Je fais un HS, mais au besoin les gentils modo pourront déplacer.
Pour ma part, dans des temps bien froids et humides avec du dénivelé, je m'en tiens soit à ma buffalo shirt, soit à mon layering "fishnet (Bryjne, Aclima ou Millet) + base layer en synthé + power grid bien hydrophobe + Paramo" (avec parfois une polaire hi loft en-dessous s'il fait vraiment très froid)
Moi aussi.
Je distingue les activités typées sport des activités plus roots. Je vais reprendre point par point.
buffalo shirt : Il me semble que je suis un des premiers à en avoir parlé sur les forums en France. J'avais découvert cela lors de la guerre des Malouines quand j'étais encore adulescent.
C'est bien pour les temps froids et humides ou même pour les temps froids (type Laponie) en dynamique.
Un ami portait cela avec dessous un Brynje lors d'une rando bivouac hivernale du coté d'Inari, il était bien en dynamique que ce soit sous la pluie froide ou par -20°C.
[img=480,640]https://www.randonner-leger.org/forum/uploads/i/0a/88e3adc3dc.img_8227_10-12-13.jpeg[/img]Mais ce n'est pas très polyvalent, il faut pouvoir garder le vêtement lourd et encombrant quasiment tout le temps sur soi.
fishnet (Bryjne, Aclima ou Millet) : Idem. J'ai des versions en polypropylène, laine et coton. En coton c'est la version originale qui présente des avantages en terme de VS&S : c'est solide, pas cher, ça ne fond pas sur la peau et surtout très facile d'entretien sur le terrain y compris quand il faut éliminer la vermine. Évidemment en usage rando les autres matières sont plus adaptées.
[img=320,239]https://www.randonner-leger.org/forum/uploads/i/91/856aa3616f.img_08101_27-11-13.jpeg[/img]Power grid bien hydrophobe : C'est quelque chose qui a surtout été mis en avant par les dernières versions de l'équipement militaire US (ECWCS III). C'est pas mal, mais probablement pas au niveau de la hype dont les américains sont coutumiers.
Comme Patagonia équipe les miloufs US (sans faire beaucoup de pub sur le sujet pour ne pas abimer leur image écolo dans le monde) on en trouve aussi dans leur ligne "civile" (j'ai une R3 avec une texture type power grid achetées autour des années 2000).
A choisir, le polartec alpha me semble supérieur en terme de poids/chaleur/séchage porté en couche intermédiaire (ce n'est pas aussi solide).
Paramo : C'est ce que j'utilise en Laponie hivernale depuis au moins 15 ans. C'est plus polyvalent pour moi que le P&P de chez Buffalo et consort.
Pour la rando montagne en dynamique c'est trop chaud et je me contente le plus souvent depuis au moins 25 ans d'un simple coupe vent allié à une couche imper/respi légère qui reste le plus souvent dans le sac.
J'aime bien suivre l'actualité des marques de chasse US (bien que je ne sois pas chasseur) et ça me fascine toujours autant de voir à quel point les approches sont très différentes entre US et Europe. Globalement aux US, on a des vêtements techniques qui n'ont pas à rougir face à un line up de chez Arcteryx (des marques comme Stone Glacier, Sitka, etc) pour une chasse qui a l'air très alpine et engagée, alors qu'en Europe, tout est très costaud et rustique...
La chasse c'est une activité multiple.
Sans raconter ma vie, j'ai chassé ou participé à des chasses depuis 55 ans dans des biotopes très différent : plaine, forêt, marais, rivière, montagne, haute montagne que ce soit en battue, à l'approche, affût, pirsch, à la billebaude en France du nord au sud en passant par l'est ou bien dans des pays étranger.
Que ce soit en terrain privé, parfois immense, ou en ACCA. Que ce soit le petit gibier, le gros gibier, à plume, à poil, gibier montagne ou haute montagne.
Pour la chasse en haute montagne au dessus de la ligne des arbres, l'équipement est proche de celui utilisé en activité montagne.
Ce qui va différer c'est le temps passé (bivouac ou pas) et le fait qu'on évolue le plus souvent "hors sentier" sans pour autant avoir du matériel d'alpinisme.
En France, pour ce que je connais, l’épiquement sera proche du matériel de montagne des années 80 avec l'apport d'une veste goretex.
