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Auteur Sujet: Une crise alimentaire grave menace le monde...  (Lu 6988 fois)

03 mars 2006 à 10:07:18
Lu 6988 fois

Ancien forum



Posté par Langouste

Salut tous,

Un article intéressant trouvé dans Capital (le journal des survivors altermondialistes ;D ) de mars 2006:

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La croissance mondiale épuise les réserves agricoles

Le principal danger qui nous guette est l'assèchement des ressources naturelles, démontre de manière  implacable l'Américain Lester Brown. Selon cet expert, qui veut réconcilier écologie et économie, il existe pourtant des solutions

"Une grave crise alimentaire menace le monde"


Capital: Dans votre dernier livre, vous affinnez que la détérioration de l'environnement est si rapide qu'elle pourrait entraîner un effondrement de l'économie mondiale. A quelle échéance ?
Lester Brown : Dans vingt ans tout au plus, si nos comportements ne changent pas. Car aucune économie, aussi sophistiquée soit-elle, ne peut survivre à la destruction del'écosystème dont elle dépend. Depuis 1950, la population mondiale est passée de 2,5 à 6 milliards d'habitants, et la richesse
moyenne d'un Terrien a été multipliée par sept. Mais cette croissance phénoménale provoque l'épuisement des ressources naturelles. En 2004, les découvertes de gisements pétroliers n'ont représenté qu'un quart des quantités consommées. Et la disparition des forêts, l'expansion des déserts,
la diminution des nappes phréatiques, la baisse des stocks de poissons dans les océans s'aggravent chaque année. Nul besoin d'être un financier chevronné pour comprendre que nous signons des chèques sans remettre d'argent sur le compte. Et si nous continuons, nous allons faire faillite.
I:Histoire compte bien des exemples de civilisations qui ont disparu : les Sumériens, parce que leur système d'irrigation était déficient et avait imbibé de selles terres cultivables; les Mayas, du fait de la déforestation et de l'érosion des sols; les habitants de l'île de Pâques, incapables de fabriquer des canots de pêche après avoir coupé tous les arbres. C'est ce qui nous guette.

Capital: Le décollage de la Chine et de l'Inde aggrave-t-ill'épuisement des ressources naturelles ?
Lester Brown : Oui, au point que le développement de ces deux pays va bientôt se heurter à un mur. La Chine est déjà le pays qui consomme le plus de céréales, de viande, de charbon, d'acier. ..De nombreux experts prétendent que, si la croissance s'y poursuit au rythme de 8% par an, la consommation moyenne de chaque habitant équivaudra dès 2031 à celle d'un Américain aujourd'hui. Or cela est absolument impossible: la planète ne le supporterait pas. Si les Chinois mangeaient autant de viande que les Américains, leurs élevages absorberaient la moitié de la production mondiale de céréales! Et s'ils avaient trois voitures pour quatre habitants, comme aux Etats-Unis, leurs besoins en pétrole dépasseraient la production mondiale. A l'évidence, le modèle économique occidental ne peut fonctionner ni en Chine, ni en Inde.
Capital: Le principal danger qui nous menace, selon vous, n'est pas l'épuisement des ressources pétrolières, mais une grave crise alimentaire. Pour quelles raisons ?
Lester Brown: Parce que la destruction de l'environnement a déjà des conséquences dramatiques sur l'agriculture. Prenez l'eau. Chaque homme en boit en moyenne quatre litres par jour. Mais, pour produire sa ration quotidienne de nourriture, il en faut 2 000 litres. Or le niveau des nappes phréa-
tiques baisse partout. C'est une évolution invisible. Pourtant, elle transforme le Texas, le Kansas, le nord de la Chine et des régions d'Inde en terres sèches, donc incultivables. De plus, l'urbanisation convertit chaque année 3 millions d'hectares en routes, en immeubles, en supermarchés. ..

Capital: Les rendements agricoles ne progressent-ils pas ?
Lester Brown : Non, ils plafonnent. Résultat: après avoir triplé de 1950 à 1996, la production de céréales n'augmente plus. Au cours des six dernières années, elle a été cinq fois inférieure à la consommation. Ce qui veut dire qu'il a fallu puiser dans les stocks, dont le niveau est désormais au plus
bas. Comme la population mondiale progresse de 70 millions d'habitants par an, la production par personne a déjà baissé de 10% par rapport à son maximum historique. Bref, dans le domaine alimentaire comme dans celui de l'énergie, nous sortons de l'ère de l'abondance pour entrer dans celle de la rareté.

