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Auteur Sujet: Un petit voilier. Une grande autonomie.  (Lu 6506 fois)

24 mai 2021 à 14:51:31
Lu 6506 fois

Aleksi


Salut la compagnie,
On entend parler de gens qui vivent et voyagent sur des voiliers. On ne sait pas trop ce qu'ils font. En plus, ça a l'air plutôt cher et compliqué. Un milieu un peu élitiste peut-être ? Pas que.

En fait, une fois qu'on prend le pli d'un rythme de vie complètement nouveau, on déconnecte carrément, et dans le bon sens du terme... La transition peut-être rude. Il faut l'encaisser, forcer un peu, persévérer pour goûter au vrai truc. On évolue dans une zone grise, avec une liberté de déplacement unique. Surtout et c'est la raison de ce post dans cette rubrique du forum, on est autonome. Pas seulement par choix, mais aussi par nécessité. Libre à chacun de chercher son degré d'autonomie qui, avec l'expérience, peut être très élevé.
Pour ma compagne et moi, c'est la jonction parfaite, le chaînon manquant, entre nomadisme hardcore pur sac au dos, et sédentarisation confortable sur un bout de terrain.
Nb : Pour ceux qui seraient tenté de faire un rapprochement, non ça n'a rien à voir avec la vie en camion / van aménagé. Un petit espace de vie mobile, organisé et optimisé étant la seule comparaison possible.
Oubliez tout de suite les photos d'aménagements parfait des réseaux sociaux à la con : on s'en tappe. Le canot que vous pourrez vous acheter sans sacrifier la moitié de votre vie à économiser sera vieux, petit, et vous ferez avec. Les améliorations viendront avec l'expérience, surtout pas en regardant ce que d'autres font sur leur pages mythos. Une fois lancé, il est très facile d'évoluer.

Le plus important étant de ne pas rester bloqué en phase de préparation et ne jamais mettre les voiles.

Un exemple à la con : personne ne partirai sans pilote automatique (ou autre, je ne rentre pas dans les détails techniques). Nous, si. Il a juste fallu apprendre à naviguer sans et équilibrer notre bateau, comme l'ont fait Joshua Slocum et tant d'autres, avant que l'on puisse traverser des océans en appuyant sur des boutons. Attention hein, un bon pilote, c'est bien et pratique. Mais on peut naviguer sans. C'est juste un exemple, mais un voilier c'est des priorités (et des compromis…), avec intégrité structurelle et mécanique en tête de liste, électros gizmos & co en bas de liste.

 Et si on ne se sent pas de traverser des océans, je voudrais insister sur un point qui me paraît fondamental, important, et complètement négligé : on peut naviguer au long cours (des années !) sans avoir besoin de traverser des méga océans. Prenez une carte et voyez jusqu'où vous pouvez aller en suivant les côtes. Tout le monde peut y trouver son compte. Et ne pas se laisser impressionner par le reste du troupeaux. Vivre sur un voilier de cette manière est le choix d'un mode de vie. Pas seulement un vulgaire voyage (tour du monde  :branleur:) où l'on compare les destinations.
La navigation côtière est bien plus formatrice au niveau manœuvres que de longues traversées avec le reste des caravanes en suivant les vents bien établis. Ne vous sentez pas moins marins parce que vous n'avez pas traversé d'océan. Je sais, je fais les deux. Il y'a des abrutis qui ne comprennent rien à la mer (parce qu'ils ne s'y intéressent pas) et qui ont bouclé des tours du monde. Il y'a des paquets de mec dont j'aimerai arriver à la cheville qui n'ont jamais quitté la Manche.
La clé, donc : partir ASAP. Adapter son programme de navigation en fonction de la préparation du canot (qui je le répète s'améliorera au fil du temps) et de l'équipage. Mais Partir, naviguer à tout prix.

