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Auteur Sujet: Fake news, hoax....surfer entre les pièges  (Lu 7391 fois)

13 juin 2020 à 13:44:57
Réponse #25

Kilbith


Mon métier consiste parfois a essayer de rappeler à des personnes dont la formation repose principalement sur un mode de pensée déductif utilisant le syllogisme, qu’il existe d’autre figure de réthorique.

Par conséquent même si je reconnais volontiers l’importance de la déduction, je ne la tiens pas comme moyen unique de raisonnement. Particulièrement pour gérer des relations sociales.

Certes quand on essaye d’inférer on prend des risques. Mais le problème de la déduction c’est qu’en absence de règles stables (axiome...), situation typique dans les SHS, elle ne permet pas d’anticiper et d’éclairer la décision précédent l’action.

Or dans une crise l’inaction est tentante dans l’instant mais rarement une bonne solution a posteriori.
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

13 juin 2020 à 14:14:32
Réponse #26

Hurgoz


Certes quand on essaye d’inférer on prend des risques. Mais le problème de la déduction c’est qu’en absence de règles stables (axiome...), situation typique dans les SHS, elle ne permet pas d’anticiper et d’éclairer la décision précédent l’action.

Oui, et non.

Même en matière de gestion de crise, la base est d'établir des fais. Certes, on peu prendre moins de temps, ce donner des deadline plus courtes pour prendre une décision "au mieux" des informations rapportées, mais ça passe quand même par une recherche d'info et donc de concret.

Et tout ne se résume pas à des situations d'urgence. Pour un citoyen, bien pépère chez lui, la majorité du temps, il n'y a pas lieu de s'emballer. La base veut qu'on se documente et qu'ensuite on tire des déductions.

Sinon, on base les choses sur la croyance et non le réel.

Tcho
"Prenez soin de la méthode avec laquelle vous vous mettez des choses dans le crâne."

17 juin 2020 à 14:35:21
Réponse #27

mandragore


Pour éviter les problèmes de biais de confirmation dans la recherche d'information, il faut aussi penser au fait que les moteurs de recherche ne sont que des algorithmes, des robots et sont là pour te donner "ce que tu veux" sans réfléchir.

Normalement quand on effectue une recherche sur Internet, on a tendance à la faire la plus précise possible pour que le résultat soit le plus pertinent possible. Mais si tu tapes "danger + fermentation" par exemple dans un moteur de recherche, il est normal que ce moteur te donne en priorité que des sites qui parlent des dangers de la fermentation au risque que tu te dises si y'a autant de sites qui me disent que c'est dangereux (ou que c'est un complot), c'est que c'est vrai.Alors que si tu tapes "avantage + fermentation", tu n'auras pas du tout les mêmes résultats.
[et encore là c'est juste une question de choix de mots clés, et de recherches trop précises et orientées, je ne parle même pas du choix du moteur de recherche qui influe sur l'affichage des résultats selon qu'il prenne en compte tes recherches habituelles ou pas en te laissant dans ta bulle de filtre]

De la même manière, tu ne peux pas vérifier en permanence toutes les informations. Souvent, tu ne vas donc vérifier que celles qui t'interpellent, celles qui te font douter. Tu fais un pré-tri en fonction de ce que tu imagines de "plausible" et "non plausible" et paf tu risques de rester en plein "biais de confirmation" ou de te faire avoir par les techniques de mille-feuilles. Le nombre de fois où j'ai vérifié des trucs qui me paraissaient invraissemblables pour découvrir qu'ils étaient vrais et inversement, des trucs totalement plausibles qui étaient en fait faux, me fait dire qu'on ne peut pas uniquement se baser sur notre première impression.


Reste enfin la question de la confiance qui est à mon sens le plus gros souci actuel dans le phénomène des fake news et de l'éducation aux médias. Quand tu pars du principe que tu ne peux pas vérifier toutes les informations qui te parviennent, une des manières les plus simples d'y remédier c'est la confiance. Choisir plusieurs medias à qui tu donnes ta confiance pour t'informer. La perte de crédibilité actuelle dans les médias traditionnels est à mon sens une vraie catastrophe. On a tendance à croire que c'est le manque d'esprit critique le problème. Parce que c'est rassurant de se dire que c'est que les gens qui réfléchissent pas qui croient n'importe quoi, mais nous, non, on a un esprit critique, ça ne peut pas nous arriver... Y'a combien de personnes qui ont fait plein d'études et ont a priori des capacités d'analyse suffisantes qui se retrouvent chaque année embrigadée dans des sectes ?