Capital: Pourtant, contrairement à celui du pétrole, les prix de l'alimentation n'augmentent pas...
Lester Brown : Cela ne saurait tarder. Depuis 1998, la production de céréales de la Chine abaissé, de 392 à 322 millions de tonnes. Le pays le plus peuplé du monde n'est donc plus autosuffisant dans
le domaine alimentaire, au point d'être devenu en 2003-2004 le premier importateur mondial de
blé et de soja. Tôt ou tard, peut-être dès cette année, les Chinois auront une mauvaise récolte et
devront acquérir 40 ou 60 millions de tonnes de céréales sur le marché mondial. A ce moment-
là, les prix bondiront, doubleront peut-être, du jour au lendemain.
Conséquences: les pays du tiers monde, qui importent une part importante de leur alimentation,
seront déstabilisés par des émeutes de la faim ; les paysans européens pourront enfin vivre sans
subventions agricoles; les Etats-Unis, qui exportent 40% des céréales vendues sur le marché mondial, redresseront leur balance commerciale. Et, partout dans le monde, l'expression «indépendance alimentaire» deviendra aussi courante que celle «d'indépendance énergétique».

Capital: Pourquoi dites-vous que la hausse des prix du brut menace la production alimentaire ? J
Lester Brown : La flambée du prix du baril a deux conséquences. D'abord, elle augmente les coûts de la filière alimentaire. Tracteurs, pompes d'irrigation, usines d'engrais, camions transportant les récoltes, industrie agroalimentaire... Tous utilisent d'énormes quantités de pétrole et de gaz. Ensuite, et surtout, au cours actuel du brut, la fabrication de biocarburants devient rentable, même sans subventions. Une partie de la production agricole ( canne à sucre, maïs, betterave, soja, noix de coco, sorgho, blé, huiles de pahne, d'arachide et de colza) peut donc servir autant à l'industrie alimentaire qu'à celle des biocarburants. Autrement dit, les supermarchés rentrent progressIVement en concurrence avec les stations-service pour s'approvisionner.
Depuis cinq ans, la production d'éthanol et celle de «biodiesel» a déjà triplé. Au Brésil, le secteur privé vient d'investir 5 milliards de dollars dans des distilleries d'éthanol, avec l'intention d'exporter en Chine et au Japon. Aux Etats-Unis, un dixième de la production de céréales (pour l'essentiel du maïs) a été consacré l'an dernier à fabriquer 34 millions de tonnes d'éthanol. En France, la production de biocarburants a atteint seulement 400 000 tonnes, mais on souhaite la décupler d'ici à 2015. Ironie de
l'histoire: cette évolution, que les écologistes appelaient de leurs vreux, aggrave le risque d'une crise alimentaire dont souffriront en premier lieu les 2 milliards d'humains les plus pauvres. Il sera en effet
plus rentable de vendre des biocarburants aux automobilistes que de nourrir des clients démunis. Ajoutons que cette ouverture d'un nouveau marché pour l'agriculture va entraîner les pays du tiers monde qui fabriquent des biocarburants à prix très compétitif (15 centimes d'euro le litre au
Brésil) à accélérer la déforestation pour développer leur production!

Capital: Le modèle de croissance actuel nous menant a la catastrophe, pouvons- nous encore en adopter un autre ?
Lester Brown : Oui, à condition de mener d'urgence les changements indispensables pour préserver l'écosystème terrestre. A l'image des pays qui ont transformé leur économie en un temps record, en période de guerre ou pendant le plan Marshall. C'est possible parce que nous disposons déjà des technologies pour construire cette nouvelle économie. Par exemple les voitures à moteur hybride ou électrique, les éoliennes géantes à fort rendement, les systèmes d'irrigation par-goutte-à goutte, les tubes fluorescents et les appareils électroménagers consommant dix fois moins d'électricité. De même, nous savons déjà recycler le papier, les métaux, les pneus, les composants électroniques. Il nous reste juste à nous décider.