Mais à la journée cela peut être du matériel moderne le plus léger possible. Comme on chasse essentiellement le chamois/isard on n'a pas besoin de prévoir porter très lourd à la descente.
Aux USA, les distances à parcourir en montagne sont plus grande. Il y a aussi à l'ouest de grands plateaux continentaux à haute altitude ou c'est relativement plat (effort faible), c'est boisé mais où il fait très froid. Les distances sont immense par rapport à chez nous. Il y a aussi l'Alaska où on se déplace par les airs.
Ce que l'on voit, c'est souvent des chasses guidées avec des clients riches. la ruralité est différente aux USA par rapport à chez nous, on parle peu des chasseurs locaux sauf dans le sud.
Le riche newyorkais va s'équiper de pieds en cap pour la chasse, et le prix des vêtements c'est peu de chose par rapport au prix global de l'expédition de chasse.
C'est là que les marques que tu cites prennent leur sens. C'est un marché proche de celui des touristes étrangers venant faire de l'alpi ou du ski à Chamonix.
On est loin de mon beau père qui montait à la chasse dans les années 5/60 en groupe de 4/5 pendant une semaine avec le médecin qui avait un fusil et de l’équipement "chasse montagne" et le reste du groupe des vêtements de travail (ils travaillaient en montagne pour les moutons, le bois ou les barrages EDF) de bonnes chaussures, un sac de couchage et un fusil pour 2 ou 3. En revanche il connaissait la montagne locale comme sa poche (passages, abris, points d'eau...).
Pour en revenir aux américains qui sont de très bon vendeurs de rêves. Ils ont toujours été tiraillés entre une tendance "hitec Synthétique" ou "Roots pionnier" dans les deux cas on vend du rêve.
Le hitec synthétique trouve son origine dans l'équipement militaire. Leur armée a depuis le seconde guerre mondiale fait la différence par la technologie et la capacité d'innovation. Il ne faut pas oublier que les USA ont été pratiquement en guerre continuelle entre la première guerre du golfe et l'Afghanistan...il y a beaucoup de vétérans et un gros business.
Les USA n'avaient pas d'armée en 1941 et ils ont du équiper une armée nombreuse en peu de temps. Ce n'était pas possible d'obtenir de la laine en si peu de temps, aussi ils ont eu recours à ce qu'il avaient : du coton et du pétrole.
Ils sont donc cherché à éliminer la laine (ou l'alpaca) au profit de matières synthétiques....et leur industrie a poussé en ce sens. Dans cette tendance, l'avance technologique vient pallier aux problèmes. Et cela a toujours plus ou moins fonctionné.
Le coté roots c'est le coté pionnier. Le rêve à la "Yellowstone"...A l'inverse du hitec, on retrouve de la laine dans des vêtements très cher (aussi) avec des marques comme Filson, Sleepings Indian, King of the Mountain et plus récemment Weatherwool, Stormy Kromer.
A coté de cela subsiste de vieilles marques comme Pendleton, woolrich, Bemidji, Johnson Mills qui font la même chose depuis des lustres.
J'ai visité plusieurs de leur magasins d'origine ou manufacture dans tout les USA : la qualité est souvent correcte mais pas incroyable. On trouve aussi bien voire mieux en Europe. La grosse différence c'est la possibilité d'avoir du camo et parfois des coupes plus modernes.
Les américains sont dingues de camo, alors qu'à la chasse le camouflage visuel c'est habituellement très secondaire devant le camouflage olfactif et auditif. Pour ces deux derniers points, le coton et surtout la laine c'est mieux.
Mais comme ce sont des humains qui achètent les vêtements, qui seront surtout vu par les humains...ça se vend bien : "ce que les humains ne voient pas bien mais qu'ils peuvent montrer aux autres, c'est génial".
Il faut avoir visité un Cabelas ou un Basspro avec une fausse montagne au milieu d'un immense magasin, avec les 50 m de fusils et armes alignées en rayon et le stand au sous sol pour tester...c'est un énorme business.
En Europe c'est souvent une chasse de proximité à la journée et jamais vraiment loin de la civilisation.
Et c'est souvent de la chasse en battue sur une base communale et dans le sud relativement égalitaire (terrain communaux ou ACCA).