Naviguer à petit budget est la plus expérience pour moi depuis longtemps, qui m'a bien sorti les doigts de cul, hors de ma zone de confort. Vous voulez parler d'une vie en relation avec la nature ? Dans ce cas, on dépend à 100% d'elle. La relation est spéciale. Bien sûr, on vie au mouillage (le port c'est cher) et quand ça barde et que la majorité de la flotte va se réfugier au port, on passe la nuit en mer (plus safe) ou de l'autre côté de l'île ou les skippers pros vous ont dit qu'il n'y a pas d'abris car ce n'est pas indiqué sur leurs applis de navigation. Les pêcheurs locaux savent mieux que les applis où se planquer dans la piaule. Quand on veut apprendre vite et bien, ne pas avoir le choix est toujours un catalyseur. Passer des nuits de merdes et d'angoisses fait partie du package (notre réveillon de Noël, par ex). Sans cela, cette connexion à la mer, au courant et au vent est perdue.

Autre point important pour moi, c'est que l'autonomie n'est pas bullshit, elle est vraie. Avec un harpon par exemple, tu bouffes. T'es pas entrain de poser tes collets à Rambouillet à te raconter des histoires de trappeurs dans ton slip en cuir. Tu ramènes vraiment de quoi bouffer, conserves le reste en faisant sécher et / ou fumer, récolte les plantes comestibles habituelles, et ça se passe pour de vrai. Le canot chargé d'eau et de conserves (certaines faites maison, d'autres achetées), un système simple (vous avez dit tarp / poncho ?) pour récupérer l'eau de pluie (en nav' la grand voile, entonnoir et bidons suffisent pour commencer). Panneaux solaires pour l'elec et pouvoir geeker sur ce forum (mon seul réseau social, mon petit pêché mignon  :)). Faire pousser des herbes aromatiques, des petites tomates ou de l'aloe vera (pour les coups de soleil) n'est pas trop compliqué au mouillage. Mais en nav' sur un petit canot, ça devient très, très difficile. Faire germer des graines pour les ajouter aux salades est évidemment la solution la plus simple à mettre en œuvre. (Une possibilité sur laquelle je ne vais pas m'étendre est de mettre en culture des petits bouts de terre dans des coins reculés où l'on a jeté l'ancre, loin de tout…).

Et une fois qu'on en a assez et qu'on veut changer d'air, on hisse les voiles, change de biotope, et recommence en s'adaptant à toutes les nouveautés. On se fait de nouveaux copains, on se file des coups de main, on programme des aventures, et ainsi de suite.

Juste un petit texte d'intro, pour prendre la température.
Faites péter les questions, aussi techniques que vous le souhaitez (mais Aleksi, c'est quoi un bon canot ? Arrrrrgh!!!! Je ne sais pas moi aussi je cherche ! Et lui aussi ! Et Rantanplan cherche son sac à dos ! Qui trouvera en premier !!!  ;#). J'y répondrai autant que possible, à la lumière de ma petite expérience, qui est mienne, unique, et pas vraie / applicable pour tout le monde. Mais je le fais pour de vrai, et j'aime partager. Rejoignez-nous, c'est trop fastoche. C'est ouvert à tous le monde.  :doubleup:

25 mai 2021 à 15:16:05
Réponse #1

guillaume


Merci :).

Avais-tu appris à naviguer avant d’acheter ton rafiot ? Comment t'es tu préparé avant ton premier départ en mer ?

Comment gères-tu l'hygiène sur le long terme ?

À quelle autonomie peux-tu prétendre en partant avec les provisions à toc + le complément au fur et à mesure ?


25 mai 2021 à 15:36:09
Réponse #2

Draven


Super intro, c'est un truc que je rêverais de découvrir  ;D Faudrait déjà que je sache si j'ai le mal de mer ou pas ^^


Comment gérer les grosses avaries quand tu choisis ce genre de vie ? Un fourgon en carafe tu peux le garer dans un coin et bosser a droite et a gauche pour payer les réparations, mais un petit voilier ça doit monter au niveau tarifs si tu doit le mettre a sec, etc...
Version humaine de l'Ursus arctos middendorffi
FlickR

25 mai 2021 à 15:39:23
Réponse #3

Draven


Et aussi, quelques photos de ton canot ? Pour se rendre compte et illustrer certaines solutions retenues ?
Version humaine de l'Ursus arctos middendorffi
FlickR

25 mai 2021 à 17:41:05
Réponse #4

Aleksi


Salut les gars  :)