Capital: A supposer que nous le fassions, quelle serait la feuille de route ?
Lester Brown: D'abord, stabiliser la population mondiale à 7 milliards d'individus, au lieu des 9 milliards prévus par l'Onu en 2050. Cela ralentirait la destruction de l'environnement et faciliterait l'élimination de
la grande pauvreté. La Thai1ande et l'Iran, qui ont réduit très fortement leur croissance  démographique, sont les exemples à suivre. Ensuite, restaurer les ressources de la planète, en créant des réserves océaniques interdites de pêche, en mettant en ceuvre un programme mondial de refores-
tation et de contrôle de l'érosion, et en économisant l'eau dans les cultures irriguées. D'après mes calculs, il faudrait y consacrer 62 milliards de dollars par an, mais il est difficile d'imaginer un  investissement plus rentable. Enfin, utiliser moins de matières premières et d'énergies polluantes. n s'agit d'une part de concevoir tous les produits durables de sorte qu'on puisse recycler tous leurs composants; et d'autre part de promouvoir les énergies renouvelables (solaire, éolien, géothermique. ..), en rétablissant la vérité des prix. Si on incluait le coût des maladies dues à la pollution de l'air, celui de la destruction des forêts par les pluies acides et celui des catastrophes climatiques dues au réchauffement de la planète, le prix de l'esse:nce devrait, selon certaines
études, quintupler aux Etats-Unis.

Capital: Les individus peuvent-ils contribuer à la réussite du progranune ?
Lester Brown: Bien sûr. Il ne tient qu'à eux de supprimer les produits jetables - des mouchoirs en papier aux emballages de boisson en aluminium en passant par les sacs plastique -de pratiquer le tri
sélectif de leurs déchets, d'utiliser le vélo en ville et d'acheter des voitures, des appareils electroménagers et des éclairages qui consomment peu d'énergie.

Capital: Croyez-vous à l'avènement de cette économie durable d'ici vingt ans ?
Lester Brown : Les choses évoluent vite, et les médias peuvent les accélérer, en aidant l'opinion à comprendre le potentiel de «l'éco-économie». Mais je crains qu'il faille une catastrophe écologique majeure pour que le tournant soit vraiment pris.
Propos recueillis par Patrice Piquard .
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Mise en forme du texte par maximil

03 mars 2006 à 10:30:09
Réponse #1

Ancien forum



Posté par Langouste

Il en manquait un bout:

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Le pape de l'écologie scientifique

Lester Brown est président du Earth Policy Institute, un institut de recherche indépendant d'écologie scientifique, rassemblant à Washington des chercheurs de haut niveau. Il a écrit quinze ouvrages analysant les rapports entre croissance et environnement. Après "éco-économie", traduit en français (Seuil, 2003), son dernier livre "Plan B 2.0" vient d'être publié aux Etats-Unis chez Norton & Company.
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Voilou,

"Mais je crains qu'il faille
une catastrophe écologique majeure pour
que le tournant soit vraiment pris. "
C'est pas gagné,il faudrait que le lien soit incontestable entre la surexploitation de la planète et la catastrophe (le lien entre les émissions de gaz à effet de serre et le réchauffement climatique est toujours contesté par exemple), et que ça touche directement les décideurs (pays riches, "classe dominante" des pays pauvres)...


Olivier  :)


Note à moi-même: Allez, il faut s'y mettre sérieusement... ça urge !

03 mars 2006 à 10:48:49
Réponse #2

Ancien forum



Posté par Maximil

Langouste: ne t'en fais pas. Cette catastrophe va arriver et à mon avis, il ne faudra plus attendre 10 ans. JMO. Et puis une bonne grosse épidémie et hélas, il n'y aura plus de problème de surpopulation.

D'un autre côté, SMITH disait la même chose à une époque, et il a eu tort. On ne peut pas comparer l'évolution actuelle, sans tenir compte d'hypothèses de développement rapide de nouvelles technologies....

03 mars 2006 à 15:55:02
Réponse #3

Ancien forum



Posté par CAMP

;) Langouste & Maximil, merci pour cet article!

Imaginons maintenant une epidemie type mildiou de 1878 sur le soja, le mais, le ble ou la pomme de terre (a une epoque ou nous comptons de moins en moins de varietes pour ces cultures), et la on est vraiment mal.

Pour info., le ble tendre bio a germer chex CELNAT ne coute que 1.01 Euro par sac de 25kg!

03 mars 2006 à 16:10:11
Réponse #4

Ancien forum



Posté par Langouste

Maximil, merci pour la mise en forme, j'ai fait ça un peu vite...
Tu ne pensais pas plutôt à Malthus ? "il prédit que la population augmente de façon exponentielle ou géométrique (par exemple : 1, 2, 4, 8, 16, 32, ...) tandis que les ressources croissent de façon arithmétique (1, 2, 3, 4, 5, 6, ...). Il en conclut à l'inévitabilité de catastrophes démographiques, à moins d'empêcher la population de croître." (extrait de wikipedia)

Olivier  :)

03 mars 2006 à 16:19:52
Réponse #5

Ancien forum



Posté par Maximil

Malthus, bah si Langouste, pourquoi ? j'ai dit qui ? Ah ouais Smith, autant pour moi. Malthus ne se serait pas entendu avec David (cf les pauvres et le banquet de la nature  ;D). Mais je me suis assez fait chier avec toutes ces conn.... pendant mes études pour avoir envie d'oublier un peu.

