinon l'aventure n'a plus de sens.
Cordialement.

 oui 3 s d'inattention au bord de la plage sur la serviette tu peux les accumuler sans problèmes. En montagne dans la pente et une météo / risque avalanche défavorable , tu peux t'en permettre beaucoup moins à la file.
Se connaitre et s'accepter


18 décembre 2025 à 13:44:41
Réponse #7

Trailokiavijaya


Salut,

Je joins quelques docs reçus pendant ma formation accompagnateur en montagne.

Ce sont des documents d'aide à la décision avant / pendant la sortie, en encadrement de groupes.

Ca peut éviter de se laisser guider par l'égo, ou par "le client est (soi-disant) roi", etc...



Trail'

18 décembre 2025 à 17:42:50
Réponse #8

VieuxMora


Excellents documents
La prise en compte formalisée des facteurs humains a bien évolué depuis mes stages à l'ENSA à Chamonix (1984 !)
On faisait beaucoup de courses, de mise en situation de sauvetage, en crevasse, rappel avec le blessé sur le dos en cacolet improvisé avec une corde.
Cerise sur le gateau: le test, emmener un guide en course, il jouait au client, euh comment dire....
L'analyse des risques se faisait au fil de l'eau.
La théorie portait sur le matériel, la géologie des terrains, la neige, la météo etc.

18 décembre 2025 à 18:08:20
Réponse #9

Shirokuma


Je joins quelques docs reçus pendant ma formation accompagnateur en montagne.
:up:
Merci pour le partage.
“L'expérience est une bougie qui n'éclaire que celui qui la porte.” Confucius

19 décembre 2025 à 09:21:44
Réponse #10

VERDUG0


Bivouacs et cuisine des bois : https://youtu.be/IxatC2v-X2k

19 décembre 2025 à 11:47:28
Réponse #11

Khee Nok


"Reconnaître qu'« aujourd'hui, on n’est peut-être pas dans les meilleures conditions pour décider » permettrait de mieux ajuster les comportements et de réduire le risque en montagne."

Bonjour,

Merci,

Le lien entre état émotionnel et prise de décision est étudié dans divers contextes (il cite des traders... parce qu'il y a un marché plus important dans l'optimisation de leur performance). Une des difficultés est qu'idéalement il faudrait avoir pleinement conscience de notre propre état émotionnel (de mémoire une étude montrait notamment que les traders qui avaient une meilleure perception de leur propre poul performaient mieux).

Par exemple, la colère rentrée conduirait à des prises de risque plus importantes, mais ce genre de colère (de la frustration accumulée) est typiquement quelque chose dont on peut ne pas bien se rendre compte.

21 décembre 2025 à 21:19:12
Réponse #12

Aleksi


Merci Trail' pour le partage de tes documents et Raphael pour cet article !
Un autre point à surveiller (se surveiller) c'est l'habitude. Mes plus grosses bourdes en mer arrivent toujours  quand je suis trop détendu parce que "je l'ai fait mille fois...". Je n'ai jamais fais de bourde avec des clients en revanche, je suis hyper attentif.

En aviation on dit : "Ego is not your amigo"

Dans l'apnée compétitive au moment ou je devenais instructeur j'avais écris un "papier" dans lequel je défendais que la première cause de syncope chez l'apnéiste n'est pas l'hypoxie, n'est pas le changement de pression partielle, etc mais... l'égo  ;#

[...]annuler une sortie en mer cause MTO, sont des réflexes à savoir s'imposer.
l'humilité est aussi une des bases de la survie.

Tu as entièrement raison. A une différence quand même avec la mer dans le cas des grandes traversées, c'est que une fois qu'on y est, on ne peut pas renoncer malheureusement et quand on voit que le temps tourne mal, on ne peut que se préparer au pire en espérant juste se faire malmener comme il se doit, le classique, pas plus. Il faut choisir un départ favorable, mais ensuite il faut faire avec. L'état de fatigue extrême des petits équipages (solitaire ou couple) en grande traversée est aussi un facteur aggravant, qui peut amener à retarder des actions essentielles. J'ai appris avec le temps que savoir faire la sieste et dormir pour de vrai à n'importe quelle heure et par n'importe quelles conditions fait parti des compétences d'un bon marin au long cours. Parce que même si "aujourd'hui, on n’est peut-être pas dans les meilleures conditions pour décider", il le faudra quand même.   

22 décembre 2025 à 09:50:37
Réponse #13

VieuxMora


Et oui, Aleksi, en traversée, quand on est dedans il faut faire avec, et là c'est préparation + improvisation intelligente + facteur chance.
Quant au repos, c'est une tâche importante en bateau, au skipper d'expliquer le pourquoi à son équipage.
Sa deuxième tâche importante, c'est d'être capable préparer la bouffe, chaude  si possible, quand personne n'est capable de rester à l'intérieur plus de 5 minutes sans gerber !

27 décembre 2025 à 00:04:28
Réponse #14

Aleksi


Dans l'esprit de ce sujet, cette semaine dans Outside : https://www.outside.fr/securite-avalanche-les-bases-le-danger-nest-pas-dans-la-pente-mais-dans-le-facteur-humain/

Citer
Sécurité avalanche, les bases : « Le danger n’est pas dans la pente, mais dans le facteur humain »

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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