@Guillaume : j'avais "appris à naviguer" en bateau stop pour passer d'un continent à l'autre. Certaines mésaventures sont relatées ici  ;#. C'etait très formateur car j'ai navigué avec des bons, des excellents, et beaucoup de très mauvais. Ceci étant dit une fois décidé (je sais depuis toujours que le voilier était la suite logique, j'attendais juste d'être prêt à franchir le cap), 90% de mes lectures de ces deux dernières années parlent de technique de voile (manoeuvre, pilotage, navigation, ...), d'architecture nautique, de situation de gros temps , etc. Ça veut pas dire que cela est nécessaire, mais j'ai pu commencer à me former tout les soirs au bivouac quand j'étais encore sac au dos.
Alors mon premier départ en mer... Je suis arrivé avec mon petit sac à dos aux U.K juste pour visiter un canot qui me plaisait bien. Paf je l'ai acheté. Lockdown est tombé des deux côtés de la Manche et je ne pouvais pas payer la place de port à Brighton. J'ai filé à l'Anglaise de chez les Anglais dans du mauvais temps (la Manche l'hiver quoi), 24h à me cailler les burnes à la barre sans même pouvoir chauffer un kawa pour rejoindre Cherbourg et me faire cueillir par les gendarmes. Le reste est une drôle d'histoire, et les navigations dans ce coin compliqué ce sont bien passé, grâce à mes lectures et travaux théoriques auparavant. J'étais le seul tocard en nav' avec dérogation spéciale et tout pendant le premier confinement (région Cotentin).  Une partie de mon confinement s'est déroulé seul au monde à Chausey, au rythme hypnotique des marées géantes du coin.
Bref, comme tant d'autres, j'apprends sur le tas. Mais je le fais sérieusement  ;D

L'hygiène sur le long terme est simple. Je plonge, je me savonne (savon naturel à base de coco qui mousse dans l'eau de mer) et je replonge  :). Si je veux me sentir frais, je me rince rapidos à l'eau douce avec un pulvé de jardin par exemple. C'est le plus économique que j'ai trouvé. L'eau douce est LA denrée. Sinon douche solaire'n co comme en camping pas de problème, mais uniquement si on a accès facile à l'eau douce.
L'hygiène du canot est importante aussi. Nettoyer les chiottes, les fonds de calle, et sortir / secouer les matelas etc dans le vent / soleil. Sortir les outils, les nettoyer (rouille) les graisser, les ranger. Etc. Tenir un carnet, établir une discipline de maintenance, s'y tenir... (Aïe !)

Sur mon petit canot ("pocket cruiser" comme disent les British) de 8m, je pense pouvoir tenir 2 mois en autonomie si on blinde à fond et que je touche à rien de l'environnement. Si je commence à récupérer l'eau de pluie et à "bidonner" dans les rivières beaucoup plus. Je chasse beaucoup et ne suis pas encore revenu bredouille. Mais j'ai encore tout à apprendre. C'est à dire implémenter mes connaissances bushcraft / routard à la vie en bateau.
« Modifié: 25 mai 2021 à 19:11:27 par Aleksi »