03 mars 2006 à 16:22:06
Réponse #6

Ancien forum



Posté par EH

Si la futur crise du pétole intéresse du monde, il y a ce site (en anglais) qui en parle.http://dieoff.org/
Ici aussi il y a un article mais en français http://www.monde-diplomatique.fr/2004/07/SARKIS/11335
Bref, le futur s'annonce radieux pour les vélos et les champs de colza.

03 mars 2006 à 16:22:06
Réponse #7

Ancien forum



Posté par riketz

En ce moment, je pense que les ressources ont plus tendance à faire 6, 5, 4, 3, 2,...

Citer
à moins d'empêcher la population de croître
Je ne sait pas si ce débat à deja été fait sur le forum mais comment est ce qu'on peut envisager ca sans tomber dans l'extrème? Ou alors sera il nécéssaire d'y tomber?

03 mars 2006 à 16:40:53
Réponse #8

Ancien forum



Posté par Maximil

Comment faire ? Politique de natalité par l'encouragement ou les aides sans tomber dans les défauts (cf Chine), petite guerre par çi par là...
Mais sinon, rassure-toi, Mère Nature s'en occupera. Elle le fait régulièrement depuis fort longtemps.

Les ressources ne vont pas en diminuant à mon avis (sauf peut être les "anciennes/actuelles" ressources energetique type fossile), seule leur répartition est différente: y compris pour les ressources alimentaires. Les famines en Afrique ? arrêtons de produire/elever nos tomates, poissons etc...  en hiver chez eux et ils auront de quoi cultiver et manger. Plus cela va et plus le monde des pays developpés (pas des pays occidentaux, nuance) s'engraisse sur le dos des autres. Un jour, ce ne marchera plus, et plus ce jour sera lointain et plus ce sera violent.

03 mars 2006 à 18:52:35
Réponse #9

Ancien forum



Posté par Langouste

Citation de: EH link=1141376840/0#6 date=1141399326
Si la futur crise du pétole intéresse du monde, il y a ce site (en anglais) qui en parle.http://dieoff.org/
Ici aussi il y a un article mais en français http://www.monde-diplomatique.fr/2004/07/SARKIS/11335
Bref, le futur s'annonce radieux pour les vélos et les champs de colza.

Mouairf, j'y crois pas trop... Il y encore plein d'huile lourde, de sables bitumineux et des gisements très profonds... Et surtout plein de charbon, à partir duquel on peut faire du pétrole synthétique... Ce sera plutôt une question de coût comparé des différentes sources d'énergies, mais pas de pénurie par "épuisement" des ressources. Le problème c'est de savoir si le coût environnemental de chaque énergie sera bien pris en compte (c'est mal barré pour les biocarburant, vu que l'impact sur l'eau est transféré sur la facture des abonnés au réseau d'eau potable...)

Olivier  :)


06 mars 2006 à 11:06:32
Réponse #10

Ancien forum



Posté par EH

Tu imagines les conséquences !
Ce serait un changement de certaine économie ou industrie dépandantes du pétrole.
Bref, beaucoups de choses tournent autour du pétrole. Un bouleversement dans le milieu de l'automobile serait déjà un séisme pour l'économie. L'industrie pétrochimique (engrais, plastique carburant; etc ...) joue un rôle primordial dans l'économie.
Avec l'arrivée de pays comme la chine et ses besoins industriels, ça devrait faire très mal même avec les ressources actuelles.
La guéguerre en les usa et les pays émergeant risque de laisser quelques pays sur le coté de la route.
L'afrique en premier d'ailleurs (comme toujours)

06 mars 2006 à 11:21:43
Réponse #11

Ancien forum



Posté par Pierrot

J'ai entendu il n'y a pas longtemps à la radio des spécialistes qui parlaient des ressources en eau et en pétrole au niveau mondial.
Leurs conclusions rejoignent le point de vue de Langouste, à savoir que seulement 1/8eme des ressources en eau est utilisé actuellement.
Pour le pétrole il y aurait aussi d'immenses réserves inexploitées.
Le gros problème étant de mettre au point de nouvelles techniques de pompage et d'extraction.
Donc une majoration des coûts et comme vous le dîtes de la casse au niveau des pays en voie de développement.