Dans ma carrière, j'ai dû rencontrer deux jeunes dont si tu me disais qu'ils ont été radicalisés et qu'ils sont partis s'enrôler, ça ne m'étonnerait pas. C'était bien avant qu'on parle du problème d'ailleurs. Chacun d'entre eux étaient plutôt des gamins intelligents, qui questionnaient le monde, la société, qui étaient curieux, et voulaient se forger leur propre opinion. De l'esprit critique, ils en avaient... peut-être trop. Ils en avaient au point de tout questionner, de tout remettre en cause, de ne plus croire en rien, de se méfier de tous les médias, de tous les journalistes, de tout ce que disait le gouvernement, les scientifiques. Sauf que tu ne peux pas rester avec que des questions et aucune réponse, tu ne peux pas être que dans le doute. Alors quand quelqu'un vient avec une réponse à toutes tes questions, une vérité universelle, tu peux basculer dans la faille et t'y raccrocher. Et petit à petit l'esprit critique disparait, parce que si les medias disent autrement, c'est parce qu'ils nous mentent, ont des intérêts cachés, parce que si quelqu'un dit autrement, c'est qu'il est au mieux qu'un ignorant sans esprit critique qui comme la masse des moutons croient tout ce qu'il entend, ou au pire un membre du complot qui ment. Et alors là ça devient compliqué !

Je n'ai pas de réponse malheureusement, mais je ne suis pas sûre qu'on puisse tout miser sur l'esprit critique. En tout cas, il ne faut pas oublier que l'esprit critique ne veut pas dire tout critiquer, tout rejeter et se méfier de tout.

19 juin 2020 à 00:11:38
Réponse #28

Hurgoz


Yo,

Pour ma part, je pense que connaitre la présence de ces différents biais, tout comme les bulles que créent les différents algo basés sur nos préférences individuels, doit nous amener à être prudent dans positions par rapport aux infos.

Au final, je pense que l'objectif à atteindre n'est pas d'avoir raison, mais de pouvoir échanger avec les autres, sans leurs servir nos croyances; être un délibérant de qualité plutôt qu'une tête dans la médiocrité ambiante, délivrant sa messe.

D'ailleurs, on peu tous se tromper, voir se faire avoir en beauté. A la limité, c'est même pas grave, dès lors qu'on est capable de réviser son opinion, à la lueur d'apport fais par d'autres... encore faut il que ces apports soient sérieux et documentés...

Tcho
« Modifié: 19 juin 2020 à 09:05:38 par Hurgoz »
"Prenez soin de la méthode avec laquelle vous vous mettez des choses dans le crâne."

02 mars 2021 à 21:33:00
Réponse #29

Hurgoz


Plop,

Puisqu'il est ici de question de survie, Defakator a sortie une vidéo sur la question https://youtu.be/K1YijhODfJ8;#

Tcho
"Prenez soin de la méthode avec laquelle vous vous mettez des choses dans le crâne."

12 juin 2021 à 23:56:30
Réponse #30

Hurgoz


Yo,

Arret sur Images a sorti un article (https://www.arretsurimages.net/articles/nos-sources-tentative-de-transparence-chez-france-televisions) qui parle d'un nouveau dispositifs de France télévision qu'ils intitules "Nos Sources" (non non, c'est pas un gros mot).

Citer
"Vous avez sûrement remarqué une nouveauté dans ce journal, on donne nos sources, celles sur lesquelles s'appuient nos journalistes pour leurs enquêtes." En ce 31 mai 2021, la présentatrice du 20 heures de France 2, Anne-Sophie Lapix, présente le dispositif "Nos Sources", nouveauté des chaînes du service public qui vise à présenter aux téléspectateurs les sources (documents, personnes) utilisées dans la production de sujets télévisés. En plateau, le journaliste Jean-Paul Chapelle prend l'exemple "des chiffres, comme je vous en présente souvent ici même. La nouveauté à partir d'aujourd'hui, explique-t-il, c'est que vous aurez accès à l'origine de ces chiffres, c'est ce qu'on appelle Nos Sources." Chiffres, études ou encore profils d'experts : autant d'éléments que le groupe France Télévisions veut désormais présenter à ses téléspectateurs dans un souci de transparence, "pour encore plus de confiance entre vous et nous", conclut Chapelle.

Alors, se sera suremment imparfait, mais il s'agit d'un premier maillon pour inviter les gens à aller chercher l'info, d'où provient l'info...ce qui évite les croyances :)

Tcho
"Prenez soin de la méthode avec laquelle vous vous mettez des choses dans le crâne."

13 juin 2021 à 21:15:16
Réponse #31

Loriot


Je suis d’accord sur tout.
Mais on peut  aussi se faire son propre avis, même en dépit du bon sens de certains. Sur une façon de voir le monde, nul besoin d’avoir toujours une confirmation scientifique, morale, religieuse, sociale, etc. Par contre il faut assumer.
Quand le sage désigne la lune, l'idiot regarde le c..