25 mai 2021 à 18:09:42
Réponse #5

Aleksi


@Draven : J'ai une excellente nouvelle ! Beaucoup de mes copains sur d'autres bateaux souffrent du mal de mer. Ma copine quand ça piaule aussi. Je fais partis des rares qui peut récurer les fonds de calle dans la brise et bouffer un cassoulet dans la foulée, c'est juste de la chance, l'exception plus que la règle.
Important à savoir quand on vit sur un voilier à plein temps, même chez les hardcores, on passe 80/90% du temps au mouillage, le reste en nav'. Et beaucoup de ces nav' ce font par petit temps pour rejoindre un mouillage à l'autre. Si tu ne fais pas parti des malheureux malades même au mouillage (bon parfois ça peut brasser) et que tu peux serrer les dents et encaisser les nav' dans l'inconfort (c'est pas une activité confortable, il faut tout de suite oublier ça), tu peux être heureux avec une vie en mer, malgré le mal de mer.
Pour les avaries, le meilleur moyen des les éviter c'est de les anticiper. De quoi boucher tous les passes-coques (les entrées/sorties d'eau) prêt à l'emploi. Le plus important c'est une coque qui reste à flot. Des kits de réparation perso. Du rechange à bord qu'on sait utiliser. Typiquement avoir au moins un hauban de rechange au moins de la longueur du plus long qui soit utilisé à bord. On peut parfaitement changé un hauban de mât en pleine mer, je l'ai déjà fait. Connaître parfaitement son gréement, le vérifier et savoir le réparer. Maintenir son moteur. Etc, etc.
Un voilier ne coûte pas trop cher à mettre au sec. Mais en a t-on besoin si souvent ? Ce qu'on ne peut mettre en argent on le compense en temps et huile de coude. Exemple : je ne mets pas d'antifouling sur ma carène. Clairement pour des raisons écologiques en têtes de liste. Mais aussi pour me libérer de la contrainte de devoir sortir le bateau tous les ans pour refaire la peinture. Résultat : je plonge toutes les deux semaines et brosse ma carène en apnée. Ça maintiens la caisse physique, et un canot ship shape, Bristol fashion  :)
Il reste toujours la possibilité d'échouer entre deux marées là où c'est possible (si on a le bateau pour, et le savoir faire)
Pour les tophs, je vais regarder ça alors ! J'suis intimidé  :-[
« Modifié: 25 mai 2021 à 18:16:12 par Aleksi »

25 mai 2021 à 19:01:47
Réponse #6

Kilbith


« Modifié: 25 mai 2021 à 19:09:02 par Kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

25 mai 2021 à 19:27:45
Réponse #7

Olivier


Moi j'attends la suite avec impatience !  :doubleup:
Pourrais-tu nous donner une idée du budget initial ? Et du coût à l'année pour l'entretien ?
Et peut-être des idées de lecture ?

25 mai 2021 à 19:35:58
Réponse #8

VieuxMora


Merci Aleksi
Passionnant !
Me donne envie de prendre le temps d'écrire quelques lignes souvenirs de Nav et galères cotières en hiver du coté de Chausey !

   ;#

25 mai 2021 à 20:40:19
Réponse #9

gmaz87


Bonsoir,
Je suis un irréductible terrien  :D, casanier qui plus est donc ce ne sera pas pour moi mais j'ai plaisir à te lire et à suivre ce fil. :doubleup:
Encore merci
a+
Gérard
Quand le débutant est conscient de ses besoins, il finit par être plus intelligent que le sage distrait.»
(Lao Tseu)

L'ennui naquit un jour de l'uniformité

25 mai 2021 à 21:13:47
Réponse #10

guillaume


Le sel ne te brûle pas la peau à long terme ? Où tu alternes avec l'eau douce suffisamment fréquemment (quelle fréquence ?).

25 mai 2021 à 22:02:07
Réponse #11

Aleksi


Bonsoir  :)
@Olivier : Je vais avoir du mal à répondre à tes questions sur le budget, car il faudrait que je vois ce que je dépense mettons sur une année, en fasse une moyenne et alloue ensuite à chaque catégorie de ma vie sur le bateau un chiffre. Je suis complètement incapable de faire ça  ;D. Parler budget de manière générale. Mais je profite de ta question pour lancer un message important : pas si cher, si on reste pas trop grand.
Un bouquin américain aidait à budgétiser certaines améliorations à faire sur un voilier hauturier en bière pour unité de mesure. En bon nomade la meilleur approximation en terme de budget avec mon unité de mesure, je te dirais que en deux trois saisons bien bossées bien payées, tu as les sous pour acheter un canot et mettre les voiles pendant quelques mois le temps de voir venir. Attention, c'est la solution demmerde et rustique Aussi la moins cher. Mais pas plus dangereuse ni inconsciente. Un bon petit canot se trouve à moins de 10000e (dans le cas du miens, largement moins). On pourra faire un prochain post sur les bateaux, si y'a des intéressés  :)
Je finis de paragraphe avec un message important : Si le but est de navigué vite et pas cher, ne tombez pas dans le piège du bateau à 1000 balles à retaper soi-même. Plus tard, avec de la bouteille, why not. Pas le premier. S'assurer d'avoir une coque saine, un gréement pas trop ancien, un bon jeu de voile, un moteur qui tourne et qui peut encore donner des années de services si bien entretenu. Et zou...
Si tu lis l'anglais tu peux jeter un oeil à Lin et Larry Pardey spécialement "The self sufficient sailor". Généraliste, un peu daté, mais l'esprit est clairement là et le message est clair "Go simple, go small, go now".
« Modifié: 25 mai 2021 à 22:56:18 par Aleksi »