Pour ce qui est de l'alimentaire, il suffirait de stopper la course à la production pour que chacun ait à manger, mais cela signifie aussi un bouleversement économique.

06 mars 2006 à 11:30:14
Réponse #12

Ancien forum



Posté par Maximil

Concernant le pétrole, il est clair que nous n'avons pas consommé qu'un 1/8ème de ce qui existait. Nous allons arriver à une pénurie mais personne ne peut dire quand. Les grands groupes ont interêt à dire qu'il y a encore plein de pétrole, histoire que l'on ne s'inquiète pas et qu'on ne se tourne pas vers d'autres technologies. Les pays producteurs ont interêt à dire qu'il y a en a  de moins en moins pour faire augmenter les prix. Il y a de nombreuses reserves inexploitées car trop cher. On ne sait pas précisemment le volume des sources de pétroles.
Donc quand vous lisez des articles "scientifiques", on vous parle de pétrole qui peut encore durer 5-6 ans comme 30-40 ans. On ne sait pas, et cela aurait de telles répercussions financières que je doute que beaucoup ait vraiment envie de savoir. Du moment que l'argent coule...

Quant à l'eau, le problème ne vient pas tant de savoir si on a beaucoup d'eau ou non. Mais plutôt sera-t-elle encore potable dans quelques années ? Et là, tu peux avoir toute l'eau du monde, si elle est mélangée avec pas mal de métaux lourds et de produits chimiques...
Le problème du sel est plus discret mais se pose néanmoins. On manque de plus en plus régulièrement de sel naturel. Il faudra sans doute à terme se tourner vers des sels de substitution.


06 mars 2006 à 11:45:38
Réponse #13

Ancien forum



Posté par EH

Tafdak pour l'eau, le problème est surtout d'avoir de l'eau potable. C'est bien là que le problème se pose.
Les réserves d'eau potables sont en baisse constante. L'indistrie pompe énormément d'eau notament pour la sidérurgie. Non pas que se soit tout le temps de l'eau potable, mais il faut bien la retraiter avant de poluer plus encore. Bref il y a un vrai problème écologique et économique. Des pays comme la Chine, en pleine essort, ne verront pas l'écologie autrement que comme un frein à leur économie.

Reste aussi le prix d'exploitation du pétrole. La répercution risque d'être terrible sur l'économie si les gisements les plus faciles à exploiter s'épuisent. Vu la spéculation sur les cours à la moindre rumeur, cela pourrait s'envoler très vite.

06 mars 2006 à 11:46:02
Réponse #14

Ancien forum



Posté par Pierrot

D'accord avec toi pour ce qui est des interêts de nos dirigeants à taire l'approche de la crise.
Pour l'eau ce qui me fait le plus flipper c'est le risque d'une contamination radiologique, si ça arrive un jour, Adieu Berthe.......

Pour la pénurie de sel, tu me l'apprends, j'ai beau me soigner, je dois être encore un peu trop insouciant.

06 mars 2006 à 21:42:05
Réponse #15

Ancien forum



Posté par Langouste

Je me fais pas trop de soucis pour l'énergie. Quand il n'y aura plus de pétrole on fera avec autre chose (charbon, solaire, hydroélectricité etc). Même si ça met un gros frein à l'économie, "on" s'en sortira. Par contre pour l'eau potable, c'est vraiment un problème.  >:(

07 mars 2006 à 10:59:34
Réponse #16

Ancien forum



Posté par Pierrot

Bien que tout ne sois pas rose, je me demande souvent si nos gouvernants n'ont pas interêt à nous maintenir dans une psychose relative.

Pour prendre un exemple, Sonia et Alexandre POUSSIN ont traversé l'ethiopie au cours de leur longue marche, pays connu pour être en situation de famine.
Or ils ont appris auprès des habitants que les populations affamées que l'on nous montre sont des ethnies déplacées par le gouvernement dans des zones désertiques où ils crèvent de faim.
Le bénéfice est double, on se débarasse d'une ethnie "encombrante" et on touche les aides des pays riches emus par la misère des ethiopiens.

Je sais qu'il y a un vrai problème avec nos ressources, c'est sur, mais je crois qu'il sert aussi d'épouvantail ne serait ce que pour nous faire payer plus cher.