13 juin 2021 à 21:56:34
Réponse #32

Hurgoz


Yo

Mais on peut  aussi se faire son propre avis, même en dépit du bon sens de certains. Sur une façon de voir le monde, nul besoin d’avoir toujours une confirmation scientifique, morale, religieuse, sociale, etc.

Le problème c'est que lorsque tu fondes ton appréciation du monde sur autrechose que le réel et son expression, ben du coup, ce n'est plus trop un avis, mais une croyance...et là, discuter devient très compliqué, comme avec tout croyant....

Après, je suis d'accord, tu peux avoir un avis qui ne s'attache pas à sa, mais sur des appréciations personnelles, des recentis et des trucs, au final, très perso. Et là, du coup, ce qui est important, c'est d'en être conscient et surtout de ne pas le mettre sur un pied d'égalité avec des trucs, qui eux, sont établis sur des recherches, des enquêtes, etc

L'exemple du vaccin est parlant: on peut tous dire "moi, je ne veux pas me faire vacciner". Maintenant, on ne peut pas dire, "le vaccin machin c'est de la m*rde parce que j'ai peur qu'il me pousse une troisième c*u!lle". Il y a un truc qui a passé des phases de test incroyable, avec des méthodes établies pour laisser le moins de place possible à l'incertitude, qui a été passé au crible d'un côté, et de l'autre, toi tu as une peur complètement irrationnelle. On est pas sur des poids de preuves équivalent.

Un autre exemple, mis en avance par Defakator: https://www.youtube.com/watch?v=RR9HfLoiiA0 On a un journaliste qui essai de nous commenter des stats face à une spécialiste de la question, qui connait très bien son sujet. Alors, il ne faut pas sombrer dans l'argument d'autorité, mais si on a pas mieux à proposer que l'analyse de la spécialiste, on prend la leçon est on dégonfle le melon.

Dès lors, si on veut passer outre le boulot de recherche, il faut un peu d'honnêteté intellectuelle et surtout d'humilité.

Tcho ;)
« Modifié: 13 juin 2021 à 22:34:12 par Hurgoz »
"Prenez soin de la méthode avec laquelle vous vous mettez des choses dans le crâne."

15 juin 2021 à 15:47:46
Réponse #33

zangetsu74


Marrant je lis ton premier post le jour où je tombe sur un article à propos de la charge de la preuve chez cortecs :
https://cortecs.org/non-classe/la-charge-de-la-preuve-sous-langle-bayesien/
(pour nuancer le point "la charge de la preuve est à celui qui avance une affirmation")
La différence entre la théorie et la pratique ?
En théorie il n'y en a pas, mais en pratique il y en a une.

15 juin 2021 à 21:55:04
Réponse #34

Hurgoz


Yo

Marrant je lis ton premier post le jour où je tombe sur un article à propos de la charge de la preuve chez cortecs :
https://cortecs.org/non-classe/la-charge-de-la-preuve-sous-langle-bayesien/
(pour nuancer le point "la charge de la preuve est à celui qui avance une affirmation")

Ca fait plaisir de te lire ici Seb, et ton texte synthétise pas mal de points énoncés ça et là, merci. :)

Il n'y a que la conclusion que je trouve détaché un peu de sa démonstration.

On est bien d'accord: on se moque que l'on soit en face d'une affirmation ou d'une négation, les deux sont des arguments. (NB: il reviendra tout de même à l'habilité de la personne qui présente son argumentation, d'énnoncer des arguments de façon à ne pas se piéger elle même ;) )

Maintenant, plaçons nous dans le cadre du débat. Je ne peux pas savoir ce que mon interlocuteur sait du sujet. Dès lors on peu faire le jeu du candide qui ne connait effectivement rien à l'affaire, et donc, n'aura pas de contre-argumentation basée sur la preuve. Si je lui donne un argument, que je n'explique pas par la preuve, il n'y a aucun moyen pour l'autre de conclure à la véracité ou non de l'argument; et dans ce cas le plus neutre, biensûr que la charge de la preuve revient à celui qui argumente. En l'absence de preuve, la position la plus sage reste la suspension du jugement, jusqu'à avoir mieux et y voir plus clair.

Enfin, il y a des sujets sur lesquels, même si on s'y intéresse, il faut accepter de ne pas avoir d'avis tranché, car les arguments de tout bord se valent, ou qu'il n'y a pas d'avis à avoir.

Pour exemple, sur le pass sanitaire en France, je n'ai pas d'avis tranché parce que je comprend les arguments de tout bord, et que ceux ci, pour moi, se valent. Donc je ne me range sur aucun.

Bonne soirée! :)
« Modifié: 15 juin 2021 à 23:01:09 par Hurgoz »
"Prenez soin de la méthode avec laquelle vous vous mettez des choses dans le crâne."

 


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