25 mai 2021 à 22:19:38
Réponse #12

Aleksi


Le sel ne te brûle pas la peau à long terme ? Où tu alternes avec l'eau douce suffisamment fréquemment (quelle fréquence ?).
Je crois que m'a peau c'est habituée. Je sais pas si c'est bien ou mal. Je me rince le visage avec le pulvé après chaque baignade au moins.
Pour le moment les douches eau douce c'est pas trop compliqué : plages publiques, copains locaux, copain au port, jet d'eau, etc. Encore une fois si l'accès à l'eau n'est pas un problème (genre un petit coup de kayak), c'est rapide de remplir une vache de 10litres et se doucher dans le cockpit (dans les endroits où le climat le permet).
Pour une grosse lessive quand on veut repartir sur de bonnes bases, les laveries en ville sont toujours moins cher que celles de la marina. Il nous arrive de faire des lessives d'appoint à l'eau de mer, bien rincer à l'eau douce, mais que pour des fringues basiques.

26 mai 2021 à 08:14:19
Réponse #13

Krapo


On pourra faire un prochain post sur les bateaux, si y'a des intéressés  :)

 :doubleup:

Et peut-être des idées de lecture ?

https://www.guirecsoudee.com/boutique/livre-recit ;)



Citation de: Aleksi
Si le but est de navigué vite et pas cher, ne tombez pas dans le piège du bateau à 1000 balles à retaper soi-même. Plus tard, avec de la bouteille, why not. Pas le premier. S'assurer d'avoir une coque saine, un gréement pas trop ancien, un bon jeu de voile, un moteur qui tourne et qui peut encore donner des années de services si bien entretenu

C'est raccord avec l'expérience de https://www.guirecsoudee.com/ ;)
« Modifié: 26 mai 2021 à 08:19:25 par Krapo »
Laissons glouglouter les égouts !

26 mai 2021 à 09:51:22
Réponse #14

Dutch


Merci du partage. :yeah:
Comment tu gères la promiscuité, surtout par mauvais temps?
Dans un  van, on peut descendre faire un tour, mais là c'est non stop.
En essayant continuellement, on fini par réussir.
Donc: plus ça rate, plus on a de chances que ça marche. (Devise Shadock)

26 mai 2021 à 10:59:45
Réponse #15

Aleksi


Salut à tous !
@Krapo : oui, Guirec est un sacrés bonhomme !

@Dutch : Pas d'échappatoire, pas de solution miracle... Vaut mieux bien se connaître avant ! On peut aussi se découvrir pendant et avoir une excellente surprise, mais bon... Calme, compréhension, trouver des occupations (très, très important. Point clé. Fondamental. Je devrais pas le mettre entre parenthèses). Trouver des occupations !
Un en cabine, l'autre sur le pont. Etc. Pour nous la promiscuité dans l'inconfort, c'est pas nouveau, et notre canot est vraiment petit (le plus petit au mouillage partout depuis qu'on est parti !  :blink:) pas seulement en longueur (on parle de longueur hors tout) mais aussi en largeur (on parle du maître-bau, partie la plus large), comme c'était en vigueur dans les voiliers nordiques de l'époque (années 60). On parle de couloir flottant, ou de couloir nordique. Et c'est plutôt vrai... L'avantage, quand ça piaule, on balance les matelas au sol et on est parfaitement callé ;D.
A savoir : l'espace intérieur d'un voilier habitable est plus fonction de sa largeur, que de sa longueur ! D'où les design modernes exagérément large : c'est ce que demande le marché, des bateaux moins marins, plus habitable (c'est une grosse généralité avec des exceptions !). Compromis, toujours.