07 mars 2006 à 11:20:04
Réponse #17

Ancien forum



Posté par EH

La géopolitique a un rôle très important dans le problème de la faim. C'est vrai que vu d'ici, on s'émeut de ce type d'image qui sont souvent récupéré par des gens de plus ou bonne foi, par des OMG qui y trouve leur compte (en banque) ou des gouvernement qui y trouvent une occasion de faire pression sur un autre ou sur une ethnie.
Le problème à l'heure actuelle n'est pas la nourriture mais la distribution. Il y a hélas trop d'intermediairent qui  phagocytent ou qui monayent les aides. Voir même des pays qui préfére voir les leurs crever de faim plutôt que de subir "l'humiliation" de devenir des assistés.
La charité est un busisness très lucratif pour certain et aussi un moyen de faire du proselytisme pour d'autre.
bref tout à l'image de notre societé .....

14 mars 2006 à 20:09:43
Réponse #18

Ancien forum



Posté par Langouste

Bon finalement faut pas se faire de soucis pour la production de céréales. Dans quelques années la quasi totalité du biocarburant sera produite à partir de palmiers à huile cultivés sur les cendres des dernières forêts primaires :  :'(

(trouvé sur la liste de diffusion de la Fondation Nicolas Hulot)

Biodiesel - Le produit agricole le plus destructeur sur Terre n’est pas la solution a la crise de l’energie, The Guardian, 06/12/05
George Monbiot (Traduction rapide par Jerome, 30/01/06)
 
