Le commun des mortels n’est pas en mesure d’évaluer, avec justesse, l’authenticité d’un récit, à travers le seul prisme d’une vidéo ou d’une page wikipédia.
Je pense que ce Geoffroy (que je découvre à l’instant) n’essaie pas de convaincre les Français.
Il y a des éléments de personnalité qui ne trompent pas : un amour inconditionnel, la compensation d’une vie sentimentale aride, la prédisposition à sentir l’individu. Je dis bien l’individu. Chez une espèce donnée. Il reconnaissait et différenciait un animal de l’autre. Et cette reconnaissance était bel et bien réciproque. Ces amitiés-ci sont inneffables.
Ce n’est pas un homme des réseaux sociaux et ce n’est pas un mondain.
Les éditeurs jouent un rôle majeur dans la formulation écrite de l’histoire. En général, ce sont eux qui ont le plus besoin d’humaniser les bêtes, en leur conférant des spécificités anthropomorphes, et ce pour deux motifs :
- c’est vendeur. La populace bouffe du pop-corn devant les mythologies à la mooglie; c’est glamour.
- c’est la seule façon, sémiologiquement, de faire comprendre les faits, de les transmettre, de les transposer dans notre monde : seul notre langage peut, en effet, rendre compte d’un vécu. Notre langage, notre culture, nos symbolismes; nos projections et nos fantasmes. Inévitablement. Et ce n’est pas un mal.
Je n’ai aucun doute sur la véridicité de son expérience unique avec les cervidés. Je n’en connais pas les conditions ni les modalités.
Ce qui me met trop mal à l’aise, ce sont les émissions…les animateurs/trices civilisés, autour de la table, leurs rictus polis à la con, et plus globalement, ce milieu démoniaque de la télévision, qui s’écoute rire et parler mais n’entend pas.
Quant aux images… comment dire. À moins d’être un fils de p*te exhibitionniste qui jubile en filmant ses ébats pour les vendre sur Internet, je ne vois pas l’intérêt, pour un discret, humble et passionné solitaire, de se capturer dans son cercle ultra privé. Je suis même certaine qu'il ne voulait pas de téléphone.
Dans l’intimité crucial de son quotidien forestier, il avait d’autres chats à fouetter que de sortir son bidule pour prendre un selfi.
Quant au milieu universitaire et ses petits sachants putrides, aigris et jaloux, dont les énormes culs sont vissés à une chaise puante de bureau, je préfère me taire, sous peine de devenir partiale et vulgaire.