Bonjour,
Un grand merci aux organisateurs d'avoir assumé la responsabilité d'organiser ce type de sortie. Quoiqu'on en dise c'est sympa comme paysage les légers mouvements de terrain typique de cette région. Faut pas écouter les malveillants.

Evidemment, super ambiance (comme à chaque fois), grosse soirée bouffcraft, le plaisir de revoir les têtes connues et de rencontrer IRL les gens. On regrette toutefois les absents et le fait qu'à partir de plus de 15...c'est difficile de partager son temps avec tous les participants.
Ah oui, j'allais oublier : Raph, faut que je pense à t'inviter à une battue, on pourrait faire ça dans l'Est par exemple.
Bon, fini le "smalltalk", un peu de retex (dans la bonne tradition de ce forum)
Contexte :- Beau temps, pas de pluie, campement dans la forêt de résineux détrempée après plusieurs jours de pluie. Donc ambiance subrepticement humide. Terrain plat et accueillant (pas de pierre).
- Température en journée de l'ordre de 18°C, plus au soleil. En revanche dans la forêt, on supporte "la petite laine" en dehors du plus chaud de la journée. Température nocturne en dessous de 5°C, humide, mais pas de vent.
- Possibilité de faire du feu. Cela veut dire de se réchauffer, de se sécher, mais aussi de se bruler. Au niveau matos cela veut dire : hache, scie, couteau solide. Et possibilité de prendre de la laine et du coton, polycoton.
Penser tout de même à prendre des vêtements facilement lavables car la fumée de résineux ça sent, et la résine ça tâche.
Retour d'expé :- Pour ma part deux bivouacs (vendredi et samedi) et j'ai dormi "à la belle" en l'absence de pluie/vent.
J'avais un tapis de sol en couverture de survie épaisse (j'aime avoir une zone étanche et clean), un matelas BW (solide, surélève légèrement le couchage en cas d'humidité sur la CS, isole un peu) et un demi matelas gonflant thermarest (confort et isolation dans un volume de transport réduit). Ensemble très confortable pour mes vieux os.
- Sac de couchage Helsport en synthétique donné pour 5°C limite confort. Il est très ample je peux donc dormir partiellement habillé : collant brynje polypro à maille, tshirt mérinos D4, Polaire patagonia R2 et bonnet "radar"+chaussette. Pas eu froid du tout.
- En journée : smock SASS en ventile like, pantalon Fjallraven, chaussure montante ALFA (juste pour les faire, parfaitement inutiles ici). Et couches supplémentaires selon les besoins.
- J'avais en plus une chemise Swanndri Ranger à carreaux en laine pour le "dress code", l'urgence, et pouvoir couvrir quelqu'un qui aurait un peu froid ou souhaiterait profiter du feu.
- L'ensemble (+réchaud + MLD duomid non utilisée + hache+couteau+tarière+ petit brol) tenait dans un sac "frost river" en coton lourd d'environ 35l.
Sauf la bouffe/bibine "supplémentaire" (spécifique à ce genre de sortie) qui nécessitait le premier jour d'avoir un sac ultra léger en cordura sylnilon pour son transport.
Remarques (et dénonciations arbitraires)
:- J'ai vu des participants en jean "slim". Cela passe par beau temps à la journée...mais ce n'est pas bien adapté pour temps moyen, et même par beau temps si on passe du temps en forêt et que l'on bivouaque. La forêt c'est humide, on transpire à l'effort et à l'arrêt le coton s'imbibe...et on risque de se cailler.
Le jean peut aller s'il est large et que l'on peut mettre dessous un collant chaud et hydrophobe et/ou si on dispose d'un bon feu (c'était le cas ici), le tout dans une atmosphère sèche (non saturée d'humidité).
Mais ce n'est pas l'idéal! Si on veut rester dans le 100% coton très classique, globalement, un pantalon velours pas trop épais se comporte plutôt mieux tant qu'il ne pleut pas (mais toujours pas idéal!)
Les seuls avantages du jean c'est d'être disponible, relativement solide (mais pas vraiment compte tenu du poids), assez coupe vent et de pouvoir être lavé férocement. Le tout pour un prix pouvant être faible.
- D'une façon générale, peu de gens ont l'expérience de ce type de sortie qui nécessite de passer de longs moments en statique dans un bois (donc ombre et humidité). C'est l'univers des chasseurs et des miloufs.
La plupart des gens sont plutôt des randonneurs à la journée ou sur plusieurs jours (je marche/je dors). Et les randonnées c'est souvent en terrain dégagé. Donc, ils sous estiment le nombre de couche nécessaire pour rester plus de 4 heures "à discuter" par moins de 15°C à l'ombre et dans un lieu humide.
- De même, la présence du feu (on avait prévu un long fire en se procurant des troncs morts la veille et samedi matin, cf. photo ci dessus) n'est pas suffisamment pris en compte.
Le feu, ça chauffe par radiation : plus on est près, mieux c'est. Il faut donc savoir en profiter : se tenir a proximité ET ne pas garder une couche "coupe vent
épaisse" qui risque de faire justement barrière aux IR.
Par exemple, c'est souvent préférable d'ouvrir sa veste (surtout si épaisse) pour que les IR arrivent directement sur la couche intermédiaire de vêtement. Parfois même, on peut se mettre en tshirt ou torse poil pour absorber un maximum d'IR.
- Quand on marche, les muscles des jambes et des fessiers s'activent. Ils dégagent de la chaleur et on n'a pas besoin de beaucoup d'isolation à ce niveau.
On préfère aussi souvent les vestes courtes car elles permettent de "bouger mieux" et si on a un baudrier c'est nécessaire.
Mais à l'arrêt : les muscles ne bougent plus. Et on a besoin d’isoler mieux les jambes si on reste quelques heures. Sinon on se refroidit lentement mais surement.
Le plus gros de nos muscles (Gluteus maximus) a aussi besoin de protection. Il faut donc des vêtements assez long pour le couvrir. Ils vont aussi protéger la région de l'aine qui est fortement irriguée ainsi que les fémorales. Sans compter le "petit vent coulis" qui remonte sur les reins.
Bref : porter des vêtements long et amples et résistant au feu (si on fait du feu). La couche extérieure doit être longue (on peut ne la mettre qu'à l'arrêt) et la couche intermédiaire doit être assez longue pour être glissée profondément dans le pantalon....encore faut-il que le pantalon soit assez large pour accepter confortablement la sur épaisseur.
- Dernier truc : un chapeau chaud est un must quand on est à l'arrêt. C'est tellement facile de le mettre et de l'enlever selon le niveau d'intensité de l'activité.
Ces remarques ont pour seul but de diffuser des informations. On parle d'optimisation. Car il faut aussi dire que ce type de sortie permet justement de bénéficier de l'expérience des uns et des autres.

Je vais d'ailleurs peut être me mettre au kilt.