Le traqueur qui est ouvrier agricole dans la vie connait parfaitement le bois qu'il chasse, mais il ne va pas dépenser deux mois de salaire dans des vêtements qu'il sait pas vraiment utiles. Surtout si cela doit être changé tout les deux ou trois ans.
S'il investit, c'est dans une Barbour ou équivalent, une paire de bonnes bottes et des cuissards. Et le chasseur de la ville (ce que je suis désormais) il va faire de même le plus souvent..sinon il sera vite ostracisé.
Si on voit du camo, c'est du vêtement militaire pas cher et adapté à l'activité. Mais plutôt au sud, où on n'a pas vu beaucoup de troupes allemandes en tenue camouflée durant la 2GM. Il y a aussi parfois du "lézard" du fait de la présence de pieds noirs.
L'exception c'est la chasse mondaine (plutôt au nord ou à l'est) avec d'un coté les "hobereaux" propriétaires et de l'autre les "manants". Sans que cela soit obligatoirement porteur de tension sociale puisque les échanges peuvent être mutuellement bénéfiques.
Dans ce cas, le cas des chasses organisées, ritualisées à la journée, il peut y avoir une distinction sociale : parfois on va voir des chemises des cravates, du loden et du cuir du coté des "tireurs" ou des "postés" et des vêtements pratiques, solides, lavables et raisonnablement imperméables du coté des "traqueurs et "rabatteurs".
On revient au cas précédent, le camouflage en moins : on entends souvent "la chasse ce n'est pas la guerre".
Je ne connais pas la chasse à courre.
Photo 1 : casquette stormy Kromer, mackinaw Filson, pantalon Camo Filson en tissu mackinaw. Sous la neige fondue. C'est de la pure laine. Ce n'est pas, en soit très isolant. L'isolation est surtout fonction de l'épaisseur. en revanche c'est confortable (mais lourd), silencieux, résistant à l'humidité, un peu coup vent et pratique.
Photo 2 : vers 2500m en montagne en dehors de l'été au Monte Perdido. Sortie pluvieuse de plusieurs jours on distingue le tarp installé dans mon dos. Le lendemain on passe un col à plus de 3000 mètres avec un pas d'escalade. Poids et encombrement minimal, temps changeant, anorak coupe vent déperlant en pertex Arktis.
Photo 3 : sortie de plusieurs jours dans le Cantal dans les bois et pluie persistante, couchage sous tarp.
J'ai ma veste SASS en ventile like elle est foncée car trempée ce qui est normal (le coton gonfle et s'oppose aux entrées d'eau).
Dessus j'ai un haut de raincut découpé pour protéger le haut et un chapeau Seattle Sombrero de chez OR en Goretex acheté à Seattle.
Dessous je ne sais plus, soit une microfibre soit un pull laine traité nikwax. Sous le pantalon fjall raven traité nikwax j'ai un collant brynje en polypro.
Photo 4 : sortie hivernale d'altitude dans le mauvais tempsb à la journée en club.
Je met ici en application le principe de Belay Parka popularisé par Mark twight et qui a aussi inspiré l'ECWCS.
La surveste isolante est une Lowe alpine taillée spécialement pour passer sur toutes couches de vêtements. Achetée vers 2000, avant l'ECWCS III et sa couche 7.
Notez que le compagnon derrière est dans une veste type Goretex (il faisait probablement au moins -10c avec un fort vent d'où le masque) qu'il portait à la montée.
Cela veut dire que ses couches inférieures sont humides et comme elle est coupée fashion, il ne peut pas mettre grand chose dessous lors des phases d'arrêt. Et personne n'a envie de se déshabiller dans ces conditions de toute façon.
De mon coté j'ai dessous une anorak safran en tissu tissé serré 50% coton et polyamide très très déperlant mais sans membrane. Donc je suis beaucoup moins humide lors de la montée et suffisamment protégé.
A l'arrêt je passe rapidement dessus la belay parka en synthétique et on distingue une jupe coupe vent avec isolant synthétique marron facile à passer par dessus le pantalon...et je garde le sourire.
En revanche je ne porte pas de gants, et l'onglet va me poursuivre un bon quart d'heure après avoir mis mes grosses moufles.
"Fin (temporaire) de Martine à la XXXX"