En faisant la promotion du biodiesel comme substitut, nous sommes passes a cote du fait qu’il est pire que de bruler le combustible fossile qu’il remplace
Au cours de ces deux dernieres annees, j’ai fait une decouverte inconfortable. Comme la plupart des environnementalistes, j’ai ete aussi aveugle aux contraintes affectant notre approvisionnement energetique que mes opposants l’ont ete vis a vis du changement climatique. Aujourd’hui, je me rends compte que j’ai entretenu une certaine croyance en la magie.
En 2003, le biologiste Jeffrey Dukes calcula que les combustibles fossiles que nous brulons en un an etaient faits de matiere organique "contenant 44 x 1018 grammes de carbone, ce qui est plus de 400 fois la productivite primaire nette du biotope courant de la planete". En bon francais, cela signifie que chaque annee nous utilisons quatre siecles d’equivalent plantes et animaux.
L’idee que nous puissions simplement remplacer cet heritage fossile - et la densite d’energie extraordinaire qu’il nous fournit - avec de l’energie ambiante est un truc pour la science-fiction. Il n’y a simplement aucune maniere de remplacer la diminution de notre consommation. Mais partout on cherche des substituts. Ils ont ete promus aujourd’hui lors des discussions sur le climat a Montreal, par les etats - comme le notre - qui cherche a eviter les decisions difficiles imposee par le changement climatique. Et un substitut au moins est pire que le combustible fossile qu’il remplace.
La derniere fois que j’ai prete attention aux dangers de fabriquer du carburant diesel a partir d’huiles vegetales, j’ai recu autant d’injures qu’apres ma position sur la guerre en Irak. Les missionnaires du biodiesel, ai-je decouvert, sont aussi bruyants dans leurs denegations que les cadres dirigeant d’Exxon. Je suis maintenant pret a admettre que mon article precedent etait faux. Mais ils ne vont pas aimer ca. J’avais tort parce que je sous-estimais l’impact destructif du combustible.
Avant d’aller plus loin, je devrais etre clair sur le fait que transformer de l’huile de friture en carburant pour moteur est une bonne chose. Les gens qui vident toute la journee entre ces cuves de salete rendent un vrai service a la societe. Mais il y a suffisamment d’huile de cuisson usagee en Grande-Bretagne pour satisfaire seulement 1/380 eme de nos besoins en carburant pour le transport. Ensuite, les ennuis commencent.
Lorsque j’ai ecrit sur ce sujet l’annee derniere, je pensais que le plus gros probleme cause par le biodiesel etait qu’il mettait en place une competition pour l’utilisation des champs. Les surfaces cultivables qui pourraient etre utilisee pour faire pousser des aliments le seraient pour cultiver du carburant. Mais aujourd’hui, je pense que quelque chose de pire est en train d’arriver. L’industrie du biodiesel a accidentellement invente le carburant produisant le plus de carbone au monde.
En faisant la promotion du biodiesel - comme le font l’UE, les gouvernement britanniques et des USA, et des milliers de militants environnementalistes - vous pouvez imaginer creer un marche pour la vieille huile de friture, ou l’huile de colza, ou l’huile faite a partir d’algues cultivees dans des mares desertes. En realite, vous creez un marche pour les cultures les plus destructrices sur Terre.
La semaine derniere, le president de l’autorite federale pour le developpement agricole en Malaisie annoncait qu’il etait en train de construire unenouvelle usine de production de biodiesel. Quatre nouvelles raffineries sont en train d’etre construites sur la peninsule malaisienne, une a Sarawak et deux a Rotterdam. Deux consortium etrangers - un allemand, l’autre americain - mettent en place des usines concurrentes a Singapour. Toutes fabriqueront du biodiesel a partir de la meme source : l’huile de palme.
"La demande en biodiesel", selon le Malaysian Star, "viendra de la Communaute europeenne ... Cette demande toute neuve ... fera, de facon ultime, un sort a toutes les reserves potentielles d’huile de palme brute de Malaisie." Pourquoi ? Parce que c’est la culture la moins chere comme source de biodiesel.
En septembre, les Amis de la Terre ont publie un rapport sur l’impact de la production d’huile de palme. "Entre 1985 et 2000", ont-ils decouvert, "on estime que le developpement des plantations pour l’huile de palme a ete responsable de 87% de la deforestation en Malaisie." A Sumatra et Borneo, quelques 4 millions d’hectares de foret on ete converties en fermes de palme. Aujourd’hui, 6 millions d’hectares supplementaires sont programmes pour faire place nette, et 16,5 millions en Indonesie.
Presque tout le reste de la foret est en danger. Meme le celebre parc national Tanjung Putin a Kalimantan est pille par les planteurs d’huile. L’orang-outang sauvage est voue a l’extinction. Rhinoceros, tigres, gibbons, tapirs, nasiques, et des milliers d’autres especes pourraient prendre leur suite. Des milliers d’habitants de ces regions ont ete chasses de leurs terres, et quelques 500 indonesiens ont ete tortures lorsqu’ils ont essaye de resister. Les feux de foret qui si souvent etouffent la region sous la fumee sont pour la plupart demarres par les cultivateurs de palme. La region dans son entier est transformee en un gigantesque champ petrolifere vegetal.
Avant que les palmes a huile, qui sont petites et rabougries, soient plantees, d’immenses arbres de la foret, contenant une bien plus grande quantite de carbone, doivent etre abattus et brules. Ayant sature les terres les plus seches, les plantations doivent s’etendre dans les forets marecageuses, qui poussent sur des tourbieres. En sechant ses oxydes, la tourbe relache encore plus de dioxide de carbone que les arbres. En terme d’impact sur l’environnement local comme sur le global, le biodiesel de palme est encore plus destructif que le petrole brut du Nigeria.
Le gouvernement britannique comprend cela. Dans un rapport publie le mois dernier, lorsqu’il annoncait qu’il obeirait aux regles de l’UE et ferait en sorte du 5,75% de notre carburant pour le transport vienne des plantes pour 2010, il a admis que "les plus grand risques environnementaux seraient certainement ceux concernant toute large expansion dans la production de biocarburant, et particulierement au Bresil (avec la canne a sucre) et en Asie du sud-est (avec les plantations de palmes a huile."
Il a suggere que le meilleur moyen de traiter ces problemes etait d’empecher les combustibles destructeurs pour l’environnement d’etre importes. Le gouvernement a demande a ses consultants si une interdiction violerait les lois du commerce international. La reponse fut oui : "Des criteres environementaux obligatoires... augmenteraient considerablement le risque d’un probleme legal international sur la politique dans son entier." Donc il a laisse tomber l’idee d’interdire les importations, et a appele a "une sorte de schema volontariste" a la place. Sachant que la creation de ce marche amenera un mouvement puissant en faveur des importations d’huile de palme, sachant qu’il n’y avait rien de significatif qu’il puisse faire a faire contre cela, qu’il accelererait au lieu d’ameliorer les changements climatiques, le gouvernement a quand meme decide de continuer.
En d’autres temps, il aurait defie l’UE avec joie. Mais ce que l’UE veut et ce que le gouvernement veut, c’est la meme chose : "Il est essentiel que nous trouvions un equilibre face a la demande pour les transports qui augmente", dit le rapport du gouvernement, "avec nos objectifs de protection de l’environnement". Jusqu’a recemment, nous avions une politique de reduction de la demande de transports. Maintenant, bien qu’aucune annonce n’ait ete faite, cette politique est abandonnee.
De meme que les Tories au debut des annees 90, l’administration du Labour cherche a satisfaire la demande, quelque soit la hauteur a laquelle elle puisse grimper. Les chiffres obtenus la semaine derniere par le groupe militant Road Block montre que pour l’elargissement de la M1 seul, le gouvernement allait payer 3,6 milliards de livres - plus qu’il ne depense pour son programme entier au sujet du changement climatique. Au lieu de tenter de reduire la demande, il essaie de modifier l’approvisionnement. Il est pret a sacrifier les forets vierges du sud-est asiatique dans le but de se montrer actif, et pour permettre une augmentation du confort des automobilistes.
Tout ceci illustre la futilite des technopansements mis au point a Montreal. Essayer de satisfaire la demande de carburant en augmentation est une folie, quelle que soit la source du carburant. Les decisions difficules ont ete evitees, et une nouvelle portion de la biosphere disparait en fumee.
Source : <http://www.guardian.co.uk/Columnists/Column/0,,1659036,00.html>
Traduction : <http://www.velorution.org/articles/175.html>


