Allez, je m'y colle pour le petit retour, qui sera surement décousu...
Tout d'abord, les fringues:
pantalon et chemise taclite 5.11 sur une woolpower 200 à zip: une couche externe coupe-vent et qui sèche vite sur une première couche qui tient chaud... C'est la 3e sortie en neige que je fais avec cette tenue et ça tient ses promesses. En couche externe, la morgedal et qu'il fasse soleil (comme au début de la sortie) ou sous la neige, ni trop chaud ni trop froid.
La seule leçon, c'est de ne pas oublier les guêtres (synthétiques, pas coton) quand je n'ai pas les raquettes.
Le sac:
Le millet prolight avec les sacoches latérales du Berghaus et le matelas-mousse arrimé à l'extérieur avec la bache à l'intérieur (facilement accessible, elle ne sal*pe pas l'intérieur du sac).
Les poches contiennent les accessoires (ficelle, sardines, scie pliante, bonnet, gant, coupe-vent, polaire dans un sac plastique...) qui ne pèsent pas trop et sont facilement accessibles.
Conditions de neige: de fait, les raquettes nous auraient alourdi car les chemins et les pistes de fond suffisent largement pour nous déplacer. La neige est lourde, collante et tout est très humide (ça promet pour le feu...)
Choix du bivouac:
En sous-bois, sous des épineux, qui retiennent mieux la neige et donc protègent mieux la bâche: ça s'avèrera pertinent pendant la nuit. Chance, nous trouvons un début de combe qui est entourée de contre-haut rocheux de 1m à 1,5m et qui descend en pente douce... on sera donc à l'abri du vent, des vues, mais pas dans une fosse à froid.
Installation:
on pose la bâche, puis une space blanket en guise de tapis de sol (très efficace)... et ensuite, on s'attaque à la préparation du feu: d'abord trouver des branches avec des feuilles un minimum sèches, et c'est pas gagné!
Et là... moment de solitude: rien pour démarrer le feu à part quelques mouchoirs en papier qui ne servent à rien car ils pompent l'humidité de l'air en quelques secondes. Un première tentative en prenant soin d'isoler le foyer du sol avec des petites branches, mais rien à faire, ça ne part pas, même avec le bois gras de Draven. On reprend tout à zéro en s'aidant d'un petit-peu de chambre à air ligoté en petit fagot... et là, ça paye! Il faut être attentif, mais ça part et ça chauffe, assez pour ramollir le mont d'or!
Pendant tout ce temps, on a été peu inquiétés par l'humidité, la neige tombant peu et l'activité nous réchauffant. Malgré tout, le petit morceau de matelas-mousse de Draven est un bonheur pour protéger mes genoux pendant que je souffle sur le début de feu!
Devant le jetboil helios de mon binôme, mon primus micron passe la main pour faire fondre la neige, et je découvre l'intérêt des réchauds à gaz en phase liquide.
Nuit:
Je passe sur les libations régionales (la prochaine fois, je n'oublierai pas le savagnin!!!) et après avoir rassemblé les braises et protégé un maximum les affaires, on se couche vers 20h.
Mon matelas mousse et mon "vieux" helsport breheimen sont largement suffisant pour me protéger du froid (en restant habillé, j'ai juste changé les chaussettes) et je m'endors paisiblement... je me réveille 2 ou 3h plus tard et en émergeant, je constate que tout le haut du duvet est humide voire mouillé... le splash effect causé par l'eau qui tombe des arbres se moque de la bâche. Je me maudis d'avoir laissé mon sursac (900gr, faut se les farcir...) à la maison, et je me jure qu'on ne m'y reprendra plus! Au passage, je constate que le feu, qui avait de belles braises quand on s'est couché, est totalement éteint
Malgré tout, le sac en synthétique me garde au chaud toute la nuit et je me réveille tranquillement vers 7h
Réveil:
à peine émergé, le vois le jour qui se lève et je dégaine le réflex pour immortaliser l'instant avec une pause longue... Puis je me lève et je fais un petit tour pour constater que la neige est bien tombé (une bonne dizaine de cm), lourde et très collante.
Récupération de la neige, petit déjeuner thé au miel, pain d'épice et galette made by Draven, ça nourri son homme! et tout ça en regardant le soleil qui se lève à travers les arbres.
replier le bivouac ne pose pas de souci, si ce n'est que le fait de laisser la bâche (ruisselante) en dehors du sac se montre encore plus pertinent
9h, tranquillement on repart par une autre voie, et on rejoint le parking plus ou moins 2h plus tard, après avoir suivi des chemins dont l'enneigement, bien que plus important que la veille, ne justifie toujours pas de mettre des raquettes.
principale conclusion: je suis partit à l'arrache en faisant de mauvais choix dans la constitution de mon sac (oubli du sursac, de la stowaway, d'un allume-feu...) alors que j'étais bien renseigné sur les conditions, et pourtant, on s'en est correctement sortit, sans jamais se mettre en danger.
Malgré tout, j'en tire les leçons suivantes pour optimiser mon matos:
- quelques pastilles d'esbit vont trouver leur place dans ma boite étanche... pour la place que ça prend, ça rend service (et là, ça nous aurait épargné presqu'une heure de galère)
- même s'il est lourd, mon sursac mili (pas le réglementaire) m'aurait permis de mettre plus facilement mes affaires à l'abri et m'aurait évité de terminer la nuit avec un sac de couchage trempé. Depuis, j'ai trouvé
un modèle bon-marché et léger chez intersport (il est à moins de 30€ en ce moment)... on verras ce que ça donne en test. Ça m'a permis de confirmer qu'avec un sursac costaud (donc forcément un peu lourd), on peut se permettre de prendre un duvet très léger (dans sa fabrication) puisqu'il sera protégé
- Mon réchaud primus micron est très bien quand il faut être léger, mais ce type de réchaud est limité en capacité et devient instable lorsqu'il y a du lourd à cuire. Je me tâtait pour un réchaud à bouteille déportée, l'essai de l'hélios a achevé de me convaincre et je me suis laissé tenté par le
Hexon Multifuel d'elderid... léger, efficace avec du gaz, il semble tenir ses promesses (la suite au prochain numéro)
Voilà pour les premières leçons... si vous avez des questions, lâchez-vous!