Bref, ne pas se tapper sur les nerfs. Et quand on se tappe sur les nerfs, fermer sa gueule et se donner de l'espace. Surtout en navigation ! Au mouillage, je vais chasser et ça règle toujours les conflits  :love:
« Modifié: 26 mai 2021 à 20:14:42 par Aleksi »

26 mai 2021 à 11:34:17
Réponse #16

Aleksi


Et aussi, quelques photos de ton canot ? Pour se rendre compte et illustrer certaines solutions retenues ?
Voilà  :-[. Pas de photo de l'intérieur, c'est chez nous  : ;)
Une photo au mouillage, une autre ou on relève le mouillage à la voile et à la main (sans aide moteur) avant une nav' de 48h.

26 mai 2021 à 12:05:30
Réponse #17

Kilbith


Il est super compact ton enrouleur de grand voile .  ;#
« Modifié: 26 mai 2021 à 14:35:55 par Kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

26 mai 2021 à 15:44:12
Réponse #18

gmaz87


Ah oui, c'est vraiment petit, après si on pense que tous les îlots rencontrés sur votre route sont à vous le temps de la découverte, ça fait un sacré terrain de jeu. ;D
Quand le débutant est conscient de ses besoins, il finit par être plus intelligent que le sage distrait.»
(Lao Tseu)

L'ennui naquit un jour de l'uniformité

26 mai 2021 à 17:18:39
Réponse #19

Draven


Top ! Merci pour les photos. Moi ca me parait pas si petit que ça, mais j'y connais rien 😁
Et j'imagine qu'avoir de l'espace a l'intérieur est plus important en bretagne ou autour du royaume uni que quand tu navigue dans les caraïbes 😁

Question con, mais j'imagine que les pièces détachées sont relativement standard en nautisme, nan ? Pour se dépanner plus facilement.
Version humaine de l'Ursus arctos middendorffi
FlickR

26 mai 2021 à 20:09:07
Réponse #20

Aleksi


 ;D
Oui c'est un petit bateau, mais parfaitement adapté à la haute mer. Traversée océanique sans problème. La limite n'est pas le bateau (une fois rigoureusement préparé en suivant certaines priorités), mais ce que l'équipage peut encaisser à bord d'une petite embarcation.
Ta question n'est pas bête Draven ! En fait cela doit faire partie du choix du bateau. Des systèmes simples, facilement réparables, trouvable partout, et qui ne vont pas te laisser en plan au pire moment (vous m'avez déjà entendu dire ça avec le contenu de mon sac à dos  ;)). Typiquement et parce que Kilbith le mentionne, un enrouleur de grand voile ne trouvera jamais sa place à bord de mon voilier. Déjà que j'aimerai me séparer de mon enrouleur de génois pour remettre des bonnes vieilles voiles à mousquetons. Aucun risque de se retrouver avec un système bloqué au pire moment.
Et l'un des nombreux avantages (il y a aussi des inconvénients) d'un petit bateau et que tout se manoeuvre très bien à la main, seul si besoin, même dans le gros temps. On se sent toujours en contrôle de la situation, même quand les vagues atteignent la hauteur des barres de flèche et que l'écume te giffle la figure  ;D. Le bateau reste maniable. Si c'est un bon bateau.
Encore une fois j'insiste, je n'ai pas raison, je suis juste une école de pensée de navigation minimaliste (on est assez nombreux finalement, quand on cherche bien). Il y a pleins d'autres manières de faire, mais probablement plus coûteuses.
Mais je peux vous dire que traverser des bouts d'Océan sur 8m de coque à une trentaine de cm au dessus de la surface (je traine ma main comme un surfeur quand je me sens romantique), c'est juste indescriptible. Rien à voir avec un gros voilier. Si un jours on grandit, ce sera probablement ce qui me manquera le plus.

Édit : fiche déscriptive de notre bateau. Nous avons modifié le nôtre, mais ça donne une bonne idée : http://www.yachtsnet.co.uk/archives/halcyon-27/halcyon-27.htm
« Modifié: 26 mai 2021 à 20:27:24 par Aleksi »

26 mai 2021 à 20:11:12
Réponse #21

Aleksi


Me donne envie de prendre le temps d'écrire quelques lignes souvenirs de Nav et galères cotières en hiver du coté de Chausey !