Olivier  :(

18 mars 2006 à 20:41:51
Réponse #19

Ancien forum



Posté par ouzala

Pour rester dans le thème, vous pouvez consulter l'interview d'Yves Paccalet,
sur le site d'Europe 1 émission du Vendredi 17/03/06 à 9h00
il s'agit d'un ancien de l'équipe Cousteau qui vient de sortir un bouquin dont le titre
est : l'Humanité disparaitra bon débarras
Je suis désolé mais n'étant pas une bête en informatique je ne sais pas comment
vous communiquer le lien
Voilà alors en attendant CARPE DIEM

18 mars 2006 à 22:02:48
Réponse #20

Ancien forum



Posté par DavidManise

La terre se débrouillera bien sans nous.  Je ne me fais aucun souci pour elle.  

L'énergie propre, moi, ça me gave.  J'espère qu'un jour on arrêtera tout simplement de faire tous ces allers-retours inutiles en bagnole et qu'on ira en vélo ou à pied.  Et les vieux, les malades et les handicappés auront qu'à poser leurs fesses dans des rikshas et à se laisser tirer.  Je te garantis qu'en l'espace de quelques mois on aura réglé 80% des problèmes d'hypertension, d'obésité, de dysfonctionnements érectiles et plein d'autres trucs encore ;D

Ciao :)

David

07 avril 2006 à 20:43:33
Réponse #21

Ancien forum



Posté par KEPINSKI

Pour une fois que j'ai le temps de venir sue le forum, prendre un peu de bon temps, et bien :'(
Bon c'est pas grave si je survi, capitaine caverne sera surement heureux dans le prochain monde. Gagnera sa vie avec ses cailloux, et roulera avec une cromobile au colza.
Tréve de mauvaise plaisanteri comme, en generale elle ne font rire que moi.
Je reviendrai lire le reste, car c'est vachement interessent.
Et dire que des idiot qui se crois inteligent gouverne le monde.... :-/
@+ Yannick K

11 avril 2006 à 13:23:03
Réponse #22

Ancien forum



Posté par Pierrot

Ceux qui gouvernent vraiment le monde sont ceux qui ont l'argent et malheureusement l'intelligence n'a rien à voir là dedans, sinon j'ose penser que les choses iraient bien mieux !

Ce qui est sur c'est que ces gens là se foutent pas mal de notre sort.

11 avril 2006 à 14:18:08
Réponse #23

Ancien forum



Posté par Maximil

Citation de: Pierrot link=1141376840/15#23 date=1144754583
Ceux qui gouvernent vraiment le monde sont ceux qui ont l'argent et malheureusement l'intelligence n'a rien à voir là dedans, sinon j'ose penser que les choses iraient bien mieux !
Ce qui est sur c'est que ces gens là se foutent pas mal de notre sort.

Attends, on parle de ceux qui nous gouvernent, ou de ceux qui gouvernent le monde ? C'est pas pareil !

11 avril 2006 à 14:23:17
Réponse #24

Ancien forum



Posté par Pierrot

Ceux qui nous gouvernent sont de toute façon dépendants de ceux qui gouvernent le monde, ne perdons pas de vue que nos hommes politiques bien-aimés ne sont que des marionnettes.
En revanche, je ne sais pas qui tire les ficelles, certainement pas ceux que l'on croit !

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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