   ;#
S'il te plaît !
 :popcorn:

26 mai 2021 à 20:22:52
Réponse #22

Aleksi


À quelle autonomie peux-tu prétendre en partant avec les provisions à toc + le complément au fur et à mesure ?
J'ai répondu deux mois, un peu à la louche. Ma copine vient de me dire beaucoups plus. Il faudrait faire un vrai test pour voir !

26 mai 2021 à 21:45:54
Réponse #23

Van


Un exemple à la con : personne ne partirai sans pilote automatique (ou autre, je ne rentre pas dans les détails techniques). Nous, si.

Salut Aleksi,

Grande prudence et humilité face à la mer.
Même si tu ne traverses pas les océans, ne pas avoir de pilote automatique peut te coûter la vie, et de manière très bête.
Exemple : vous voici dans le golfe de Gascogne à destination du Portugal. Le bateau est chahuté, de plus en plus fortement : tu attrapes le mal de mer, et tu deviens par conséquent incapable de faire quoi que ce soit en dehors de vomir tes tripes vautré sur ta couchette.
Ton épouse doit diriger seule le bateau. L'affaire dure, et les heures se succèdent aux heures, elle doit tenir la barre sous les intempéries mais faute de pilote automatique, à aucun moment elle n'a pu prendre un peu de repos, ni même se préparer une boisson chaude. Une nuit à tenir la barre dans un tel état d’épuisement, c'est un drame qui peut arriver à tout instant.
« Modifié: 26 mai 2021 à 22:16:54 par Van »

26 mai 2021 à 22:39:12
Réponse #24

Aleksi


Salut Van ! Tu as parfaitement raison, merci de le rappeler. La mer m'a déjà donné quelques bonnes leçons (bien mérités pour certaines) il y'a quelques années déjà.
En l'occurrence si, nous traversons des océans. Et le golfe de Gascogne est derrière nous depuis octobre  ;). Mon message était que ça n'est pas obligatoire, mais nous on aime le faire. D'autres détestent.
Je me suis mal exprimé et merci de me donner l'occasion d'apporter les précisions adéquat. Attention, ça va être chiant :
J'ai appris à équilibrer mon bateau, en reprenant la tension de mes écoutes (GV du près au bon plein / travers, génois pour les allures portantes) sur ma barre franche, avec des sandows de l'autre côté pour reprendre la tension. Mon voilier à quille longue a une stabilité de route exceptionnel (au détriment bien sûr d'autres choses). Il file seul, dans la brise avec ce réglage. Avec mon bateau et mon équipage, au delà de F7 (et la mer qui va avec) je suis à la cape (pas de pilote impliqué). Au delà ( :'() en fuite barre amarrée (pas de pilote impliqué).
 La première fois que j'ai vu ce système à l'oeuvre, j'étais l'équipier de Hans Klaar (un de mes mentors d'aventures en mer) sur Ontong Java au large du Maroc, puis jusqu'aux Canaries.
C'est le système le plus low-tech au monde pour barrer un voilier. Zéro énergie, zéro technologie. Le hic, c'est que ça prend du temps à maîtriser, et il est plus pratique d'appuyer sur des boutons.
Nous sommes désormas heureux possesseurs d'un petit pilote de barre franche, pour le petit temps, les manoeuvres rapides, etc. C'est pratique, mais il n'étale pas bien la grosse mer au portant.
Le sheet to tiller ne tombe pas en panne, et ne prend pas feux. Nous avons faillit sombrer dans un incendie au large du Brésil il y a quelques années, à cause d'un court circuit dans le pilote. Forcément, mes choix sont influencés par mes expériences passées et mon goût pour le minimalisme, et il y'a autant de manières de naviguer qu'il y'a de marins. J'apprends, mais je ne suis pas non plus de la dernière pluie  :). Et le Risque fait partie de notre vie, complètement.
Fin de l'apparté technique. Faisons de ce fil un sujet sur le mode de vie alternatif qu'un voilier offre à celui qui ose. Une alternative à la vie en autonomie de celui qui ce sent pas prêt à cultiver son potager. Un truc utopique même si vous voulez. Un truc où on peut se barrer de là où ça pue, à l'autre bout de la terre, avec de quoi (sur)vivre. Voyez ou je veux en venir ? Mais pas un truc technico voileux chiant.
« Modifié: 26 mai 2021 à 23:45:29 par Aleksi »

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
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